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DVDEF

Spring, Summer, Fall, Winter... and Spring

Critique
Synopsis/présentation
Tandis que les cinéphiles nord-américains s’ouvrent de plus en plus au cinéma chinois et japonais, le cinéma sud-coréen demeure quant à lui très obscure pour les occidentaux. S’il est vrai que la Corée du Sud est bien loin de produire la même quantité de films que la Chine ou le Japon, il en ressort néanmoins quelques œuvres dignes d’intérêt qui, malheureusement, ne s’attirent pas toute la visibilité voulue. Si l’on fait exception de quelques trop rares clubs vidéos spécialisés, il est franchement difficile, sinon impossible de mettre la main sur un film sud-coréen.
Il existe évidemment une exception qui confirme la règle, et celle-ci se nomme Bom Yeoreum Gaeul Gyeoul Geurigo... Bom, ou si vous préférez, Spring, Summer, Fall, Winter... and Spring (ou encore Printemps, Été, Automne, Hiver... et Printemps). Rare film de cette nationalité à s’être mérité autant d’attention, cette oeuvre a même réussi l’exploit de bénéficier d’une distribution (à petite échelle) en salles, en plus de se mériter quelques prix à des festivals internationaux. Il est vrai que Spring, Summer… est un véritable petit bijou qui mérite sans aucun doute une attention toute particulière. Espérant que cela pourra ouvrir la voix à d’autres oeuvres de la même nationalité…

Le récit du film est raconté en cinq parties, sois cinq étapes marquantes de la vie d’un homme qui sont symbolisées par les cinq saisons du titre. Un minuscule monastère, flottant au milieu d’un lac perdu en forêt, fait office de théâtre au cheminement de l’homme en question (qui demeure anonyme du début à la fin). Au printemps, tandis qu’il n’est qu’un enfant, il apprend les valeurs du bouddhisme via les enseignements d’un moine, seul autre locataire des lieux. À l’été, le garçon devenu adolescent est initié au désir et aux plaisirs de la chair par une jeune fille malade qui a été accueillie, l’espace d’une saison, par le moine. Une fois rétablie, l’adolescente et le jeune homme quittent ensemble le monastère. L’automne nous présente un jeune adulte torturé, de retour au monastère dans le but de chercher réconfort auprès du moine. À l’hiver, l’homme est devenu mature et sage, deux qualités qui lui seront essentielles pour affronter l’avenir… et une cinquième saison.

Au-delà de la nationalité du film, cette œuvre évoque une fable somme toute universelle à laquelle tout individu pourrait s’identifier. Il s’agit d’une étude sensible et contemplative du comportement humain, de son évolution à travers des épreuves qui n’ont pas toujours la même gravité mais qui ont une résonance similaire. La maturité qu’acquiert le protagoniste est en quelque sorte représentée par ces épreuves. Si la spiritualité qui se dégage de l’ensemble est indiscutablement imprégnée de la pensée bouddhiste, il n’en demeure pas moins que cette spiritualité est d’abord et avant tout morale et qu’elle représente un idéal accessible à tous et chacun. Les splendides décors du film, magnifiquement exploités par une photographie exquise, représentent à la fois la délicatesse et la dureté de la nature et, par analogie, celle de l’homme au centre du récit (et incidemment au centre de cette nature). Pour arriver à être heureux et sain, le cinéaste Kim Ki-Duk semble prétendre qu’il n’est qu’une question d’équilibre. Or, cet équilibre en apparence bien fragile est efficacement exploité autant à travers la forme que le fond. Le rythme très lent du film (qui ne contient presque aucun dialogue) aura peut-être raison des plus impatient tandis que les autres apprécieront sans aucun doute l’ambiance quasi-méditative que cela confère à l’œuvre. S’il est un seul reproche à faire au film, il s’agit probablement d’un « rebondissement » un peu télégraphié et lourd dont la raisonnance n’aurait pas été amoindrie eut été un peu plus de retenue.


Image
Le film est présenté au format respecté de 1.85:1 et d’après un transfert 16:9. Que voilà un transfert décevant. La qualité de ce dernier est tout juste moyenne et ne rend définitivement pas justice à la somptueuse photographie du film. Quel dommage…

La définition générale est de niveau acceptable, sans plus. L’image n’est jamais parfaitement nette, trop douce et montre un grain parfois évident. Le niveau de détail est décevant et le rendu des textures un peu grossier. L’interpositif employé pour le transfert n’était pas dans un état optimal. Du grain ainsi que des points blancs et des égratignures sont régulièrement visibles. Le rendu des couleurs, quant à lui, est correct et respecte les variations stylistiques. Par exemple, la saturation des couleurs varie d’une saison à l’autre pour s’accorder avec l’aspect de la nature. Les teintes ont une apparence naturelle en tout temps, et on ne remarque aucun débordement ou débalancement chromatique. Le niveau des noirs apparaît bien ajusté et ne fluctue jamais. Le contraste semble quant à lui un peu en retrait et aurait eu intérêt à être accentué. Les parties sombres présentent des dégradés qui ne bloquent que rarement et dans les parties les plus denses seulement.
Les noirs sont profonds mais n’ont pas toujours l'intensités voulue.

Comme si les défauts n’étaient pas déjà assez nombreux, une évidente sur-accentuation des contours (qui va jusqu’à créer des halos) est à déplorer. Des traces de compression sont parfois visibles.


Son
Cette édition n’offre qu’une seule et unique bande-son, à savoir le mixage coréen original en format Dolby Digital 5.1. Des sous-titres français et anglais sont disponibles.

Supérieur au transfert vidéo, ce mixage est entièrement au service du film. La dynamique, sans être extraordinaire, s’avère bonne considérant le style du film. La spatialité est fort bien exploitée de manière à créer un environnement subtilement immersif. Le champ-sonore se déploie avec une belle profondeur de tous les canaux. L’intégration des éléments sonores y est subtile et précise, on n’y remarque aucune bavure. Les canaux d’ambiophonie sont subtilement mis à contribution pour appuyer l’ambiance. Compte tenu du style du film, il n’y a évidemment aucun effet directionnel ni d’effets localisés avec ce mixage.

Les quelques rares dialogues sont toujours nets et naturels. La trame-sonore, minimaliste mais ô combien envoûtante, est fidèlement rendue. Toutefois la musique appuyant la séquence finale est beaucoup trop présente, au point où l'on veut presque baisser le volume sonore... Les basses sont bien gérées et d’une profondeur honnête, tandis que le canal .1 se fait discret (à juste titre).


Suppléments/menus
Exception faite de quelques bandes-annonces, il n’y a aucun supplément à découvrir sur cette édition...



Conclusion
Bom Yeoreum Gaeul Gyeoul Geurigo... Bom n’est certes pas un film pour tous les publics, mais les cinéphiles qui sont à la recherche d’un cinéma différent apprécieront les qualités de ce splendide film. Que voilà une oeuvre qui porte à réfléchir, ce qui se fait de plus en plus rare de nos jours.

Techniquement, cette édition n’est malheureusement pas à la hauteur des standards du marché. Du moins en ce qui concerne le transfert vidéo, décevant au possible en considérant la beauté de la photographie. À tout le moins le mixage sonore livre-t-il la marchandise. Quant aux suppléments, et bien il n’y a absolument rien à mentionner puisqu’il n’y en a aucun. Une location s’impose peut-être avant tout achat.


Qualité vidéo:
2,9/5

Qualité audio:
3,7/5

Suppléments:
1,0/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
2,8/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2004-09-19

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Bom Yeoreum Gaeul Gyeoul Geurigo... Bom

Année de sortie:
2003

Pays:

Genre:

Durée:
102 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Columbia Tristar

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-5 (simple face, simple couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Coréenne Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
5 bandes-annonces

Date de parution:
2004-09-07

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