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DVDEF

Hors les murs

Critique
Synopsis/présentation
Coproduction entre la France, la Belgique et le Canada, Hors les murs, du réalisateur David Lambert, est un de ces rares films à avoir été vu en premier par les cinéphiles québécois. Ayant tout juste pris l’affiche de l’autre côté de l’Atlantique (le film est sorti le 5 décembre en France), le long-métrage a discrètement pris l’affiche au Québec l’été dernier. Deuxième long-métrage de ce cinéaste belge après La régate en 2008, le film s’attarde sur deux amants aux prises avec un malheureux événement.

Paulo vit avec sa copine qui accepte douloureusement que celui-ci traîne quelques fois avec des garçons. Un soir, le jeune homme ne rentre pas. Il passe la nuit avec Ilir. Même si rien ne se passe entre eux, ils s’aiment. Mais il est trop tard. Paulo se fait jeter à la rue par sa copine et se réfugie chez son amant. Illir lui promet alors de toujours s’occuper de lui. Puis, Ilir part pour une fin de semaine et ne revient jamais.

Le long-métrage de David Lambert est douloureux. Les personnages vivent constamment dans la douleur, qu’elle soit physique ou psychologique. L’amour que raconte Hors les murs à travers les personnages de Paulo et Ilir est un amour dur, déchirant, bouleversant. Les deux hommes sont pris dans cette relation sadomasochiste où l’un prend plaisir à asseoir son pouvoir sur l’autre qui s’en contente tout autant. La symbolique des rapports sexuels de Paulo est d’ailleurs un peu lourde à ce propos voulant trop appuyer son plaisir à être torturé.

Dans la deuxième partie du film, lorsque le mystère entourant l’absence d’Ilir est éclairci, le film enfonce de façon définitive son principal protagoniste dans les abymes de la souffrance. La caméra de Lambert laisse lentement plus de place au personnage de Paulo. Sujet complètement antipathique, il exprime une dépendance affective qui le rend très peu attachant. L’enjeu ne devient plus de le voir se sortir de cette relation impossible, mais bien d’assister à une histoire qui ne cesse de recommencer.

Sans être d’un désintérêt total, Hors les murs échoue là où le film Week-end d’Andrew Haigh rayonnait : mettre en scène un amour qui déstabilise, remue, bouleverse et ne peut être savouré. Les deux films se terminent d’ailleurs par le même souhait : capturer et faire revivre cette histoire d’amour à jamais. Dans le premier cas, c’était grâce à un magnétophone et dans le cas présent, à travers la photographie. C’est l’autre reproche que l’on pourrait faire au film de Lambert, soit de ne pas se servir suffisamment de l’amour de l’art qui habite ses deux personnages (Illir est bassiste, Paulo est pianiste pour des films muets) pour en raffiner son propos.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.35:1 d’après un transfert 16:9.

La déception de ce transfert réside certainement dans l’obtention du transfert NTSC par un transcodage de la version PAL en zone 2. D’autant plus curieux comme méthode puisque le film est sorti en salles au Québec avant de même prendre l’affiche en Europe ! Nous nous retrouvons ainsi inévitablement avec le principal défaut d’un transfert en PAL, c’est-à-dire une accélération de l’image passant de 24 images/seconde à 25 images seconde, ce qui a pour principal et majeur effet de créer des dédoublements à l’image ainsi qu’une impression de flou.

Autrement, le rendu des couleurs est très bien. Ces dernières demeurent pleinement saturées et ne démontrent aucun débordement. Les tons de peaux demeurent naturels. Les contrastes sont parfaitement gérés et évitent toute forme de surbrillance. Les dégradés sont fluides et précis alors que les noirs sont purs et intenses. Les parties sombres offrent un bon niveau de détail.

La partie numérique se sauve de tout défaut majeur apparent.


Son
Une seule bande-son au format Dolby Surround 2.0 est disponible en version originale française.

Comme le film est un drame intimiste, c’est sans surprise que nous notons la présence d’un bande-son 2.0. Limitée par son format, elle déploie néanmoins avec clarté les éléments sonores. Dotée d’un dynamisme acceptable, elle laisse entendre des dialogues constamment et parfaitement intelligibles. La trame sonore signée Valleys est intégrée avec subtilité et profite de l’efficacité des basses fréquences.


Des sous-titres français et anglais sont disponibles.


Suppléments/menus
Nous retrouvons le touchant court-métrage « Vivre encore un peu » du réalisateur David Lambert qui raconte l’histoire d’un père boulanger qui tente de ne pas révéler au copain de son fils la mort de ce dernier.

La bande-annonce du film est aussi offerte.



Conclusion
Le deuxième long-métrage du réalisateur belge David Lambert est une histoire d’amour tragique et incroyablement déprimante où deux amants s’entredéchirent et se font mal pour leur plus grand plaisir.

Le transfert vidéo est décevant. Alors que le film est disponible en DVD au Québec avant même sa sortie en France, il est curieux, voire dommage que le transfert NTSC ait été obtenu par un transcodage de la version PAL. Sinon, la bande-son est fonctionnelle et le court-métrage « Vivre encore un peu » est un supplément intéressant.


Qualité vidéo:
2,5/5

Qualité audio:
2,8/5

Suppléments:
2,5/5

Rapport qualité/prix:
2,8/5

Note finale:
2,5/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2012-12-09

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Hors les murs

Année de sortie:
2012

Pays:

Genre:

Durée:
95 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Distribution Sélect

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Français
Anglais

Suppéments:
Court-métrage "Vivre encore un peu'', bande-annonce

Date de parution:
2012-11-20

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