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DVDEF

Castle in the Sky

Critique
Synopsis/présentation
Dans le cadre de son contrat avec le studio japonais Ghibli, Disney a décidé d'éditer simultanément trois films de Hayao Miyazaki en format DVD, Spirited Away (Le Voyage de Chihiro), Kiki's Delivery Service et enfin Catle in the Sky (Laputa, le Château dans le Ciel), sujet de cette critique.
Ce film, sorti en 1986, est le second long-métrage réalisé par Miyazaki au sein du studio Ghibli, deux ans après Nausicaä of the Valley of the Wind et deux ans avant My Neighbor Totoro. Il a été produit par Isao Takahata, un grand ami de Miyazaki qui a réalisé de son côté des chefs d'oeuvre comme le magnifique et infiniment triste Grave of the Fireflies (Le Tombeau des Lucioles), et nettement moins triste My Neighbors the Yamada (Mes Voinsins les Yamada).

L'histoire, inspirée de la légende du royaume volant de Laputa, tirée des voyages de Gulliver, met en scène une petite fille, Sheeta, qui possède un pendentif mystérieux convoité par une famille de pirates des airs et par Muska, un mystérieux agent secret qui travaille pour l'armée. Après être tombée d'un dirigeable, et sauvée d'une mort certaine par son pendentif magique qui a ralenti sa chute, elle est recueillie par Pazu, un jeune garçon vivant près d'une très grande faille où travaillent de très nombreux mineurs. Bien vite ils vont apprendre que le pendentif se Sheeta est relié à la mythique cité dans le ciel, Laputa. Et si les pirates semblent surtout intéressés par le pendentif pour sa valeur marchande, l'inquiétant Mushka semble omnubilé par la recherche de la légendaire cité volante.

En plus de décrire des aventures passionnantes, le film dégage une poésie très particulière et propre à Miyazaki. On y trouve des thèmes et des idées qui se retrouvent dans les films plus récents du maître. Les improbables machines volantes utilisées par les militaires et les pirates du ciel annoncent les incroyables avions qu'on découvre dans Porco Rosso, et la personnalité haute en couleurs de la famille de pirates se rapproche de celle des brigands de ce dernier. Quand à la cité volante elle-même, sa dualité, entre artefact technologique et paradis écologique, annonce les thèmes de Mononoke Hime (Princesse Mononoke). Comme dans Porco Rosso, l'histoire se déroule dans un monde qui semble appartenir à notre passé, mais dans lequel se trouvent des machines improbables qui n'ont jamais existé et dans lequel la magie est possible. Cet univers très particulier semble être une version fantastique de ce que les amateurs de science fiction appellent "steampunk", un genre de science-fiction se déroulant dans le passé, où des technologies qui ont été remplacées de nos jours sont poussées judsqu'à leurs limites (un exemple populaire de film "steampunk" est Wild Wild West). Dans ce cas-ci, ce sont les machines volantes, et notamment des ballons dirigeables bien plus impressionnants que tout ce qu'on a pu voir en réalité, qui sont les plus beaux exemples de technologie ancienne poussée à sa limite, alors que la magie et le merveilleux sont apportés par les cristaux comme celui que porte Sheeta en pendentif.

Si l'animation est, comme toujours chez Ghibli, d'une qualité exceptionnelle, les décors, même s'ils sont très beaux, n'ont visiblement pas bénéficié du même budget que des films plus récents comme Princesse Mononoke ou Le Voyage de Chihiro. Ils sont en effet nettement plus simples et moins détaillés. Certains plans d'effets spéciaux sont des tours de force d'animation traditionnelle (contrairement aux derniers films du Studio Ghibli, rien dans Laputa n'a été réalisé sur ordinateur), notamment le magnifique survol de la campagne par Pazu et Dola (la mère des pirates) dans l'étrange machine volante de cette dernière. Le générique du début est aussi tout à fait remarquable, ressemblant à des gravures animées.

Si on ne peut que se réjouir de voir un tel chef d'oeuvre du dessin animé arriver sur le marché, la démarche de Disney est parfois déroutante. Comme pour Le Voyage de Chihiro, qu'ils ont renommé Spirited Away, ils ont éliminé tout nom propre du titre du film (tout le monde appelle ce film Laputa, le Château dans le Ciel sauf Disney qui a décidé de se passer du nom de la mythique cité volante). Tout aussi bizarre est leur idée, comme pour les deux autres films de Miyazaki sortant simultanément (voir critiques), de les affubler d'une introduction obligatoire et inintéressante de John Lasseter. Tout semble indiquer que Disney fait tout pour rassurer son public vis-à-vis de ces films étranges venus d'ailleurs. On se demande quels titre ils vont donner à Nausicaä de la Vallée du Vent s'ils se décident un jour à l'éditer...


Image
Le film est présenté sur le premier disque de cette édition qui en comporte deux, au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert 16:9 (dit anamorphosé).

L'image est correcte compte tenu de l'âge du film, offrant un niveau de détail honorable et des textures subtiles. Les couleurs sont bien etalonnées, mais parfois les tons chair semblent complètement surexposés. Ce problème semble plutôt dû à l'interpositif utilisé qu'au télécinéma proprement dit. En effet, a part ce probleme qui appartait surtout dans les scènes de jour, les contrastes et la brillance sont très bien ajustés, rendant justice aux magnifiques effets spéciaux du film. Le problème présent sur les tons chair en plein jour aurait pu être corrigé par un étalonnage numérique, on ne peut que regretter que cela n'ait pas été fait. Les zones d'ombre sont parfois un peu poussiéreuses, mais cela semble être dû à des poussières sur les banc-titres utilisé à l'époque.

Un défaut numérique majeur vient entacher la qualité d'image : une surdéfinition des contours franchement exagérée, qui vient gâcher un transfert qui sans cela aurait été tout à fait honorable compte tenu de l'âge du film. La surdéfinition des contours, qui est en temps normal une pratique non souhaitable, est totalement impardonnable sur un dessin animé, dont la compression est déjà un art bien assez difficile sans qu'on y ajoute des parasites comme la surbrillance au voisinage des contours apportée par ce filtrage. Heureusement, à part ce défaut, la partie purement numérique du transfert est d'un bon niveau, les problèmes de compression comme les fourmillements autours des contours sont rares et passent facilement inaperçus.



Son
Les bandes sonores proposées sont : Anglais Dolby Digital 5.1, Français Dolby Surround 2.0 et Japonais Dolby Surround 2.0. Des sous-titres sont proposés uniquement en Anglais.

Nous allons nous intéresser ici à la version Anglaise 5.1, qui a été presque entièrement refaite par les studios Disney en vue de cette édition DVD. Les dialogues ont bien entendu été réenregistrés par des acteurs américains, mais en plus la trame sonore a été réorchestrée par Joe Isashi (compositeur de la musique originale) lui-même, dans un version plus symphonique. Il est d'ailleurs amusant de comparer les bandes-son Japonaise et Anglaise du film pour voir les differences au niveau de la musique et du mixage.

La spatialité est bonne, l'espace sonore large sans être très immersif. Les canaux d'ambiophonie sont utilisés de façon adéquate, que ce soit pour la musique, les effets sonores ou des bouts de dialogues hors-champ. Cela contribue de façon importante au réalisme de cette bande-son. La dynamique des effets sonores est moins importante que pour des productions récentes, mais cela ne nuit pas à leur qualité. Ils sont juste un peu moins tonitruants que ce qu'on a l'habitude d'entendre. La séparation des canaux est impeccable, et les effets de transition sont correctement gérés. La trame sonore, superbement intégrée au mixage, démontre profondeur et fidélité. Les dialogues sont toujours parfaitement intégrés et intelligibles, et les basses fréquence sont présentes, mais sans exagération. Le canal .1 (LFE) est bien entendu de la partie, mis à contribution de manière tout à fait adéquate.


Les bandes-son française et japonaise ne bénéficiant pas d'un mixage 5.1, elles sont techniquement inférieures à la version américaine. Mais il est tout de même intéressant de pouvoir entendre le mixage original, et ainsi de profiter du travail de synchronisation labiale effectué par les animateurs japonais. On ne peut que déplorer l'absence de sous-titres français.


Suppléments/menus
Les suppléments disponibles sont peu nombreux. Il y a quelques bandes-annonces, dont certaines (Spirited Away et Kiki's Delivery Service) commencent à jouer dès l'insertion du disque DVD, avant les menus.

Le supplément le plus énervant est cependant l'inutile introduction au film par John Lasseter, qui n'apporte rien et semble démontrer un certain mépris de Disney pour le public nord-américain, à qui ils se sentent obligés d'expliquer pourquoi ce film si différent des productions locales est bon.

Les seuls suppléments dignes d'intérêt sur le disque sont Behind the microphones (4:09), un documentaire sur l'enregistrement des voix pour la version américaine, qui permet par moment de voir simultanément les acteurs et les personnages animés à l'écran, et Original Japanese Trailers (4:06), les bande-annonces originales de 1986.

Le second disque contient "seulement" un supplément, mais il est de taille. Il S'agit de l'animatique complète du film, c'est à dire l'intégralité des cases du scénarimage (storyboard) montées et accompagnées de la bande-son originale ou américaine. Un très beau supplément qui permet d'admirer dans son intégralité le travail de scénarimage du maître lui-même.

Sans ce second disque, les suppléments livrés avec cette édition mériteraient à peine d'être mentionnés. Il aurait été intéressant d'avoir des documentaires sur la production du film en lui-même (et pas juste sur la bande-son américaine), notamment sur le travail d'animation. Mais il est vrai que ce film date de 1986, une époque où il semblait moins vital aux studios de créer des documentaires sur leur travail.



Conclusion
Il est enthousiasmant de voir enfin arriver sur le marché nord-américain un chef d'oeuvre tel que Laputa. Si la nouvelle bande-son rend justice à la qualité du film, la qualité d'image laisse cependant à désirer. Après avoir attendu aussi longtemps, on était en droit d'attendre une édition de meilleure qualité. Malgré les défauts du traitement de l'image, ce film reste un véritable chef d'oeuvre à côté duquel il serait dommage de passer.



Qualité vidéo:
3,0/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2003-04-16

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4/3 Panasonic 36

Le film

Titre original:
Tenku no shiro Rapyuta

Année de sortie:
1986

Pays:

Genre:

Durée:
125 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Disney

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround
Japonaise Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Animatique, bandes-annonces, introduction de John Lasseter

Date de parution:
2003-04-15

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