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DVDEF

Inch'Allah

Critique
Synopsis/présentation
Depuis quelques années, le cinéma québécois semble avoir un penchant pour l’étranger. En effet, après les succès d’Incendies, Monsieur Lazhar et plus récemment de Rebelle, la rencontre de l’Autre semble un enjeu inévitable de notre cinéma. Réalisatrice du documentaire « En souvenir des cendres » qui suivait Denis Villeneuve lors du tournage d’Incendies, la cinéaste Anaïs Barbeau-Lavalette s’inscrit parfaitement dans cette lignée avec son deuxième long-métrage de fiction, Inch’Allah (« si Dieu le veut »). Par contre, contrairement aux films de Villeneuve et de Philippe Falardeau qui étaient des adaptations de pièces de théâtre, celui de la jeune réalisatrice est œuvre originale.

Tourné en Jordanie, Inch’Allah s’attaque de façon courageuse au délicat conflit israélo-palestinien. Alors que le film débute par un prologue où nous assistons à une violente explosion dans une place publique, nous sommes propulsés dans le temps pour connaître, et pas nécessairement comprendre, ce qui a mené à cet attentat. C’est à travers le personnage de Chloé (Evelyne Brochu), une jeune obstétricienne québécoise que nous vivons le conflit. Séjournant dans un appartement d’Israël, elle traverse tous les jours la frontière pour aller travailler dans une clinique palestinienne. Elle se lie d’amitié avec Ava une voisine israélienne ainsi qu’avec Rand (Sabrina Ouazani) une mère palestinienne enceinte dont elle s’occupe. Confrontée à la dure réalité qu’il l’entoure, la jeune médecin est aussi mise devant un fait simple malgré des évènements qui la transformeront à jamais : ce n’est pas sa guerre. Ses deux amies qui pourront à grâce elle assurer le contact entre les deux mondes lui rappelleront constamment la cruelle mais juste vérité.

L’approche de Barbeau-Lavalette a été inévitablement comparée à celle de Villeneuve. Moins plastique, plus près des personnages, la caméra de la cinéaste québécoise est braquée sur ses eux. Souvent à l’épaule, donc plus nerveuse, la caméra capte l’urgence certaine, l’inconfort et l’instabilité des lieux. De là, se dessine un film humaniste et sensible sur l’amitié féminine, le sacrifice et le refus devant l’impassibilité. Car contrairement à ce lui recommande ses amies et un collègue français, Chloé s’obstine à prendre parti face au conflit. En opposition à ce désordre, la réalisatrice vient filmer des images du jeune frère de Raid alors que celui-ci flâne dans un costume de superhéros devant le mur séparant les frontières. La caméra plus fixe permet de présenter quelques images plus lumineuses et teintées d’espoir, comme le dernier plan du film, confirmant après Le ring sa fascination pour l’enfance.

À l’inverse de son héroïne, Inch’Allah préfère ne pas prendre de position définitive. Lors du dernier acte, le film demeure plutôt ambigu concernant le point de vue sur les gestes posés. Le seul qui fait office de certitude est celui de la cinéaste sur ses personnages : ils sont tous humains, donc tous fragiles et dignes d’amour.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.35:1 à une résolution de 1080p.

La définition générale de l’image est excellente. Un très léger grain cinématographique plutôt séduisant contribu au rendu de l’image. Les détails et les textures y sont précis alors que les couleurs font preuve d’une pleine saturation et d’aucun débordement. Les effets de surbrillance sont évités grâce à des contrastes bien gérés. Les dégradés sont fluides et précis. Les noirs sont purs et profonds.

La partie numérique se sauve de tout défaut majeur apparent.


Son
Une seule bande son est offerte sur cette édition au format DTS-HD Master Audio 5.1 en version originale française.

Faisant preuve d’un dynamisme approprié, mais surtout d’une immersion hallucinante, le mixage reproduit avec fidélité et subtilité l’univers sonore du film. Bien que les ouvertures frontale et latérale servent la majorité des éléments sonores, les enceintes arrière appuient brillamment les ambiances en plus d’offrir des effets d’ambiophonie cruciaux pour créer une intense immersion. Les dialogues demeurent constamment et parfaitement intelligibles alors que la trame sonore s’intègre efficacement au mixage. Les basses fréquences sont employées à quelques occasions (notamment pour la séquence de l’explosion et une autre dans un nightclub) et elles grondent avec profondeur et efficacité. La sollicitation du canal d’extrêmes graves demeure cependant anecdotique.

Il y a option de sous-titrage en français.


Suppléments/menus
Nous retrouvons sur cette édition un montage de scènes supprimées (06:00) d’un intérêt évidemment très relatif. Elles servent surtout à préciser le rapport entre Chloé et son entourage (par exemple une séquence avec deux femmes voilées).

Aussi disponible est le court-métrage Nous sommes (3:15) de Kevin Papatie réalisé en 2009 et supervisé par Anaïs Barbeau-Lavalette.



Conclusion
Porté par un jeu d’acteurs (particulièrement d’actrices) senti et émouvant, Inch’Allah est une œuvre aboutie, touchante, avec quelques effets chocs, qui ne cherche pourtant pas à faire de sensationnalisme. La démarche de la jeune réalisatrice demeure intègre et humaine en offrant en prime quelques réflexions grâce à sa conclusion effroyable.

L’édition est techniquement excellente. Elle présente un transfert admirable et fidèle au matériel source en plus d’un mixage subtil et immersif. Si les suppléments ne sont pas les passionnants, on doit saluer leur présence de même que l’existence de ce film québécois sur une édition Blu-ray.


Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
2,5/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2013-04-01

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Inch'Allah

Année de sortie:
2012

Pays:

Genre:

Durée:
101 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
E one Entertainment

Produit:
Blu-ray

Nombre de disque:
1 BD-50

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
-

Certification THX:

Bande(s)-son:
Française DTS HD Master Audio 5.1

Sous-titres:
Français

Suppéments:
Séquences rejetées au montage et court-métrage (Nous sommes de Kevin Papatie)

Date de parution:
2013-03-05

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