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DVDEF

Petits mouchoirs, Les

Critique
Synopsis/présentation
Après le succès de Ne le dis à personne en 2006, Guillaume Canet, mieux connu comme acteur, récidive derrière la caméra avec son troisième long-métrage Les petits mouchoirs. Arrivé chez nous après un certain décalage (comme c’est généralement le cas avec les productions européennes), le film du cinéaste français est donc lourd d’une réputation. Celle du film français ayant récolté le plus d’entrées en France en 2010.

Le film met en scène une poignée d’amis qui suite à l’accident grave d’un des leurs décide tout de même d’aller passer deux semaines de vacances en province, prétextant qu’ils ne peuvent rien pour leur ami pendant qu’il récupère aux soins intensifs. Durant ce séjour, mensonges et vérités éclateront déstabilisant la prétendue harmonie qui règne au sein du groupe.

La scène d’ouverture déjoue toute attente : Jean Dujardin, toxicomane et sous l'effet d'une drogue, quitte un bar aux petits heures du matin au volant de sa moto. La caméra le suit dans un plan-séquence où le spectateur est presque assuré que le drame aura lieu. Puis, la collision. Dujardin est frappé de plein fouet par un camion et gravement blessé. La brillante idée de mise en scène (et qui engendre l’effet de surprise) est d’avoir fait croire au spectateur que les substances illicites seraient la cause du drame. Or, ce n’était qu’un exercice de mise en situation. La caméra de Canet ne jouera plus sur les attentes. Articulé comme un film chorale, le long-métrage exposent les mœurs de personnages qui sont plutôt de tristes clichés : le copain psychotique, la jeune femme qui refuse de s’engager, la femme mariée malheureuse, le mari aux tendances homo refoulées et l’ami que tout le monde préfère éviter. Et vue la durée du film (plus de deux heures trente), il est étonnant de constater que les conflits qui habitent ces êtres font autant de surplace. Le meilleur exemple est certainement la tension du tandem François Cluzet-Benoît Magimel.

C’est plutôt à travers l’étude de caractère qu’il faut peut-être prendre le film de Canet. Car même si les personnages bougent peu (le dénouement en fait exception cependant), il est possible de déceler grâce à la caméra de Canet de grands moments où l’humour, la tendresse, l’amour et la haine se côtoient créant ainsi ce qui caractérise finalement toute amitié. Le film du cinéaste français préfère semble t-il s’attarder sur le pouvoir de ces êtres humains ensemble plutôt que sur l’idée qu’il pourraient réellement changer. Car bien dans son unité que le groupe pourra survivre au tragique dénouement. Et la caméra de Canet nous rappelle, comme bien d’autres avant la sienne, que certains liens sont plus forts que tout.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.35:1 d’après un transfert 16:9.

Ce DVD-10 propose un transfert très satisfaisant. Sur la première couche, nous retrouvons le film. Le matériel source a été conversé dans un état impeccable puisque aucune anomalie n’est perceptible. Les détails et les textures sont reproduits avec précision. Le rendu des couleurs est excellent. Le travail sur la photographie (particulièrement pour la séquence d’ouverture dans le bar) est impeccablement reproduit par des couleurs riches et précises. Les tons de peaux demeurent naturels. Les effets de surbrillance sont évités grâce à des contrastes très bien gérés. Les dégradés fluides et précis affichent de belles parties sombres. Les noirs sont purs et intenses.

La partie numérique se sauve heureusement de tout défaut majeur apparent. Étant donné le type de disque offert ici, les défauts se trouvent réduit au minimum et ne gêneront pas le visionnement.


Son
Une seule bande-son Dolby Digital 5.1 est offerte en version originale française.

Comme le film est surtout axé sur les dialogues, le mixage est ici en retrait. Il fait néanmoins preuve de présence et de dynamisme. La plupart des éléments sonores se laissent entendre par les ouvertures frontale et latérale alors que les enceintes arrière sont employées presque exclusivement à des fins d’ambiance. Même si les effets d’ambiophonie se font rares, le tout apporte une certaine profondeur au mixage. Les dialogues demeurent constamment et parfaitement intelligibles. La trame sonore composée surtout de morceaux anglophones (Jet, Damien Rice, Ben Harper, etc.) est bien intégrée et profite aussi de l’appui de basses profondes. La sollicitation du canal d’extrêmes graves est, quant à elle, complètement anecdotique.

Des sous-titres anglais sont disponibles.


Suppléments/menus
Sur l’autre face du disque, nous retrouvons les suppléments. D’abord, un bêtisier (5:48) regroupant naturellement les prises ratées de certaines scènes du film. Ensuite, nous avons le documentaire « Les petits mouchoirs en tournage (25 :16) » qui regroupe, comme son nom l’indique, des images de tournage, mais aussi des interventions des comédiens, producteurs et artisans du film. Celles du réalisateur Guillaume Canet demeurent les plus intéressantes et pertinentes du lot. Vient ensuite le segment « Scènes coupées (54:08) » qui regroupe près d’une vingtaine de scènes coupées au montage final. La particularité de ce segment est certainement la présence de Guillaume Canet avant chacune de ces scènes. Le cinéaste nous présence avec intérêt chaque séquence apportant ses intentions et les raisons pour lesquelles elles n’ont pas fait le montage final. « Films de vacances (31:23) » est un montage de prises effectuées pour le film. Il s’agit plus précisément du contenu intégral des vidéos que regardent les personnages pendant le film pour se remémorer les moments avec leur ami qui se rétablit. Finalement, nous retrouvons « Séquence surf (04:08) » où nous assistons aux coulisses de la séquence où les comédiens Gilles Lellouche et Laurent Lafitte font du surf. Nous y apprenons que c’est le surfeur Bixente Lezarazu qui a supervisé les deux acteurs.



Conclusion
Film choral générationnel, Les petits mouchoirs se rapproche davantage de l’étude de mœurs que du drame sentimental. Ayant comme thème principal l’amitié, l’œuvre demeure néanmoins très touchante et offre un portrait superficiel, mais chaleureux d’adultes vivant quelques crises existentielles.

Maple Pictures offre une très bonne édition. Le transfert vidéo reproduit fidèlement la facture visuelle du film alors que le mixage 5.1 apporte une certaine profondeur à un film qui ne se prête pas aux plus grandes prouesses sonores. Les suppléments sont nombreux, divertissants et intéressants. Les interventions du cinéaste Guillaume Canet sont particulièrement pertinentes.

Nous ne serions ne pas vous recommander l’achat de cette édition.


Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
3,5/5

Rapport qualité/prix:
3,4/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2011-08-25

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Petits mouchoirs, Les

Année de sortie:
2010

Pays:

Genre:

Durée:
154 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Maple Pictures

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-10 (double face, simple couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Documentaire, scènes coupées, segments, bêtisier

Date de parution:
2011-08-09

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