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DVDEF

Potiche

Critique
Synopsis/présentation
Alors que Ricky et Le refuge n’ont toujours pas obtenu de distribution sur nos sols canadiens, le dernier film de François Ozon, Potiche, a profité d’un succès respecté dans quelques festivals canadiens (Festival International du Film de Toronto et un prix du public au Festival Cinemania de Montréal) avant de se faire une place dans nos salles. S’il aura fallu attendre 2011 pour que les Québécois puissent retrouver le cinéaste français, c’est au prix d’une œuvre qui allie succès populaire et message politique. En effet, ce n’était depuis 8 Femmes en 2002 que Ozon n’avait plongé dans la comédie populaire. Si son Angel en 2007 laissait sous-entendre une parodie des films d’époques, le mélodrame qui caractérisait l’héroïne prenait largement le dessus sur les rires. Potiche est officiellement le retour de François Ozon à ce qui lui a fait rencontrer son public : le rire, le kitsch, l’artificialité et tout le reste.

Mise en scène d’une adaptation de pièce de théâtre de boulevard de Barillet et Gredy, Potiche pourrait effectivement être ce 8 Femmes numéro 2. Le retour de Catherine Deneuve associée à un nouveau projet plus « populaire » du cinéaste va de soi, mais les rapports familiaux dysfonctionnels de la famille Pujol ramènent directement à ceux de 8 Femmes, voire même ceux de Sitcom, premier long-métrage du cinéaste qui était aussi une comédie. En effet, chacun des membres de cette famille possède ses secrets et chacun d’entre eux sont prêts à mentir et trahir pour arriver à leurs fins.

Là où Potiche se distingue de 8 Femmes, c’est dans le portrait qu’il propose de la femme. Si on a beaucoup reproché au célèbre film de dépeindre à travers ces huit personnages féminins une cruelle misogynie, la présente œuvre d’Ozon fait plutôt la promotion de la femme. Le personnage de Suzanne Pujol incarne effectivement un juste mariage entre un féminisme de l’époque (que défend hypocritement sa fille jouée par Judith Godrèche) et un post-féminisme plus moderne qui comprend jupe, tailleur et sexualité épanouie. La montée en flèche de cette épouse et mère qui deviendra rapidement patronne et inspiration pour ses semblables est l’occasion rêvée pour le film (et pour Ozon, pour la première fois) de parler politique. À cet égard, la gauche de la mère et du fils affrontera la droite du père et de la fille.

Ce serait mal connaître Ozon que de ne pas mentionner son amour pour la culture populaire qu’il témoigne ici par de multiples références (et auto-références). On pensera ici à la trame sonore qui ressuscite de vieux tubes français, à Karin Viard qui récite un extrait du poème « Si » de Rudyard Kipling ou encore les bêtes tout droit sortis de la forêt de Les amants criminels qui servent d’inspiration à Suzanne Pujol pour l’écriture de ses poèmes. Mais la véritable star de Potiche, c’est Deneuve. La caméra d’Ozon est constamment sur elle, nous rappelant sans cesse qu’elle appartient à une histoire et à un passé cinématographique. C’est en lui mettant une écharpe autour de la tête et des verres fumés sur les yeux qu’on nous renvoie aux Liaisons Dangereuses, en lui donnant le micro pour fredonner « C’est beau la vie » que nos souvenirs des Parapluies de Cherbourg ou même de 8 Femmes nous reviennent en tête. Mais c’est surtout en la faisant danser aux côtés de Gérard Depardieu que l’on comprend que sa présence dépasse l’écran.

Car tout comme dans 8 Femmes (et dans toute sa carrière), Ozon est ici obsédé par l’acteur. L’acteur de cinéma pour sa valeur, son histoire, mais aussi son pouvoir. En juxtaposant les parcours de Suzanne Pujol et de Deneuve, Potiche se tourne vers l’avenir. Elles appartiennent peut-être à un passé, mais la pertinence de l’œuvre est qu’elles sont toujours nécessaires et actuelles. Et en ce sens, Catherine Deneuve est peut-être la femme (et l’actrice) parfaite pour François Ozon.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 1.85:1 d’après un transfert 16:9.

Le transfert vidéo est excellent. Le matériel source a été préservé dans un état impeccable puisque aucune anomalie n’est perceptible. L’image est donc nette et claire. Les détails et les textures sont reproduits avec finesse et précision. Le rendu des couleurs, une des richesses du travail de direction photo et artistique, est ici irréprochable. Elles sont riches et précises nous laissant le loisir d’admirer tout le travail de la production sur ces dernières. Les tons de peaux demeurent naturels. Le niveau des noirs est bien géré livrant des dégradés fluides et précis (notamment pour la première rencontre entre Deneuve et Depardieu). Ce sont des noirs purs et profonds qui complètent ce très beau transfert.

Aucun défaut numérique majeur n’est apparent et heureusement puisque le film seul est disponible sur cette disque.


Son
Une bande son est disponible sur cette édition au format Dolby Digital 5.1 en version originale française.

Si l'oeuvre ne se prête pas aux plus grandes prouesses sonores (il est plutôt axé sur les dialogues), le mixage 5.1 reproduit néanmoins bien l’univers sonore du film. La bande son fait ainsi preuve de présence et d'un dynamisme correct. La présence d'un mixage multicanal apporte une belle profondeur et une meilleure immersion à l'univers de ce film. C’est notamment grâce aux enceintes arrière qui appuient également bien les ambiances.

Les dialogues demeurent constamment et parfaitement intelligibles alors que la trame sonore savoureuse du fidèle compositeur d’Ozon, Phillipe Rombi, s’intègre gracieusement au mixage. Les basses fréquences grondent à quelques reprises, notamment pour mieux appuyer la trame sonore, et ce avec profondeur et efficacité. L’utilisation du canal d’extrêmes graves demeure complètement anecdotique.

Il y a option de sous-titrage en français et en anglais.


Suppléments/menus
On ne retrouve aucun supplément sur cette édition...



Conclusion
Douzième long-métrage du prolifique cinéaste François Ozon, Potiche est une savoureuse comédie où la signature du réalisateur français transpire sur chacun des plans. La mise en scène éclatée et kitsch est au service d’un pamphlet pro-féministe qui devrait faire taire les détracteurs du cinéaste qui croyaient à de la misogynie de sa part.

L’édition présentée ici propose un transfert vidéo satisfaisant laissant savourer le bel étalonnage des couleurs alors que le mixage 5.1 reproduit convenablement l’univers sonore du film. Seule ombre au tableau, l’absence d’une édition en format Blu-ray alors que nos voisins du sud peuvent s’en procurer une depuis déjà quelques mois. Cette édition Blu-ray comporte également quelques suppléments qui brillent ici par leur absence… Une édition qui mérite néanmoins une certaine attention ne serait-ce que pour sa disponibilité, si on fit au fait que les deux précédents films du cinéaste ne sont toujours pas disponibles au Québec...


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
3,9/5

Suppléments:
0,0/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2011-09-14

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Potiche

Année de sortie:
2010

Pays:

Genre:

Durée:
103 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
E one Entertainment

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Français
Anglais

Suppéments:
-

Date de parution:
2011-09-13

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