Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

In America

Critique
Synopsis/présentation
Après plus de six ans d’absence, le talentueux Jim Sheridan nous est revenu en 2003 avec In America, son œuvre la plus personnelle à ce jour. Ce qui n’est pas peu dire, puisque Sheridan n’a réalisé jusqu’ici que des films qui lui tenaient sincèrement à cœur. Fier originaire de l’Irlande, Sheridan a entrepris sa carrière en réalisant des longs-métrages qui étaient souvent prétextes à brosser un portrait de son pays natal. The Field, In the Name of the Father et The Boxer étaient tous des films dans lesquels le contexte social ou politique de l’Irlande était mis en évidence. Dans le cas de In America, Sheridan a changé pour la première fois de décor et s’attaque cette-fois à celui des États-Unis. Ce changement de cap n’était cependant pas fortuit puisque ce film est une œuvre en partie auto-biographique et raconte l’arrivée même du cinéaste à Manhattan tandis qu’il était à la conquête du rêve américain.

Suite au décès tragique de leur plus jeune enfant, Sarah et Johnny (Samantha Morton et Paddy Considine) choisissent de quitter leur Irlande natale pour tenter leur chance, avec leur deux fillettes, en Amérique. Cependant, les jeunes parents se rendent à l’évidence que le rêve américain n’est autre chose qu’un mythe et que la vie en Amérique n’est pas aussi facile qu’ils l’auraient cru.

De son propre aveu, l’histoire racontée est pratiquement calquée sur l’expérience même de Sheridan. Immigré aux États-Unis en 1983 avec sa femme et ses deux filles, Sheridan tentait lui-aussi sa chance à Manhattan en courtisant le rêve américain. Seule réelle différence entre le récit du film et sa vie, Sheridan se remettait de la mort de son frère et non de son fils. Quoi qu’il en soit, In America est probablement le film le plus optimiste et le plus sensible du réalisateur à ce jour. Sheridan laisse tomber les grandes idéologies pour se concentrer sur la vie très personnelle de ses protagonistes. Le portrait de la jeune famille n’est pas seulement attachant mais aussi très sincère et humain. Le cinéaste pose sur ses personnages un regard très sensible et généralement subtil à peu près exempts de lourdeurs ou de grossièretés. D’avantage une chronique ou une observation qu’un mélodrame, In America ne sombre jamais dans la manipulation pompeuse de bons sentiments. Le drame et les difficultés que vivent la famille sont profondément humain et Sheridan s’en remet exclusivement à ses talentueux comédiens pour véhiculer l’émotion. Le regard du cinéaste est ainsi contemplatif et minimaliste. Sheridan et ses deux scénaristes, en l’occurrence ses deux propres filles, ont eu l’excellente idée de raconter l’histoire du point de vue de la plus vieille des deux enfants. Armée d’une caméra, la fillette observe le monde qui l’entoure avec le regard un peu naïf d’un enfant. Lorsque celle-ci partage ses témoignages en voix hors-champ, le film offre ses moments les plus touchants et les plus sincères. La lucidité d’un témoignage adulte n’aurait tout simplement pas eu la même portée. Aussi, Sheridan évite de faire de son film une promotion naïve du rêve américain en faisant de l’accession du bonheur de ses personnages un parcours très personnel. Après tout, le seul véritable obstacle à une vie meilleure est la culpabilité qui les rongent depuis la mort du fils bien plus que tout autre embûche rencontrée dans leur pays d’accueil. Il en ressort donc une œuvre riche, profonde et humaniste, racontée avec un doigté indéniable.


Image
In America est offert au format respecté de 1.85:1 et d’après un transfert 16:9. À noter que la deuxième face du disque renferme également un transfert plein cadre (1.33:1/transfert 4:3). Pour cette critique, nous avons bien entendu évalué le transfert 16:9.

Difficile de demander mieux en terme de qualité. De très bon niveau, la définition propose une image nette, précise et fort bien détaillée. Les détails et textures sont rendus avec une subtilité irréprochable. Évidemment, les quelques plans filmées sur support MiniDV apparaissent plus grossiers mais cette « lacune » est stylistique et ne représente pas un défaut en soit. Le rendu des couleurs est quant à lui irréprochable. Les couleurs, parfaitement bien saturées, sont justement étalonnées. On ne remarque aucun débordement ou débalancement chromatique. Les couleurs sont riches, vives et d’apparence naturelle, comme en témoignent les teintes de peau. Le contraste est bien géré, tout comme la brillance d’ailleurs. Le niveau des noirs ainsi que celui des blancs est correctement ajusté sur l’échelle et ne fluctue jamais. Les parties sombres présentent des dégradés subtils et surtout très précis, ne trahissant aucun blocage. Les noirs sont toujours nets et profonds.

L’interpositif employé pour le transfert était visiblement dans un état optimal puisqu’on ne remarque aucune anomalie à l’écran. La partie numérique du transfert est sans faille et ne souffre d’aucun défaut de compression ni même de numérisation. S’il est possible de voir une très légère sur-accentuation des contours à quelques occasions, celle-ci reste assez subtile et très peu agaçante.


Son
Cette édition propose un choix de trois bandes-son : une anglaise (Dolby Digital 5.1), une française (Dolby Surround 2.0) et une espagnole (Dolby Surround 2.0). Des sous-titres anglais et espagnols sont également offerts.

Vu le caractère souvent intimiste du film, il en va de soit que ce mixage brille d’avantage par sa subtilité que son agressivité. La dynamique est de niveau moyen et aurait certainement gagné à être accentuée. Le mixage n’est pas toute la présence voulue, mais sa profondeur est cependant correct. Le champ-sonore se déploie de toutes les enceintes, avec prépondérance des canaux avants. En fait, on regrette un peu la retenue avec laquelle les canaux arrières sont sollicités. Ceux-ci auraient dû être employés d’avantage que pour intégrer la musique ou quelques effets localisés, ne serait-ce que pour créer une subtile ambiance. Telle quelle, l’immersion sonore n’est pas toujours totale. Il n’en demeure pas moins que les éléments sonores sont rendus avec précision et subtilité.

Les dialogues du film sont toujours nets, naturels et intelligibles. . La trame-sonore, plutôt discrète est ici fidèlement rendue. Les basses sont généralement bien gérées mais se manifestent pas toujours avec l'intensité voulue. L’utilisation du canal .1 (LFE) est modérée et présente des basses-fréquences un peu molles.


Suppléments/menus
Pour cette édition, la Fox a produit un nombre très limité de suppléments dont l’intérêt est tout au plus moyen.

Chose qui agace, les suppléments ont été éparpillés sur les deux faces du disques. Sur les deux faces, vous retrouverez une piste de commentaires audio animée par le réalisateur Jim Sheridan. D’un ton assez monotone, Sheridan partage néanmoins avec une générosité touchante l’origine très personnelle du récit tout en faisant les distinctions entre sa vie et celle, fictive, de ses personnages. Tout au long de la piste, il alterne entre l’anecdote et les informations techniques relatives au tournage, faisant une bonne balance entre les deux. Son ton risque de vous ennuyer à la longue, mais la sincérité quasi-touchante des propos du cinéaste donne à être entendue.

Sur la première face du disque, vous retrouverez également un très, très court documentaire d'à peine 4 minutes. Il s’agit d’un segment promotionnel très superficiel qui ne fait rien de plus que résumer l’histoire et féliciter le talent des deux jeunes comédiennes. Un documentaire plus approfondi aurait certainement été apprécié.

La deuxième face du disque renferme quant à elle une série de 10 scènes coupées, incluant une fin alternative. Ces scènes sont plutôt intéressantes et approfondissent les personnalités des personnages, leur présence dans le film n’auraient en rien gâcher les qualités l’œuvre. Une piste de commentaires optionnelle animée par le réalisateur est également offerte. Celle-ci est cependant ennuyeuse au possible puisqu’on entend d’avantage Sheridan respirer que parler…



Conclusion
Après le décevant The Boxer, Sheridan nous revient en force avec In America, une œuvre intimiste des plus touchante sans être larmoyante. Techniquement, cette édition se situe dans la moyenne, sans plus. La qualité d’image est franchement excellente, mais malheureusement le mixage sonore n’est pas tout à fait à la hauteur. Quant aux suppléments, ni leur nombre ni leur intérêt ne représentent un argument d’achat.


Qualité vidéo:
4,3/5

Qualité audio:
3,6/5

Suppléments:
2,0/5

Rapport qualité/prix:
3,2/5

Note finale:
3,3/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2004-07-01

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
In America

Année de sortie:
2003

Pays:

Genre:

Durée:
105 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-10 (double face, simple couche)

Format d'image:
1.85:1 et 1.33:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround
Espagnole Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, 10 scènes coupées dont une fin alternative, mini-documentaire

Date de parution:
2004-05-11

Si vous avez aimé...