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DVDEF

Danger:Diabolik

Critique
Synopsis/présentation
Mario Bava est un des grands artisans sous estimés du cinéma de genre italien qui, avec Danger Diabolik, a réalisé le film POP ultime. On y suit Diabolik (John Philip Law) commettre des vols et des assassinats en toute impunité dans un pays d’Europe non spécifié.
Le film se résume à cette phrase et c’est là à la fois tout son intérêt et sa limite. Bava met en image les aventures de Diabolik d’après la bande dessinée éponyme alors très populaire en Italie. Le héros de la bande-déssinée est beaucoup plus violent et sadique que le Diabolik du film mais pour des raisons évidentes de production et de distribution, Bava a du édulcorer les agissements et le comportement de son héros. Il aurait pourtant été l’homme de la situation pour décrire les agissements d’un criminel sans foi ni loi tant il a montré à la fois son intérêt et sa grande maitrise dans la transposition à l’écran d’histoires fantastiques où les perversions et leur effet sur les pervers étaient superbement mis en valeur sans aucune vulgarité ni complaisance (du moins dans ses plus grandes œuvres). Cependant cette adoucissement des mœurs de Diabolik permet à Bava de signer une œuvre unique, une sorte de croisement entre un James Bond dégénéré, pour l’aisance et la classe en toutes circonstances du héros et les rebondissements et gadgets tous plus extravagants les uns que les autres, et un film expérimental pour certaines parties de la mise en scène vraiment psychédéliques. De plus, Bava en grand professionnel soigne tous les aspects de son film et offre un rythme maitrisé entre péripéties folles et moments plus intimistes qui rendent le film à la fois prenant et agréable à suivre.

Là où d’autres réalisateurs avaient tenté de jouer la même carte du film Pop sans vraiment réussir leur coup faute de réelle maitrise d’un tel matériau (Joseph Losey avec Modesty Blaise critiqué sur le site), Bava est lui totalement à son aise. Ennio Morricone a composé une musique absolument extraordinaire dont la parfaite adéquation aux images et au style voulus par Bava renforce d’autant l’aspect sympathique et culte de ce film décidément fort agréable.
Il ne faut donc pas chercher plus loin que ce que le film propose au premier degré et apprécier à leur juste valeur les recherches formelles de Mario Bava, se laissant prendre par la trame simple mais efficace de ce qui est l’une des adaptations de bande-dessinée les plus réussies que nous connaissions.




Image
L’image est présentée au format respecté de 1.78 : 1 d’après un transfert 16:9.

La définition générale est d’une qualité assez incroyable pour un film à tout petit budget des années soixante. Seuls quelques passages à effets spéciaux montrent un léger flou imputable, aux techniques utilisées et non au transfert. L’interpositif n’est pas aussi propre qu’on aurait pu l’éspérer mais les points et traits présents le sont sur les scènes précédemment incriminées. Pour le reste de la copie, l’interpositif est très propre et s’avère d’une superbe qualité pour un tel film.
Le rendu des couleurs est absolument sublime et offre une expérience visuelle assez unique. Elles sont parfaitement saturées, naturelles et vraiment conformes à l’utilisation très spéciale qu’en fait Bava dans ses films. Le contraste est très bien géré et évite toutes les brillances. Le rendu des scènes sombres est d’excellente qualité grace à des noirs vraiment purs et profonds.
La partie numérique est exempte de tous reproches.

Un transfert de bonne facture qui enfin rend justice au style visuel pop et psychédélique du grand Mario Bava.




Son
La seule bande-son disponible sur cette édition est en Anglais (Dolby 1.0 mono).

Sa dynamique est certes limitée mais s’avère tout de même d’un niveau correct pour ce type de productions. Sa présence et sa spatialité sont de qualité correcte. La musique d’Ennio Morricone est étonnamment bien rendue et ne montre que peu de limitations dans le haut comme le bas du spectre. Elle est de plus parfaitement intégrée au reste de la bande-son. Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et les distortions ou parasites inaudiables à niveau raisonnable. Les basses fréquences sont limitées par le format mais apportent un plus indéniable au rendu général. Les sous-titres sont disponibles en Anglais uniquement.

Une bande-son certes perfectible mais qui remplit son office avec une qualité surprenante et surtout qui offre le doublage original du film.



Suppléments/menus
Une section très intéressante et qu’il est plaisant de trouver sur l’édition d’un « petit film » comme celui-ci.

Le commentaire audio du biographe de Mario Bava, Tim Lucas, et de l’acteur principal John Philipp Law est un régal a écouter, les deux hommes s’entendant bien et se complétant idéalement. Law raconte ses souvenirs de tournage et sur les effets spéciaux tandis que Lucas en professionnel aguerri nous renseigne sur la technique, les données historiques et offre une analyse très pertinente du style de Bava qu’il connaît si bien.

Suit un excellent documentaire de 20 minutes intitulé « Danger : Diabolik - From Fumetti to Film » qui explique en détails le style de Bava sur ce film, agrémenté d’extraits de la BD dont il s’inspira et le tout sans jamais être redondant avec les informations délivrées par Lucas. Une référence du genre assurément.

Est aussi inclus un clip video de la chanson Body Movin’ des Beastie Boys qui s’inspire totalement du film, et de façon revendiquée dans le commentaire audio du clip qui est également proposé.

Sont enfin offerts un teaser et une bande-annonce totalement psychédéliques qui restituent parfaitement l’ambiance du film.



Conclusion
Une édition d’excellente qualité aux résultats audio et vidéo surprenants et qui offre en plus d’un film rare dans de superbes conditions, des suppléments passionnants. Le prix de vente est qui plus est tout à fait raisonnable ce qui fait que nous vous recommandons donc vivement cette édition de mêm que le film.

Une œuvre totalement en phase avec son époque, dirigée de main de maitre par le grand esthète Mario Bava qui s’en donne à cœur joie sur les couleurs et les effets psychédéliques pour mettre en scène les aventures de Diabolik, héros italien populaire des bandes dessinées italiennes.



Qualité vidéo:
3,9/5

Qualité audio:
3,7/5

Suppléments:
4,4/5

Rapport qualité/prix:
3,9/5

Note finale:
4,1/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2005-07-13

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Danger:Diabolik

Année de sortie:
1968

Pays:

Genre:

Durée:
100 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Paramount

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-5 (simple face, simple couche)

Format d'image:
1.78:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Commentaire audio, documentaire, bandes-annonces

Date de parution:
2005-06-14

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