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DVDEF

Driven

Critique
Synopsis/présentation
Sylvester Stallone mit plus de cinq ans à l'écriture du scénario de Driven, période durant laquelle il parcourut le monde entier pour découvrir les coulisses de la course automobile (Formule Un et Formule CART confondus). Il peaufina le scénario d'un film traitant de ce sport qui le passionne depuis sa jeunesse, semble-t-il. Cinq ans passés donc à arpenter les circuits, à questionner les coureurs les plus prestigieux, à s'instruire sur la complexité des engins. Pour cet ambitieux projet, le plus personnel de l'acteur et scénariste depuis le premier Rocky (pour lequel il reçut l'Oscar du meilleur scénario…), on aurait été en droit de s'attendre à une histoire quelque peu étoffée traitant de façon réaliste et documentée les dessous de ce sport spectaculaire. Mais malheureusement, Driven ne fait que confirmer que l'auteur prometteur de Rocky s'est bel et bien volatilisé sous celui de Cliffhanger… Driven raconte donc de façon très sommaire l'ennuyeuse histoire d'une palette de personnages tous plus désagréables et antipathiques les uns que les autres. Dans cet amalgame de mauvais goût, Stallone incarne un vétéran retraité de la course automobile qui doit reprendre du service dans le but de guider un jeune apprenti (Kip Pardue) vers la victoire. Stallone participe bien à quelques courses, mais son rôle consiste essentiellement en celui du mentor de ce jeune pilote. Au cour de son retour sur les pistes, il fera la rencontre de son ex-femme (exécrable Gina Gershon), son ancien patron (Burt Reynolds, vraiment déplaisant…), une jeune groupie (poseuse Estella Warren), des pilotes sans scrupule, etc, etc, etc…
Dans les fantasmes scénaristiques de Stallone, Driven était censé traiter de la course automobile comme d'une métaphore dépeignant la psychologie de tous ces personnages. Malheureusement, les personnages sont trop nombreux pour être réellement approfondis, et ne servent donc que de remplissage pour combler les vides les scènes de courses. Il est donc inutile de rechercher quelque subtilité ou profondeur que ce soit dans Driven, ces deux notions y sont absentes. Reste donc une série de scènes de courses quelques fois invraisemblables (en particulier une poursuite à travers les rues de Chicago…), mais ô combien divertissantes. Visiblement conscient du faible potentiel narratif du film, le réalisateur Renny Harlin a concentré toutes ses énergies à créer des séquences d'action abracadabrantes, filmées avec une intensité, une originalité et une maîtrise indéniable. Ne serait-ce que pour ces quelques scènes, le film vaut amplement le coup d'œil et devrait procurer une distraction des plus agréable. Le montage ridiculement rapide et saccadé ainsi que la musique commerciale pompeuse présente dans le film font de ces deux heures un énorme vidéoclip qui ne laisse guère le temps de s'ennuyer. Ceux par contre qui s'attendaient à un drame sportif réaliste où évolue des personnages complexes et approfondies devraient peut-être s'abstenir.


Image
Driven nous est ici présenté en format original de 2.35:1 et ce, d'après un transfert anamorphique de toute beauté. La définition est nette et détaillée, celle-ci laisse pleinement paraître tous les détails de l'imagerie et toute la finesse des textures. Les couleurs du film sont riches et vibrantes, la colorimétrie semble presque toujours adéquatement saturée. Néanmoins, quelques scènes extérieures nous ont parues afficher des couleurs sur-saturées. Les teintes de peau, quant à elles, paraissent constamment justes et naturelles. Les noirs sont profonds et solides, on ne remarque absolument aucune trace de fourmillement où que ce soit. Les parties sombres sont tout aussi remarquables, celles-ci sont dégradées avec finesse et subtilité.
L'interpositif utilisé pour ce transfert est évidemment de première qualité et ne souffre ainsi d'aucune anomalie gênante. Le transfert est également exempt de tout défaut de compression, seule une très légère sur-définition des contours peut être remarquée à quelques rares occasions.


Son
Deux bandes-son de format Dolby Digital 5.1 sont offertes sur cette édition, soit une anglaise et l'autre française. Dans l'ensemble, ces deux bandes-son offrent un mixage pratiquement identique, seule les dialogues et des sons ambiants paraissent légèrement moins bien intégré dans le doublage.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que ces deux bandes-son offrent réellement un dynamisme à couper le souffle ! Du début à la fin, ces bandes font une utilisation active de toutes les possibilités offertes avec le but évident de saturer les oreilles de tous les artifices inimaginables : nombreux effets canaux à canaux, effets d'ambiophonie omniprésents et percutants ainsi qu'un usage intensif et percutant du canal .1 (LFE). Dans tout ce cirque, les éléments sonores nous semblent bien intégrés, en particulier la trame-sonore. Présente en permanence, celle-ci est intelligemment mixée et passe allégrement de la subtilité à l'agressivité, selon l'action présenté à l'écran. Les dialogues paraissent également bien intégrés, la plupart du temps ils sont nets et intelligibles. En plus de ce dynamisme presque outrancier, cette bande-son propose une spatialité ample et bien détaillée.
À noter que des sous-titres sont également offerts en anglais, français et espagnols.



Suppléments/menus
Plusieurs suppléments fort intéressants ont été réunis en vue de cette de édition de Driven, dont le plus intéressant est fort probablement la piste de commentaires audio animée par le réalisateur Renny Harlin. Fidèle à ses habitudes, Harlin nous livre avec franchise et modestie une piste détaillée en information, le tout dans un ton amical et décontracté. Les silences sont rares, les propos sont articulés et adéquatement structurés.
Pas moins de douze scènes inédites sont également offertes, totalisant un gargantuesque 50 minutes! La première chose qui vient à l'esprit à l'écoute de ces scènes, c'est que le film en aurait diablement bénéficié sur le plan narratif. Les personnages, si unidimensionnels dans le montage final, se révèlent à travers ces scènes plus profonds qu'on aurait pu oser imaginer à l'écoute du film. Il ne faut toutefois pas se leurrer, ces scènes n'aurait certainement pas sauver le film de la catastrophe, à tout le moins auraient-elles pu rapprocher l'œuvre des nobles intentions initiales du scénariste. Et justement, nul autre que Sylvester Stallone lui-même nous propose, pour la totalité de ces scènes, ses impressions sur leur signification et sur leur retrait sous la forme d'une piste de commentaires audio optionnelle. Tout au long des cinquante minutes que dure cette piste, l'homme propose des commentaires intelligents, sensibles et articulés sur ses intentions en tant que scénariste. Le plus intéressant avec cette piste est de la comparer avec celle du réalisateur et de constater à quel point leurs opinions divergent quant au retrait de ces scènes…
Suit ensuite un court documentaire de quinze minutes qui, à l'instar du film lui-même, a toutes les allures d'un long vidéoclip (la musique est d'ailleurs particulièrement agaçante) agrémenté de quelques dialogues. Peu d'information y est abordé, tout au plus y a-t-il quelques scènes filmées en coulisse qui valent le coup d'œil.
Beaucoup plus intéressant est une courte vignette de dix minutes intitulé Conquering Speed Through Live Action And Visual Effects. Vous l'aurez devinez, ce segment s'attaque de façon concise et détaillée à la création des nombreux effets spéciaux spectaculaires présents dans le film. Vraiment très intéressant.
La bande-annonce originale, quelques filmographies ainsi que l'abjecte bande-annonce du jeu vidéo Driven pour PlayStation 2 sont également offertes.



Conclusion
Cette édition DVD représente un investissement des plus valable pour tout consommateur à la recherche d'une qualité d'image exceptionelle et une bande-son qui en met plein les oreilles. Ces deux aspects techniques rendent pleinement justice au cachet hautement spectaculaire des scènes d'action. Qui plus est, les suppléments offerts sont assez nombreux et intéressants pour satisfaire quelque intérêt que vous puissiez avoir envers ce film. Une édition conseillée, pour autant que vous sachiez à quoi vous attendre sur le plan scénaristique...



Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
4,4/5

Suppléments:
3,2/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2001-09-06

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Driven

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
117 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, 2 documentaires, scènes inédites, bande-annonce.

Date de parution:
2001-09-18

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