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DVDEF

Miraculum

Critique
Synopsis/présentation
Depuis plusieurs années, Podz s’est imposé comme une voix brillante et indispensable de notre cinématographique québécoise (et de notre paysage télévisuel). Sa caméra s’est souvent intéressée à une certaine dimension sociale (la DPJ dans 10 ½, un cas d’erreur sur la personne dans L’affaire Dumont, un père qui se fait justice soi-même après le viol et le meurtre de sa fillette dans Les 7 jours du talion) juxtaposée à une esthétique bien précise, très léchée et très froide, désormais parfaitement reconnaissable. C’est pourquoi il est à la fois étonnant et logique de voir le cinéaste québécois s’associer à un projet tout autre pour son nouveau long-métrage : le film choral.

Scénarisé par le comédien Gabriel Sabourin, le film réunit un couple de septuagénaires (Julien Poulin et Louise Turcot), un autre couple sur le point de se retrouver pour un voyage à Cuba (Robin Aubert et Anne Dorval) et un homme (Sabourin) de retour du Venezuela après 3 ans et cachant un lourd secret. Tous croiseront de près ou de loin la vie de Julie (Marilyn Castonguay), une jeune infirmière témoin de Jéhovah qui demeure au chevet du seul survivant d’un mystérieux écrasement d’avion.

C’est cette jeune femme, amoureuse d’Étienne (Xavier Dolan), atteint de leucémie, qui sert de personnage pivot à cette fresque ambitieuse et courageuse. Sa foi, d’abord profonde et sentie, sera ébranlée par la présence du rescapé de l’écrasement, mais aussi par la nécessité de son conjoint à recevoir une transfusion sanguine alors que la religion leur demande de garder un sang « pur ». C’est à ce moment que Podz pose ses plus pertinentes questions sur le thème de la foi, évidemment, mais aussi sur l’esprit de communauté, sur le doute et les convictions. Sa caméra capte aussi les meilleures séquences lorsqu’elle s’intéresse au personnage de Julie, véritable cœur du récit.

Autrement, Miraculum tombe malheureusement dans le piège de plusieurs films choraux soit celui de l’inégalité du récit. Non pas que ces histoires parallèles soient sans intérêt, elles ne font que servir l’arc narratif de Julie qui préoccupe visiblement davantage le cinéaste. Et évidemment, même si certaines de ces prémisses prennent quelques risques courageux (notamment le fameux secret que cache le personnage de Sabourin), elles résonnent avec le spectateur dans une moindre mesure. Au final, la présence de tous ces personnages sert davantage à mystifier l’identité du fameux survivant plutôt qu’à explorer le chassé-croisé que forment toutes ces vies. En revanche, il faut saluer le dénouement de l’œuvre, choisissant de créer une ambiguïté totale face au destin de certains personnages et en laissant l’héroïne – et le spectateur, grâce à un percutant regard caméra – sur une ultime note ambivalente, certes, mais particulièrement évocatrice.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2:35 :1 à une résolution de 1080p.

Le film ayant été tourné en 35 mm, le transfert affiche une qualité d’image remarquable. La finesse des détails et des textures est d'un bon niveau en plus d’un subtil grain cinématographique tout à fait agréable à l’œil du cinéphile aguerri. Le rendu des couleurs est irréprochable. Le travail de direction photo pour les tons froids et les plans surexposés à la lumière sont parfaitement rendus grâce à des couleurs correctement étalonnées et nuancées. Les effets de surbrillance sont évités grâce à des contrastes parfaitement gérés. Les parties sombres sont superbement reproduites grâce à des dégradés fluides et précis ainsi qu’à des noirs d’une pureté exemplaires.

La partie numérique se sauve de tout défaut majeur apparent.


Son
Une seule bande son au format DTS-HD Master Audio 5.1 est disponible en version originale française.

Comme ce film ne se prête pas aux plus grandes prouesses sonores, le mixage DTS-HD se déploie en retrait malgré une bonne présence et un dynamisme adéquat pour ce type de production. Ce sont naturellement les ouvertures frontale et latérale qui servent à entendre la grande majorité des éléments sonores alors que les enceintes arrière appuient efficacement les ambiances. Les effets d’ambiophonie sont subtils, mais réussis apportant profondeur au mixage particulièrement dans des séquences à l’extérieur ou encore les moments où l’héroïne se retrouve dans l’autobus. Les dialogues, élément prédominant du mixage, sont évidemment constamment et parfaitement intelligibles tandis que la trame sonore s’intègre parfaitement au mixage. Les basses fréquences grondent à quelques reprises avec une belle profondeur tandis que le canal d’extrêmes graves se fait aussi sentir à quelques occasions avec l’efficacité appropriée.

Il y a option de sous-titrage en français et en anglais.


Suppléments/menus
Nous retrouvons d’abord une piste de commentaires audio animée par le réalisateur Podz ainsi que par le scénariste et acteur Gabriel Sabourin. C’est certainement le cinéaste qui propose les interventions les plus intéressantes et les plus pertinentes (Sabourin se veut un peu plus contemplatif de son travail) témoignant d’un réel travail de composition de l’image de ses intentions derrière les plans qu’il capte. Il se montre même autocritique de ses propres clins d’œil (un message sur un autobus, par exemple).

Puis, un montage de scènes supprimées est aussi disponible. Leur intérêt est évidemment inégal, mais il est possible d’entendre les pertinents commentaires de Podz et de Sabourin concernant la décision de ne pas les inclure dans le montage final.



Conclusion
Rompant un peu avec sa tradition de « films sociaux », Miraculum présente un Podz tout aussi en contrôle de sa caméra et certainement un peu plus sage. Il accouche ici d’une œuvre courageuse sur la thématique de la foi (qui ne parvient jamais à créer l’unanimité) en plus d’épouser un genre plus rare au Québec, le film choral.

L’édition est techniquement excellente, n’ayant rien à envier aux productions américaines grâce à un transfert HD de bon niveau et à un mixage DTS-HD solide même si développé en subtilité. La piste de commentaire audio animée par Podz et Gabriel Sabourin est à des années-lumières de celles présentées par des éditions étrangères pour sa pertinence et son intérêt justifiant pleinement l’achat de cette édition.


Qualité vidéo:
4,5/5

Qualité audio:
4,1/5

Suppléments:
3,5/5

Rapport qualité/prix:
3,9/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2014-07-16

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Miraculum

Année de sortie:
2014

Pays:

Genre:

Durée:
110 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
E one Entertainment

Produit:
Blu-ray

Nombre de disque:
1 BD-50

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
-

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Française DTS HD Master Audio 5.1

Sous-titres:
Français
Anglais

Suppéments:
Piste de commentaires audio et séquences rejetées au montage.

Date de parution:
2014-06-10

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