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DVDEF

Vendeur, Le

Critique
Synopsis/présentation
Premier long-métrage du cinéaste Sébastien Pilote, Le vendeur a profité de quelques honneurs avant de prendre l’affiche dans les salles du Québec. Présenté au Festival de Film de Los Angeles et au Festival de Film de Sundance et ayant récolté le prix Fipresci (remis par la Fédération Internationale des critiques de cinéma) au Festival International du Film de San Francisco, le film de Pilote a reçu également en terre natale la reconnaissance de ses semblables grâce au prix attribué par l’AQCC du meilleur film québécois de 2011. Avec toutes ces récompenses il est possible de s’attendre de l’oeuvre à un certain « type » de films. En effet, si l’approche du long-métrage de Sébastien Pilote s’apparente à celle du film d’auteur, il n’en demeure pas moins que Le vendeur est un film nécessaire.

Aux premiers abords, la mise en scène de Sébastien Pilote peut rappeler celle d’un Stéphane Lafleur (Continental, un film sans fusil, En terrains connus) avec son rythme plutôt lent, ses plans de caméra fixes et l’étrange mélancolie qui se dégage des plans de paysages hivernaux. L’intérêt de filmer les régions et un personnage qui semble caractérisé par la solitude n’est pas non plus très loin des œuvres de Lafleur. Pourtant, c’est bien un style propre et un propos distinct que l’on voit s’esquisser à travers Le vendeur. Le film de Pilote s’intéresse à un terrain nettement plus engagé en abordant, à travers l’histoire d’un personnage de vendeur d’automobiles d’occasions, la question économique des régions. En effet, en parallèle aux réussites professionnelles (il est le meilleur vendeur de voitures depuis des années) et personnelles (il un père et un grand-père disponible, fier et aimant) de Marcel Lévesque (joué par Gilbert Sicotte), le film nous présente la grève d’employés d’une usine qui annonce sa fermeture. À leur malheur sont juxtaposés les succès de l’homme de soixante-sept ans.

Jusqu’à ce qu’un drame bouleverse son monde. Le film prend ainsi une tournure définitive vers un pessimisme quelque peu pesant sans jamais verser dans le mélodrame. La caméra devient le témoin d’un village en plein bouleversement suite à la mise à pied de plusieurs centaines d’employés, mais aussi à la déstabilisation complète de l’économie de cette municipalité saguenéenne. Les stations de services fermes, des employés désespèrent et les vendeurs de voitures écopent. C’est ce monde en pleine transformation que filme Le vendeur. Marcel Lévesque en est quant à lui le symbole.

Le film de Sébastien Pilote joue avec les saisons qu’il filme. Lorsqu’arrive le printemps à la fin du film, c’est un peu comme si le cycle recommençait. Alors que l’hiver pouvait représenter une noirceur pour la petite communauté, le film laisse ainsi poindre une lueur d’espoir à travers ce portrait triste, mais néanmoins vraisemblable d’une réalité sociale plus près de nous qu’il n’y paraît aux premiers abords. Et la dernière image du film pousse le spectateur à s’interroger sur ce qu’il restera pour ces prochains cycles. Oui, pour ces raisons Le vendeur est un film engagé, social, mais aussi un film très humain et touchant.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.35:1 à une résolution de 1080p.

Sincèrement, voilà un transfert de toute beauté. Les détails et les textures sont reproduits dans toute leur finesse et leur précision alors que le rendu des couleurs est riche, précis et nuancé. Les magnifiques paysages saguenéens sont ainsi superbement reproduits. Les tons de peaux demeurent naturels. Pour ce qui est des contrastes, ils sont impeccablement gérés tandis que les dégradés sont précis et fluides offrant des parties sombres bien détaillées. Des noirs purs et intenses complètent ce superbe transfert.

La partie numérique se sauve de tout défaut majeur apparent.


Son
Une seule bande-son au format DTS-HD Master Audio 5.1 en version originale française est disponible.

Étonnamment, la bande son offerte ici est particulièrement appuyée et dynamique. Dès les premières minutes et tout au long du film, des sons de moteurs, de voitures, de camions, sauront faire gronder les basses fréquences ainsi que le canal d’extrêmes graves avec profondeur et précision. Sinon, les ouvertures frontale et latérale servent à faire entendre clairement la majorité des éléments sonores. Vous parviendrez même à entendre la petite monnaie que Gilbert Sicotte fait bouger dans la poche de ses pantalons ! Les enceintes arrière appuient brillamment les ambiances tout en apportant une belle profondeur au mixage et surtout une meilleure immersion pour le spectateur. Les quelques effets d’ambiophonie sont subtils, mais réussis. Les dialogues demeurent constamment et parfaitement intelligibles tandis que la magnifique trame sonore signée par Pierre Lapointe et Philippe Brault est intégrée avec subtilité et finesse au mixage.

Il y a option de sous-titrage en anglais et en français.


Suppléments/menus
Nous retrouvons sur cette édition le court métrage de Sébastien Pilote « Dust Bowl Ha ! Ha ! (13:35) » tourné en 2007. Annonçant le cinéaste comme un futur talent et surtout de son cinéma engagé, le film présente des éléments de mise en scène repris dans Le vendeur (le film divisé en chapitres, la musique de Pierre Lapointe) ainsi que des thématiques à caractère sociale qui sauront donner sa signature au cinéaste.



Conclusion
Drame social et humaniste, Le vendeur trace à la fois le portrait d’une société en milieu rural en plein changement et d’un vieil homme qui dont le parcours en reflète le symbole. Bien que mis en scène de façon plutôt « auteuriste » qui aurait tendance à en rebuter certains, ce premier long-métrage de Sébastien Pilote mérite néanmoins toute l’attention qu'on lui accorde et certainement autant la vôtre.

Le transfert vidéo est absolument magnifique reproduisant avec fidélité les paysages de campagne des régions du Saguenay alors que le mixage DTS-HD est étonnamment dynamique. Le court-métrage « Dust Bowl Ha ! Ha ! » est un bonus qui est tout à fait la bienvenue étant donné la cohérence qu’il semble créé avec Le vendeur. Il s’agit d’une excellente édition.


Qualité vidéo:
4,6/5

Qualité audio:
4,5/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2012-03-12

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Vendeur, Le

Année de sortie:
2011

Pays:

Genre:

Durée:
107 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
E one Entertainment

Produit:
Blu-ray

Nombre de disque:

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
-

Certification THX:

Bande(s)-son:
Française DTS HD Master Audio 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Court métrage réalisé par Sébastien Pilote (Dust Bowl Ha! Ha!)

Date de parution:
2012-03-06

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