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Sarah préfère la course

Critique
Synopsis/présentation
Présenté au Festival de Cannes en mai 2013, Sarah préfère la course, premier long-métrage de Chloé Robichaud, a eu le privilège d’être vu en primeur dans le cadre de la section « Un certain regard ». Rappelant beaucoup le parcours d’un autre talent québécois précoce – Xavier Dolan pour ne pas le nommer – la jeune cinéaste a ainsi attiré sur elle tous les regards confirmant, malgré un accueil mitigé, le rayonnement international du cinéma québécois.

Sophie Desmarais incarne la fameuse Sarah. Avec sa mère (Hélène Florent) et son beau-père (Benoît Gouin), elle habite en banlieue de Québec et s’apprête à faire partie d’un prestigieux club d’athlétisme universitaire. Sans aide financière, la jeune coureuse quitte néanmoins la maison en compagnie d’Antoine (Jean-Sébastien Courchesne), un ami. Ils déménagent ensemble à Montréal et décident de se marier afin de toucher des prêts et des bourses.

Sarah préfère la course incarne parfaitement le genre de film qualifié chez les anglophones de « coming of age movie ». À l’aube de ses vingt ans, l’héroïne fait la transition vers la vie adulte et, déstabilisée par un nouveau monde, elle doit faire face à certains de ses choix, mais aussi à sa véritable nature. La caméra de Robichaud s’intéresse alors exclusivement au présent de Sarah. Non pas à son passé, très peu à son avenir, mais bien à ce point tournant de sa vie où tout change. Au point tel que certains pourraient être rebutés par le choix courageux, mais couteux, de Robichaud de toujours garder les intentions de son héroïne bien obscures.

C’est que Sarah n’est pas le personnage le plus nécessairement saisissable. Discrète, peu bavarde et introvertie, la jeune femme laisse difficilement deviner ses sentiments. Robichaud s’en remet d’ailleurs beaucoup au jeu nuancé de Desmarais et à la métaphore de l’arythmie pour évoquer les chamboulements émotifs de Sarah. Sinon, le protagoniste demeure plutôt abstrait sans jamais véritablement toucher le spectateur. Quelques moments plus émouvants viennent parsemer le film comme un échange entre la jeune fille et sa mère dans une salle d’attente d’hôpital ou encore tout simplement le puissant dernier plan du film.

La réalisation de Robichaud demeure alors dans la sobriété. Des clins d’œil sont dissimulés ici et là (par exemple des messages de biscuits chinois qui servent d’intertitres et qui renvoient à la Nouvelle-Vague française) et sa caméra offre quelques-uns des moments les plus marquants du cinéma québécois cette année, dont une mémorable et déchirante séquence de karaoké. Pour ce premier film, la jeune cinéaste affiche une œuvre imparfaite, mais singulière qui laisse présager que le meilleur pour Robichaud reste encore à venir.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 1.78:1 à une résolution de 1080p.

Le film ayant été tourné en numérique, le transfert affiche une image très juste. Hormis un grain assez présent, les détails et les textures sont reproduits avec précision. Le travail de la direction photo, qui donne un aspect « délavé » aux couleurs, est justement rendu. Les tons de peaux demeurent naturels alors que le niveau des noirs est parfaitement géré. Les dégradés font preuve d’une admirable fluidité engendrant de superbes parties sombres. Ce sont des noirs purs et intenses qui complètent ce juste transfert.

La partie numérique se sauve de tout défaut majeur apparent.


Son
Une seule bande-son au format DTS-HD Master Audio 5.1 en version originale française est disponible.

Le mixage DTS-HD est déployé dans la plus grande des subtilités. Les ouvertures frontale et latérale laissent entendre la grande majorité des éléments sonores laissant les enceintes arrière appuyer les ambiances. Le dynamisme est tout à fait approprié et l’immersion assurée par quelques effets d’ambiophonie plutôt discrets. Les dialogues demeurent constamment intelligibles alors que la trame sonore s’intègre parfaitement à la bande son. Cette dernière profite en plus du support des basses fréquences qui grondent avec aplomb à plusieurs occasions. Par contre, la sollicitation du canal d’extrêmes graves se révèle beaucoup anecdotique.

Il y a option de sous-titrage en français et en anglais.


Suppléments/menus
Nous retrouvons sur cette édition une piste de commentaires audio de la réalisatrice Chloé Robichaud et des acteurs Jean-Sébastien Courchesne et Sophie Desmarais. Très intéressantes, les interventions demeurent toujours informatives et dans un esprit de camaraderie. Les commentaires les plus pertinents sont évidemment ceux de Robichaud qui révèle plusieurs anecdotes de tournage et justifies la plupart de ses choix artistiques.

« Chef de meute », le court-métrage de Chloé Robichaud est aussi offert. Il indique précisément la signature à venir de la jeune cinéaste.



Conclusion
Le premier long-métrage de Chloé Robichaud est un juste portrait d’une jeune femme qui s’apprête à faire son entrée dans le monde adulte. Effectuant le courageux choix de présenter une héroïne plus abstraite, le film affiche à la fois son originalité, mais manque aussi à impliquer le spectateur dans les questionnements du personnage. Un peu froid, mais honnête, l’oeuvre inscrit néanmoins la réalisatrice comme un talent à suivre.

Le transfert vidéo répond dignement et fidèlement aux intentions de la réalisatrice alors que le mixage DTS-HD se déploie en subtilité pour appuyer la démarche de la cinéaste. La piste de commentaires audio vaut nettement le détour et la présence du court-métrage de Chloé Robichaud est un ajout tout à fait agréable. Une très bonne édition.


Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
3,5/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2013-12-26

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Sarah préfère la course

Année de sortie:
2013

Pays:

Genre:

Durée:
95 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
E one Entertainment

Produit:
Blu-ray

Nombre de disque:
1 BD-50

Format d'image:
1.78:1

Transfert 16:9:
-

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Française DTS HD Master Audio 5.1

Sous-titres:
Français
Anglais

Suppéments:
Piste de commentaires audio, court-métrage

Date de parution:
2013-11-05

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