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DVDEF

Holy Motors

Critique
Synopsis/présentation
Oeuvre unanimement acclamée par la critique en 2012 et ayant été en compétition officielle lors du 65e Festival de Cannes, Holy Motors, cinquième long-métrage du cinéaste français Leos Carax a été accueilli comme un cadeau du ciel par les cinéphiles. Déstabilisant et stimulant, le film défie le spectateur à travers une forme narrative engageante et une réflexion passionnante (et peut-être même alarmante, nous y reviendrons) sur le septième art.

Le long-métrage débute avec un plan sur des spectateurs endormis dans une salle de cinéma. Ce qui semble dérouler devant leurs yeux est un film d’époque. C’est dans la chambre d’un individu (nul que autre que Leos Carax lui-même) que nous nous retrouvons ensuite. Endormi, il se réveille par différents sons. Après avoir fait le tour de sa chambre, il déverrouille une porte à l’aide d’une clé qui lui sert de majeur et pénètre dans la salle de cinéma du tout début. Carax se tient au balcon, témoin du public endormi devant le film qui est joué devant eux.

C’est à ce moment que nous rencontrons Monsieur Oscar (Denis Levant), un riche homme d’affaires qui monte dans une limousine conduite par Céline (Edith Scob). Cette dernière lui signale que durant la journée il aura neuf rendez-vous. Nous les suivons ainsi alors qu’Oscar se prépare à l’arrière de la voiture pour chacun de ces prétendus rendez-vous. Installé avec lui est un aménagement de miroirs, de lumières, de maquillage et de déguisements rappelant la loge d’acteur et avec lequel il se prépare pour chaque rencontre. Ainsi, lors du premier rendez-vous, Monsieur Oscar descend de la limousine avec une canne, une perruque aux cheveux longs et sales, un châle, déguisé en vieille mendiante. Pour le deuxième, il est vêtu d’un uniforme en latex noir avec des points lumineux blancs servant de capteurs de mouvements. Entrant dans un studio, nous comprenons à la fin de la séquence qu’il enregistre les prises pour un film d’animation. Ainsi est construit le film alors que Monsieur Oscar deviendra au cours de la journée un père de famille, un monstre, un tueur, un vieillard. Il reverra même une autre actrice (Kylie Minogue) avec laquelle il partagera quelques moments du passé.

Long-métrage à caractère onirique, Holy Motors révèle sa richesse non seulement dans les multiples interprétations qu’il est possible d’en faire, mais surtout des réflexions et des questions fondamentales du cinéma qu’il pose. Construit comme une série de spectacles et de performances, le film souligne évidemment la problématique du jeu de l’acteur. Hommage évident dans un premier lieu à ces hommes et ces femmes qui sont caméléons, mais aussi prisonniers de la performance perpétuelle. Par exemple, le choix de Minogue pour incarner une actrice devient plus rassurant lorsqu’elle se met à pousser la note sur « Who were we ? », la célèbre chanteuse étant employée finalement pour ce que le spectateur reconnaît en elle.

Mais Holy Motors est également ce vibrant hommage au cinéma. En empruntant différents genres cinématographiques à travers les rendez-vous de Monsieur Oscar (le film de monstre, le film d’animation, le drame, la comédie musicale, le film de gangster, etc.), l’œuvre de Carax expose le pouvoir de métamorphose l’acteur, mais aussi du cinéma comme art. En plus d’être autoréférentiel (les clins d’œil à l’histoire du cinéma), le film renvoie à la filmographie de Carax elle-même, par exemple en recyclant le personnage de Mr. Merde (l’homme-monstre) aperçu précédemment dans le court-métrage Merde du cinéaste.

Par contre, sous ses airs élogieux, le long-métrage évoque une éventualité inquiétante, celle de la mort du cinéma. Pouvant être vu comme tel (la séquence d’ouverture pourrait alors présenter des spectateurs morts et non endormis), Holy Motors a tous les éléments et surtout l’ambiance du film post-apocalyptique. Lorsque Monsieur Oscar s’entretient avec son employeur (Michel Piccoli), il lui pose cette question, terrible : « Que se passe-t-il lorsque plus personne ne regarde ? ». Cette attaque demeure dirigée vers de multiples possibilités (le cinéma commercial, la génération YouTube, etc.), mais le danger demeure et le film de Carax, dans toute son étrangeté, veut nous éveiller.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 1.85:1 d’après un transfert 16:9.

Le film ayant été tourné principalement avec des caméras numériques, le transfert affiche une définition générale d'un bon niveau. Les détails et les textures sont reproduits avec fidélité et précision permettant à l’image d’afficher une solide netteté. Une séquence, par contre, propose une image plus abstraite et il faut préciser qu’il s’agit d’un « datamoshing », procédé où l’image a été numériquement manipulée.

Les couleurs sont reproduites avec justesse offrant une palette nuancée. Les tons de peaux demeurent naturels alors que les niveaux de noirs demeurent bien gérés. Les parties sombres, tout de même très présentes, sont remarquablement reproduites grâces à des dégradés tout en détail ainsi qu’à des noirs d’une pureté et d’une intensité irréprochables.

La partie numérique de ce transfert se sauve logiquement (seul le film est présenté sur le disque) de tout défaut majeur apparent.


Son
Une seule bande son est offerte sur cette édition : un mixage Dolby Digital 5.1 disponible en version originale française.

La bande son reproduit fidèlement les différentes ambiances sonores du film. Se déployant en subtilité, la bande-son exploite convenablement les ouvertures frontale et latérale pour la majorité des éléments sonores. Les enceintes arrière servent presque exclusivement à des fins d’ambiance et contribuent néanmoins à l’immersion lors du visionnement. Les dialogues demeurent constamment et parfaitement intelligibles alors que la trame sonore s’intègre superbement au mixage. Les basses fréquences grondent subtilement à quelques occasions, souvent pour appuyer la trame sonore ou encore les ambiances, alors que l’emploi des extrêmes graves demeure négligeable.

Il y a option de sous-titrage en anglais.


Suppléments/menus
Nous ne retrouvons malheureusement aucun supplément sur cette édition.



Conclusion
Certainement un des films les plus atypiques de la dernière année, Holy Motors de Leos Carax propose une odyssée passionnante, déstabilisante et engageante dans le monde riche et infini du cinéma. Les multiples interprétations possibles ainsi que les réflexions et les questions que le film posent sur le septième est assurément un des arguments ayant convaincus la critique mondiale et une force désarmante de ce merveilleux film.

L’édition est techniquement satisfaisante. Le transfert vidéo reproduit fidèlement la facture visuelle du film alors que le mixage 5.1 épouse la subtilité de l’univers sonore du film. Malgré la joie de retrouver un tel titre disponible en DVD, il est quand même curieux que le distributeur n’ait pas inclut quelques suppléments étant donné l’envergure et le succès critique de l’œuvre au cours de la dernière année.


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
3,4/5

Suppléments:
0,0/5

Rapport qualité/prix:
2,8/5

Note finale:
3,0/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2013-03-27

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Holy Motors

Année de sortie:
2012

Pays:

Genre:

Durée:
115 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Métropole Films

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
-

Date de parution:
2013-02-19

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