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It's a Mad, Mad, Mad, Mad World

Critique
Synopsis/présentation
En 1963, Stanley Kramer (1913-2001) réalisait It's A Mad, Mad, Mad, Mad World. Hollywood aimait produire à cette époque des films à grand déploiement: Ben-Hur (1959), Clepoatra (1963) et Lawrence of Arabia (1962) pour ne citer que quelques exemples. Même la comédie n'échappa guère à cette vague, MGM produisant ainsi It's A Mad, Mad, Mad, Mad World. Toute une génération d'acteurs y ont fait leur apparition, donnant à l'oeuvre un impact indéniable. En plus de Spencer Tracy (1900-1967), on note la présence de Jerry Lewis (1926- ), Peter Falk (1927- ) et même The Three Stooges, soit Joe DeRita (1909-1993), Larry Fine (1902-1975) et Moe Howard (1897-1975)!
L'intrigue est simple et la construction, classique. Après avoir engouffré son véhicule au pied d'une colline dans le désert de la Californie, un homme confie aux gens s'étant porté à son secours l'emplacement d'un butin de 350,000 dollars qu'il a dérobé à une manufacture. Les huit personnes assistant vainement à sa mort ne réussiront à s'entendre sur un partage possible de cette somme si une découverte devait s'en suivre. C'est donc chacun pour soit dans ce "road movie" où le premier à franchir les 200 miles les séparant de Santa Rosita remportera cette chasse au trésor!
It's A Mad, Mad, Mad, Mad World, c'est l'apogée de la comédie, un coup de pouce dont avait grandement besoin MGM en ces années de vache maigre. D'une durée originale de 192 minutes, le montage final fût ramené à 161 minutes lors de sa ressortie en 1970. A l'origine, la projection de It's A Mad, Mad, Mad, Mad World était même entrecoupée d'une entracte musicale; du jamais vue pour une comédie! Tout était grandiose: budget énorme, producteur de prestige, acteurs de renommée mondiale. Kramer était à l'époque réputé pour l'impact social de ses oeuvres: On The Beach (1959), Inherit The Wind (1960), et Judgement At Nuremburg (1961) n'en sont que quelques exemples. Cette réalisation n'est donc pas représentative de la carrière du réalisateur; il revint effectivement rapidement à la mise en scène de films au contenu plus dense, dont Guess Who's Coming to Dinner (1967).
Beaucoup de moyens ont été mis en oeuvre pour assurer le succès de cette comédie, et le public répondit à l'appel. L'Oscar des meilleurs effets sonores lui fut attribuée lors de la cérémonie de 1964. It's A Mad, Mad, Mad, Mad World fut également mis en nomination dans les catégories meilleure photographie (couleur), meilleur montage visuel, meilleure trame sonore, meilleure chanson originale (It's A Mad, Mad, Mad, Mad World), et meilleur son.



Image
Présenté en format modifié de 2.55:1, It's A Mad, Mad, Mad, Mad World profite d'un transfert anamorphique. It's A Mad, Mad, Mad, Mad World fut tourné sur négatif 65mm en Ultra Panavision 70 et ce, en vue d'une présentation en Cinerama. La présentation du film dans ce format (écran courbe) sur pellicule 70mm s'avéra décevante et coûteuse. En fait, le film ne fut présenté que quelques fois en Cinerama (et dans un montage de 192 minutes), notamment lors de la première. Pour les plus pointilleux, noter qu'il s'agissait d'un Cinerama truqué puisque le film n'était projeté que d'un seul projecteur. Le Cinerama dans sa forme la plus pure nécessitait que la même scène soit filmée avec trois caméras et projetée en salle également avec trois projecteurs. Quelques semaines après la première du film, on fit un nouveau transfert du film sur pellicule 35mm et on en ramena la durée à 161 minutes. Malheureusement, cette conversion fit perdre une partie de l'image. À titre d'exemple, jetez un coup d'oeil aux deux images ci-contre: celle du haut nous montre une scène tel que vue en Cinerama (70mm) et plus bas, la même séquence mais en 35mm. Ce transfert 35mm fut celui qui servi lors du téléciné numérique produit en vu de cette édition.
Si plusieurs taches sont visibles lors du générique d'ouverture, la qualité de l'interpositif s'avère par la suite impressionnante. Celui-ci a profité d'un bon nettoyage numérique et seules quelques égratignures et coupures subsistent.
La définition générale de l'image, sans être de référence, surprend malgré quelques scènes qui manquent de piqué. A quelques occasions, le grain de la pellicule est visible. La colorimétrie pose quelques problèmes; d'abord les couleurs manquent souvent de brillance, signe de l'âge du matériel source ayant servi au transfert. De plus, on observe une certaine inconsistance des tons de peau qui varient entre des teintes naturelles et d'orangées. Si la brillance de ce transfert semble juste, le contraste semble quant à lui avoir été subtilement accentué.
Enfin, peu de problèmes sont liés à la compression numérique; à peine une très subtile sur-définition des contours.



Son
It's A Mad, Mad, Mad, Mad World nous est offert avec deux bandes sonores, soit des remixages Dolby Digital 5.1 (anglais et français) de l'enregistrement original.
Malgré des efforts en vue de rafraîchir l'expérience sonore, les producteurs de cette édition se sont butés à un matériel source somme toute limité par les techniques d'enregistrement de l'époque. Le son ne se déploie essentiellement que des enceintes avant avec peu de dynamisme et de profondeur. Toutefois, on remarque quelques effets stéréophoniques intéressants (sons ambiants, effets sonores). Évidemment, peu de basses appuient ce mixage. La trame-sonore de Ernest Gold (1921-1999) est l'élément sonore qui profite le plus de ce remixage avec notamment une redirection vers les canaux arrières. Les dialogues sont nets et toujours intelligibles, ne tendant pas exagérément vers les hautes fréquences. Aucun parasite sonore ne marque l'écoute des bandes son (bruits de fond, etc.).
Le doublage français (Dolby Digital 5.1) a sensiblement les mêmes qualité que le mixage anglais. Toutefois (et comme c'est souvent le cas), les dialogues prennent trop le pas sur le champ sonore.
Il y a option de sous-titres anglais (CC), français et espagnol.



Suppléments/menus
Réalisé en 1991, Something A Little Less Serious est un documentaire préparé pour la télévision et, conséquemment, présenté dans en format 4:3. Pendant plus de 60 minutes, on y traite des origines du script, du choix des acteurs, du genre et du contexte cinématographique (la comédie), de la pré-production, de la production, des cascades et des effets spéciaux (et de la précarité entourant la sécurité des artisans), de la trame-sonore et du format d'image (le fameux Cinerama, aujourd'hui abandonné). C'est via des entrevues, des photos et extraits du film que l'on se voit complice des confidences des acteurs qui évoquent avec humour leurs souvenirs de plateau. On a pris soin de replacer dans leur contexte la carrière individuelle de chacun des acteurs à l'aube des années 60. De cette façon, un regard plus honnête peut être posé sur le contexte cinématographique de l'époque et des enjeux que l'on y traitait alors. On comprend donc la frénésie qui s'empara des acteurs afin de participer, coûte que coûte, à la réalisation de la première comédie du très respecté Stanley Kramer! Le ton un peu trop complaisant des intervenants finit quelque peu par agacer et ennuyer, heureusement l'humour est au rendez-vous et amoindri cette complaisance. Le documentaire se termine, très habilement, par un hommage à Kramer.
Suivent plus de 56 (!) scènes retranchées au montage accessibles dans leur intégralité sur la deuxième face du disque. Ces scènes sont essentiellement celles qui ont été retranchées lorsqu'on ramena le durée du film de 192 à 161 minutes. Non retouchées, on constate les différences entre les formats 35mm et 70mm du film. Un court texte marque le début de cette section, informant alors le spectateur que l'image n'est pas à son meilleur. Une belle curiosité, mais seuls les plus passionnés visionneront ces 59 minutes de scènes inédites!
Soulignons enfin la présence de deux bandes-annonce, dans leur format d'origine. D'abord, celle produite lors de la sortie de l'oeuvre en 1963; ensuite, celle offerte lors de sa ré-édition, en 1970.




Conclusion
It's A Mad, Mad, Mad, Mad World a assez bien vieilli, ce qui n'est pas le cas de toutes les comédies. L'image est convenable; seule une restauration majeure pourrait redonner l'éclat des couleurs originales. Si les remixages Dolby Digital 5.1 sont un bel effort du côté sonore, avoir aussi inclus le mixage d'origine aurait été souhaitable. Quant au documentaire, il vaut certainement le coup d'oeil bien qu'il soit très formel.
Ce titre se vend aux environs des 16$ CA, un prix justement fixé.



Qualité vidéo:
3,5/5

Qualité audio:
3,0/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
3,6/5
Auteur: Sylvain Bourdon

Date de publication: 2001-10-06

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 RCA ColorTrak, Récepteur Denon AVR-2800, Lecteur Denon DVD-1500, enceintes Nuance / Energy, câbles Monster Cable

Le film

Titre original:
It's a Mad, Mad, Mad, Mad World

Année de sortie:
1963

Pays:

Genre:

Durée:
161 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
MGM

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-18 (double face, double couche)

Format d'image:
2.55:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Documentaire, scènes retranchées au montage, bandes-annonces


Date de parution:
2001-09-18

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