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DVDEF

Bandits (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Bien qu'il jouisse d'une renommée des plus enviable à Hollywood, le réalisateur Barry Levinson est peut-être l'un des cinéastes les plus inconsistant qui soit. Capable du meilleur (Rain Man, Diner, Wag the Dog) comme du pire (Sphere, Disclosure, Toys), il a certainement le mérite de varier ses réalisation et de nous mener là où on ne l'attendait pas. C'est tout à son honneur, mais le réalisateur devrait à tout le moins choisir ses projets avec plus de soins pour donner à son œuvre une certaine constance. Car Barry Levinson est un cinéaste de métier qui maîtrise le septième art avec une belle aisance. S'il investissait son talent au service d'œuvres méritoires, sa carrière, et les cinéphiles, ne s'en porteraient que mieux. Son dernier film, Bandits, tombe peut-être à mi-chemin entre ce que le cinéaste fait de mieux et de pire. Bandits est un film tout ce qu'il y a de plus convenu, bourré de clichés, voir de plagiat diront certains, un film qui part de de nombreuse direction mais qui ne trouve jamais son chemin. Mais pourtant, malgré tous ces défauts, Bandits est aussi un film qui a du charme et de la personnalité, un film franchement drôle et divertissant dont la seule prétention est de ne pas en avoir…
L'histoire, vous en conviendrez, est plutôt convenue. Elle raconte les exploits de deux braqueurs de banque, fraîchement évadés de prison, dont la technique de braquage consiste à passer la nuit chez le gérant de la banque avant de l'emmener de force le lendemain et de se faire ouvrir les coffres avant même l'arrivée des premiers clients. Une technique simple, mais apparemment fort efficace. Les choses se corseront pour les deux sympathiques hors-la-loi quand s'immiscera dans leur vie une ménagère dépressive… dont chacun d'eux tombera amoureux !
Bandits, c'est donc un amalgame douteux de film policier, de road movie, de comédie, d'action, de romantisme et même de critique sociale. Pourquoi critique sociale ? Et bien parce que les auteurs, insatisfaits de se contenter de raconter une histoire, ont teinté leur récit de commentaires accerbes envers les médias et la société moderne. Par exemple, les deux voleurs acquièrent aux yeux du public américain une véritable statut de héros par la représentation qu'en font les médias. Un peu à l'instar du Natural Born Killers d'Oliver Stone, mais en moins virulent, ce sont les médias qui forgent l'image des anti-héros… De plus, les voleurs insistent pour ne voler qu'un certain montant d'argent dans les banques. De ce montant, ce sont les assurances de l'État qui remboursent l'argent volé. Ainsi donc, les voleurs volent l'état, comme "l'état vole les pauvres gens", selon le personnage de Bruce Willis. Et que dire du personnage représentatif d'une révolution féministe incarné par Cate Blanchett ! Ainsi donc, entre ces différents styles de film et ces propos sociaux, le film se perd et tarde à se trouver une véritable identité. Qui plus est, à force de se chercher et de passer d'un style à l'autre, le scénario finit par tourner en rond et à devenir franchement répétitif et presque lassant.
Mais pourtant, le film divertie et amuse plus qu'on ne pourrait le croire. On dénote dans le film une irrévérence réjouissante qui nous force à admettre que, au fond, toute cette galère ne se prend guère au sérieux. Le ton est à la camaraderie, et en ce sens, la bonhomie qui anime les trois personnages principaux est contagieuse. Particulièrement, Billy Bob Thornton est à se tordre de rire avec ses mimiques et ses dialogues particulièrement savoureux. De plus, malgré le rythme défaillant du scénario, Levinson parvient à soutenir le rythme du film avec une certaine aisance grâce à un montage efficace et à une trame-sonore particulièrement bien choisie et intégrée. La photographie très léchée de l'excellent Dante Spinotti (un collaborateur de longue date de Michael Mann) procure également au film une splendide texture. Ainsi donc, le film est peut-être bourré de cliché et un peu confus, mais techniquement, le film est une réussite et le succulent humour de Billy Bob Thornton sauve la mise.


Image
Bandits nous est offert en format original de 2.35:1 d'après un transfert anamorphosé. Prenez note qu'un transfert plein écran (4:3) est également offert sur la deuxième face du disque.
Le transfert anamorphosé en est un d'excellente qualité. L'image est d'une précision étonnante; toutes les subtilités et détails sont finement reproduits. De façon générale, les couleurs sont riches, purs et parfaitement saturées. À quelques occasions des filtres bleus et verts ont été utilisés pour altérer la colorimétrie. Évidemment, il est impossible de qualifier le résultat de naturel, mais certainement ces dominantes sont-elles efficacement rendues, avec richesse et constance. Certaines images du film ayant été tournées en vidéo numérique (Mini DV), vous remarquerez à ces occasions que les contrastes manquent cruellement de mordant. Mais il s'agit là d'une caractéristique normale de ce médium. Sinon, les contrastes sont parfaitement bien balancés. Quant aux noirs, ils sont purs et profonds. Les parties sombres sont agréablement détaillées et ne bloquent jamais.
Seul petit défaut notable de ce transfert, une sur-définition des contours quelques fois apparente. Sinon, ce transfert est exempt de tout défaut lié à la compression, et l'interpositif employé est quitte de toute anomalie.


Son
Plusieurs bandes-son différentes nous sont offertes avec cette édition. Il y a un mixage anglais de format Dolby Digital 5.1, et trois autres mixages Dolby Surround 2.0 en langue française, espagnole et portugaise.
Étonnamment, le mixage anglais Dolby Digital 5.1 en est un qui agit toute en subtilité, toute en finesse. Les canaux d'ambiophonies sont employés assez sporadiquement et ce, surtout lors des quelques scènes d'action du film. À ces occasions, quelques transitions de canaux bien intégrées ainsi que des effets sonores très localisés nous sont offerts. Sinon, les enceintes arrières manifestent leur présence très subtilement pour créer l'ambiance. Rien de tapageur ou d'inutile. Le mixage ne s'en retrouve pas moins dynamique et spatial pour autant ! Les éléments sonores sont fort bien intégrés, toujours avec une belle finesse. Particulièrement, la douce trame-sonore composée par Christopher Young. Les pièces musicales, judicieusement choisies pour rythmer le film, sont intégrées avec une fidélité irréprochable, que ce soit des classiques de Neil Young ou de Led Zeppelin, ou des pièces plus récentes d'artistes comme U2. Les dialogues sont aussi parfaitement bien intégrés au mixage, ceux-ci sont toujours nets et intelligibles. On perçoit des basses solides qui appuient tant la musique, les scènes d'action, ou tout simplement la sonorité ambiante. Par contre, le canal .1 (LFE) se fait un peu trop discret.
Évidemment, le mixage français Dolby Surround 2.0 n'a pas la même profondeur que sa contrepartie anglaise 5.1, cependant ce mixage est s'un dynamisme sonore est tout à fait acceptable et les dialogues, quoique moins naturels, sont plutôt bien intégrés. Vous retrouverez également avec cette édition des sous-titres anglais, français, espagnols et portugais.


Suppléments/menus
Cette édition est présentée sous les traits d'une édition spéciale. Mais malheureusement, contrairement aux récentes éditions spéciales produites par la MGM (Jeepers Creepers en tête), cette parution en a bien peu à offrir.
Vous retrouverez tout d'abord deux courts documentaires dont la qualité compense pour leur durée. Le premier segment, simplement intitulé Making of Bandits (21 min), s'attarde donc à l'ensemble de la production du film, de l'écriture du scénario jusqu'au montage final. Bien supérieur aux documentaires promotionnels généralement offerts, l'information donnée est intéressante et pertinente, et le propos n'est pas trop complaisant. Cependant, sa trop courte durée fait en sorte que l'information n'est abordée que de manière trop superficièlle.
Le deuxième documentaire est nommé Creating Scene 71 (6 min.). Ce segment nous raconte de façon assez précise comment une scène peut évoluer du scénario jusqu'a la mise en scène finale. Dans ce cas, les scénaristes et le réalisateur raconte leurs intentions initiales, leurs doutes et finalement l'apport des comédiens. Intéressant.
Suit finalement une série de scènes inédites ainsi qu'une fin alternative tout ce qu'il y a de plus banale. Aucune de ces scènes ne donnent plus d'intérêt a cette mise en scène, leur suppression est totalement justifiable. Finalement, quelques bandes-annonces complètent cette édition (modérément) spéciale.



Conclusion
Bandits a beau être un produit bâtard issue de plusieurs genres et calqué sur des recettes connues, le résultat n'en est pas moins divertissant pour autant. À voir, ne serait-ce que pour le personnage savoureux de Billy Bob Thornton. Techniquement, cette édition répond parfaitement aux standards du marché. La qualité d'image est excellente, et le mixage sonore est entièrement au service du film, sans flafla additionnel. Quant aux suppléments, ils sont moins nombreux qu'on l'aurait espéré, cependant la bonne qualité des deux courts documentaires devrait rassasier votre soif d'information. Bref, une bonne édition produite dans les normes.



Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,6/5

Note finale:
3,6/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2002-03-20

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Bandits

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
123 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
MGM

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-18 (double face, double couche)

Format d'image:
2.35:1 et 1.33:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround
Espagnole Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol
Portugais

Suppéments:
2 documentaires, scènes coupées, fin alternative et bandes-annonces.

Date de parution:
2002-04-02

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