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DVDEF

jeune fille, Une

Critique
Synopsis/présentation
Le cinéma de Catherine Martin n’est certes pas pour tous les publics. La signature poétique et singulière de la réalisatrice québécoise représente précisément l’idée (pré)conçue d’un cinéma d’auteur à des années-lumière de longs-métrages à visées plus grand public. Cette filmographie qu’elle construit minutieusement de film en film ne risque pas de déstabiliser ses amateurs et encore moins de lui en trouver de nouveaux. Des plans longs et fixes, des prises contemplatives, un rythme lent et des personnages peu bavards sont quelques caractéristiques d’une œuvre épurée. La cinéaste emploie un langage simple pour communiquer son art et le fait avec grâce et beauté. Chacun des plans est méticuleusement calculé et empreint d’un fort lyrisme.

Après Dans les villes et Trois temps après la mort d’Anna, c’est Une jeune fille qui présente un protagoniste central féminin, en l’occurrence, Chantal (Ariane Legault) une adolescente qui vient tout juste de perdre sa mère (Hélène Florent) suite à une terrible maladie. Après que cette dernière lui ait remis une photo d’un paysage pris en Gaspésie, Chantal se rend seule à Gaspé pour retrouver ce lieu. Elle y fait plutôt la connaissance de Serge (Sébastien Ricard) qui la recueille chez elle et lui donne un travail sur sa ferme. Mais les affaires de cet homme mystérieux ne vont pas bon train : sa sœur tente de vendre la terre.

Le film se concentre sur la relation pudique entre Chantal (elle se fait d’abord passer pour une prénommée Anne-Marie) et Serge. Le premier, au départ très retissant, finira par se laisser apprivoiser par la jeune adolescente qui, elle aussi, sera attendrie devant cet homme de peu de mots. La thématique du deuil est ainsi différemment traitée évitant la surcharge émotive ou les crises de larmes mélodramatiques. Martin demeure en douceur et réussit à offrir un film sensible, mais surtout incroyablement émouvant malgré les caractères impénétrables des deux personnages principaux.

C’est donc un film parfaitement cohérent avec son œuvre que Catherine Martin propose ici. Après le froid polaire dans lequel baignait l’héroïne de son dernier film, la cinéaste magnifie ici les paysages de la campagne gaspésienne (le rapport à l’eau demeure intrinsèque à l’histoire qu’elle raconte). Elle aborde également la délicate question de l’héritage et de la filiation (abordé aussi dans Le démantèlement de Sébastien Pilote cette année), véritable malaise des régions. Au final, c’est un pudique long-métrage que nous offre la réalisatrice. Fidèle à elle-même, sa caméra fait preuve de sobriété et de beaucoup de tendresse.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 1.85:1 d’après un transfert 16:9.

Le transfert vidéo est excellent. Le film ayant été tourné en 35mm, l’image affiche netteté, précision et beauté; aucune anomalie n’est présente. Les détails et les textures sont rendus avec nuance alors que l’étalonnage des couleurs est somptueux. Le travail de direction photo ainsi que celui de la cinéaste sont reproduits avec la plus grande finesse. Les paysages gaspésiens pourront être gracieusement admirés. Les tons de peaux demeurent naturels. Les effets de surbrillance sont évités grâce à des contrastes très bien gérés. Les parties sombres sont justement représentées grâce à des noirs purs et intenses ainsi qu’à des dégradés fluides et précis.

La partie numérique se sauve de tout défaut majeur apparent.


Son
Une seule bande-son au format Dolby Digital 5.1 en version originale française est offerte.

Malgré un univers sonore relativement en retrait, la bande-son offerte profite du potentiel multicanaux et laisse entendre toutes les subtilités du mixage. Bien que les ouvertures frontale et latérale servent à la grande majorité des éléments sonores, les enceintes arrière, qui appuient convenablement les ambiances, rendent l’expérience du visionnement plus immersive grâce aux subtilités accordées aux sons de la nature. Par exemple, l’écoulement de l’eau et les arbres qui réagissent contre le vent sont doucement supportés par quelques effets d’ambiophonie. Les dialogues demeurent constamment et parfaitement intelligibles tandis que la trame sonore à la fois composée de morceaux de musique classique et signée par Robert Marcel Lepage, est superbement intégrée au mixage. L’utilisation des basses fréquences se fait discrète étant donné le genre de film présenté ici. Il en va de même pour l’emploi des extrêmes graves.

Des sous-titres anglais sont disponibles.


Suppléments/menus
Nous retrouvons un documentaire « Making of (28:51) » qui présente des interventions de la réalisatrice Catherine Martin, du producteur François Delisle et des acteurs Ariane Legault et Sébastien Ricard, notamment. Loin du traditionnel segment promotionnel, ce documentaire à saveur poétique propose de s’attarder sur les intentions de la cinéaste et surtout sur le périple qu’a engendré le tournage du film. S’ajoutent à cela les témoignages d’habitants de la Gaspésie qui ont contribué à la production du film, par exemple un homme qui apprend à Sébastien Ricard comment conduire un tracteur ou à se servir d’une tronçonneuse.

Nous retrouvons aussi la bande-annonce du film.



Conclusion
Œuvre au lyrisme percutant, à la beauté foudroyante et à la signature unique, Une jeune fille de Catherine Martin dépeint la rencontre touchante entre une jeune fille endeuillée et un homme mystérieux aux prises avec ses propres démons à combattre. Malgré une abstraction avouée évoquant et suggérant davantage qu’il montre, le long-métrage, notamment grâce à sa conclusion, demeure particulièrement lumineux.

L’édition est techniquement très satisfaisante. Le transfert vidéo reproduit admirablement la beauté des paysages gaspésiens captés grâce au travail de direction photo alors que le mixage 5.1 bien qu’en retrait procure une belle expérience grâce aux subtilités de la bande son reproduites avec attention. Le documentaire portant sur la réalisation du film est fort intéressant et est un bel ajout à cette édition tout à fait honorable.


Qualité vidéo:
3,9/5

Qualité audio:
3,4/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,3/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2014-03-02

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
jeune fille, Une

Année de sortie:
2013

Pays:

Genre:

Durée:
85 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
K.Films Amérique

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Documentaire portant sur la réalisation du film, bande-annonce

Date de parution:
2013-12-10

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