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DVDEF

Project Nim

Critique
Synopsis/présentation
Réalisé par l’homme derrière Man on Wire qui a remporté l’Oscar du meilleur documentaire en 2009, Project Nim a quant à lui, plus modestement, remporté le prix du meilleur réalisateur au Festival de Sundance de 2011. James Marsh s’intéresse ici au cas de Nim, chimpanzé sélectionné pour une expérience scientifique et envoyée dans la famille d’une psychologue. Cette dernière ainsi qu’une poignée de professeur tenteront un but simple et clair : faire en sorte que le singe soit capable de communiquer par le langage pour s’exprimer.

Project Nim est construit de manière chronologique : on assiste d’abord à l’adoption de Nim par la famille, puis, aux déplacements et aux adaptations du singe dans différents environnements. Nous assistons au parcours de Nim grâce aux interventions de ce qui semble être la majorité des êtres qui ont joués un rôle dans sa vie, d’une façon ou d’une autre. Leurs témoignages servent d’une grande part à reconstituer la vie du primate. De plus, quelques images d’archives sont parsemées pour servir de preuve et mieux appuyer les propos des intervenants. Il faut cependant avouer qu’à plusieurs reprises, ces images ne correspondent pas à ce qui est en train de se raconter et servent plutôt de support émotif à cette histoire.

Car s’il y a bien une chose que Project Nim confirme, ce n’est pas la difficulté ou l’impossibilité d’un animal de communiquer avec l’homme, mais plutôt que l’homme est un animal émotif. En effet, si Nim a dû se déplacer aussi fréquemment et s’adapter à chaque occasion à un nouvel environnement et à de nouveaux humains autour de lui, c’est souvent en grande partie à cause de ces mêmes humains. Les témoignages révèlent chicanes, discordes, rivalités (qui est la « mère » de Nim ?), désaccords, mais aussi attachements, aventures et amours. Tous des évènements qui amènent ces hommes et femmes à révéler des émotions et amener directement ou indirectement le primate à être déplacé de gauche à droite.

Le documentaire de Marsh se termine néanmoins sur une note positive et jamais on ne tente de dénoncer un parti plus qu’un autre. D’ailleurs, comme la plupart des intervenants sont interviewés, nous avons souvent droit aux différents avis face à une situation. Mais le film de James Marsh prouve surtout que ce dernier connaît et sait exploiter le langage cinématographique pour exprimer souvent bien davantage que les mots qu’ont tente de faire dire Nim à travers le langage des signes. Nous n’avons qu’à penser à ces travellings latéraux qui servent à introduire et conclure avec quelques uns des intervenants pour montrer à souvent la tristesse ou la joie qu’ils ont eu d’aller et venir dans le vie de Nim. Ou encore cette troublante image en fin de parcours où Nim est aperçu jouant avec un tonneau qu’il fait aller dans tous les sens enfermé dans son habitat. Il s’agit d’un des rares moments où nous pouvons percevoir clairement le point de vue de Marsh. À travers cette violente et terrible image se cache un animal qui est à l’image de ceux qui ont tentés d’en créer un objet de science, qui n’est pas à l’abri des émotions des autres êtres.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 1.78:1 d’après un transfert 16:9.

Il est à noter que si la plupart du film est présenté et filmé en 16:9, la grande majorité (pour ne pas dire la totalité) des segments d’archives (images analogiques, super 8, etc.) est offerte dans un transfert 4:3. Les « transitions » se font naturellement et surtout chacune des sources des images sont reproduites dans un état impeccable avec la facture visuelle appropriée (par exemple un grain assez prononcé pour l’image en super 8).

Les détails et les textures sont donc reproduits avec fidélité et précision dépendant naturellement de la source d’images en question. Les couleurs sont reproduites aussi avec une richesse et une précision exemplaires. Les tons de peaux demeurent constamment naturels. Les effets de surbrillance sont évités grâce à des contrastes parfaitement gérés. Les dégradés fluides et les noirs intenses et purs proposent de très belles parties sombres.

En ce qui a trait à la partie numérique, le film se sauve de tout défaut majeur.


Son
Deux bandes sons sont disponibles sur cette édition : la première en version originale anglaise au format Dolby Digital 5.1 et la deuxième en version française (doublée au Québec) au format Dolby Surround 2.0.

Si la bande son française ne fait que juxtaposer des voix francophones sur celles originales que l’on peut entendre subtilement en arrière-fond (pour rester dans l’effet « documentaire »), il faut saluer sa simple présence qui est une agréable initiative de Métropole Films.

Sinon, le mixage 5.1 est particulièrement intéressant considérant le genre. Le déploiement du champ sonore s’effectue de façon assez conventionnelle : les ouvertures frontale et latérale laissent entendre la majorité des éléments sonores alors les enceintes arrière servent presque exclusivement à des fins d’ambiance. Pourtant, subtilement, il est possible de déceler quelques effets localisés ici et là. Les dialogues demeurent constamment et parfaitement intelligibles. La trame sonore s’intègre subtilement au mixage et est appuyée par des basses fréquences qui grondent à quelques reprises.

Les extrêmes graves sont ici anecdotiques; ce qui n'est pas un défaut.


Suppléments/menus
Nous ne retrouvons malheureusement aucun supplément sur cette édition...



Conclusion
Documentaire fort touchant s’il en est un, Project Nim s’intéresse d’abord et avant tout aux humains qui ont croisés ce jeune chimpanzé sur lequel on avait miser beaucoup. Si le documentaire de James Marsh peut sembler relativement pessimiste face au genre humain, il exploite néanmoins habilement le langage cinématographique pour exprimer ce semble être son point de vue sur le sujet.

L’édition offerte est techniquement aux normes du marché. Le transfert vidéo reproduit les différentes sources d’images avec précision alors que le mixage 5.1 contribue agréablement à une meilleure immersion. D’autant plus qu’on a eu la brillante initiative d’intégrer une bande son française.

Le seul regret est sans doute l’absence de suppléments...


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
0,0/5

Rapport qualité/prix:
3,2/5

Note finale:
3,0/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2011-12-15

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Project Nim

Année de sortie:
2011

Pays:

Genre:

Durée:
98 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):
-

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Mongrel Media

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.78:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
-

Suppéments:
-

Date de parution:
2011-12-06

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