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DVDEF

Whistleblower, The

Critique
Synopsis/présentation
Dès les premières minutes de The Whistleblower, nous avons le sentiment que le long-métrage sera un pamphlet pro-féministe. Des jeunes filles insouciantes boivent, dansent sous le signe de l’irresponsabilité et se jetteront droit dans la gueule du loup. Puis, une de ces mêmes filles qui rentre chez sa mère. L’une prête à obéir à l’autre. La seconde feignant l’indifférence par rapport à l’insécurité de la première. Enfin, la fuite de la jeune fille. Le regret de la mère. Tout est dressé pour un film sur la maternité.

Bien que The Whistleblower raconte l’enquête dangereuse et insouciante de la policière américaine Kathryn Bolkovach dans les terres de la Bosnie, le film questionne et remet en question certains stéréotypes féminins. Si l’enquête policière séduit (une policière qui décide de défier une autorité masculine et barbare pour sauver de jeunes filles violées, abusées et torturées au détriment de sa propre vie), la question du genre en est une qui nous a davantage intéressé ici.

La première partie du film nous présente Kathryn, l’héroïne, dans une position plutôt classique : policière, carriériste, évoluant dans un milieu majoritairement masculin. La jeune femme est la digne héritière d’une tradition d’héroïnes des années 80 et 90. Pourtant, son statut de mère indique qu’elle n’a rien d’une femme « conventionnelle ». En effet elle a perdu la garde sa fille à son ex-conjoint, stéréotype généralement associé aux hommes dans le cinéma américain. Même si ce « renversement » des conventions n’a rien de révolutionnaire, il est néanmoins le réel moteur qui motivera Kathryn dans sa soif de la vérité.

Il n’est donc pas impossible de retrouver à travers cette quête celle plus subtile de Kathryn par rapport à sa propre maternité. Si le parallèle entre la relation avec sa fille et celle qu’elle entretient avec la jeune Raya, principale témoin qu’elle protègera est présenté (notamment dans une séquence déchirante où la jeune esclave doit choisir entre suivre Kathryn ou rester auprès de ses ravisseurs), il semble que ce soit pour mieux exposer l’échec dont elle fait preuve. Or, et c’est certainement ce qui est le plus intéressant avec l’œuvre, il ne s’agit pas tant d’une impossibilité à incarner un idéal maternel (un collègue lui demandera même « you're not the maternal type ? ») que d’accepter le genre de mère qu’elle peut être à la fois pour sa propre fille que pour les victimes qu’elle tente de sauver.

Si le trafic sexuel est une thématique relativement populaire dans le cinéma américain (Taken) et canadien (Human Traficking), The Whistleblower se démarque par son protagoniste fort et nuancé ainsi que pour la mise en scène sobre et efficace de la cinéaste Larysa Kondracki qui s’est inspirée de faits véridiques pour aussi co-écrire le scénario de l’œuvre.


Image
Le film est présenté au format d’image respecté de 2:35:1 à une résolution de 1080p.

Un remarquable transfert haute définition qui nous est offert ici. Le matériel source est parfaitement présenté puisque absolument aucune anomalie n’est perceptible. Les détails et les textures sont reproduits avec précision. De même que le rendu et l'étalonnage des couleurs qui est irréprochable. Baignant souvent dans des tons plus froids, les couleurs sont reproduites avec pureté. Les tons de peaux demeurent aussi naturels alors que les contrastes sont parfaitement gérés. Les parties sombres, assez nombreuses dans le cas présent, sont très bien reproduites notamment grâce à des dégradés fluides et précis ainsi que des noirs purs et intenses.

La partie numérique se sauve, règle générale, de toute anomalie majeure.


Son
Deux bandes sons sont disponibles sur cette édition, la première au format DTS-HD Master Audio 5.1 en version originale anglaise et la seconde en version française doublée au Québec au format Dolby Digital 5.1.

Le mixage DTS-HD Master Audio 5.1 profite énormément du dynamisme et du potentiel que procure cette bande son haute définition. Dès les premiers instants, la trame sonore est brillamment appuyée par les basses fréquences qui grondent à plusieurs occasions. Les dialogues sont eux aussi parfaitement reproduits demeurant audibles tout au long du visionnement. Si les ouverture frontale et latérale servent à la majorité des éléments sonores, les enceintes arrière appuient subtilement les ambiances en plus d’offrir quelques effets d’ambiophonie (les quelques séquences de tortures, les séquences plus rythmées) très réussis procurant une meilleure immersion du spectateur. Finalement, le canal d’extrêmes graves supporte certains moments plus intenses en grondant efficacement.

Des sous-titres anglais et français sont disponibles.


Suppléments/menus
Le seul supplément offert ici est le documentaire « Kathy Bolkovac : The Real Whistleblower (5:31) ». Il comporte les interventions des acteurs, notamment Rachel Weisz, de la réalisatrice et co-scénariste Larysa Kondracki, la co-scnénariste Eilis Kirwan et de la véritable Kathryn Bolkovac. Trop court, le segment demeure beaucoup trop en surface et n’aborde pas vraiment la femme qu’était Bolkovac. En fait, on s’intéresse plutôt à l’opinion des artisans et le documentaire en devient par moments un sur Rachel Weisz puisqu’on ne fait que vanter son jeu.



Conclusion
The Whistleblower est un film qui nous rappelle cette dure et cruelle réalité qu’est celle du trafic sexuel de jeunes filles. Si le long-métrage ne propose rien de bien neuf dans son portrait de la situation, c’est son personnage principal fort et très intéressant qui fait ici toute la différence.

L’édition est techniquement impressionnante. Le transfert vidéo reproduit admirablement l’esthétique froide du film alors que le mixage DTS-HD fait preuve d’un excellent dynamisme considérant le genre. Seule ombre au tableau, un manque de suppléments tant en qualité qu’en quantité. Il s’agit malgré tout d’un achat recommandable.


Qualité vidéo:
4,6/5

Qualité audio:
4,4/5

Suppléments:
1,5/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2012-02-23

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Whistleblower, The

Année de sortie:
2010

Pays:

Genre:

Durée:
112 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
E one Entertainment

Produit:
Blu-ray

Nombre de disque:
1 BD-50

Format d'image:
2.40:1

Transfert 16:9:
-

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise DTS HD Master Audio 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais (CC)
Français

Suppéments:
Documentaire « Kathy Bolkovac : The Real Whistleblower (5:31)»

Date de parution:
2012-01-24

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