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DVDEF

Monsieur Lazhar

Critique
Synopsis/présentation
Depuis son premier long-métrage, les films du cinéaste québécois Philippe Falardeau semblent s’intéresser beaucoup à la société québécoise. Dans La moitié gauche du frigo, la caméra devenait le capteur de la dénonciation (cynique) du système de travail québécois, alors que dans Congorama, elle présentait le rapport de filiation d’un homme belge apprenant qu’il était le fils de parents québécois. Même C’est pas moi, je le jure ! présentait comme toile de fond un portrait douloureux de l’enfance dans une société québécoise en plein changement (montée du féminisme, monoparentalité, etc.). Ce n’est donc pas étonnant que Monsieur Lazhar s’intéresse à l’épineuse question de l’éducation. Alors que C’est pas moi je le jure ! épousait le point de vue du jeune Léon Doré, ici la caméra de Falardeau préfère s’intéresser au personnage de Bashir Lazhar refugié politique qui occupera un poste vacant d’enseignant au primaire.

Si les premiers instants entre Lazhar et ses élèves auront tôt fait de nous rappeler Entre les murs de Laurent Cantet, le film de Philippe Falardeau préfère s’attarder à la question du deuil. Cette douloureuse problématique qui réunira les jeunes et le professeur sert en effet de trame narrative, les enfants ayant à faire face à la mort subite de leur enseignante et Bashir s’étant enfui d’Algérie après qu’un attentat ait causé la mort de sa femme et de ses enfants. C’est certainement ce deuil commun qui permet au film de ne pas sombrer dans la critique sociale. Alors qu’un personnage comme celui de Bashir Lazhar aurait été le prétexte parfait pour ainsi montrer du doigt les défauts d’une société québécoise et de son système d’éducation, l’œuvre présente une approche plus pudique.

La mise en scène de Falardeau est très sobre, dépouillée, toute en retenue. Elle se marie ainsi avec le thème du silence, vœu que semble avoir décidé de faire le corps enseignant pour passer à travers cette épreuve. Bashir, lui, croit que c’est la parole qui permettra de reconnaître et traverser ce deuil. Pourtant, et c’est ce qui rend Lazhar un personnage intéressant et attachant, le silence peut parfois ou semble quelquefois être nécessaire. Comme par exemple dans sa relation avec Claire l’enseignante jouée par Brigitte Poupart. Malgré cela, les principes de Bashir sauront révéler secrets, malaises et l’impuissance de certains enseignants devant des parents qui ne « demandent pas d’éduquer leurs enfants ».

Dans son portrait de la société québécoise, Monsieur Lazhar est un film qui aborde l’immigration, la monoparentalité, la multiethnicité, l’éducation, l’absence des parents, l’amitié, le rapport entre élève et professeur sans jamais donner de réponse définitive. On pourrait reprocher au film de Falardeau d’effleurer trop de problématiques sans jamais en approfondir une en particulier. Pourtant, la pudeur et le silence sont préférés à nouveau ici afin de plonger le spectateur dans la réflexion. Tout comme ce lumineux dernier plan très fort symboliquement et émotionnellement qui nous rappelle, certes, que la parole n’est pas toujours nécessaire, mais qu’elle peut réunir deux solitudes.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.35:1 à une résolution de 1080p.

La définition générale de l’image est irréprochable. Un grain cinématographique très fin peut être perceptible, ce qui n'est nullement un défaut. Nette et précise, la qualité de l’image permet d’afficher les détails et les textures dans toute leur nuance. Ancré dans l’hiver montréalais, le film profite du magnifique rendu des couleurs. Ces dernières sont correctement étalonnées et précises alors que les tons de peaux demeurent naturels. Les contrastes sont parfaitement gérés. Nous observons pour ce transfert des parties sombres bien détaillées et des noirs purs et profonds.

La partie numérique se sauve de tout défaut majeur apparent.


Son
Une seule bande son est offerte sur cette édition au format DTS-HD Master Audio 5.1 en version originale française.

Bien que servant un film dont la bande son est très en retrait, le mixage DTS-HD exploite néanmoins convenablement son potentiel en créant une solide immersion sonore. Cela est principalement dû aux enceintes arrière qui appuient subtilement les ambiances et servent à créer d’autant plus subtils effets d’ambiophonie (par exemple, des cris d’enfants dans la cour de récréation). Sinon, les ouvertures frontale et latérale laissent entendre la majorité des éléments sonores. Parmi ceux là, les dialogues demeurent constamment et parfaitement intelligibles tandis que la trame sonore signée par Martin Léon s’intègre superbement au mixage. L’emploi des basses fréquences se veut très peu fréquent, mais ces dernières sont sollicitées convenablement et sans excès. L’utilisation du canal d’extrêmes graves est complètement anecdotique; un choix logique considérant le ton du film.

Des sous-titres français et anglais sont disponibles.


Suppléments/menus
Nous retrouvons avec cette édition le documentaire « Monsieur Lazhar : De la scène à l’écran (33:34 )» animé par le réalisateur Philippe Falardeau et Eveline de la Chenelière, auteure de la pièce duquel le film est adapté. Les deux retournent sur les lieux de tournage (l’école) et échangent sur la question de l’adaptation, la direction d’enfants-acteurs, les choix techniques et esthétiques et les thématiques du film. L’intérêt et la pertinence demeurent constants. Bien que Philippe Falardeau soit beaucoup plus présent que de la Chenelière dans ses interventions, leur chimie et leur passion pour l’art sont tout à fait palpables.

Nous retrouvons aussi une galerie de bande-annonces de films distribués par E1 Entertainment ainsi que la fable de Bashir Lashar qu’il est possible d’afficher à l’écran.



Conclusion
Film événement de l’année 2011 pour son succès public/critique et de l’année 2012 pour son rayonnement à l’international (une nomination aux Oscars dans la catégorie Meilleur film étranger) ainsi qu’en terre natale (grâce à de nombreux prix Genie et Jutra), Monsieur Lazhar du cinéaste québécois Philippe Falardeau est un film touchant qui opte pour une approche très pudique pour aborder la thématique du deuil. On pourra désormais compter le réalisateur parmi un des grands de la cinématographie québécoise.

Bien que le mixage demeure relativement en retrait, le transfert vidéo de cette édition, lui, est admirable reproduisant fidèlement la facture visuelle du film. Le documentaire « Monsieur Lazhar : De la scène à l’écran » est particulièrement intéressant et pertinent précisant les intentions et les choix de Falardeau pour son long-métrage. Voilà une excellente édition.


Qualité vidéo:
4,5/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
3,2/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,9/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2012-03-13

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Monsieur Lazhar

Année de sortie:
2011

Pays:

Genre:

Durée:
94 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
E one Entertainment

Produit:
Blu-ray

Nombre de disque:
1 BD-50

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
-

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Française DTS HD Master Audio 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Documentaire Monsieur Lazhar: de la scène à l'écran, La fable de Bashir

Date de parution:
2012-03-13

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