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DVDEF

La Cages aux Folles

Critique
Synopsis/présentation
Bien que tabou, l'homosexualité demeure l'un des thèmes récurrents du septième art, abordé tantôt sous des aspects sombres, tantôt sous des aspects humoristiques. L'histoire du cinéma démontre d'ailleurs une certaine évolution des moeurs, des mythes et des opinions à ce sujet. Au cours des années 30, l'homosexuel fut d'abord personnifié par l'individu asexué aux tendances efféminées, communément appelé la "sissie" (Our Better, 1933; The Gay Divorcee, 1934). Dans les années 40, l'homosexuel fut souvent présenté sous les traits d'un vilain trouvant fréquemment la mort lors de la conclusion du film. Le cinéaste Alfred Hitchcock eu cette approche, rappelons nous Murder! (1930), Rebecca (1940) et Rope (1948).
Au cours des années cinquante, on préféra ne pas montrer l'image d'un homosexuel au cinéma, code Hayes oblige. Dans les années soixante, l'homosexualité fut plutôt présenté comme une voie ne menant qu'au malheur et à la déception (Victim, The Detective).
Le cinéma doit beaucoup à Billy Wilder. Avec Some Like it Hot , le réalisateur a réussi à présenter des personnages à la sexualité ambivalente, d'une façon ¨acceptable¨, en jouant sur l'humour. Ce n'est pas sans hasard que la comédie est le genre de prédilection pour mettre en scènes des personnages homosexuels, du moins dans le cinéma populaire.
Le scénario loufoque de la Cage aux Folles joue sur la dérision et l'amplification des clichés homosexuels mais sans jamais cependant verser dans la méchanceté ou le manque de respect. Âgés dans la quarantaine, Renato et Albin sont les propriétaires du club de nuit "La Cage Aux Folles" à St-Tropez. Alors que le fils de Renato, Laurent, désire épouser une jeune femme, les parents de cette dernière décide de rendre visite au couple homosexuel afin de faire leur connaissance. Mais voilà: le beau-père ultra-conservateur, membre du parti politique de l'Ordre Moral, s'attend à rencontrer le père de Laurent, supposément attaché culturel, et son épouse... Afin de faire plaisir à Laurent, Renato demande à Albin d'interpréter le rôle de sa vie lors du fameux souper réunissant les deux familles...
Le second film de la trilogie, La Cage aux Folles II, reprend le concept de l'original, modifiant simplement les grandes lignes du scénario. Cette fois-ci, Renato et Albin sont impliqués involontairement dans une histoire d'espionnage, les obligeant à fuir le pays. Décidant de se réfugier en Italie, les deux héros devront à nouveau jouer hystériquement les couples hétéros. Bien que la magie du premier film se soit quelque peu estompée, il n'en demeure pas moins que la scène où Albin interprète à contre coeur le rôle d'une paysanne sicilienne demeure l'un des moments les plus hilarants du film.
Réalisé par Edouard Molinaro (L'emmerdeur, 1974) et adapté à l'écran par, entre autres, Francis Veber (Le Dîner de Cons, 1998) et Jean Poiret, La Cage Aux Folles mérite tout son succès. La mise en scène légère du film et une direction d'acteurs intelligentes contribuent à rendre les personnages de La Cage Aux Folles attachants, sensibles et humoristiques. Mais avant tout, le crédit principal de cette popularité est dû aux mémorables prestations d' Ugo Tognazzi (vedette italienne célèbre pour ses rôles machos) et Michel Serrault dans les rôles principaux. Cette justesse entre la dérision et la réalité font de La Cage aux Folles un gage parfait d'humour et de divertissement.
La Cage Aux Folles a connu un certain succès à l'étranger et plus particulièrement en Amérique du Nord. L'industrie cinématographique américaine n'a pu s'empêcher de produire une reprise du film en 1996 (Birdcage). Une comédie musical fut aussi présentée sur Broadway.


Image
Les deux films sont ici proposés en format original (1.66:1) d'après des transferts non-anamorphiques. Il semble évident qu'on ait utiliser de vieux interpositifs analogues en vue de la réalisation de ces transferts. Les résultats sont très décevants...
Les deux éditions présentent une image dont la définition générale manque largement de piqué. Les textures et le détail des contours sont estompés, parfois même grossiers. Le rendu des couleurs laisse également à désirer, surtout en ce qui concerne le premier film. Les tons de peau tendent fréquemment vers le rouge, manquant ainsi de naturalité et de finesse (les maquillages excentriques d'Albin en souffrent particulièrement). Sans présenter de signes de débordement (bleeding), l'image du premier opus démontre cependant quelques inconsistances de couleurs (color drop-out). On remarque, surtout dans le premier film, un débordement des haute-lumière qui délave l'image et atténue grandement le contraste. Les parties sombres ont un dégradé déficient marqué par des noirs profonds mais qui bloquent trop rapidement..
Signe particulier du piètre état des interpositifs utilisés, on dénote de nombreux artéfacts et parasites visuels. Bien que certaines scènes soient exemptes de tout parasites, d'autres en sont affreusement criblés.
Un moindre mal peut-être, on n'observe aucun signe de compression ou de fourmillements.



Son
Si la qualité de l'image fait mauvaise réputation à ces deux éditions, leurs attraits audio ne réussiront certainement pas à sauver la sauce.
On retrouve sur chacun des deux titres des bandes sonores française (Dolby Digital mono) et anglaise (Dolby Digital mono). Avant toute analyse, il importe de spécifier que La Cage Aux Folles I et II ont fort probablement été postsynchronisés, c'est à dire que les dialogues ont été réenregistrés en studio.
Les bandes sonores françaises sont d'un dynamisme limité et n'ont strictement aucune spatialité. Bien que le travail de postsynchro ait permis d'éliminer les bruits de fonds , les effets sonores d'ambiances (fermeture d'une porte, bris d'un verre, applaudissements, etc.) manquent de naturalité. Les trames sonores d'Ennio Morricone ont peu de présence en plus d'une fidélité plus qu'inadéquate. Les dialogues, pourtant le principal élément sonore de ces deux bandes sonores, sont très mal rendu. En plus d'une postsynchro évidente les dialogues manquent nettement de définitions en plus d'être parfois carrément inaudibles (La Cage aux Folles I). Par exemple dans le cas du premier film, tous les dialogues s'élevant de quelques décibels (les cris stridents d'Albin, les colères du député, les scènes de ménage de Renato et Albin) souffrent de distortions rendant presque initelligibles les dialogues...
Enfin, nul n'est besoin de mentionner l'absence totale de basses et d'extrêmes graves.


Suppléments/menus
Typiques aux éditions standards de la MGM/UA, les suppléments offerts sur ces des deux éditions DVD sont, à peu près, inexistants. Les suppléments se limitent à une brève bande-annonce destinée au public anglophone (les personnages ne parlent pas, seule une hors champ anglaise décrit les grandes lignes de l'histoire).



Conclusion
La Cage Aux Folles I et II sont, 20 ans plus tard, encore des comédies touchante et hilarante. Si le rire est au rendez-vous, la qualité générale de ces deux éditions DVD décoit. Si le prix peut justifier l'absence de suppléments, le matériel source aurait eu grand interêt à être plus solidement présenté. Un nottoyage sommaire de l'interpositf aurait été la moindre des choses. Probablement que MGM/UA a jugé que la popularité des deux films, jumelés au coût modeste de ces éditions DVD, suffira à intéresser l'acheteur. Nous vous laissons juger de cette question...


Qualité vidéo:
1,5/5

Qualité audio:
1,5/5

Suppléments:
0,5/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
2,0/5
Auteur: Alexandre Caron

Date de publication: 2001-07-19

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Widescreen 16:9 Toshiba TheaterWide TW40F80, Récepteur certifié THX-Ultra, THX-EX, Dolby Digital 6.1, DTS-ES Discrete Denon AVR-4802, Lecteur DVD-Audio / DVD-Video Toshiba SD-4700, enceintes PSB et central Paradigm Reference, câbles Monster Cable (calibre 12).

Le film

Titre original:
Cages aux Folles, La

Année de sortie:
1979

Pays:

Genre:

Durée:
97 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
MGM

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.66:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Française Dolby mono
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:
Français
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Bande-annonce

Date de parution:
2001-07-24

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