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DVDEF

Samurai Champloo (Vol. 1, Vol. 2, Vol. 3)

Critique
Synopsis/présentation
Dans le déluge des anime qui arrivent tous les mois sur les tablettes des revendeurs DVD, dans des coffrets à remplir à des coûts exorbitant, faire le tri entre l’indispensable et le banal est un impératif. Le genre Anime est riche de sa diversité, et s’y retrouver peut être difficile.

Parfois, une série est attendue avec grande impatience seulement sur la base de l’équipe qui la réalise, et c’est le cas de Samurai Champloo, nouvelle création de Shinichiro Watanabe. Ce réalisateur s’est rendu célèbre en créant une des séries animés les plus respectées dans le format 26*26, Cowboy Bebop. Sur cette prémisse, Watanabe s’est entouré d’une équipe aussi expérimentée que reconnue, provenant des studios les plus respectés de ce temps, s’associant autant à des artistes des artistiques Studios Gibli que du dominant IG.
On retrouve donc parmis les créateurs de Samurai Champloo, Kazuto Nakazawa à la création des personnages et comme chef de l’animation (Partie animée de Kill Bill V1 ; Final Fantasy Unlimited…) ; Dai Sato au script (ancien de Cowboy Bebop) ; Takeshi Waki comme directeur artistique (Tenchy Muyo ; Dragon Slayer) ; Le designer de l’armement, Mahiro Maeda est certainement un des créateurs les plus recherchés depuis sa realisation du segment « second Renaissance » sur animatrix, mais aussi grâce au travail qu’il a réalisé sur plusieurs Gibli (Porco Rosso, Nausicaä, Castle in the Sky…) et sur plusieurs des gros noms de l’anime (en vrac, Last Exile, Escaflowne, Kill Bill V1, Evangelion). Nous pourrions rajouter les autres noms, dont Eri Suzuki à la couleur (Ghost in the shell ; Armitage…), toutes les personnes impliquées dans cette série portent un pédigré des plus exceptionnels.

Dès l’annonce de cette série, les droits sont achetés pour le Japon, mais bien plus rare, pour les Etats-Unis et cela avant même la première diffusion à la télévision nippone. Naturellement, la promesse du nouvelle série de Watanabe était grande. Ce dernier, considéré comme le Quentin Tarantino de l’anime avait dans Cowboy Bebop redéfinit les limites scénaristiques et esthétiques de l’art de l’anime. Cowboy Bebop, mélange tordu et réussi de différents genres (Science Fiction avec Western et policier, baigné de musique Jazz) est certainement un des anime les plus accessibles et le plus intéressant pour ceux qui ne sont pas trop enclins à l’univers Manga/anime. La barre était donc placée très haute, et les attentes très élevées.

Samurai Champloo relève le défi ardu de suivre les pas de Cowboy Bebop, et sait satisfaire complètement les attentes générées (voir même aller au-delà).

Avant de rentrer dans le détail de l’histoire, il convient de s’intéresser à la forme. Rarement la direction artistique, le design des personnages et le poli donné à l’ensemble n’a aussi bien fonctionné. Si Bebop se passait dans le futur avec une approche rétro (Jazz, Cowboys etc…), Champloo fait le pari du contraire. On se retrouve dans un Japon médiéval mais baigné dans un environnement et une approche Hip-Hop. L’enrobage de cet animé est d’une qualité fabuleuse, les interstices (petites animations au milieu de l’anime pour placement publicitaires) sont réellement réussis et l’on passe du Samouraï Bushido au Rap avec une facilité aussi naturelle que déconcertante (le scratch pour les flashbacks est aussi fabuleux). Le visionnement du premier épisode est d’ailleurs réjouissant et place immédiatement dans l’ambiance lorsque des panneaux apparaissent indiquant clairement que bien que la série se passe dans le passé, aucun effort n’a été fait pour respecter la réalité historique. Et c’est effectivement le cas puisque certains personnages portent des lunettes de sport et dans le cas d’un des personnages principal, la danse hip-hop est au centre de sa technique de combat.

Le premier épisode place les éléments narratifs qui seront utilisés pour l’ensemble de l’histoire. Mugen, sans plus de détail sur ses origines ou ses buts, déambule dans une ville et fait la rencontre d’une jeune serveuse d’un salon de thé nommée Fuu. Mugen se révèle un guerrier hors du commun pratiquant une technique mêlant la danse Hip-Hop avec l’épée. Simultanément, Jin un Samouraï froid et conforme au Bushido affronte des gardes du corps réputés imbattables. Par un concours de circonstance, Jin se retrouve face à Mugen et des derniers commencent un combat inachevé dans la maison de Thé. Suite à leur capture, la jeune Fuu leur propose de les libérer en échange d’une promesse, l’aider à retrouver un guerrier « qui sent le tournesol ».
De cette base, les protagonistes prennent la route, Mugen et Jin en attente de pouvoir terminer leur combat, et Fuu qui cherche sans que l’on sache encore pourquoi ce guerrier à l’odeur de fleur. La dynamique entre les trois est très intéressantes, car pour les deux combattants, c’est une relation forcée qui est toujours à la limite du combat, Fuu servant d’élément déclencheur pour les aventures à venir. De plus Mugen et Jin sont radicalement opposés dans leur style même. Mugen est flamboyant, ne réfléchit pas plus qu’il ne faut, alors que Jin est froid et calculateur.

Samurai Champloo est une série pour adulte. Entre les maisons closes, les très nombreuses références à la sexualité (sous plusieurs formes d’ailleurs), et les démembrements nombreux et le plus souvent fatals, il est évident que cela ne conviendra pas aux plus jeunes et servira possiblement une fois de plus à alimenter le débat sur la violence dans les programmes pour enfants (puisque évidemment, un dessin animé est forcément pour enfants). L’animation est de toute première qualité, les combats font d’ailleurs preuve d’un dynamisme qui rappelle Ghost in the Shell dans un autre genre. L’enrobage musical, bien qu’à priori peu à propos, s’intègre parfaitement aux designs et à l’animation. On doit noter ici que c’est du très bon Rap qui est joué, avec des rythmiques aussi compliquées que riches. On sent ici la passion pour la musique que le réalisateur impose à ses productions. Cette attention à la musique qui avait valu à Bebop une partie de son succès est ici encore le petit « plus produit » qui rend l’ensemble aussi attachant qu’efficace. On finit un épisode avec l’envie très forte de se replonger dans cet univers décalé, mais en même temps très contemporain.

Comme d’habitude pour les éditions Geneon (ex Pioneer), le premier volume vient soit individuellement, ou soit dans le coffret qu’il faudra remplir au prix fort puisque ces éditions sont encore très dispendieuses (et particulièrement élevé pour cette série). Néanmoins, à tous les amateurs, le coffret nous semble un indispensable car il est évident qu’une fois accroché par les premiers épisodes, l’envie de continuer le périple sera là. De plus, la qualité technique du premier volume nous laisse présager un véritable festival pour les systèmes de cinéma maison.

Afin de suivre ces éditions sur toute la série, les éditions successives seront critiquées dans cette même page, nous rajouterons les volumes les uns au dessous des autres.

Volume 1 :
Ce premier Volume contient les quatre premiers épisodes, à savoir : 01- Tempestuous temperaments ; 02 – Redeye Reprisal ; 03 – Hellhounds of Fire Part 1 ; 04 – Hellhounds of Fire Part2.

Le premier épisode introduit les personnages et leurs personnalités. Lors de son premier combat, Mugen tranche le bras d’un homme avant de se faire arréter avec Jin. Grâce à Fuu, les personnages s’enfuient et partent à la recherche du guerrier « qui sent le tournesol ».
Le second épisode marque la tentative de revanche de l’individu au bras manquant, alors que Mugen se fait empoisonner et Jin se retrouve confronté à un tueur dont la technique au sabre rivalise avec la sienne.
Les deux derniers épisodes placent Mugen et Jin au cœur d’une guerre de Yakusas dans une petite ville, naturellement ces deux derniers se retrouvent dans les camps opposés. Fuu est faite prisonnière et envoyée dans une maison close et sera libéré par ses deux comparses à la suite d’une décision forcée d’anéantir un des deux camps.

Ce premier Volume, bien qu’il joue un peu sur des personnalités stéréotypées des personnages annonce d’ores et déjà une très bonne série. De plus, d’avoir dès le début de la série des épisodes en deux parties (donc des histoires individuelles qui tiennent 55 minutes) montre que les efforts de scénarisation sont bien présents, et laissent augurer des développements intéressants.

Volume 2 :
Second Volume, cette édition DVD nous propose les episodes de 4 à 8. Toujours sur le même ton, toujours sur le même rythme, nous continuons donc le voyage avec notre trio improvise.
Bien que ces 4 nouveaux épisodes n’apportent que peu d’éléments sur l’histoire en général, et qu’une sorte de routine semble s’installer (même manière d’amener les intrigues et les aventures), il n’en reste pas moins que le visionnement de ces quatre nouveaux épisodes est certainement encore un peu plus jubilatoire.
On retrouve ici tout ce qui a fait le succès de Cowboy Bebop : Musique (encore meilleur que sur le premier) des combats et une sylisation de très haut niveau, et surtout ce même amour de l’humour, et des références tordues.
Que dire de cet épisode ou tout tourne autour d’un marchand Hollandais, excessivement homosexuel et qui pense trouver une liberté d’aimer au japon... Rajoutez à cela que ses compagnons se promènent avec des pots de terre sur la tête (Pot Heads pour des Hollandais), ou bien un épisode complet qui tout en tournant autour d’un genre de Quichotte à la recherche de la célébrité, se fait accompagner par deux « Sancho Pansa » dont l’un est maitre de la BeatBox (faire des rythmes hip hop avec la bouche), et qui ponctue tous ses textes et toutes les actions de son maitre par des rythmiques très à propos. Ou encore, les prémices de l’épisode 5 qui placent Gauguin et Vangogh au cœur de l’intrigue (de manière fort drôle).
Bien que manquant un peu de l’originalité du premier, et n’apportant pas tellement sur l’ensemble, ce disque pourrait paraître marquer l’essouflement prématuré de cette série. Mais ayant vu toute la série, profitez pleinement de ces quatre épisodes, ils sont il nous semble les « défouloir » de l’équipe, et l’histoire embarquera bien assez tôt.

Episode 5 : Artistic Anarchy
En quête d’argent Mugen et Jin tentent par divers moyens de réunir de l’argent, tandis que Fuu se fait aborder et proposer de devenir modèle pour des dessins un peu « osés ». Elle accepte sans se douter que la galerie de portraits cache en fait une pratique de kidnapping de jolies filles. Comme de bien entendu, Mugen parviendra à la sauver in extremis.

Episode 6 : Stranger Searching
Après avoir participer à un concours du plus gros mangeur de nouille aux anguilles, nos trois compagnons se voient forcé de servir de guide au vainqueur, un Européen aux manières un peu légère. Ce dernier se révèlera plutôt à la recherche d’une certaine liberté, et d’un statut plus élevé que prévu.

Épisode 7 : A Risky Racket
Épisode un peu triste après le délire des deux premiers, Fuu se fait voler son argent par un pickpocket, qui se révélera pratiquer ces larcins afin de médicamenter sa mère. Cet épisode se concentre principalement sur Fuu,

Épisode 8 : The Art of Altercation
Arrivé dans une petite ville, Fuu se retrouve dans la ligne de mire d’un individu qui se veut héro, et dont le surnom est big. Ce dernier accompagné de ses acolytes qui le mettent en valeur, cherche désespérément celui qui a tué le Maitre qui n’avait jamais perdu un combat. Dans l’enchainement des événements, nous apprenons qu’il s’agit de Jin, qui a tué son Maitre dans le passé.

L'image et le son sont de caractéristique et de qualité similaire au premier Volume.

Volume 3 :
Ce troisième Opus bénéficie comme pour la seconde édition d'un bon équilibre entre l'humour, les combats et la construction de l'histoire de fond, mais souffre aussi de la même structure des histoires qui se répètent. On est encore soumis à trois épisodes ou c'est le manque d'argent et la faim qui font faire à notre trio des choix qui les entraine vers de nouvelles aventures.
Mais si cette forme d'introduction devient un peu téléphonée, les contenus eux continuent à aller dans tous les sens. Si ce volume fait la part un peu plus belle à Mugen (deux des quatres épisodes lui sont consacrés), l'épisode qui met en scène Jin offre beaucoup d'information sur le personnage et ses valeurs, tandis que le dernier épisode consacré à Fuu en plus de consolider l'histoire de la poursuite du samourai à l'odeur de tournesol lui donne une petite touche beaucoup plus profonde et humaine.
On est encore là en pleine continuité de Bebop, avec des musiques finement choisies et une animation toujours aussi fluide et détaillée. Il faut noter aussi la superbe mise en scène des combats dans le second épisode (#10 Lethal Lunacy) qui ne sont pas sans rappeler les meilleurs films du genre. Bien qui nous espérions que ce troisième opus ouvre vraiment vers l'histoire de fond, on est encore ici peu rensigné de la tournure que cette aventure peu prendre. Les personnages se construisent toujours un peu plus mais sans que nous sachions pourquoi ni nous permettre de prévoir un dénouement possible. Espérons que la prochaine édition saura nous en donner d'avantage.
À noter que l'image est toujours absolument magnifique, et que le son, malgré une utilisation un peu plus restreinte des canaux ambiophonique reste toujours de tout premier ordre.

Episode 9: Beatbox Bandits
les trois compères tentent de passer une frontière mais se font arréter par un fonctionnaire aussi zélé que corrompu. Pour sauver la vie de ses compagnons, mugen doit amener la tête tranchée d'un bandit dans une autre ville avant la fin de la soirée, mais sa route lui fait croiser des genres de gnomes guerriers, gardiens d'une forêt de pot interminable. La récompense ne sera pas forcemment celle attendue

Episode 10 : Lethal Lunacy
Mugen croise sur son chemin un guerrier qui semble enfin à sa hauteur. Jin Et Fuu s'installe pour un temps chez un moine, qui se révèle en fait être plus que cela. Le guerrier que Mugen devra affronter possède des techniques propres acquises entre le japon et la chine. Cet épisode focus sur les combats et peu d'élément autre que la robustesse de Mugen sont ici dévoilés.

Episode 11 : Gamblers and Gallantry
Comme le titre l'indique, l'équipe est séparée en deux. D'un côté, Jin tombe amoureux d'une jeune dont c'est la dernière journée hors d'une maison close (elle a été vendue à cause des dettes de son marie qui joue). De l'autre Fuu et Mugen entrainent un gros scarabé et commencent à gagner de l'Argent. Jin devra sauver l'objet de ses passions de la maison à laquelle elle est destinée.

Episode 12 : The Disorder Diaries
Fuu s'en allant, les deux autres tombent "par hasard" sur son journal intime et décident de chercher des indices sur la quête qu'ils sont en train de faire. Tout en cherchant un peu plus d'information sur le guerrier qui sent le tournesol, ils relisent les grands événements arrivés jusque là avec une perspective... toute nouvelle. Cet épisode réussit le pari de réutiliser du matériel déjà présenté mais avec une approche très originale.



Image
Geneon nous a habitué à de très belles éditions DVD de ses animés, et Samuraï Champloo ne déroge pas à la règle. Si comme à l’habitude, l’ensemble de la série supporte le même standard de qualité, seule cette description sera publiée.
Néanmoins en cas de problème sur les volumes à venir, des ajouts seront fait afin de refléter ces différences.

Présenté au format respecté de 1.85 :1 d'après un transfert 16:9, la définition générale est d’une excellente qualité, ne présentant aucun défaut particulier du à la photographie du matériel source (dessins). Les détails sont très bien restitués et à aucun moment il ne semble que des sacrifices aient pu être fait afin de faciliter le transfert. Les effets de lumières fait lors de la photographie sont particulièrement bien rendus (on pense aux détails du plan large sur la ville le matin dans le premier épisode) et offrent une approche graphique très soignée.
Les couleurs sont convenablement saturées et très constantes, preuve d’un étalonnage fait avec soin. Les couleurs, soit très chaudes pour Mugen et Fuu, ou plutôt froide lorsqu’il s’agit de Jin, sont toujours très bien rendues et n’ont jamais débordées. Les lignes de contour sont fines, et les à plats de couleurs toujours homogènes (pas de brillance particulière). La palette de couleur de Samurai Champloo est vaste, tant dans le design des personnages que pour les arrières plans (très détaillés, et assez souvent animés eux aussi) et saura satisfaire l’œil le plus attentif.
Les contrastes et la brillance sont d’un niveau tout à fait dans les normes quel que soit le type d’environnement, présentant des détails assez nombreux dans les parties sombres et des noirs profonds. Il convient de noter que l’éclairage de certaines scènes, faites au moment de la photographie des planches est fin et artistiquement bien intégré.
La compression est parfaite, ne présentant aucun défaut particulier. À noter l’absence de sur-définition, souvent présente dans les séries animés et parfois ennuyante sur les lignes de contours.

Geneon nous offre donc un traitement tout à fait à la hauteur des productions actuelles, et s’agissant d’une série animé, nous ne pouvons que saluer l’effort. Après la déception de la première édition de Ghost In the Shell II par Dreamworks ou de la première ronde de films de Miyazaki (Kiki’s Delivery Services), on ne peut que souligner l’excellence des édition de ce spécialiste qu’est Pioneer entertainment, nouvellement Geneon. Bien que le prix élevé nous semble toujours être un frein au réel décollage du genre Anime, le niveau technique de cette édition devrait réconcilier les amateurs de dessins animés avec leur cinéma maison, tout comme Last Exile a su le faire récemment.



Son
Même principe que pour l’image, à moins de différence dans un des volumes à venir, cette analyse du son sera valide pour l’ensemble de la série.

Si le son a toujours fait partie intégrante de l’expérience d’un programme, il est certaines œuvres dont le son constitue l’essence même de cette expérience. Cowboy Bebop avait fait de la musique le centre de l’Attention, tant dans les titres des épisodes que dans le jazz débridé de Yoko Kanno.
Samurai Champloo reprend cette direction, mais cette fois-ci en offrant un Rap élaboré, dans des compositions originales de très haut niveau. Niveau tellement intéressant, que tout comme pour Bebop, la découverte de la bande originale sans l’image est une expérience tout à fait satisfaisante. Force of Nature est la formation au centre de cette création et se sont associés à différents autres artistes japonais (Tsutchie, Fat Jon) afin de fournir tout autant un environnement downtempo pour les scènes les plus calmes, à du hip-hop très énergétique pour les combats. À noter le très bon générique, réellement hors propos et qui oblige l’intérêt.
Si le matériel muisical source est d’excellente qualité, sa restitution sur cette édition est tout aussi excellente. Tout comme pour l’image de très haut niveau, Geneon a poussé cette édition au meilleur des capacités techniques de nos cinémas maison. En plus d’une fabuleuse bande son en DTS de langue Japonaise, et de sa contre partie en Dolby stéréo, un très efficace doublage en anglais au format dolby Digital 5.1 est offert.

La bande sonore DTS originale est critiquée ici. La bande sonore multicanale de langue anglaise est d’excellent niveau, tant dans le doublage très bien joué que dans la dynamique du mixage. Néanmoins, la bande son DTS prouve une fois de plus que ce format permet de meilleurs dynamiques et des basses beaucoup plus rondes.

Cette bande sonore est d’un dynamisme tout à fait spectaculaire, capable de révéler de la micro information sur tous les canaux, et d’enchaîner sur un déluge d’effets (foleys) ou d’appuyer les basses rondes et profondes de la musique quasi omniprésente. Le champ sonore se déploie sur un vrai 360 degrés, réussissant le pari de mixer la musique sur les 5 canaux discrets sans aucune artificialité ressentie. Le placement est optimal, chaque élément sonore parfaitement situé dans l’espace, faisant preuve d’une réelle maestria lorsqu’il s’agit de séparation/cohésion des différents canaux. Il va s’en dire que le mixage des différents éléments est absolument parfait. La musique qui prend une place prépondérante dans cette série est toujours à sa place, laissant les éléments narratifs ou d’effets s’imposer aux besoins, mais toujours capable de vous faire battre la mesure du pied.

Les dialogues sont naturels, bien joués dans la version originale (à noter le très bon travail fait sur la version anglaise) et toujours placés en avant de l’ambiance sonore. L’ambiophonie est parfaite, et les environnements sont toujours présentés de manière immersive. Les transitions gauche/droites avant/arrière sont fluides et efficaces, bénéficiant d’une séparation des canaux bien optimisée.

La trame sonore est rendue dans toute sa splendeur, offrant à ceux dont les systèmes de sons sont capables de restituer de belles basses toute la dynamique requise. Du plus haut du registre (scratch de disque) au kickdrum synthétique, l’ensemble de spectre sonore est restitué avec justesses et dynamisme. Les basses sont d’une rondeur exemplaire, avec des attaques musicales qui embarquent sur le canal d’infrabasse de manière très ingénieuse. C’est d’ailleurs là toute la force de cette édition. Le mixage n’a pas eu peur de jouer le bas du registre de la trame sonore sur le canal discret d’une part, mais sur l’ensemble des canaux de l’autre. La musique prend donc un volume tout à fait extraordinaire et offre des coups de basses assez spectaculaires. Le genre de trame sonore qui va convaincre vos voisins que vous risquez de sortir avec un emblème Mercedes au bout d’une longue chaîne pendue à votre cou.
Cette utilisation très judicieuse tant du canal d’infrabasse que de l’ensemble des hauts parleur offre une immersion complète, et une expérience très réaliste. Il est intéressant de noter que malgré le format « anime », et le haut niveau de design, le son tend de plus en plus pour les dessins animés à se rapprocher de la qualité des bandes sonores des films traditionnels.
Cette approche nous semble permettre une facilité à rentrer dans l’histoire, le côté « artificiel » du dessin tempéré par le réalisme du son. Si l’on prend des séries du genre MSA Abenobashi, qui elle vise justement à marquer un peu plus le décalage avec la réalité, les effets sont eux très synthétiques et créent une approche beaucoup plus « spectatrice » et moins participative. Le choix de ses effets sert admirablement bien ces deux séries, le naturel de Champloo ou l’extravagance de Abenobashi.

Malheureusement comme il semble être maintenant la règle pour les éditions Geneon, l’absence totale de contenus en français se fait cruellement sentir. L’ajout de sous titres en Français en plus des sous titres anglais déjà disponible auraient permis une plus large diffusion, et offrir une fois de plus une très belle porte d’entrée dans le monde de l’animé pour les unilingues francophones. La France, très friande d’animation Japonaise offre la plupart du temps sinon des sous-titrages, des doublages de qualité assez satisfaisante. Il serait bon que le consortium Pioneer tente d’obtenir ces droits afin de diffuser plus largement l’animation au Canada francophone.


Suppléments/menus
Volume 1 :
Comme d’habitude pour les éditions Geneon, les suppléments sont maigres. En plus du générique « Battlecry » sans les textes, deux bandes annoncent sont offertes (une de 15 et l’autre de 30 secondes) augmenté de quelques bandes annonces pour d’autres produits Geneon. Très décevant, surtout considérant les attentes liées à cette série qui auraient justifiés la création de segments originaux lors de la production.

Volume 2 :
Seul une petite bande annonce pour le marché américain ainsi que les déjà vues bandes annoncent des autres produits geneon sont disponibles, comme à l’accoutumé. Geneon reste fidèle à sa médiocrité en terme de suppléments (ce qui est inexcusable vu les coûts très élevés de ces éditions).

Volume 3 :
Encore une fois, une véritable misère nous attends en terme de supplément. En plus des 10 dessins au crayons (line draws), on retrouve une vidé promotionnelle des produits généons... Pathétique pour une édition qui détaille à un prix environ 30% supérieur aux meilleurs éditions du moment. Vivement que Geneon nous offre des suppléments à la hauteur de ses transferts.



Conclusion
En attendant de mieux voir ou le scénario nous emmène, force est de constater qu’on est là en présence d’une des meilleurs séries animées disponibles pour adultes. L’ensemble, du style à la musique, de l’animation au Design de personnage, est tout à fait remarquable et vous fera tenir sur le bout de votre siège. Rarement une série nous a tellement marqué par son originalité quasi jubilatoire. Si Last Exile portait la qualité visuelle à de nouveaux sommets, Champloo place l’anime dans son ensemble à de nouveaux sommets, offrant une expérience aussi originale que rafraîchissante.

Bien que les suppléments soient réellement misérables (nous espérons que les prochains volumes sauront remédier à ce problème), Geneon nous offre là une édition vraiment exceptionnelle d’un point de vu technique. Quel dommage qu'une fois de plus les prix demandés soient absolument démesurés (l'édition avec boite en carton et bandana jaune se détaille aux alentours de 65$, et les prochains volumes se détaillent à 45$).

Une magnifique porte d’entrée pour les nouveaux venus au genre, un indispensable pour les amateurs d’anime, sans aucun doute, Samurai Champloo se doit de figurer dans votre vidéothèque.


Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
0,5/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
4,2/5
Auteur: Thomas Geffroyd

Date de publication: 2005-08-03

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Sony KV34XBR910; Préampli Audio Refinement par YBA Pre-2; Ampli Audio refinement par YBA Multi-5; Enceintes JmLabs; Sub REL Strata III; Lecteur DVD Denon DVD-1600; cables et interconnects Cardas/Audioquest.

Le film

Titre original:
Samurai Champloo

Année de sortie:
2004

Pays:

Genre:

Durée:
36 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Geneon/Pioneer

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Japonaise DTS
Japonaise Dolby 2.0 stéréo
Anglaise Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Bandes annonces, générique sans titre

Date de parution:
2005-01-11

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