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DVDEF

Journal d'une femme de chambre

Critique
Synopsis/présentation
Projeté en compétition officielle à la Berlinade de 2015, Le journal d’une femme de chambre est la quatrième adaptation du roman éponyme d’Octave Mirbeau. Demeurant très fidèle au texte original, le réalisateur Benoît Jacquot pose sa caméra sur le fameux personnage de Célestine, joué ici par Léa Seydoux, et succède aux visions de Jean Renoir (1946) et Luis Bunuel (1964). Fait intéressant et assez rare, le long métrage a pris l’affiche au Québec quatre semaines à peine après sa sortie en France.

À la fin du XIXe siècle, nous suivons Célestine, une femme de chambre qui se rend dans le domicile des Lanlaire en Normandie. Aux côtés de Joseph, le jardinier (Vincent Lindon) et de Marianne, la cuisinière (Mélodie Valemberg), la jeune employée peine à se faire apprécier de ses maîtres. Sa maîtresse (Clotilde Molet) s’amuse à abuser de ses services alors que son maître (Hervé Pierre) se plait à lui faire des avances. Célestine, elle, se fascine pour le mystérieux Joseph qui manifeste ouvertement sa haine maladive pour les juifs.

Entre satire sociale et drame d’époque, le film de Benoît Jacquot est excessivement ambitieux. Condenser plus de cinq cents pages du célèbre roman en quelque quatre-vingt-dix minutes d’images et de son ne vient pas sans sacrifice. Le récit, bien qu’il reprenne assez bien la forme du « journal » en effectuant des retours en arrière et en proposant quelques séquences de fantasme, est beaucoup trop expéditif. Les séquences reprennent les épisodes importants du manuscrit de manière anecdotique, sans véritablement stimuler le spectateur (par exemple, la séquence du godemiché). La principale conséquence de cet effet est la relative froideur qui habite le spectateur devant l’héroïne. L’impression qui se dégage est celle d’une œuvre plus cérébrale qu’attendrissante.

En revanche, la caméra de Jacquot reconnue pour son classicisme se marie parfaitement au contexte et au récit. Son utilisation excessive (d’autres diront abusives) du zoom rappelle les films des années 1930 et 1940 et parvient à créer souvent et étonnamment un climat de suspense, surtout dans la dernière partie alors qu’une histoire de viol et de meurtre hante la communauté du village. De plus, cette mise en scène apporte une belle sensibilité au regard que pose Jacquot sur cet univers féminin, et ce, avec certainement plus de pertinence que dans Les adieux à la reine.

En somme, Journal d’une femme de chambre semble étrangement conçu pour les fervents connaisseurs du roman. Même les thèmes de l’antisémitisme, de la servitude et des classes sociales sont à peine effleurés. Il en reste une œuvre agréable qui comporte quelques moments intéressants, mais qui demeure très anecdotique pour soulever les passions et être digne des maîtres Renoir et Bunuel.


Image
L’image est offerte au format respecté de 2:39:1 d’après un transfert 16:9.

Doté d’une excellente définition générale, le transfert affiche un fin niveau de détails et de textures. Seul un subtil grain cinématographique est perceptible à quelques occasions (notamment sur le tissu de l'uniforme bleu que porte Lea Seydoux) Les couleurs sont également resplendissantes et scintillantes. Elles sont pleinement saturées et ne souffrent d’aucun problème de débordement. Les décors et les costumes sont ainsi superbement reproduits. Les tons de peaux demeurent naturels. Quant aux effets de surbrillance, ils sont évités grâce à des contrastes parfaitement gérés. Des dégradés fluides et précis ainsi que des noirs purs et profonds permettent d’apprécier de très belles parties sombres riches en nuances et en détails.

Aucun problème majeur à signaler en ce qui concerne la partie numérique de cet excellent transfert.


Son
Une seule bande son au Dolby Digital 5.1 en version originale française est disponible.

Considérant le genre, il n’est pas étonnant que constater que le mixage évolue plutôt en retrait. Malgré l’environnement intimiste du film, le bande son fait preuve de présence et d’un certain dynamisme. Les ouvertures frontale et latérale sont claires et laissent entendre la grande majorité des éléments sonores. Les enceintes arrière appuient quant à elles subtilement les ambiances et permettent quelques effets d’ambiophonie (surtout les séquences d’extérieur) qui apportent un peu de profondeur au mixage. Les dialogues demeurent constamment et parfaitement intelligibles alors que la trame sonore s’intègre superbement au mixage. Les basses fréquences grondent à quelques reprises, surtout pour appuyer la trame sonore, et ce, avec la profondeur et l’intensité appropriée. L’utilisation du canal d’extrêmes graves est totalement négligeable.

Il y a option de sous-titrage en anglais.


Suppléments/menus
Nous retrouvons un documentaire sur les coulisses du tournage (18:36) où des séquences filmées du travail des artisans du film sur le plateau de production sont entrecoupées de diverses interventions. On en apprend davantage sur les intentions de Benoît Jacquot, sur la manière dont Léa Seydoux a choisi d’aborder le personnage et sur la pertinence que la co-scénariste Hélène Zimmer a vu derrière l’idée d’adapter à nouveau l’ouvrage d’Octave Mirbeau.

La bande-annonce complète cette section.



Conclusion
Bien que très ambitieux comme proposition, Le journal d’une femme de chambre demeure une œuvre très cérébrale et plutôt anecdotique. Il compte malgré tout sur le savoir-faire de Benoît Jacquot dont la mise en scène plutôt classique se marie bien avec le contexte du film ainsi que sur le jeu nuancé et juste de Lea Seydoux.

L’édition a techniquement très peu à se reprocher. Le transfert vidéo est excellent. Il reproduit à merveille la facture visuelle de l’image alors que le mixage 5.1 répond bien à l’univers sonore intimiste du film. Nous avons même droit à un sympathique documentaire qui permet d’éclairer le spectateur sur les intentions du cinéaste et de la co-scénariste face à leur approche du texte d’Octave Mirbeau.


Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2015-11-01

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Journal d'une femme de chambre

Année de sortie:
2015

Pays:

Genre:

Durée:
96 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
K.Films Amérique

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.40:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Documentaire sur le tournage et bande-annonce

Date de parution:
2015-09-22

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