Nous ecrire        Facebook Twitter Mobile RSS        
DVDEF

Fille coupée en deux, La

Critique
Synopsis/présentation
Inspiré d’un fait divers qui date de la fin du XIXe siècle, La fille coupée en deux du cinéaste Claude Chabrol nous arrive finalement au Québec en format DVD trois ans après sa sortie en salle en France et deux ans après sa présentation au Festival du Nouveau Cinéma (le film devait jadis être distribué par Christal Films). Le film de Chabrol doit également beaucoup à The Girl in the Red Velvet Swing de Richard Fleisher paru en 1955 et qui reprenait exactement ledit fait divers. La fille coupée en deux en reprend plusieurs scènes et plusieurs personnages et les transposent dans un univers plus « moderne ».

Pour la petite histoire, le film suit Gabrielle Deneige (signe de la pureté de la jeune femme), présentatrice météo d’une chaîne de la télévision lyonnaise. Elle s’éprendra à la fois d’un vieil écrivain (joué par François Berléand) et d’un plus jeune psychopathe (joué par Benoît Magimel). C’est avec ce prétexte que le film de Chabrol nous présente avec un humour souvent cynique cette bonne société lyonnaise. Tous les archétypes y sont : le vieil écrivain qui a toujours raison, le dandy riche et déséquilibré et la jeune femme qui joue la lolita. Cette dernière devra apprendre comment y vivre, comment y jouer, mais surtout comment y aimer. S’amourachant d’abord du vieillard, elle se laissera avoir quelque temps par le jeune riche pour finalement préférer les bras de l’écrivain.

Ce jeu de yo-yo qu’effectue le personnage de Gabrielle entre les deux hommes sert à nous faire comprendre ce qui revient toujours chez les personnages de femmes dans le cinéma de Chabrol. En effet, bien plus que son humour souvent douteux (Gabrielle qui se déplace en mobylette, par exemple), son apparence parfois misogyne (Gabrielle qui se en déguise en paon pour assouvir les fantasmes du vieil écrivain) ou encore sa profonde cruauté envers cette fille coupée en deux (Gabrielle qui se fait dire « je t’apprendrai » par le vieil homme à la suite de la performance sexuelle maladroite de cette dernière), le film de Claude Chabrol présente un portrait de femme amoureuse. Bien plus que cette satire sociale sur deux mondes qui ne sont pourtant pas si loin l’un de l’autre (le monde des deux hommes), c’est une femme amoureuse prête à la cruauté et au déchirement que nous présente le film de Chabrol. Au même titre que Violette Niozère et que Betty, Gabrielle Deneige est une femme qui saura résister alors qu’on tente de la tirer de tous les côtés, comme nous le montre si délicieusement la scène finale. À ce titre, Ludivine Sagnier joue entre naïveté, sensualité et force cachée cette Gabrielle et peut s’ajouter aux Marie Trintignant et Isabelle Huppert déjà filmées par la caméra de Chabrol.

Sous ces airs de comédie tragique (le revirement de situation dans le dernier tiers change brusquement le ton du film), La fille coupée en deux de Claude Chabrol est un film à la fois beaucoup plus beau et beaucoup plus cruel qu’il n’y paraît. On aurait pu croire que c’était derrière le vieil écrivain que pouvait s’entendre la voix de Chabrol (avouons-le, le vieux chez Chabrol a souvent sinon toujours raison), mais c’est finalement à travers cette ange des neiges, cette Gabrielle que le cinéaste français semble le mieux s’exprimer : c’est la femme qui, douloureusement, peut aimer le mieux.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 1.85:1 d’après un transfert 16:9.

Malheureusement, nous avons ici un transfert NTSC obtenu par un transcodage de la version européenne (Zone 2) en PAL. Les défauts principaux de ce type de transfert (effets de dédoublement, etc.) ne sont par contre pas aussi criants qu’ils auraient pu l’être. Ainsi, le niveau de détails et de textures est plutôt bon et l’image affiche netteté et définition. Le rendu des couleurs est excellent. Elles sont riches et précises. Les tons de peaux demeurent naturels. Le niveau des noirs est parfaitement géré évitant ainsi tout effet de surbrillance. Les dégradés sont précis et fluides livrant ainsi à de très belles parties sombres. Enfin, les noirs sont purs et profonds.

La partie numérique de ce transfert de sauve de tout défaut majeur apparent. Heureusement et logiquement puisque le film seul est offert sur ce disque vidéo.


Son
Seule une bande sonore est disponible sur cette édition. Elle l’est au format Dolby Surround 2.0 en version originale française.

Étant donné le genre auquel appartient le film, il faut avouer que le mixage sonore reproduit ici fidèlement l’univers sonore du film. Le dynamisme est approprié. La bande son fait aussi preuve de présence et d’une certaine spatialité. Le déploiement sonore qu’affiche ce type de bande son permet néanmoins aux éléments sonores de se faire entendre à travers les enceintes latérales et de créer ainsi une certaine immersion. Les dialogues sont impeccablement reproduits et demeurent constamment intelligibles alors que la trame sonore s’intègre subtilement à la bande son. Les basses fréquences grondent rarement, mais lorsque c’est le cas c’est avec une certaine efficacité.

Il y a option de sous-titrage en français.


Suppléments/menus
Malheureusement, aucun supplément n’est offert sur cette édition.



Conclusion
La fille coupée en deux du cinéaste français Claude Chabrol est une œuvre qui peut sembler très superficielle. Déguisé en comédie tragique et doté d’un humour douteux et souvent misogyne, il s’agit pourtant d’un émouvant et cruel portrait de femme. Le réalisateur n’est peut-être pas un Almodovar ou un Ozon, mais nous sentons une sensibilité et une empathie pour la femme à travers sa filmographie.

Une édition correcte. Le transfert vidéo affiche quelques défauts obtenu par un transcodage de la version PAL alors que la bande son, même si reproduisant bien l’ambiance sonore du film, se veut limitée par son format. De plus, aucun supplément n’est disponible sur cette édition. Par contre, nous devons souligner ne serait-ce que la disponibilité de pouvoir se mettre sous la main cette œuvre alors que son destin en terre québécoise demeurait incertain depuis les déboires chez Christal Films.


Qualité vidéo:
2,8/5

Qualité audio:
3,0/5

Suppléments:
0,0/5

Rapport qualité/prix:
2,8/5

Note finale:
2,8/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2010-08-16

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Fille coupée en deux, La

Année de sortie:
2007

Pays:

Genre:

Durée:
115 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Studio/Editeur:
Métropole Films

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
-

Date de parution:
2010-05-04

Si vous avez aimé...