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DVDEF

Carlos

Critique
Synopsis/présentation
Après L’heure d’été, le tout dernier projet du cinéaste français Olivier Assayas était très ambitieux : raconter la vie de terroriste de Illich Ramirez Sanchez alias Carlos le Chacal arrêté en 1992 et condamné par les autorités françaises à la réclusion à perpétuité. Projet casse-gueule s’il en est un puisque le film ne se base que sur une poignée de faits considérées comme véridiques. En effet, comme annoncé par un panneau en début de films, l’œuvre en question est une fiction d’abord et avant tout. Loin d’être une reconstitution historique (même si elle présente le contexte géo-politique de l’époque), l’œuvre se compose donc de plusieurs hypothèses quant aux évènements et aux activités terroristes qui auraient composée une partie de la vie de Sanchez.

On parle d’œuvre car le film, même si présenté ici dans son intégralité au dernier Festival du Nouveau Cinema, est plutôt présenté comme un téléfilm (il a d’ailleurs remporté le prix du Meilleur Téléfilm à la dernière cérémonie des Golden Globes). Sur l’édition que nous vous présentons, l’œuvre est d’ailleurs présentée comme telle, c’est-à-dire qu’elle est divisée en trois parties, donc trois épisodes qui totalisent plus de 5 heures 30 d’images. Sur l’édition DVD, aussi comprise avec cette édition Blu-ray, est aussi comprise la « version cinéma » qui totalise cependant 2 heures 40. La question que l’on peut en venir à se poser est la suivante : l’avenir des « biopics » se trouve t-il à la télévision ? Et surtout, avec l’ambition, les moyens, les intentions et la qualité de l’œuvre qui peut être offerte, est-il possible que le téléfilm soit aussi noble qu’une œuvre cinématographique. Car il ne faut pas se le cacher, les téléfilms sont encore aujourd’hui vus comme des œuvres cinématographiques de troisième ordre qui, s’ils ne sont pas vus à la télévision, verront leur chemin se destiner à la sortie DVD.

Mais Carlos : The Jackal, c’est aussi une œuvre qui présente Carlos (accessoirement terroriste) par son image. Dès les premières quinze minutes, nous apercevons l’homme, nu, contempler son reflet à travers le miroir pendant plusieurs secondes. Cette image (c’est le cas de le dire !) est particulièrement puissante et très représentative de l’homme. Certes, inutile de vous mentionner que l’œuvre présente un terroriste (et toute la violence qui l’accompagne), mais c’est probablement ce qui le rend plus fascinant, cet amour et cet attention qu’il accorde pour son image. Il faut le voir séduire les femmes, changer de vêtements et de style, faire preuve d’un glamour peu commun pour un homme de meurtre pour comprendre que l’œuvre le présente comme un homme d’image. Ajoutons à cela, le choix de l’acteur vénézuélien Edgar Ramirez pour incarner le dit terroriste. Avec son corps d’abord sculptural, puis tantôt bedonnant, et son visage de beau gosse (à défaut de ressembler à Sanchez lui-même), il incarne parfaitement ce glamour qui sied à l’image de playboy que nous présente l’œuvre. C’est probablement, malgré la documentation dont ont fait preuve les créateurs, la façon la plus juste de présenter l’homme : comme l’image de nos croyances.

Carlos : The Jackal est donc une production très dense et longue, mais présentée dans le format téléfilm, il est possible d’en apprécier toute la richesse ainsi que tout le travail de reconstitution historique. Bien qu’il s’agisse d’un portrait fort fascinant d’un des terroristes les plus marquants de l’histoire, l’œuvre est aussi une impressionnante fresque et une imposante leçon d’histoire.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.40:1 à une résolution de 1080p.

C’est naturellement le disque contenant la version HD en format Blu-ray qui a été évalué. À noter également la présence d’un disque présentant la version au format DVD (version raccourcie du téléfilm) aussi disponible avec cette édition.

La définition générale de l’image est très bien. L’image affiche netteté et précision en plus de faire preuve de finesse dans la reproduction des détails et des textures. Le rendu des couleurs correctement rerpoduit. Elles font preuve de richesse et de précision alors que les tons de peaux sont naturels. Le niveau des noirs est bien géré. Les dégradés sont fluides et précis offrant des parties sombres qui sont assez riches en détails et textures. Des noirs purs et profonds complètent cette édition.

En ce qui à trait à la partie numérique, nous observerons un très subtil fourmillement (signe de compression). Avec l’imposante durée de l’œuvre, il ne faut pas trop s’en plaindre et plutôt s’en soulager étant donné que le tout ne gâche aucunement le visionnement de l’œuvre.


Son
Deux bandes son sont offertes sur cette édition au format Dolby Digital Audio 5.1, l'une en version originale multilingue (français, allemand, anglais, espagnol et arabe) et l'autre en version française doublée.

Film explosif et mouvementé, il n’est pas surprenant d’avoir le même genre de bande son avec le mixage multilingue 5.1. Dynamisme et présence sont ainsi au rendez-vous. Le déploiement du champ sonore s’effectue de façon plutôt conventionnelle. Les ouvertures frontale et latérale servent principalement à faire entendre la grande majorité des éléments sonores alors que les enceintes arrière fonctionnent pour mieux supporter les ambiances mais aussi pour offrir de saisissants et très réussis effets d’ambiophonie lors des séquences d’action (explosions et fusillades). Les dialogues demeurent parfaitement et constamment intelligibles alors que la trame sonore s’intègre subtilement au mixage. Les basses fréquences grondent très souvent et ce, avec précision et profondeur alors que dans les séquences d’action, le canal d’extrêmes graves se fait sentir avec une belle intensité.

Il y a option de sous-titrage en français et en anglais


Suppléments/menus
Nous retrouvons d’abord comme supplément un documentaire « Making-of (21:15) ». Il se concentre sur le tournage de la scène de la prise d’otages de l’OPEP. Beaucoup plus démonstratif qu’informatif, le documentaire nous présente le travail des artisans ainsi que la patience et l’acharnement d’Assayas envers un tel projet.

Nous retrouvons ensuite deux entretiens : le premier en est un avec le cinéaste Olivier Assayas (19:59) où il justifie ses intentions (l’ampleur de l’œuvre, sa durée) et de ses choix (Edgar Ramirez, comment aborder le personnage de Carlos). Le deuxième entretien est avec l’acteur Edgar Ramirez (4:51) se veut plus court et un peu moins intéressant (on parle du travail d’acteur et du décalage entre le personnage de Carlos et le vrai Carlos) que le précédant, mais le simple fait d’entendre Ramirez (très bien) parler en français pour ses interventions est la bienvenue.

Nous retrouvons également deux bande-annonces du film. L’une en version anglaise, l’autre en version française.



Conclusion
Carlos : The Jackal est assurément une œuvre fascinante. En plus d’être un objet d’études très intéressant pour quiconque s’intéresse au rapport entre le cinéma et la télévision, le téléfilm présenté sur cette édition en trois « épisodes », s’aura vous faire questionner sur la place même du téléfilm en tant qu’objet cinématographique. Sinon, il s’agit d’une leçon historique admirable, mais aussi d’un portrait très chargé et complexe d’un homme à l’image qui fascine autant que les évènements auxquels il a participé.

Métropole Films s’en sort admirablement avec cette édition Blu-ray (et DVD !) qui en est une de leurs premières. Le transfert vidéo HD est d'un bon niveau alors que la bande son 5.1 rend convenablement l’univers sonore de l’œuvre qu’est Carlos : The Jackal. Quant aux suppléments, ils sont nombreux et plutôt intéressants. Certainement une très bonne édition pour supportée une œuvre imposante, en qualité et en quantité !


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
3,5/5

Rapport qualité/prix:
3,7/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2011-03-23

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Carlos

Année de sortie:
2010

Pays:

Genre:

Durée:
330 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Mongrel Media

Produit:
Blu-ray + DVD

Nombre de disque:
2 BD-50

Format d'image:
2.40:1

Transfert 16:9:
-

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Segment portant sur la réalisation de la série, entrevues (Olivier Assayas et Édgar Ramíre) et un DVD offrant le montage cinéma du film (160 minutes)

Date de parution:
2011-03-15

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