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DVDEF

Enter the Void

Critique
Synopsis/présentation
Sept ans après son désormais fameux Irréversible, le cinéaste français Gaspar Noé nous revient avec le long-métrage Enter the void (rebaptisé Soudain le vide pour la version française). Après avoir fait quelques apparitions dans les plus prestigieux festivals en 2009 (Cannes, Toronto), le film de Gaspar Noé a été présenté à Montréal au Festival du Nouveau Cinéma un an plus tard pour voir une sortie discrète dans les salles en fin d’année. Inutile de mentionner qu’après une œuvre de la trempe d’Irréversible, le long métrage de Noé était attendu au détour. Et il faut l’avouer, l’œuvre dont il a accouchée, ne laissera personne indifférent.

Si dans Irréversible, c’était la violence explicite (une scène de viol de neuf minutes, un défonçage de crâne à l’extincteur), la narration à rebours et la caméra aérienne de Noé que l’on retenait, dans Enter the void, on observe une mise en scène toute aussi en « hauteur », mais surtout une ambition démesurée pour un propos somme toute assez simpliste. Le pari impossible que le film tente est de proposer au spectateur l’immersion la plus totale et ce, à partir de la subjectivité. Nous épouserons donc la perspective du héros Oscar en trois temps (le film est clairement divisé en trois parties) : la vie, le passé et « l’après-mort » d’Oscar. En effet, le postulat très simple du film propose de suivre Oscar qui se fait, après 30 minutes, assassiné dans un bar (le Void). Incursion ensuite dans son inconscient où souvenirs, fantasmes et peurs refont surface, sortes de limbes qui serviront à déterminer son identité. Puis, finalement, c’est l’errance de l’esprit d’Oscar qui, à travers les rues de Tokyo, devient sa punition, mais surtout concrétise la promesse qu’il a faite à sa sœur de toujours être près d’elle.

Sur papier, la proposition semble simple, trop simple. Et lorsque l’un des personnages nous cite un texte du livre des morts tibétain explicitant précisément le spectacle auquel nous assisterons, nous savons à ce moment pour quoi nous décidons de faire cette expérience. Car c’est bien que qu’est Enter the void d’abord et avant tout. La résumer, l’expliquer serait inutile et beaucoup trop relatif. Le cinéma de Gaspar Noé, encore plus avec ce film-ci, se caractérise comme un cinéma radical au sens où tout est mis en place pour déstabiliser le spectateur. Et le mot est faible puisque Enter the void est un film qui remue, brusque, fait chavirer, bref, c’est un gros coup en plein visage.

La caméra subjective, principale arme du film, caractérise la mise en scène de Noé. La filmographie du cinéaste semble d’ailleurs hantée par cette subjectivité. Elle est ici amenée beaucoup plus loin, tant techniquement que narrativement. D’abord, dans la première partie où la caméra devient carrément le personnage d’Oscar (elle imite même les clignements yeux du protagoniste lors d’un plan où celui-ci se tient debout devant un miroir) et puis, par la troisième partie qui nous permet de suivre le « bas-monde » par l’entremise de ce regard d’âme surplombant le ciel de Tokyo. La caméra subjective n’est plus simplement un effet de style ou employé dans un mode expérimental, elle devient ni plus ni moins l’instrument narratif servant à rendre possible cette immersion (pas toujours jolie) dans l’esprit tourmenté et torturé d’un jeune junkie.

Cependant voilà, un peu comme dans Irréversible où le concept l’emportait sur le fond, Enter the void demeure lui aussi prisonnier de ses moyens. Et on se demande bien où le film veut en venir. Mais avec le recul (car le visionnement du film, nous le rappelons, est toute une expérience!), nous nous apercevons que c’est dans ce vide capté que le film se définit. L’oeuvre de Noé réussit cet exploit, soit celui de présenter l’imperceptible. Comme cet être invisible qui prend place derrière la caméra. Un peu comme s'il était à l’image de nous, de notre vie : imprévisible, inexplicable, insaisissable.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.35:1 d’après un transfert 16:9.

C’est le transfert d’une image très très granuleuse que nous avons ici (le film a été tourné en 16 et 35 mm). La définition générale en ''souffre'' quelque peu bien qu'il s'agisse avant tout d'un effet inhérent aux types de pellicule utilisés. La netteté est adéquate révélant un niveau de détails et un rendu des textures acceptable. Par contre, la reproduction des couleurs est impeccable, voire hallucinante. Une utilisation si particulière et si variée de la palette de couleurs se voit ici reproduite de façon précise et riche. Les tons de peaux semblent demeurer naturels. Le contraste est parfaitement gérés limitant toute forme de surbrillance. Les parties sombres sont correctement reproduites. Les noirs sont purs et profonds.

Nous remarquerons des signes de compression assez évidents durant le visionnement ce qui affecte considérablement la définition générale de l’image déjà « ennuyée » par le grain de l’image.


Son
Deux bandes sons sont disponibles sur cette édition, toutes deux au format Dolby Digital 5.1. La première est disponible en version originale anglaise et la seconde en version française.

Le mixage anglais 5.1 répond avec dynamisme et intensité aux exigences sonores du film. La richesse et la complexité de la bande son du film l’exigeant ainsi, c’est un rendu honnête et précis qui nous est offert. Malgré la clarté des ouvertures frontale et latérale, nous aurions apprécié un peu plus d’appui et de profondeur de la part des enceintes arrières qui se font plutôt discrètes malgré le potentiel de la bande son et du mixage multicanals. Les dialogues sont constamment et parfaitement intelligibles alors que la trame sonore s’intègre parfaitement au mixage. Cette dernière profite aussi d’un solide appui des basses fréquences qui grondent avec profondeur et précision alors que le canal d’extrêmes graves se manifeste à plusieurs occasions (la séquence de l’accident de voiture devrait stimuler un peu votre caisson) et ce avec une grande efficacité.

Des sous-titres anglais sont disponibles.


Suppléments/menus
Du côté des suppléments, nous retrouvons une série de huit scènes supprimées (12:10), la plupart étant des versions alternées ou allongées de scènes déjà présentes dans la version finale du film. Leur intérêt varie donc énormément et étant donné la construction labyrinthique de la deuxième partie du film, certaines d’entre elles deviennent difficiles à remettre en contexte.

Sont présents aussi trois segments (« VFX (11:09) », « Vortex (5:35) » et « DMT (2:11)») qui présentent le travail sur certains effets visuels fait pour le film. Rien à voir avec le documentaire, ces segments ressemblent plutôt à des vidéoclips et ne proposent rien de véritablement stimulant.

Nous retrouvons finalement une série de bandes-annonces qui sont divertissantes à regarder et une projection de différentes affiches du film.



Conclusion
Nous ne pouvons pas dire que le cinéaste Gaspar Noé n’a aucune ambition. Enter the void, son nouveau film, est une expérience cinématographique hors du commun qui saura diviser les spectateurs comme c’était le cas avec Irréversible. Encore une fois, la forme prend le dessus sur le fond, offrant un propos à la fois puissant et soporifique sur la vie, le passé et la vie après la mort.

Une édition relativement satisfaisante. Le transfert vidéo n’affiche pas la plus grande finesse à défaut de répondre aux exigences du cinéaste alors que le mixage 5.1 répond aisément à la complexité de la bande son même si nous nous attendions à un peu plus de prouesses sonores de la part d’une œuvre à l’ambiance sonore aussi riche. Sinon, les suppléments se laissent regarder, mais rien de transcendant et de indispensable. La simple disponibilité de cette œuvre en terre québécoise devrait justifier l'achat de cette édition !


Qualité vidéo:
3,5/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
2,5/5

Rapport qualité/prix:
3,7/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2011-01-28

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Enter the Void

Année de sortie:
2009

Pays:

Genre:

Durée:
161 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
E one Entertainment

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais (CC)

Suppéments:
Scènes supprimées, bandes-annonces, affiches, segments

Date de parution:
2011-01-25

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