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DVDEF

Mary and Max

Critique
Synopsis/présentation
Connu pour ses courts-métrages, le réalisateur Adam Benjamin Elliot frappe ici avec un premier long-métrage toujours dans le genre qu’est le film d’animation. Poursuivant dans sa lignée à vouloir tracés le portrait d’êtres mal-aimés ou alors marginaux, le cinéaste australien perpétue la mode du cinéma d’animation confirmée par la réussite et le succès d’un certain Wallace & Gromit and the Curse of the White Rabbit il y a quelques années. C’est-à-dire un cinéma d’animation qui, à des années lumières de la technologie Pixar ou de la morale « disneyienne », se constitue d’abord au niveau visuel par des personnages et des décors créés en pâte à modeler, et au niveau dramatique par une histoire qui est loin de s’adresser aux touts petits.

Mary & Max est un film qui raconte l’improbable amitié entre une fillette de 8 ans et un quadragénaire atteint de la maladie d’Asperger, une forme d’autisme. La première habite Melbourne, Australie, le deuxième se terre dans un appartement à New York. C’est par l’entremise de cartes postales que les deux communiqueront et connaîtront ce qui définit toute forme de relation amicale : joie, tristesse, amour, trahison, rancune. Et ironiquement, c’est aussi la seule façon que les deux personnages possèdent tout au long du film pour communiquer. Le spectateur n’assiste aux « dialogues » entre Mary et Max que lorsque ceux-ci composent leurs écrits. Donc, jamais ni la fillette ni l’homme ne parlent. De là à dire que Mary & Max est un film muet, il n’y aurait qu’un pas. La voix-off devient en effet l’outil ultime pour permettre les personnages de s’exprimer. Sinon, ils n’y parviennent pas et ne le font pas. Peut-être y aurait-il ici le signe d’une peur d’arriver à s’exprimer convenablement.

Car il ne faut pas l’oublier, Mary est une fillette qui au départ partage des raisonnements naïfs et des pensées complètement incohérentes, digne de l’esprit d’un enfant, et Max et un homme autiste qui ne possède pas un réseau social très large, tant actuellement qu’historiquement. C’est pourquoi qu’encore plus que la peur de décevoir l’autre, c’est une douce mélancolie qui habite le film de Elliot. Elle s’illustre d’abord par le contraste entre les deux univers de Mary et de Max. La jeune fille et sa campagne australienne brune face à l’appartement grisâtre du vieil homme new-yorkais. Et à travers cela quelques bribes de couleurs vives (la pince à cheveux de Mary et le bonnet de Max, tous deux d’un rouge vif) pour illustrer les quelques parcelles de bonheur que chacun peut apporter à l’autre.

Un bonheur qui, à l’image de la finale déchirante, ne peut être vécu qu’à travers les écrits. Car au moment où Mary, femme devenue, vient à la rencontre de son correspondant et tente cette fois-ci un dialogue avec le vieil homme en parlant de vive voix, ce dernier ne lui laissera que les lettres du passé. Le seul moyen d’expression « concrétisable » et l’indice d’un besoin qui habitent nos deux héros, mais que Mary sera finalement la seule à pouvoir assouvir, la parole. Et le nouveau-né devient ainsi synonyme d’une deuxième chance pour la jeune femme de ne pas échouer là où ses parents l’ont maladroitement fait.

Et c’est probablement là la grande richesse de Mary & Max. Encore plus qu’une comédie dramatique extrêmement touchante relatant une relation peu commune dans le cinéma (une fillette et un vieil homme), c’est ce constat que chacun d’entre nous partageons ce désir de la parole, mais qu’à l’image de Mary et de son silence dans le dernier plan, sommes devant l’impasse que la véritable parole se trouve auprès de soi et que l’autre peut donner une profonde illusion qu’elle existe.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 1.85:1 d’après un transfert 16:9.

Puisque nous parlons ici d’un film d’animation, la qualité du transfert est très très belle. il va sans dire que la définition générale de l’image est excellente. L’image est nette et clair et propose un niveau de détails et de textures très précis. Le rendu des couleurs est juste. Ces dernières sont particulièrement riches et précises. Elles reproduisent donc habilement le travail sur les couleurs mentionné plus haut. Aussi, pour la partie « noir et blanc », nous devrons mentionner une belle nuance apportée à l’échelle des gris. Le niveau des noirs est parfaitement géré évitant tout effet de surbrillance. Les parties sombres sont superbement reproduites grâce à des dégradés fluides et précis. Finalement, les noirs font preuve de pureté et de profondeur.

En toute logique, le transfert se sauve de tout défait numérique majeur apparent, puisqu’il est le seul élément offert sur ce disque.


Son
Deux bandes sons sont offertes sur cette édition. La première en version originale anglaise est offerte au format Dolby Surround 2.0. Et bizarrement, la deuxième en version française est disponible au format Dolby Digital 5.1! Même si le mixage français 5.1 s’avère plus « profond » en terme d’immersion du spectateur, notamment grâce à l’utilisation des enceintes arrière, ce sera la bande son originale anglaise 2.0 qui nous intéressera pour cette critique.

La bande son 2.0 est donc tout à fait correct. Le dynamisme est approprié et la présence très convaincante. Nécessairement, le déploiement du champ sonore se limite aux canaux latéraux. L’intégration de la jolie trame sonore se fait avec subtilité. Les dialogues demeurent constamment intelligibles. Les basses fréquences se manifeste relativement souvent et elles grondent avec une certaine profondeur et une belle efficacité. On notera leur utilisation surtout pour appuyer la trame sonore. Le canal d’extrêmes graves, lui, se manifeste plus rarement et plus discrètement.

Il n'y a aucune option de sous-titrage disponible.


Suppléments/menus
Malheureusement, aucun supplément n’est offert sur cette édition.



Conclusion
Mary & Max est donc un film à la fois beau et dur. Le film du cinéaste australien Adam Benjamin Elliot est une émouvante œuvre sur la peur de décevoir l’autre et est racontée sous la forme d’un film muet, en quelque sorte, où les deux personnages principaux s’expriment que par écrit et dont nous pouvons avoir accès que par l’entremise de la voix-off. De plus, Mary & Max prouve qu’il ne faut pas nécessairement la plus raffinée des technologies numériques pour arriver à créer une proximité entre ses personnages et le public.

L’édition proposée ici est techniquement très bien. Le transfert vidéo reproduit fidèlement et admirablement la beauté certaine du film. Quant à la bande son 2.0, elle est limité certes, mais nous devons applaudir l’étrange initiative d’inclure un mixage français 5.1 qui amène beaucoup plus de profondeur à la bande son originale anglaise. Par contre, on se retrouve sans aucun supplément à se mettre sous la dent. Dommage. Reste donc l’œuvre comme seul et unique raison d’achat. Comme bien souvent, une raison qui se justifie amplement.


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
0,0/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
3,0/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2010-04-06

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Mary and Max

Année de sortie:
2009

Pays:

Genre:

Durée:
100 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Mongrel Media

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
-

Suppéments:
-

Date de parution:
2010-01-26

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