Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Nathalie...

Critique
Synopsis/présentation
Nathalie... est le dernier long-métrage de l'actrice et réalisatrice Anne Fontaine, qui a réalisé auparavant des films tels que Les histoires d'amour finissent mal... en général, Augustin, roi du kung-fu ou plus récemment Comment j'ai tué mon père. Il s'agit de films se situant totalement aux antipodes des blockbusters hollywoodiens produits à la chaîne par des armées de réalisateurs-tâcherons de plus en plus anonymes, et Nathalie ne déroge pas à cette règle. Il s'agit en effet d'un film Français tout ce qu'il y a de plus Français. Amour, infidélité, complexité des rapports humains sont au programme de ce drame psychologique.

Le film commence par une banale affaire d'adultère. Peu de temps après le retour de son mari Bernard (Gérard Depardieu) d'un voyage d'affaires à Zurich, Catherine (Fanny Ardant) découvre sur la boîte vocale du téléphone cellulaire de celui-ci un message laissé par une autre femme. Elle est d'autant plus bouleversée que Gérard n'essaie même pas de nier le fait qu'il a déjà eu plusieurs aventures extra-conjugales, selon lui sans conséquence car sans lendemain. Alors qu'un soir elle erre dans la rue pour se changer les idées, Catherine entre dans un bar de danseuses et fait la connaissance de Marlène (Emmanuelle Béart), une escorte qui travaille là. Les deux femmes sympathisent, et un peu plus tard Catherine a l'idée d'engager Marlène pour lui faire jouer un rôle, celui d'une femme fictive appelée Nathalie, afin de tester la fidélité de son mari. "Nathalie" doit rencontrer Gérard, et Marlène doit raconter les détails de leur aventure à Catherine. Mais très vite le doute s'installe. Marlène dit-elle toute la vérité sur la liaison entre son personnage fictif et Bernard ? Ou bien dit-elle en fait à Catherine ce que cette dernière veut entendre ou craint par dessus tout ?

L'idée de base intéressante fait que l'on entend beaucoup parler de sexe dans ce film (Marlène ne négligeant aucun détail lorsqu'elle relate les exploits de Bernard à sa femme), mais on ne voit (presque) rien. Après tout, contrairement au Déclin de l'Empire Américain, il ne s'agit pas là du sujet du film, celui-ci tourant plutôt autour de l'infidélité, du mensonge et de leurs conséquences. Si l'idée est intéressante, un certain sentiment de répétition finit cependant par s'instaler, les scènes entre Marlène et Catherine succédant à celles entre Catherine et Bernard, et les rapports entre les personnage n'évoluent que lentement. La distribution, de grande classe, fournit par contre une prestation tout à fait convaincante. Les trois têtes d'affiche du film confirment tout le bien que l'on peut penser d'eux, nous offrant des interprétations qui, sans être le sommet de leurs carrières respectives, sont très justes et souvent pleines de retenue. Les seconds rôles (la mère de Catherine, la patronne/maquerelle du bar...) ont eux aussi été très bien chosis, ce qui nous donne un ensemble tout à fait consistant à ce niveau.

C'est au niveau de la réalisation que le bât blesse. Si la mise en scène et la direction d'acteurs sont très intéressantes, le découpage est par contre un peu mou, et le montage frise la catastrophe. La réalisatrice a en effet abusé bien au-delà du raisonnable des fondus au noir. L'artifice devient rapidement fatiguant, surtout que dans certains cas cas il aurait avantageusement pu être remplacé par un plan de coupe. Le rythme assez lent de l'histoire associé à une réalisation imparfaite font qu'au final le spectateur finit par attendre avec une certaine impatience une conclusion qui, au bout d'un moment, se fait attendre. Parti d'une bonne idée, ce film laisse donc une impression mitigée, alors qu'il aurait pu s'agir d'un excellent film de moeurs.


Image
L'image est présentée au format respecté de 2.35:1, d'après un transfert 16:9.

Comme pour 8 femmes du même éditeur, le transfert NTSC a visiblement été obtenu à partir d'un transcodage de la version PAL utilisée pour la zone 2. En effet, des effet de dédoublements (surtout visibles sur les lignes verticales, comme lors des séquences à l'extérieur du club) apparaissent notamment lors des panoramiques et des mouvements rapides, ce qui est la signature d'une méthode de transcodage utilisant une interpolation des 25 images/secondes du format PAL pour générer les 30 images/secondes du NTSC. Cette interpolation est appelée frame blending en anglais, ce qu'on pourrait traduire par "fondu d'images", consiste a créer les 30 images/seconde entrelacées (soit 60 trames) nécessaires au NTSC en faisant l'équivalent de 25 fondus enchaînés en une seconde. Cette méthode est parfois franchement fatiguante pour les yeux, notamment dans le cas de panoramiques horizontaux. Ces défauts sont plus ou moins visibles selon le matériel utilisé pour le visionnage. Les téléviseurs classiques entrelacés pardonnent plus facilement, alors que dès que l'on utilise un désentrelaceur (que ce soit sur un lecteur DVD à balayage prgressif branché sur un téléviseur aceptant le 480p ou sur un PC équipé d'un logiciel de lecture DVD) les résultats sont variables et peuvent être catastrophiques.
La conversion utilisée ici est d'autant plus mauvaise par rapport à un transfert en 24p que le nombre d'images à encoder est plus important (30 au lieu de 24 par seconde), et les fondus et autres problèmes de trames compliquent énormément et inutilement le travail de compression. Le ratio entre la place occupée sur le disque et la qualité d'image résultante est donc mauvais.

L'image donne moins une impression de flou que sur les films précédemment cités (on se rapproche de la qualité rencontrée sur Swimming Pool), à part sur les mouvements de caméra. On est loin de la qualité obtenue à partir d'un transfert issu d'un télécinéma Haute Définition. Les couleurs sont plutôt riches, avec un étalonnage suivant la mode actuelle, c'est à dire mettant l'accent sur le rouge et le vert (et donc leur somme, le jaune) au détriment du bleu, et ce surtout pour les scènes de nuit. Cet étalonage semble parfois exagéré, et, n'étant pas spécialement porteur de sens, semble un peu vain. Mais au moins, aucun débordement n'est à déplorer au niveau de la chrominance.

Si les zones d'ombres offrent des dégadés fluides et un niveau de détail acceptable, les noirs, bien que profonds, semblent parfois un peu bouchés, ce qui fait qu'on peut se demander si le niveau des noirs (ou brillance) a été correctement réglé lors du transcodage (le niveau du noir est différent entre le PAL et le NTSC). Le contraste est d'un correctement réglé, et fait preuve d'une belle constance. On note quelques fourmillements et autres blocs dans certaines zones de l'image, mais les premiers ont tendance à se perdre dans le grain omniprésent, et les seconds sont anecdotiques face au problème de transcodage. On remarquera que la compression aurait pu bénéficier d'un taux (bitrate) plus élevé, car toute la place disponible sur le disque double-couche n'a pas été mise à profit. Un dernier détail qui fâche, la surdéfinition des contours est assez forte, entraînant souvent des halos inutiles autour des objets les plus contrastés.


Son
La bande-son de ce film nous est ici proposée en version originale Française, aux formats Dolby Digital 5.1 et 2.0 surround. Des sous-titres Anglais sont aussi proposés. C'est évidemment la version 5.1 qui est critiquée ici.

Si la dynamique n'a, comme tout le reste du film, rien à voir avec celle d'un film d'action américain, elle est tout à fait adéquate pour ce genre de film. La présence est très convaincante, et le champ sonore, bien que limité au début du film aux enceintes avant, se déploie assez rapidement et avec subtilité sur l'ensemble des canaux. L'utilisation des canaux d'ambiophonie, sans être un chef d'oeuvre de démonstrativité, s'avère simple et efficace, celles-ci étant mises à contribution avec subtilité, principalement pour les ambiances et un peu pour la trame sonore.

L'intégration des différents éléments composant ce mixage est plutôt réussie. Les dialogues sont toujours parfaitement réalistes et intelligibles. Les effets sonores se limitent surtout à des ambiances assez réalistes et sans fioritures. La trame sonore, très classique, elle aussi fort bien intégrée, fait preuve de profondeur et de fidélité.

Les fréquences basses sont assez peu représentées durant ce film qui ne se prête vraiment pas aux débordements démonstratifs à ce niveau, au point qu'il est difficile de savoir si le canal d'extrême-graves .1 (LFE) a effectivement été utilisé dans ce mixage.


Suppléments/menus
Les seuls suppléments proposés sur ce disque sont un documentaire et des bandes-annonces.

Le premier choix du menu des suppléments est le Documentaire sur le tournage (28:25). Ce documentaire est assez intéressant, car plutôt que de s'apesantir sur des entrevues complaisantes, il fait la part belle à des séquences prises lors du tournage, qui nous permettent de voir le travail de la réalisatrices, des acteurs et de toute l'équipe. Ces séquences sont complétées par des extraits d'entrevues, notamment avec le scénariste, ce qui fait qu'au total nous avons là une vision d'ensemble du travail effectué sur ce film.

Nous avons aussi droit à la Bands-Annonce du film (1:42) et enfin à une Galerie de Bandes-Annonces qui rassemble des bandes-annonces d'autres films édités chez Séville, à savoir : Zatoichi (1:10), 5x2 (1:27), Goodbye, Lenin ! (1:32) et enfin 8 Femmes (1:02).



Conclusion
Séville nous livre encore un film Européen intéressant (bien que la réalisation ne soit pas à la hauteur de l'idée originale du film), mais dans une édition techniquement douteuse. L'image souffre en effet d'une méthode de transcodage à bas prix et de défauts numériques variés liés au débit d'encodage et aux filtres utilisés. La qualité sonore est par contre tout à fait correcte, même s'il ne s'agit pas là du principal intérêt du film. Les suppléments, peu nombreux, comportent un documentaire plutôt intéressant. On se trouve donc en présence d'une édition d'un niveau tout à fait comparable à ce à quoi nous sommes hélas habitués pour la plupart des films européens.


Qualité vidéo:
2,5/5

Qualité audio:
3,3/5

Suppléments:
2,5/5

Rapport qualité/prix:
2,8/5

Note finale:
2,9/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2004-09-16

Système utilisé pour cette critique:

Le film

Titre original:
Nathalie...

Année de sortie:
2003

Pays:

Genre:

Durée:
105 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Films Séville

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:

Bande(s)-son:
Française Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Documentaire, bandes-annonces

Date de parution:
2004-10-05

Si vous avez aimé...