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DVDEF

Grande ourse

Critique
Synopsis/présentation
Produite en 2003 et diffusée au tout début de l'année 2004 sur les ondes de Radio-Canada, la mini-série Grande Ourse est la première série fantastique produite au Québec. Créée et scénarisée par Frédéric Ouellet, la série au complet a été réalisée par Patrice Sauvé, à qui l'on doit l'excellente série La vie la vie.

Dès le premier épisode, la série montre toute sa complexité. Une petite fille étrange, Sarah von Trieck (Zoé Lajeunesse), fait voir des choses terrifiantes à ses camarades dans le trou d'un arbre. Sa grand-mère, Blanche von Trieck (Elise Guilbault), est en quelque sorte la sorcière de Grande ourse, un village minier perdu au nord du Québec. Un de ses suivants lui rend visite car il a eu des prémonitions inquiétantes. Un journaliste vedette de Radio-Canada en fin de carrière, Louis-Bernard Lapointe (Marc Messier), est envoyé à Grande Ourse, afin de faire un reportage sur le village. Une vente d'une grosse quantité d'ecstasy, menée par un des notables du village, Georges Ferron (Guy Nadeau) tourne au drame lorsque son fils, Christian (Maxime Denommée), extrêmement agité, apporte sa mère dépressive, Suzanne (Lise Castonguay) sur les lieux, afin de confronter son père. La soeur de celle-ci, Catherine Laplante (Anne Dorval) qui est aussi la maîtresse de Georges, perd son sang-froid au moment où la porte s'ouvre et tire, tuant la pauvre Suzanne.
Lorsque Lapointe arrive à Grande Ourse, il se fait accueillir par Émile Biron (Normand Daneau), un journaliste de la petite station de radio locale, qui voit là une occasion de lancer sa carrière. Lapointe, devenu alcoolique à la mort de sa femme dix ans auparavant, s'avère instantanément insupportable de prétention, surtout avec le pauvre Biron.

Au même moment où ces événements troublants surviennent, un brouillage étrange vient perturber la réception de la télévision dans la région. Privés de leur principale source de divertissement, les Grand-Oursois deviennent assez vite extrêmement nerveux. Lorsque des personnages de la ville se mettent à apparaître au milieu de la neige qui brouille les téléviseurs, et se mettent à faire des révélations extrêmement gênantes, la situation devient explosive, d'autant plus que tout le monde à Grande Ourse semble avoir quelque chose à se reprocher. D'autres phénomènes paranormaux, notamment liés à la mort mystérieuse de Blanche von Trieck, viennent encore compliquer la situation.

Avec ses multiples intrigues entremêlées, la série éveille très vite l'intérêt, et le maintient tout le long de ses dix épisodes d'environ 50 minutes. Des rebondissements et des révélations multiples interviennent à chaque épisode, et chaque épisode se termine par un cliffhanger (une scène au suspense insoutenable) qui rend la vision du suivant indispensable. Bien que la plupart des événements soient plutôt dramatiques, quelques moments comiques viennet çà et là détendre l'atmosphère. Il y a notamment deux personnages, des vendeurs de téléviseurs habillés constamment de combinaisons oranges, dont le crétinisme constant fait souvent sourire. Les scénarios haletants sont soutenus par une réalisation extrêmement maîtrisée, caractérisée par un découpage plutôt audacieux et une très belle direction de la photographie (certains éclairages sont vraiment originaux et réussis), qui apporte beaucoup au côté étrange et inquiétant de la série.

Les multiples personnages de Grande Ourse sont incarnés par une distribution impressionnante. Marc Messier est impeccable dans le rôle de Laplante, qu'on n'arrive jamais à détester bien qu'il soit absolument insupportable dès qu'il descend de l'hydravion. Normand Daneau incarne Biron, un personnage bien différent de ce qu'on a pu voir dans La vie la vie. Biron est un personnage petit, timide et qui se laisse facilement marcher dessus, que les événements vont pousser à se révéler. Le reste de la distribution est à l'avenant, nous offrant un ensemble globalement assez consistant et convaincant, si l'on exempt certains rôles un peu caricaturaux comme celui du neurologue (dont les petites lunettes noires semblent vissées sur le nez) qui apparaît vers le milieu de la série. Les personnages principaux, avec leurs gros défauts et leurs qualités cachées, s'avèrent presque tous très attachants. De plus, chacun des personnages (à part les plus monolithiques d'entre eux) va subir des transformations au cours de la série (surtout les deux journalistes, Laplante et Biron, que les événements vont profondément changer), ce qui augmente d'autant l'intérêt que l'on a à suivre cette complexe et étrange affaire.

Cette passionnante mini-série a remporté un succès suffisant lors de sa diffusion pour qu'une deuxième saison, paraît-il encore plus inquiétante que la première, soit mise en production. Cette deuxième saison sera diffusée en janvier 2005. La première saison a obtenu de nombreuses nominations pour le gala des Gémeaux, qui aura lieu à la fin du mois de Novembre 2004.


Image
Cette série est la seconde série québécoise (après Lance et Compte - 15 ans plus tard) a avoir été produite en HD 24p. Cela ne se voit pas vraiment dans cette édition. L'image est en effet proposée au format 4:3 (1.33:1).

Si la définition est correcte dans l'ensemble, offrant un niveau de détail très honorable et des textures convaincantes, les nombreuses scènes de nuit présentent un grain parfois très présent qui donne un aspect très organique à l'image, rappelant un peu le brouillage qui vient troubler les téléviseurs de Grande Ourse. Les couleurs respectent tout à fait ce qu'on a pu voir lors de la diffusion de la série à la télévision, avec une très nette dominante bleue lors des scènes d'extérieur, et plus spécialement lors des scènes de nuit. Le travail d'étalonnage a été parfaitement maîtrisé, donnant un aspect bien particulier à l'image. Les nombreux effets visuels s'intègrent fort bien au graphisme obtenu grâce aux éclairages et aux étalonnages particuliers employés sur la série.

Si les blancs sont parfois nettement brûlés, il s'agit là d'un choix artistique de la direction photo plutôt que d'une erreur de réglage lors du transfert DVD. les niveaux de contraste et de brillance (niveau des noirs) sont bien réglés et ne subissent aucune variation tout au long de la série. Les parties sombres de l'image, si elles sont souvent les plus granuleuses, offrent des dégradés fluides et des noirs profonds et sans blocage.

Si aucun abus au niveau des filtres d'"amélioration" d'image n'est à déplorer (la surdéfinition des contours semblant absente), la partie numérique n'est pas exempte de tout reproche. Des parasites de compression sont en effet visibles ça et là, notamment quelques fourmillements autour de certains contours marqués et de très légers blocs dans les zones les plus bruitées (brouillage, grain) de l'image. Ces derniers sont pardonnables, la compression MPEG-2 étant particulièrement mauvaise pour restituer de la "neige" vidéo. On notera aussi qu'au lieu d'avoir été encodé en 24p, les épisodes ont été encodés en entrelacé (avec répétition de cadres 3:2) et incorrectement marqués, ce qui posera des problèmes à certains désentrelaceurs bas de gamme et autres logiciels de lecture DVD sur PC.


Son
Si la série fut diffusée en Dolby Surround, cette édition bénéficie aussi d'un mixage multicanaux au format Dolby Digital 5.1. C'est cette version qui est le sujet de cette critique. Des sous-titres anglais sont proposés.

Ce mixage multicanaux offre une présence et une dynamiques impresionnantes. Le champ sonore s'avère assez impressionnant pour une série télévisée. Les canaux d'ambiophonie sont utilisés avec enthousiasme, ce qui améliore la sensation d'immersion. Les effets de transition sont très réussis, et sont utilisés de façon parfois très originale pour certains effets sonores des plus étranges. La très bonne séparation des canaux concourt à la qualité des différents effets d'ambiophonie, et offre un bon placement des effets sonores. Les dialogues, par contre, ont tendance à rester un peu trop "collés" au canal central, même lors de mouvements de caméra qui auraient justifié une transition.

Au niveau du mixage pur, l'intégration des éléments composant cette bande-son est très réussie. Les dialogues sont toujours impeccablement intelligibles. Les effets, s'ils manquent parfois de réalisme, s'avèrent parfois très originaux. La musique, qu'il s'agisse de musique d'ambiance inquiétante ou de musique plus festive (notamment la techno qui joue lors de la scène du deal d'ecstasy) fait preuve de profondeur et de fidélité. Les basses fréquences sont assez présentes, que ce soit dans les effets sonores ou la musique, et sont soutenues lorsque nécessaire par une utilisation judicieuse du canal LFE (.1).

S'il ne s'agit pas là du mixage le plus réaliste ou subtil qu'il nous ait été donné d'entendre, il s'agit là d'une bande-son assez démonstrative et impressionnante, qui concourt encore une fois à donner une ambiance bien particulière à cette oeuvre.


Suppléments/menus
Les suppléments sont répartis sur les deux premiers disques du coffret, qui en compte quatre. Il peut sembler étonnant que les deux premiers DVD comprennent chacun trois épisodes et plusieurs suppléments alors que les deux derniers comportent seulement deux épisodes chacun. L'explication est en fait simple : les deux premiers sont des DVD-9 (double couche) et les deux autres des DVD-5 (simple couche).

Les suppléments proposés sur le premier disque sont les suivants :
Les intrigues est un guide des épisodes. Un menu permet d'accéder à des textes résumant chaque épisode.
À l'origine (11:15) est un segment fait d'entrevues et d'extraits de la série, portant sur le concept de la série, son histoire et un peu sur les personnages.
Les étoiles (2:47) est un diaporama montrant les acteurs lors du tournage, avec des effets de transition organiques rappelant le brouillage de la télévision entre chaque photo.
La vision (19:46) est sans doute le meilleur supplément du coffret. Il s'agit d'une très intéressante entrevue avec le réalisateur Patrice Sauvé, qui nous parle de nombreux aspects de la série et de son travail, de la distribution à sa façon de diriger le plateau.

Le deuxième DVD propose quand à lui trois suppléments :
Les personnages (18:30) est un segment fait d'entrevue des acteurs, illustré d'extraits de la série, qui s'attarde sur quelques-uns des personnages les plus marquants de Grande Ourse.
Les artisans (2:50) est un diaporama, semblable à celui qui nous est proposé sur le premier DVD, mais avec cette fois-ci des photos du tournage.
Enfin, Le brouillage est un économiseur d'écran pour Mac et PC reprenant les images du brouillage tel qu'il apparaît au début de la série, avec les lapins.

Si les suppléments sont en nombre respectable et offrent pour certains une certaine originalité, le niveau général est assez moyen, mis à part l'entrevue du réalisateur qui sort du lot. On aurait aimé avoir un vrai documentaire sur le tournage et les effets spéciaux. Espérons que ce genre de suppléments sera au programme du coffret de la deuxième saison.



Conclusion
Voici une édition qu'on pourrait qualifier d'adéquate, mais sans plus. Une série aussi originale et réussie aurait mérité mieux au niveau de l'image et des suppléments. On aurait aimé avoir droit à un transfert 16:9 (la série a été produite en HD 24p) et moins d'erreurs de compression, ainsi que de vrais documentaires en plus des entrevues. Mais ne boudons pas notre plaisir, la qualité technique globale est un peu rattrapée par le démonstratif mixage 5.1, et le prix demandé pour ce coffret est très raisonnable comparativement à ce qu'on doit payer pour des coffrets de mini-séries comparables (on pense notamment à Taken).


Qualité vidéo:
3,5/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,6/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2004-11-08

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur 36'' NTSC 4:3 Panasonic CT-36D11E, Lecteurs DVD Panasonic S25 et LG DV7832NXC, Récepteur Denon AVR-1602, Enceintes Wharfedale Cinestar 30 (5 Vivendi Modus Cube + 1 PC-8), câbles Acoustic Research / PC avec GeForce et WinDVD, moniteur 21'' Compaq P110

Le film

Titre original:
Grande ourse

Année de sortie:
2003

Pays:

Genre:

Durée:
approx. 9h minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
DEP

Produit:
DVD

Nombre de disque:
4 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.33:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:

Bande(s)-son:
Française Dolby 2.0 Surround
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Segments d'entrevues, Diaporamas, Economiseur d'écran

Date de parution:
2004-10-05

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