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DVDEF

Vic + Flo ont vu un ours

Critique
Synopsis/présentation
Fraîchement sortie de prison, Victoria Champagne (Pierrette Robitaille) débarque à la cabane à sucre de son frère Yvon où son oncle Émile vit muet et paralysé. Sa partenaire et amoureuse Florence Richemont (Romane Bohringer) la rejoint en plein cœur de la campagne québécoise où elles fondent l’espoir d’y vivre tranquillement et paisiblement. Elles devront cependant se faire aux visites hebdomadaires d’un agent de libérations conditionnelles (Marc-André Grondin), à celles d’une étrange voisine (Marie Brassard) et au tempérament volage de Flo.

Ayant récolté les honneurs au Festival du Film de Berlin en 2013 grâce au prix Alfred-Bauer (Ours d’argent), et au Festival de Film francophone de Namur en 2013 où il remporté le Bayard d’or du Meilleur scénario, Vic + Flo ont vu un ours confirme le talent et la place essentielle du cinéma de Denis Côté dans la cinématographie québécoise. Si son langage est moins étoffé dans ce long-métrage-ci, où il laisse toute la place à des plans fixes, longs et judicieusement cadrés, c’est pour mieux raffiner son art de raconter une histoire. En effet, plus que jamais, la caméra de Côté se montre audacieuse. Le récit fait appel à l’ellipse pour déstabiliser le spectateur (la plus évidente étant celle où on présente la relation entre les deux femmes), mais aussi à un jeu sur la focalisation des personnages pour déjouer les attentes.

L’œuvre qui est en résulte est souvent surprenante, déroutante, mais aussi belle et terriblement cruelle. Non dénuée d’humour, l’œuvre rappelle même à quelques reprises l’univers des frères Coen, particulièrement lors du dénouement, violent et auto-dérisoire (l’ultime réplique de Marie Brassard est à ce titre mémorable). Par contre, les derniers instants de Vic + Flo sont teintés d’un surréalisme paisible, presque serein ainsi que d’une profonde mélancolie où aucun mot ne peut traduire l’ampleur du drame. C’est pourquoi, malgré des dialogues tantôt hilarants, tantôt déchirants, ce sont les images qui, pour Côté, témoignent de la cruauté et de la bêtise humaine, mais aussi du sentiment magnifique et terrible de l’amour.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 1:85:1 d’après un transfert 16:9.

L’œuvre a été tournée en 35mm; aucune anomalie n’est perceptible. Un léger grain cinématographique est repérable lors de quelques plans extérieurs, mais sinon l’image demeure nette. Les détails et les textures reproduits le sont avec précision et finesse. Le rendu des couleurs aussi est riche et juste tandis que les tons de peaux demeurent naturels. Les effets de surbrillance sont évités grâce à des contrastes parfaitement contrôlés. Des noirs purs et intenses ainsi que des dégradés fluides et précis permettent d’admirer de très belles parties sombres.

La partie numérique de ce transfert se sauve de tout défaut majeur.


Son
Une seule bande son au format Dolby Digital 5.1 est disponible en version originale française.

Déployée en retrait avec un dynamisme approprié et des ouverture frontale et latérale qui laissent entendre la grande majorité des éléments sonores, le mixage offert ici profite néanmoins du potentiel multicanal grâce aux enceintes arrière qui appuient les ambiances, certes, mais contribuent à apporter une profondeur à la bande son. Les bruits de la nature si présents et importants dans l’univers sonore du film profitent ainsi de quelques subtils effets d’ambiophonie. Les dialogues demeurent constamment et parfaitement intelligibles. Pour ce qui est de la trame sonore (s’apparentant à la musique tribale), elle s’intègre parfaitement au mixage en plus de profiter de l’usage des basses fréquences qui grondent avec la profondeur et l’efficacité appropriée lors de ces moments. L’utilisation du canal d’extrêmes graves demeure, quant à elle, assez anecdotique.

Il y a option de sous-titrage en anglais.


Suppléments/menus
Nous retrouvons « L’ours (35:25) » un documentaire portant sur le tournage du film qui s’éloigne vraiment du typique «making-of» et se rapproche davantage d’un travail d’observation sur les coulisses du film et sur la manière dont travaille le réalisateur Denis Côté.

Également offert « Le potager de Vic + Flo ».



Conclusion
Film marquant de 2013 et de l’œuvre de Denis Côté, Vic + Flo ont vu un ours est une violente fable sur le pouvoir cruel du passé, mais aussi sur l’effet tranquille et paisible des relations amoureuses. Entre cynisme, humour noir, le cinéaste pose un regard ludique et tendre sur ses personnages et son univers atypique.

L’édition est techniquement très satisfaisante. Le transfert, très beau, reproduit les conditions de projection cinéma tandis que le mixage à défaut d’épater se déploie avec subtilité. Les suppléments sont peu nombreux, mais de qualité, particulièrement le documentaire sur les coulisses du tournage assez fascinant. Une très solide édition.


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
3,7/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,4/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2014-04-23

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Vic + Flo ont vu un ours

Année de sortie:
2013

Pays:

Genre:

Durée:
95 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Funfilm Distribution

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:

Bande(s)-son:
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Documentaire, bande-dessinée

Date de parution:
2014-03-18

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