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Critique

Silence de Lorna, Le

Synopsis/présentation
Cinquième long-métrage des frères Luc et Jean-Pierre Dardenne, Le silence de Lorna nous arrive, tout comme les quatre autres, avec une belle réputation. En effet, présenté au Festival de Cannes de 2008, le film des Dardenne y a remporté le prix du scénario en plus d’avoir été présenté au Festival du film de Toronto la même année ainsi qu’au festival Cinemania ici à Montréal. Certes, certains détracteurs (y en a-t-il réellement ?) pourront reprocher au jury de Cannes de favoriser les deux frères (ils ont remporté deux fois la Palme d’or, la première avec Rosetta, la deuxième avec L’enfant). Effectivement, le cinéma des frères Dardenne semble impressionner énormément la croisette. Il faut cependant avouer qu’avant d’être les favoris du festival de cinéma le plus influent au monde, Jean-Pierre et Luc Dardenne offrent un cinéma qui l’est tout autant. Loin de nous l’idée de vouloir définir ou de résumer un cinéma somme toute assez complexe avec un langage particulier et caractéristique, mais nous nous contenterons de mentionner que le cinéma des frères belges est le cinéma phare du courant du cinéma dit de réalisme social.

C’est pourquoi il devient difficile de résumer un tel cinéma. Parce que chacun des films, bien que portant une signature bien précise, demeure différent de tous les autres. On pourrait toutefois noter quelques indices de cette signature si particulière pour que ceux n’ayant aucune idée du cinéma des Dardenne puissent en dresser une esquisse. D’abord, les sujets qui sont toujours des gens de « classe modeste » qui sont toutefois pris avec des conflits complexes et universels. Ensuite et surtout, la fameuse caméra qui suit avec une proximité hallucinante (voire agressante pour certains) ses protagonistes. Mais là encore, c’est réduire un cinéma beaucoup plus riche et complexe qui n’y paraît à des éléments formels ou scénaristiques afin de tenter d’en résumer modestement et timidement l’essence.

Le silence de Lorna nous a, quant à lui, rendu un peu perplexe au départ parce qu’il casse drastiquement avec la tradition de films que la caméra des Dardenne nous avait proposée. La caméra dite en proximité des personnages se retrouve ici à suivre Lorna et son ami Claudy de façon un peu plus « distancée ». C’est-à-dire que la caméra ne les suit plus d’aussi près. Nous n’avons plus de plan où la caméra est braquée sur le dos d’un protagoniste ou encore un plan de caméra à l’épaule où nous sommes si près des personnages que l’action qui se déroule devient floue ou difficile à cerner par les mouvements de caméra. Un cinéma plus posé, dira t-on, mais toujours au service d’un réalisme social. C’est que cette fois-ci le film des Dardenne s’attarde à une héroïne qui est une immigrée désirant obtenir sa citoyenneté belge. Non pas que ce soit loin des préoccupations des deux cinéastes. Il s’agit en effet, de leur deuxième portrait de personnage féminin (Rosetta étant le précédent) et d’une volonté de dépeindre une « classe modeste ». Le monde est simplement nouveau, c’est-à-dire un monde clandestin, étranger et surtout corrompu.

Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose en soi. Puisque le film réussit à présenter avec sensibilité et réalisme (!) ce genre de situations. De plus, le prix du scénario au festival de Cannes n’est pas anodin avec la mise en scène adaptée (ou différente) qu’offrent les deux frères. Le scénario est ici le moteur du film. Non pas que dans les autres films des Dardenne, il y avait absence de scénario. Mais il était possible de sentir que la mise en scène gravitait autour du corps des acteurs et de l’action plutôt que sur un scénario bien établi. Ici, ce n’est pas le cas. L’histoire est beaucoup plus complexe, la narration prend de gros risques (cette déstablisante ellipse qui arrive à la moitié du film) et les moments où la caméra des Dardenne semble donner une force à l’action et aux personnages se fait plus rare. Un exemple de ce genre de moments si chers aux cinéastes belge est la scène où Claudy et Lorna font l’amour.

Si vous êtes toujours vierge au cinéma des frères Dardenne, nous vous recommandons de ne pas commencer avec Le silence de Lorna. Non pas parce qu’il s’agit d’un mauvais film, loin de là, mais il ne correspond pas tout à fait, à notre humble avis, à la signature si particulière, si riche et si imposante de deux des plus grands cinéastes contemporains. Pour les initiés, il s’agit là d’un cas très intéressant où les cinéastes belges prennent plusieurs risques en offrant une mise en scène un peu plus déstablisante par rapport à ce qui nous avait été offert par le passé.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 1.85:1 d’après un transfert 16:9.

Un très beau transfert de la part de Séville et E1. La définition générale de l’image est excellente. De plus, on se sauve d’un transfert NTSC obtenu par le transcodage de la version PAL (il s’agit d’une production européenne), donc une bonne nouvelle de plus. Par rapport au matériel source, on ne notera que la présence d’un grain légèrement proéminent durant le visionnement du film et qui n’est pas nécessairement désagréable pour l’œil aguerri. Ainsi, les textures et les détails font preuve de finesse et de précision dans leur rendement. Le rendu des couleurs est également irréprochable. Les couleurs sont riches, précises, saturées et bien délimitées. Les tons de peaux demeurent également naturels. Le niveau des noirs est très bien géré évitant toute forme de surbrillance. Quant aux dégradés, ils sont précis et fluides offrant de superbes parties sombres (nous noterons à ce titre la scène finale qui se déroule au crépuscule). Des noirs purs et profonds viennent compléter ce très beau transfert.

La partie numérique de ce transfert de sauve de tout défaut majeur apparent. Heureusement et logiquement puisque le film seul est offert sur ce disque vidéo.


Son
Deux bandes sons sont offertes sur cette édition, les deux en version originale française. La première est offerte au format Dolby Digital 5.1 et la deuxième au format Dolby Surround 2.0. C’est le mixage 5.1 qui a été utilisé pour cette critique.

Étant donné le genre auquel appartient le film, il faut avouer que le mixage sonore reproduit ici fidèlement l’univers sonore du film. Le dynamisme est donc convenablement approprié. Les films des frères Dardenne accordent toujours une énorme importance à l’ambiance sonore, donc les rumeurs de ville, les sons ambiants contribuent énormément à cette forme de dynamisme. Le déploiement du champ sonore s’effectue de façon traditionnelle. Les ouverture frontale et latérale servent à laisser entendre la grande majorité des éléments sonores alors que les enceintes arrière servent principalement à appuyer ces fameuses ambiances. Les effets d’ambiophonie sont présents, mais subtils étant donné la nature du film. Les dialogues sont nets et toujours intelligibles. Les basses fréquences se manifestent subtilement pour appuyer les ambiances de ville à quelques occasions alors que le canal d’extrêmes graves se veut encore plus discret.

Des sous-titres anglais sont disponibles.


Suppléments/menus
Malheureusement, aucun supplément n’est offert pour cette édition.
Conclusion
Le silence de Lorna, nous le répétons, représente une œuvre tournante dans la filmographie des frères Dardenne. Non seulement parce qu’elle se distingue des quatre autres qui avaient permis aux deux cinéastes belges de se créer une véritable signature et un cinéma propre à eux, mais aussi surtout parce qu’elle prend des risques à la fois cinématographiques et à la fois « dardenniens ». Nous vous recommanderons alors le visionnement de cette œuvre, voire même un deuxième. Car pour nous au premier visionnement, il nous a semblé difficile d’abord d’apprécier l’œuvre, mais aussi de la cerner et de la mettre en relation dans un des cinémas, et nous insistons, les plus stimulants des dernières années.

Une édition techniquement très réussie. Le transfert vidéo et très beau et évite comme plusieurs autres d’ailleurs le choix d’obtenir un transfert NTSC par un transcodage de la version européenne en PAL. De plus, le mixage audio multicanal reproduit fidèlement l’univers sonore du film et qui est si caractéristique du cinéma des frères Dardenne. Malheureusement, comme c’est souvent le cas avec les films européens distribués au Québec, nous n’avons rien à nous mettre sous la dent en ce qui concerne les suppléments. Il ne faut cependant pas bouder un achat si les raisons mentionnées plus haut vous sont justifiables à celui-ci.



Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
3,4/5

Suppléments:
0,0/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
3,0/5


Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2010-06-28

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Silence de Lorna, Le

Année de sortie:
2008

Pays:

Genre:

Durée:
105 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / DVD HD

Pochette/couverture:


Studio/Editeur:
Films Séville

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Française Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
-

Date de parution:
2009-12-22

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