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DVDEF

Village of the damned/Children of the damned

Critique
Synopsis/présentation
Wolf Rilla est un modeste réalisateur anglais dont The Village of the Damned est le seul titre de gloire. Heureusement pour lui, ce film marque généralement ses spectateurs d'un sceau indélébile.
On y suit l'histoire étrange d'un petit village anglais où subitement et sans explication rationnelle aucune, tous les habitants (animaux compris) tombent dans un mystérieux coma durant quelques heures. Suite à cet incident, toutes les femmes du village en âge de porter la vie se retrouvent enceintes simutanément. L'épouse du professeur Gordon Zellaby (George Sanders), Anthea (Barbara Shelley), est elle aussi future maman ce qui va à la fois enchanter mais aussi intriguer son scientifique de mari. L'armée surveille également de très près ce village car plusieurs incidents du même type sont arrivés dans plusieurs pays du globe. Vient le moment des naissances et si toutes les naissances se passent parfaitement bien, les enfants sont tous physiquement proches et manifestent un rythme de croissance très élevé. Les enfants vont rapidement faire preuve de beaucoup d'indépendance, d'esprit de corps et surprennent souvent leurs parents. Mais rapidement il vont aussi se montrer capables de capacités télépathiques qui vont leur permettre de clairement prendre l'ascendant sur les adultes du village.

John Wyndham est un bon romancier de science-fiction qui, avec son livre The Midwich Cuckoos, a trouvé l'idée de génie qui va le faire rentrer au panthéon des écrivains. Rilla, qui a participé à l'écriture d'un scénario tiré de ce livre, va intelligemment doser les effets et sur une durée courte va faire graduellement monter le suspense en prenant bien soin de ménager à son spectateur des plages de repos où il aura tout loisir de réfléchir à l'horreur des situations mises en scène dans le film.
Quelques idées remarquables sont curieusement sous-exploitées mais dans l'ensemble le film est d'une concision remarquable et touche à des notions qui concernent chacun d'entre nous.
Le personnage joué à la perfection par George Sanders est passionnant à plus d'un titre, car il est le seul à être proche des enfants du fait de son détachement scientifique. Il est également le seul à ne plus voir que des créatures et non sa propre descendance dans ces enfants, et c'est grâce à ce recul qui peut passer pour de la froideur qu'il va être à même de tenter quelque chose contre eux.
Le plus fascinant dans ce film étant sans conteste le groupe d'enfants à la coiffure et aux vêtements similaires qui déambulent dans les rues de Midwich d'un pas calculé.
Le petit Martin Stephens compose un David Zellaby assez incroyable par sa maîtrise complète de son corps et de ses expressions. Il en devient réellement glaçant car chaque spectateur s'attend à voir du bon et de la sensiblité s'exprimer à travers un si joli bambin et à aucun moment cette délivrance ne leur sera apportée.
En touchant à ce que l'homme a de plus cher (sa descendance) et en lui faisant adopter l'attitude qui lui fait à l'époque le plus peur (absence totale de sentiments et vie en groupe), Windham et Rilla réussissent un coup de maître.
Avec des moyens très limités et grâce à des effets spéciaux peu nombreux mais remarquables, ils réussiront à marquer durablement leur audience. Le film influencera de nombreux réalisateurs, dont John Carpenter qui réalisera même en 1995 un remake respectueux de ce film et reprendra à de nombreuses reprises dans ses oeuvres des figures tirées de ce film.
Certes la réalisation de Rilla n'a rien d'exceptionnelle en elle-même, mais elle est entièrement au service de son histoire géniale, et en ne cherchant pas à sur-styliser son film, il s'assure une efficacité garantie quelle que soit l'époque de visionnage et l'âge de ses spectateurs.

Children of the Damned, réalisé trois ans plus tard par un disciple de Rilla, Anton Leader, prend le parti de s'éloigner du film et de la nouvelle originale.
Il choisit intelligemment de ne pas imaginer une suite logique au film de Rilla mais bel et bien d'extrapoler sur les possibilités engendrées par la présence de tels êtres sur notre planète. Bien sur son budget très limité obligera son scénariste John Briley à développer des trésors d'inventivité afin de pouvoir parler d'une situation globale planétaire en ne montrant qu'un petit morceau de Londres.
On suit donc l'histoire de cinq enfants extraodinairement intelligents, répartis à travers le monde, qui vont se retrouver à Londres aux Nations Unies afin d'être "testés" ensemble par des scientifiques à la fois admiratifs et craintifs. Bien évidemment, les responsables de chaque grande nation, et donc bloc politique, va vouloir tirer parti dela situation au niveau militaire sans tenir compte du désir des enfants de vivre ensemble. Grâce à leurs terribles pouvoirs, les enfants vont donc tout mettre en oeuvre pour tenter de vivre finalement ensemble.

Cette variation intelligente sur une idée géniale permet à Leader de réaliser une "suite" qui n'en est pas vraiment une, et de proposer un film aux ramifications aussi effroyables que son modèle. Le fait d'envisager ces "enfants" comme une réelle menace pour l'humanité permet d'extrapoler le problème au niveau de la planète entière. De plus, ce qui fait le plus peur ce ne sont pas les pouvoirs de ces enfants ou bien même leur absence de sentiments évidente, mais une fois de plus la paranoïa des humains, leur volonté de dépasser leurs voisins coute que coute.
Ce petit film réalisé en pleine guerre froide dans un pays qui semblait pourtant un peu à l'écart de ces considérations prend donc un relief tout particulier et démontre une acuite de vision impressionnante.
De plus, Anton Leader a su choisir une photographie et un style de mise en scène radicalement différents de ceux de Rilla, se détachant un peu plus ainsi de son modèle. Il ne gardera donc que les enfants, leur allure et leurs pouvoirs, allant même jusqu'à changer leur possible origine et leurs intentions. Il film un Londres étrange et inquiétant et tire le meilleur parti des faibles moyens mis à sa disposition.
Toutes les scènes dans l'église sont très réussies et donne un sens métaphorique primordial à l'action des enfants et à la rapacité sans limite des puissants de cette Terre, qui n'hesiteront pas à profaner ce qui fut sacré à leurs yeux (l'église est abandonnée et en ruines) afin de satisfaire leur soif de pouvoir et de puissance, incapables de voir que tout leur armement est impuissant devant ces enfants.
Ce sont eux les véritables héros tragiques de cette suite qui prend le risque de changer également de menace, les enfants étant plus des victimes presque expiatoires en lieu et place de la race "maléfique" bien décidée à survivre du film originel. Si au final le film n'a pas le même impact et marque des baisses de rythme légères en cours de route, il nous parait aussi intéressant que The Village of the Damned et en cela nous vous engageons vivement à ne pas passer à côté de ce petit film mésestimé à tort.


Ces deux films représentent le meilleur du cinéma de science-fiction anglais et démontre brillamment que ce sont les meilleures histoires et leur mise en image qui font le prix d'un film de science-fiction et pas forcément le nombres d'effets spéciaux ou la taille du budget.
On se prend d'ailleurs à penser au meilleurs épisodes de la série The Avengers (dont l'un des héros de Children fut d'ailleurs la vedette de la première saison) lorsque l'on regarde ces deux films.


Image
L'image des deux films est présentée au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert 16:9 pour les deux oeuvres.

La définition générale de chacun est d'un niveau vraiment satisfaisant pour des oeuvres de cette époque et de budgets aussi restreints. Les interpositifs sont propres mais quelques poussières et autres traits font leur apparition sporadiquement. De même, un peu de grain est visible pour des yeux avertis mais ne s'avère jamais gênant.
La finesse des détails n'atteint jamais un niveau remarquable mais permet tout de même de redécouvrir ces oeuvres dont il s'agit de la première incarnation sur support numérique.
Le contraste est bien géré et dans les deux cas évite les brillances.
Les scènes sombres sont très bien rendues dans les deux films (aux photographies pourtant vraiment différentes) et ce grâce à la profondeur et la pureté des noirs. La qualité de reproduction de l'échelle des gris est d'un excellent niveau sur les deux films et permet de les découvrir ou redécouvrir dans des conditions idéales.
La partie numérique des transferts est remarquable en ce sens qu'elle est invisible, ne créant aucun défaut artificiel visible.

Deux transferts de qualités vraiment appréciables qui prouvent que la Warner soigne souvent ses sorties et même lorsqu'il s'agit de petits films comme ceux-ci, qui malgré la réputation du premier n'ont qu'un potentiel de vente limité.


Son
Pour chacun des films sont disponibles à chaque fois une bande-son en Anglais (Dolby Digital 1.0 mono) et en Français (Dolby Digital 1.0 mono).

La dynamique des bandes-son anglaises est d'un niveau supérieur pour leur époque et sont limitées uniquement par leur format. Leur présence et leur spatialité sont bien logiquement minimales mais à nouveau dans la limite supérieure des productions de l'époque.
La musique est dans les deux cas fort bien rendue, ne montrant que des limitations dues à leur format, et bien intégrée au reste des bandes-son.
Les dialogues sont dans les deux cas parfaitement intelligibles et ne présentent que des traces très limitées de distortions ou parasites (The Village of the Damned en montrant un petit plus que sa suite).
Les basses fréquences sont curieusement moins anecdotiques qu'attendu et cela est signe de bandes-son travaillées pour leur époque.
Les deux bandes-son françaises sont de façon logique plus sourdes que leurs homologues anglaises et surtout le doublage une fois de plus amoindrit de façon marquée l'impact de ces films.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.



Suppléments/menus
De façon assez surprenante, chaque film est accompagné d'un commentaire audio de qualité, ce qui est rarement le cas pour des éditions de petits films comme ceux-ci.
Le commentaire de The Village of the Damned est fait par Steve Haberman qui se concentre surtout sur le film lui-même, n'ayant que peu d'anecdotes sur le tournage car n'en ayant fait partie. Il analyse de façon passionante de nombreux passages du film mais marque forcément un peu le pas lors des passages les plus calmes du film. Voici donc un commentaire audio intelligent et passionnant qui n'est jamais vraiment handicapé par ses quelques baisses de rythme.

Le commentaire audio de Children of the Damned est lui fait par John Briley, l'écrivain du scénario. Son commentaire est essentiellement basé sur les implications politiques du film beaucoup plus importantes que ce qu'il pourrait paraître au premier abord. Il passe aussi pas mal de temps (trop ?) sur sa propre carrière mais heureusement n'oublie pas de donner de nombreuses anecdotes sur le tournage et les conditions de productions. Malheureusement, sa voix est souvent monocorde ce qui fait que par moments l'ensemble peut se révéler assez difficile à suivre mais reste néanmoins très intéressant.

Sont également disponibles une bande-annonce de qualité correcte pour chaque film.

Un ensemble donc surprenant sur un tel DVD, qui prouve donc que la Warnenr a su prendre conscience de la qualité et de l'importance de ces deux petits films et nous l'en félicitons.



Conclusion
Une édition aux qualités audio et vidéo surprenantes, proposant deux commentaires audio intéressants et le tout pour une somme vraiment modique.

Le Village des Damnés est de façon logique le plus connu et le plus intéressant des deux. Un film qui mérite sa réputation de petit chef d'oeuvre du fantastique "naturaliste", qui glace le sang par des images marquantes et un scénario bien adapté de l'excellent et original roman de John Wyndham.
Children of the Damned est une suite plus que convaincante qui a l'intelligence de changer radicalement de lieu et d'enjeux. Si la tension n'est plus la même que dans le film de Rilla, les développements des possibilités et leurs implications sont résolument troublantes.


Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
3,7/5

Suppléments:
3,4/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
3,6/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2004-09-05

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Village of the damned/Children of the damned

Année de sortie:
1960

Pays:

Genre:

Durée:
166 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1 et 1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono
Française Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Commentaires audio, bandes-annonces

Date de parution:
2004-08-10

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