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DVDEF

Vénus à la fourrure, La

Critique
Synopsis/présentation
Projeté en première mondiale au Festival De Cannes de 2013, La Vénus à la fourrure est l’adaptation de la pièce éponyme de David Ives. Un metteur en scène (Mathieu Amalric) fatigué d’une longue journée d’auditions reçoit une dernière intéressée (Emmanuelle Seigner) pour le rôle de Vanda. Lui-même veut mettre en scène le célèbre roman érotique La Vénus à la fourrure de Leopold von Sacher-Masoch. Mais c’est une amateure insolente et impertinente qui se présente à lui. Du moins, en apparence puisque l’actrice arrive préparée, ayant mémorisée le texte par cœur, armée de ses propres costumes et partage le même prénom que le personnage féminin de la pièce !

Véritable duel d’acteurs, le long-métrage de Roman Polanski reprend les mêmes intérêts de mise en scène théâtrale que dans Carnage et les applique cette fois-ci dans un contexte plus approprié où le cinéaste semble de manière évidente beaucoup plus à l’aise. Si le cinéaste polonais doit beaucoup au texte original – dont il a co signé le scénario avec Ives -, l’impression que ce fascinant chassé-croisé entre réalité et fiction a été taillé sur mesure pour l’univers du réalisateur demeure. Les nombreuses références et autoréférences méta textuelles et intertextuelles prennent un tout nouveau sens lorsque placées à travers l’oeuvre de Polanski, et lorsque jouées par Amalric et Seigner, femme du cinéaste.

Si le roman de Sacher-Masoch a été critiqué pour son caractère machiste, le film de Polanski est quant à lui tout, sauf misogyne. Il faudrait être de bien mauvaise foi pour reprocher au réalisateur son portrait complexe et nuancé de la féminité. Étant bien décidé à faire la paix avec ses personnages féminins plus noirs et maléfiques, Polanski offre à sa femme un cadeau. Cette Vanda à la fois vengeresse, démone et déesse; elle domine constamment, même lorsqu’elle prétend être vulnérable, face à ce pauvre Thomas.

C’est donc un long-métrage ludique et savoureux que nous offre Roman Polanski. Les lectures qu’il est possible d’en faire sont multiples et se perdre dans cet univers kaléidoscopique fascine et déstabilise. Les jeux de miroir entre fiction et réalité sont incessants et parfaitement maitrisés prouvant que, derrière tous ces faux-semblants, le véritable double de Polanski est peut-être finalement nul autre que Vanda.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2:40:1 d’après un transfert 16:9.

La définition générale de l’image est superbe. Le film étant campé dans un seul et unique décor – le théâtre – l’image affiche une netteté constante de même que des détails et des textures reproduits avec finesse. Les couleurs sont riches et ne souffrent d’aucun problème de débordement. La splendide et sombre photographie signée Pawel Edelman est reproduite avec justesse. Les effets de surbrillance sont évités grâce à des contrastes parfaitement gérés. Quant aux parties sombres elles sont superbement reproduites. On saluera aussi des dégradés fluides et précis ainsi que des noirs purs et profonds.

La partie numérique se sauve de tout défaut majeur apparent.


Son
Une seule bande-son au format Dolby Digital 5.1 est offerte en version originale française.

Le mixage 5.1 est étonnamment très dynamique. Même si le film est principalement axé sur ses dialogues, parfaitement et constamment intelligibles, les grondements de tonnerre et la trame sonore d’Alexandre Desplat s’intègrent avec subtilité et permettent aux basses fréquences ainsi qu’aux extrêmes graves de se manifester avec une belle profondeur. De plus, même si la majorité des éléments sonores sont entendus grâce aux ouvertures frontale et latérale, les enceintes arrière appuient délicatement les ambiances et apportent une certaine immersion lors du visionnement et ce, malgré des effets ambiophonie très subtils.

Il y a option de sous-titrage en anglais.


Suppléments/menus
Nous retrouvons un montage d’entrevues avec le cinéaste Roman Polanski et les acteurs Emmanuelle Seigner et Mathieu Amalric. Les entretiens sont divisés par des intertitres où chacun développe sur un sujet. Au menu, le travail mutuel entre le réalisateur et les acteurs, les personnages, le texte, etc. Fait cocasse : Amalric avoue son attirance pour sa partenaire de jeu ! Et curieusement, le segment est en seulement en anglais sans option de sous-titrage …

La bande-annonce officielle du film est aussi offerte.



Conclusion
Long-métrage kaléidoscopique et référentiel, cette guerre des sexes représente assurément un des films les plus inspirés du célèbre réalisateur polonais depuis longtemps. Son aisance est palpable dans chacune des scènes et cet univers semble taillé sur mesure pour lui. Il offre de plus de magnifiques rôles à Emmanuelle Seigner et Mathieu Amalric.

Un transfert vidéo élégant ainsi qu’un mixage étonnamment dynamique composent cette édition techniquement très bonne. Le montage d’entrevues offert en guise de suppléments est intéressant et pertinent, même si des sous-titres français étaient souhaitables pour cette œuvre … en français.


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
2,5/5

Rapport qualité/prix:
3,6/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2014-11-02

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Vénus à la fourrure, La

Année de sortie:
2013

Pays:

Genre:

Durée:
95 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
E one Entertainment

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.40:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:

Bande(s)-son:
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Entrevues (Interviews with Roman Polanski, Emmanuelle Seigner and Mathieu Amalric), bande-annonce

Date de parution:
2014-10-14

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