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DVDEF

Hansel & Gretel

Critique
Synopsis/présentation
Premier film du réalisateur Yim Phil-Sung, Hansel & Gretel est loin d’être une adaptation du célèbre conte allemand repris par les frères Grimm. Le film coréen propose plutôt une lecture, voire même une critique dudit conte dans l’imaginaire des enfants. En effet, Hansel & Gretel, bien que riche d’une curriculum vitae très large (le film est passé par de nombreux festivals dont Stiges, Festival du Film de Vancouver, Festival du film de Londres, Festival du Film Independent de Buenos Aires et plusieurs autres) et d’innombrables éloges de la part de la critique, a été un film extrêmement mal vendu. Mal vendu au sens où il a été annoncé et présenté comme LE prochain film d’horreur asiatique. Or, ce n’est pas du tout le cas et surtout, c’est plus compliqué que cela.

Réglons d’abord cette idée préconçue d’entrée de jeu. Hansel & Gretel n’est pas un film d’horreur. Ou du moins ce n’est pas un film d’horreur dans la définition occidentale du terme. Nous préférerions le mettre dans la catégorie (s’il faut absolument le faire) du drame fantastique ou encore du film d’épouvante au sens asiatique du terme. Loin l’idée ici d’être raciste, mais plutôt de rappeler que les films de genre asiatiques sont souvent plus riches, plus complexes et plus émotionnellement exigeants pour le spectateur. Bref, ils correspondent souvent à bien autre chose que l’idée préconçue que nous, dans la société occidentale, avons d’un film d’épouvante. C’est pourquoi lorsqu’on visionne Hansel & Gretel, on se rend compte qu’il entre parfaitement dans ce type de films de genre asiatique.

Le film choisit le prétexte du conte pour présenter plusieurs choses. On pensera avant tout à l’idée première du conte, soit celle de pénétrer dans un monde imaginaire, idée superbement maîtrisée par la réalisation de Yim, mais surtout par l’utilisation absolument magique et hallucinante de la couleur. Rarement un film au cours des dernières années n’aura été aussi sublime à contempler par la richesse de la palette de couleurs qu’il emploie. On pensera aussi au conte pour la question de l’enfance, ici bafouée par le monde adulte. C’est ce que veut d’abord et surtout raconter le cinéaste coréen, la fin de l’innocence qui est causée par un manque cruel de responsabilité de la part des parents. Manque d’autorité et d’assurance de la part de ces derniers, mais aussi un manque d’amour. C’est pourquoi les enfants de cette histoire-ci emprisonne les adultes dans ce monde imaginaire : afin de pouvoir faire d’eux leurs parents, afin de préserver leur innocence qui a été jadis volée pour toujours et qui sera révélée en même temps que le secret que cache ces trois enfants.

Mais plus encore, le film fait une critique sévère du monde occidental qui empiète sur l’Orient. Tout comme nous le montrait The Host de Bong Joon-ho, il semble que la Corée ne se soit jamais réellement remise de la célèbre Guerre de 1950. En effet, Yim présente l’envahissement de la culture occidentale sur la culture orientale par le personnage de Euh-soo, le héros du film en quelque sorte. Ses valeurs, son égoïsme ainsi que son côté matérialiste (voire la conclusion du film) et surtout sa venue dans le monde des enfants témoignent de cette aversion de la Corée pour la culture occidentale.

Vous l’aurez compris, Hansel & Gretel n’est pas une œuvre facilement catégorisable. C’est un premier film, d’un réalisateur coréen très prometteur, à la fois unique dans son esthétique et typique dans son aversion pour la culture occidentale. Mais le film demeure universel dans sa thématique, c’est-à-dire le besoin d’amour et celui de se faire raconter des histoires.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 1.85:1 d’après un transfert en 16:9.

La définition générale de l’image est absolument excellente. Le matériel source était dans un état immaculé puisque aucune anomalie n’est perceptible. Les détails et les textures sont impeccablement reproduits. L’image affiche ainsi une netteté des plus optimales. Fort heureusement, le rendu des couleurs est exemplaire, voire de référence pour le format DVD. Le tout allait de soi étant donné le travail hallucinant sur les couleurs et la photographie dans le film. C’est donc avec plaisir que nous savourons des couleurs d’une grande richesse et d’une fine précision. Les tons de peaux demeurent naturels. Les niveaux de noirs sont très bien gérés évitant tout effet de surbrillance. Tandis que les dégradés sont d’une belle fluidité et offrent de sublimes parties sombres. Les noirs sont purs et profonds. Un très très beau transfert.

En ce qui concerne la partie numérique, ce transfert s’en sort haut la main, ne proposant aucun problème majeur à noter mis à part une très faible sur accentuation des contours.


Son
Deux bandes sons sont disponibles sur cette édition, la première au format Dolby Digital 5.1 et la deuxième au format Dolby Surround 2.0, toutes deux en version originale coréenne.

Le mixage 5.1 est tout aussi digne que le transfert vidéo. Répondant précisément au genre de film proposé ici, la bande-son propose un excellent dynamisme et une très belle présence. L’environnement sonore est exploité de façon conventionnelle, mais non moins efficace. La majorité des éléments sonores sont perceptibles grâce aux ouvertures frontale et latérale alors que les enceintes arrière supportent subtilement et harmonieusement les ambiances. Elles permettent aussi quelques effets d’ambiophonie apportant ainsi profondeur au mixage. Les dialogues demeurent parfaitement et constamment intelligibles alors que la superbe trame sonore (à la fois sombre et enfantine) s’intègre merveilleusement au mixage. Le canal de basses fréquences est sollicité à plusieurs occasions et se manifeste avec profondeur et précision alors que le canal d’extrêmes graves se fait sentir plus rarement, mais sans moins d’efficacité.

Des sous-titres anglais et français sont disponibles.


Suppléments/menus
Le premier segment (5:16) est un montage de différents entretiens avec le réalisateur et les acteurs. Le premier nous parle grossièrement de ses intentions et les autres nous parlent de leur vision du film et du moment où ils ont lu le scénario. Le deuxième segment s’attarde sur les coulisses du film (5:13). Il s’agit en fait d’un montage de quelques moments du tournage. Le troisième segment sur les décors du film (1:43) est un plan-séquence d’une minute et demie faisant le tour de la maison dans laquelle le film a été tourné. Un segment plutôt inutile. Enfin, le meilleur segment, un court documentaire sur les meilleurs moments du tournage (13:50) où sont révélés les talents du cinéaste Yim Phil-Sung pour notamment diriger ses jeunes acteurs, mais aussi pour se compliquer la vie en tournant ses scènes. Vient ensuite un autre segment qui présente des recommandations d’autres cinéastes coréens à voir Hansel & Gretel (2:33). Contemplatif et très peu pertinent, il permet néanmoins de mettre quelques visages sur certains noms de réalisateurs coréens.

Mais la véritable pièce de résistance est assurément la présence de Brushing (22:29) et Baby (23:07), deux courts-métrages de Yim Phil-Sung. Non seulement sont-ils très intéressants, mais ils témoignent des thématiques de Hansel & Gretel (le rêve pour l’un et la perte de repère pour l’autre) et du souci plastique tout aussi présent dans l’œuvre.

Finalement, ce sont quelques bandes-annonces du film qui complètent cette section.



Conclusion
Hansel & Gretel n’est donc pas le film promis. Il est en fait beaucoup plus que cela. C’est un drame d’épouvante (ou fantastique, c’est selon) à l’ambiance très sombre, mais pourtant très coloré visuellement. C’est aussi un récit épouvantablement tragique et prenant en plus d’être un pamphlet contre l’invasion de la culture occidentale en Corée. Sincèrement, il s’agit d’un film à découvrir et Yim Phil-Sung, d’un talent à suivre de près.

Evokative Films frappe ici très fort. Un distributeur aussi modeste qui offre une édition techniquement au-delà de bien des studios américains ne méritent que nos chaleureuses éloges. Le transfert vidéo est absolument délicieux et permet d’apprécier le travail plastique du film alors que la bande-son respecte convenablement l’ambiance du film. Les suppléments sont aussi nombreux et relativement intéressants. On saluera la présence des deux courts-métrages du réalisateur qui sont une belle découverte. Avec des éditions comme celle-ci, on ne peut que souhaiter une longue vie à ce distributeur !


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
3,7/5

Suppléments:
3,7/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,8/5
Auteur:

Date de publication: 2009-08-06

Système utilisé pour cette critique:

Le film

Titre original:
Hansel gua Gretel

Année de sortie:
2007

Pays:

Genre:

Durée:
117 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Distribution Sélect

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Coréenne Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Entrevues, documentaires sur les coulisses du tournage, recommandations d'autres réalisateurs coréens, courts-métrages, bandes-annonces

Date de parution:
2009-06-09

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