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DVDEF

Evolution

Critique
Synopsis/présentation
Longtemps considéré comme étant un maître de la comédie (les succès de Ghostbusters, Animal house, Twins et Dave sont là pour en témoigner), le réalisateur Ivan Reitman a vu sa réputation grandement dépérir ces dernières années. Depuis 1994 pour être exact, le réalisateur a été incapable de produire un succès digne de ce nom. Son Junior, mettant en vedette Arnold Schwarzenegger, n'a jamais atteint le succès escompté, tandis que Father's day, malgré la présence du duo Billy Crystal / Robin Williams au nombre des interprêtes, s'est carrément écroulé box-office. Six Days, Seven Nights n'arrangea guère les choses et au contraire a été qualifier comme étant l'un des pires films d'Harrisson Ford. Désespéré de renouer avec le succès, Ivan Reitman tente depuis quelques années de mettre en branle la production d'un troisième opus de la série Ghostbusters. Mais faute du support d'un Bill Murray désintéressé, Reitman dut se contenter d'une pâle copie de Ghostbusters apprêtée à la sauce "extra-terrestres" avec le film Evolution.
Non seulement Evolution reprend-il le thème familier de la chasse aux esprits malins, mais tout l'enrobage du film nous apporte une sensation de déjà-vu. Tout d'abord, l'équipe des valeureux héros de Evolution fait étrangement penser à celle de Ghostbusters. En premier lieu par leur nombre (ils sont quatre), et ensuite par leur métier : ils sont scientifiques et professeurs. Ensuite, par l'utilisation d'un logo pour représenter le concept du film : dans Ghostbusters, c'était le petit fantôme au centre du cercle rouge, dans Evolution, c'est un smiley avec trois yeux. L'histoire, même, suit un parcours un peu semblable. Deux scientifiques (un intelligent mais déchu et l'autre stupide et drôle), qui n'incarnent que le mépris de leurs collègues et supérieurs, tentent malgré tout de sauver le monde suite à une découverte menaçante. Tous les éléments qui ont fait le succès de Ghostbusters sont là sauf un : un scénario vif et intelligent. En fait, le scénario d'Evolution était à l'origine plutôt sérieux, voir d'épuvante. Plus à l'aise dans la comédie, Reitman décida d'y introduire des situations loufoques et des gags. Étrangement, ce changement de direction est apparent dans le film. Le potentiel comique des situations semble avoir été exploité rapidement et en surface seulement. Rarement les gag ne réussissent à aller jusqu'à nous faire éclater de rire, tout au plus sommes nous portés à sourire. De plus, les blagues ne sont pas assez nombreuses et se perdent dans un contenu scientifique à demi-sérieux. Finalement, la réussite de plusieurs scènes comiques réside surtout dans l'interprétation des comédiens, particulièrement le tandem Jones-Duchovny. Visiblement, ils ont eu du plaisir à tourner le film, et ce sentiment transparaît dans leur interprétation. Quant à Julianne Moore, on se demande vraiment ce qu'elle est allé faire dans cette comédie qui verse dans un humour parfois scatologique et grossier. Elle qui est si à l'aise dans des rôles autrement plus difficiles, elle semble ici complètement perdue et décontenancée. Espérons qu'il ne s'agisse d'un faut pas.
Pour en conclure avec ce film de commande à demi-réussis, mentionnons en sa défense que malgré le scénario bâclé et peu inspiré, le film a certes un rythme entraînant, en parti grâce à la mise en scène assurée de Reitman. Quant aux effets spéciaux, ils sont la plupart du temps réussis et convaincant, ce qui n'est pas négligeable. Le film en est donc un produit, réalisé et interprété avec professionalisme, mais est incapable de s'élever au dessus de la moyenne.



Image
Evolution nous est ici présenté en format original de 1.85:1 d'après un transfert anamorphique et numérique. Règle générale, ce transfert propose une excellente définition qui laisse pleinement voir les détails même les plus fins. La netteté est irréprochable et ne dévoile aucune faiblesse dans le piqué. La colorimétrie affiche des couleurs riches, pures et bien saturées. Leur rendu est constant et ne souffre d'aucun débordement. La brillance est bien balancée et constante, tandis que les contrastes nous ont semblés légèrement trop accentués, particulièrement dans les scènes extérieurs. Le véritable point faible de ce transfert est remarqué au niveau des parties sombres. À plusieurs occasions, en particulier dans les séquences se déroulant dans la grotte souterraine, les dégradés manquent de raffinement. Néanmoins, les noirs sont profonds et très purs, exempts de tout fourmillement.
L'interpositif utilisé pour ce transfert est évidemment en parfaite condition et ne souffre d'aucune anomalie. Aucun défaut de compression n'est visible, par contre une sur-définition des contours partculièrement visible distrait.


Son
Pas moins de quatre bandes-son sont disponibles sur cette édition : trois anglaises (DTS 5.1, Dolby Digital 5.1 et Dolby Surround 2.0), une française (Dolby Digital 5.1) et une espagnole (Dolby Digital 5.1). À noter que la présence de la bande-son espagnole n'est pas inscrite sur la jacquette mais celle-ci est belle et bien disponible.
Les mixages multi-canaux présents sur cette édition sont particulièrement actifs et agressifs. L'utilisation des canaux d'ambiophonies est soutenue et donne beaucoup d'impact et de dynamisme via plusieurs effets localisés et quelques transitions de canaux efficaces. La spatialité est en tout point excellente. Cette dernière est ample et immersive. Les éléments sonores y sont fort bien intégrés, en particulier l'intelligente partition musicale de John Powell. Elle est bien déployée dans l'environnement sonore et conserve une fidélité impeccable. Les dialogues sont également bien mixés à l'ensemble ; ils sont naturels, nets et toujours intelligibles. Les basses sont puissantes, profondes et omniprésentes. Le canal .1 (LFE) propose également des basses vibrantes et mordantes qui donnent beaucoup d'impact à l'ensemble. Bref, que voici des mixages peu subtils mais hautement efficaces.
La différence entre le mixage DTS et Dolby Digital 5.1 est assez minime. Tout au plus remarquons-nous une reproduction plus efficace des basses fréquences et un déploiement du champ sonore plus délicat. La traduction française bénéficie d'un mixage tout aussi bon et saisissant, cependant la qualité tout juste honnête du doublage fait perdre beaucoup de naturalité, voir même d'énergie à l'ensemble.


Suppléments/menus
Sans porter la mention d'édition spéciale, cette parution de Evolution offre néanmoins quelques suppléments digne de mention. Tout d'abord, vous retrouverez ce que les producteurs de cette édition ont appelés une conversation avec Ivan Reitman, David Duchovny, Orlando Jones et Seann William Scott. Sous cette appellation se cache en réalité une simple piste de commentaires audio. Pourquoi ne pas simplement nommer les choses pour ce qu'elles sont ? Quoi qu'il en soit, malgré la confusion qui règne, cette piste est franchement très drôle. Le réalisateur Ivan Reitman tente tant bien que mal d'y aller de commentaires sérieux et techniques, mais les trois acteurs qui l'accompagnent ne cessent de déconner et de s'agacer entre eux. Cela explique la confusion au sein de cette piste, mais cela explique aussi son ton décontracté, jovial et même réjouissant. Rien d'intéressant n'y est discuté, mais ne serait-ce que pour les gags, cette piste mérite sans aucun doute l'écoute. À noter qu'une piste de sous-titre anglai est aussi disponible pour ce supplément.
Suit ensuite une compilation de six scènes retranchées au montage. Pour une rare fois, ces scènes ne sont pas d'un ennui mortel et offrent même plusieurs moments plutôt hilarants ! Notamment la séquence d'ouverture alternative, où David Duchovny se fait larguer par sa petite amie… À ne pas manquer ! Une fin alternative est aussi présente, mais celle-ci est définitivement moins appropriée que celle du montage final.
Deux courts documentaires sont également au nombre des suppléments. Le premier, comme il est malheureusement devenu la norme, n'est qu'un autre de ces sempiternels documents promotionnels produit par la chaîne HBO. Ne vous étonnez donc pas d'y découvrir un ton légèrement complaisant et quelques entrevues au travers desquelles on se félicite tous de l'excellent travail de chacun, le tout enrobé dans un montage qui s'attarde d'avantage à résumer l'histoire en quinze minutes qu'à nous informer. Le seul intérêt de ce segment provient de quelques bons gags lancés par l'un ou l'autre des interprètes. Le deuxième documentaire est d'avantage axé sur la technique, à savoir la réalisation des effets spéciaux. Ce segment de dix minutes décrit (trop) brièvement le processus de création de divers effets, qu'ils soient digitaux ou mécaniques. On y décèle à nouveau une certaine complaisance dans les propos recueillis, mais les informations divulguées sont intéressantes et concises.
En plus de quelques notes de production et de filmographies, vous retrouverez en dernier lieu six séquences vidéos faisant la comparaison entre des scénarimages et la scène appropriée du film, ainsi qu'une galerie assez compète réunissant divers schémas conceptuels des diverses créatures du film. Étrangement, la bande-annonce originale n'est pas au nombre des suppléments.



Conclusion
Une chose est certaine, ce film ne fera pas l'unanimité et, du même coup, sera incapable de contribuer à redorer l'image du réalisateur Ivan Reitman. Ce dernier devra être plus prudent dans ses choix de scénario s'il veut un jour reprendre le chemin de la gloire. En attendant, cette incarnation DVD de Evolution se révèle être un produit des plus solide au niveau du transfert vidéo mais surtout audio. S'il y a un domaine où cette édition risque le plus de combler les attentes, c'est définitivement au niveau des mixages sonores. Les suppléments valent le certes le coup d'œil, plusieurs bons gags y sont dissimulés. Par contre, les friands d'une information concise et technique seront peut-être un peu déçu.


Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
3,2/5

Rapport qualité/prix:
3,6/5

Note finale:
3,6/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2001-12-18

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Evolution

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
102 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Dreamworks

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1
Anglaise DTS
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Espagnole Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais (CC)
Français
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaires, scènes coupées, scénarimages et galerie d'images.

Date de parution:
2001-12-26

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