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DVDEF

Office, The (The Complete Second Series)

Critique
Synopsis/présentation
Vous êtes vous jamais demandé avec un fort accent britannique «What’s the difference between a midget and dwarf ? ». C’est bien peu probable, mais si tel est le cas, la réponse, et beaucoup d’autres réponses vous seront données dans la série de la BBC «The Office». Si cette question ne vous a jamais effleuré mais que vous vous demandiez maintenant quelle est la différence, il est indispensable de se plonger dans cette série (ou écrivez nous, nous vous aiderons dans vos recherches).

Comme cette introduction le suggère, cette série ne conviendra pas à tout le monde, et les réactions sont généralement assez tranchées, de la passion complète au désintérêt le plus brutal. Mais si l’humour britannique de qualité est votre tasse de thé, cette série saura vous procurer des grands moments de plaisir.
Considérée par beaucoup comme un renouveau dans le genre de la comédie, The Office est souvent perçue comme le nouveau « Fawlty Tower » de John Cleese (qui est référencé plusieurs fois dans la série d’ailleurs). Présenté comme un « plus ou moins vrai » documentaire sur la vie quotidienne d’une entreprise grossiste de papier dans la ville de Slough en Angleterre, on suit les pérégrinations de ce bureau, et surtout de son patron, David Brent (Ricky Gervais). Ce documentaire est tourné dans la tourmente d’une fusion entre deux branches de la compagnie, et des conséquences que ces fusions entraînent sur l’équipe.

Ce qui pourrait sembler d’une simplicité et d’un ennui presque soporifique est complètement transcendé par la personnalité du patron de cette équipe. David Brent est certainement le personnage le plus déglingué présenté à la télé depuis de très nombreuses années (en fait depuis Basil Fawlty). Décrire David est une tâche quasi impossible, c’est un être abject qui vit a des kilomètres de la réalité, et qui est exactement le contraire de ce qu’il pense être. En lieu de sa conviction d’être une personne dévouée et aidante, il est en fait d’un égoïsme et despotisme affligeant, au lieu d’être drôle et amusant, il est d’une lourdeur qui ferait passer les acrobaties de Benny Hill pour des lectures philosophiques, au lieu d’être un patron c’est un mauvais collègue… En fait ce personnage est l’archétype de tout ce qui est détestable. La barre est placée si haute que chaque mesquinerie prend des proportions inconnues et que David devient une caricature terriblement attachante.

Le format documentaire qui est utilisé rapproche vraiment des personnages, et les clins d’œil à la caméra ne sont que des indices du vrai plat de résistance, les « confidences » filmées sous forme d’interview que David et les différents membres de l’équipes donnent sur des événements ou tout simplement sur leurs pensées en général. C’est dans ces scènes que David livre réellement la profondeur de sa vacuité, mais d’une manière tellement jubilatoire que le malaise qu’il provoque devrait vous faire pleurer de rire (Si avoir honte d’un autre est un sentiment que vous avez déjà expérimenté, vous devriez vous y retrouver).
Autour de David, qui est la pièce de résistance absolue, toute une équipe évolue et les personnages secondaires sont digne du plus grand des intérêts, qui mélange des personnages « normaux » (dans le sens d’une humanité probable) avec des personnages complètement craqués.
Comme représentant de la normalité, et qui servent de référence pour mesurer la folie des autres, on retrouve Tim Canterbury (Martin Freeman) un vendeur qui se demande ce qu’il fait là, et qui a un penchant partagé pour Dawn Tinsley (Lucy Davis) qui planifie un mariage (sordide) avec un des employés de la compagnie. Ces deux personnages ne sont pas forcément les plus drôles, mais comme presque uniques représentant de la normalité, l’empathie pour eux les rend réellement attachants. L’effet comique de la confrontation du « normal » avec le « fou » intervient de manière magnifique entre Tim et son collègue Gareth Keenan (Mackenzie Crook, Magnifique…). Si David est le centre de cette série, Gareth est très certainement le numéro deux. Là ou David excelle, Gareth tente de le devenir, mais souffre d’un léger chaos intellectuel (disons que le filtre « intelligence » entre le cerveau et la bouche n’a pas été mis en fonction et que Gareth est capable de dire et faire concrètement ce que certains seraient gênés de seulement penser). Si David vit une vie décalée, c’est qu’il perçoit mal ce qu’il est et fait réellement dans un monde qu’il a bien évalué. Gareth lui a un problème complètement inverse, sa vision du monde est d’une simplicité toute militaire. Cette vision complètement biaisée associée à une naïveté exceptionnelle en font un personnage comique réellement précieux.

Ces quatre personnages sont réellement au centre de la série, mais on se doit de parler du meilleur ami de David, l’odieux Finchy (Ralph Ineson) et de la star inattendue de la série, Keith (Ewen Macintosh). Ce dernier a développé un vrai culte autour de son personnage, et on trouve de nombreux sites Web dédiés précisément à ce personnage, et à son magnifique acteur adepte de Ali G (Bouyakasha !).

Cette série repose fondamentalement sur des jeux d’acteur magnifique, le travail de Ricky Gervais en tête. En plus du rôle principal, Ricky est aussi un des deux auteurs de cette série (accompagné de Stephen Merchant). Mais en plus de servir un rôle à la (dé)mesure de Gervais, ils ont réussi le tour de force de faire de la majorité des personnages et des dialogues des « classiques instantanés » que les amateurs se ressortent avec bonheurs. L’écriture est d’une précision chirurgicale, et le rythme quoique typiquement britannique (donc sans jamais de réelles chutes) très entraînant.

En attendant de voir ce que Ricky va faire pour la future version américaine de cette série prévue en 2005 (Le rôle de David Brent, renommé pour la cause Michael Scott, sera interprété par Steve Carrell), on peut enfin se délecter de la deuxième et dernière saison de «The Office dans cette édition DVD distribuée par BBC Vidéo via la Warner.
Cette deuxième saison débute au moment ou les deux branches sont intégrées, et que David voit arriver Neil comme son nouveau manager. Si la première saison était porteuse d’un rire large et débridé, cette seconde saison même si elle recèle des moments hilarants est plus dure. L’arrivée de personnages très normaux et logiques, et qui portent des jugements sur David le rendent réellement pathétique. La première série présentait un David sans supérieurs, et sans réels référents. Dans cette deuxième saison David partage l’écran avec des gens normaux, et sa dysfonctionnalité est tellement mise en avant que cela peut des fois être un peu dur à regarder. Néanmoins, les moments forts dans tous les sens du terme sont nombreux, que ce soit dans la danse de David (un grand moment) ou dans son plaidoyer final qui est très touchant.
Certainement tout aussi drôle, cette seconde saison offre plus que la première. Elle est d’un dramatisme très convaincant tout en offrant tous les éléments comiques de la première… Un genre de meilleur des deux mondes. Il est intéressant de constater que tout comme Fawlty Towers, cette série s’interrompt à la deuxième saison. Les auteurs confiant qu’ils étaient à cours d’idée et qu’ils préféreraient quitter alors que la série était encore d’un niveau très élevé. Malgré cela et devant le succès remporté, deux épisodes spéciaux des fêtes de Noël ont été présentés à la BBC, qui seront certainement l’objet d’une future édition si cette seconde saison présente des résultats intéressant pour les studios.
Le visionnement de cette seconde saison ne peut se faire sans connaître la première qui est beaucoup plus orientée comédie, et qui permet surtout de rire à gorge déployée du pathétisme de David. Sans cette liberté, cette seconde série paraît un peu aride voir gênante à regarder. Pour les amateurs de la première, c’est une continuité vraiment agréable, avec des éléments dramatiques intéressants qui combinés à l’humour débridé développé dans la première saison en font un indispensable.



Image
Comme pour de plus en plus de séries télévisées , The Office est présenté ai format respecté de 1:78.1 d'après un transfert 16:9. Tourné à priori au format video, la source était de très bonne qualité puisqu» aucun défaut apparent n’a été constaté.

L’image est d’une qualité très satisfaisante, et ce malgré l’apparence « documentaire » de la mise en scène et de la photographie. La définition générale de l’image est plus que correcte malgré un éclairage plus efficace que subtil (éclairage d’un bureau). Les détails sont nombreux et bien définis, même si certaines conditions d’éclairages ont nécessité des petits sacrifices. Les rares scènes se déroulant hors du bureau sont quant à elles d’un niveau très moyen, présentant un grain très marqué, certainement du là encore à des éclairages difficiles.
Les couleurs, quoiquue sans éclats (un choix stylistique) sont plutôt justes et naturelles, les teints de peau toujours réalistes. L’étalonnage semble cohérent sur tous les épisodes, et l’on a constaté aucun débordement. Cette série n’est pas « haute en couleur », l’action se déroulant principalement dans un bureau ou le blanc et le gris domine. Seule touche de couleur, Keith n’en ressort que mieux dans son fabuleux déguisement.
Cette présence massive de blancs n’a pas d’effet négatif sur la brillance et les contrastes. Toujours parfaitement étalonnés on passe des scènes avec un large fond blanc à des gros plans sans arrière plan sans jamais souffrir d’une image sombre ou manquant de détails. Les noirs sont aussi bien équilibrés, même si lors des scènes de club, on sent que des sacrifices sur la qualité de l’image ont du être fait pour avoir un niveau acceptable. Les parties sombres, quoi que peu nombreuses présentent un niveau convenable de dégradés et de détails. Aucun problème de compression n’a été constaté, qu’il s’agisse de surdéfinition, de parasites ou de macroblocs.

Cette seconde saison de The Office, tout comme la première offre une qualité d’image très satisfaisante pour une série comique. Le format 1.78:1 contribue largement à cette impression de qualité en donnant à l’ensemble un cachet de sérieux, qui tranche naturellement avec le contenu.



Son
Seule une bande son Dolby Digital stéréo en anglais est offerte dans cette édition de la BBC (à noter que ce n’est pas une surprise, les éditions de Flying Circus, Fawlty Towers ou Absolutly fabulous étaient elles aussi unlingues anglaises), avec pour seul sous titrage de l’anglais.
Si les séries télévisées les plus léchées sont maintenant présentées en format multicanaux (Six Feet Under ; 24) le format documentaire choisit pour « The Office » se contente très bien de ce format stéréo. L’intérêt de cette bande son est clairement de restituer les dialogues entre les protagonistes et de donner le maximum de place aux acteurs.

Si on compare cette bande son avec les productions les plus récentes, ou en utilisant nos critères habituels, il est évident que les performances sont bien en deca en ce qui concerne le dynamisme et la spatialité. Néanmoins, cette bande présente un environnement réaliste, et la stéréo pure véhicule très bien la notion de proximité et d’immédiateté du genre documentaire ici utilisé. C’est d’ailleurs en cela que nous jugeons cette bande son de bonne qualité. Elle supporte parfaitement l’ambiance et la réalisation, immergeant complètement dans un visionnement de type documentaire, alors que c’est une écriture fine et naturellement peu spontanée.
Les dialogues, au centre de cette bande son sont très bien restitués, toujours netss et audibles. Leur placement sur le champ avant est adéquat, et les voix savent rester naturelles tout au long du programme. Comme pour l’image, on doit néanmoins noter que les performances pour les scènes extérieures sont moindres.
Cette bande son semble est fidèlement restituée, sans besoin de creuser bas dans le spectre. En ce sens les basses (peu nombreuses) sont correctement restituées.

En considérant cette bande sonore comme ce qu’elle doit être, et non pas en la comparant avec les productions à grand déploiements, on ne peut qu’être satisfait par le support tout à fait adéquat de cette bande son. L’élément principal (les dialogues) sont parfaitement restitué, et l’impression globale donnée est tout à fait en ligne avec les besoins du genre documentaire.



Suppléments/menus
Contrairement à la première saison qui se composait de deux disques, cette seconde saison n’est constitué que d’un seul disque. Au chapitre des différences, on constate aussi que la première saison avait bénéficiée d’efforts supplémentaires concernant le boitier et les éléments autours (comme le dictionnaire d’argot, ou le journal interne du bureau).

Les suppléments se trouvent donc tous sur ce même disque, et se composent de trois segments. Le premier segment, d’environ 14 nous présente les scènes qui ont été retirées lors du montage final, présentées au départ par Ricky Gervais. Ces 13 minutes sont un vrai bonheur, et donnent la part belle à Gareth. Si certaines de ces scènes sont réellement drôles (on pense particuièrement à celle ou Gareth interroge Dawn sur ce qu’il doit faire avec ses deux petites amies), on comprend néanmoins qu’elle n’est pas été jusqu’au mix final : Gareth aurait définitvement fait de l’ombre au personnage de David, néanmoins vu la noirceur de certaines scènes cette option nous aurait parue intéressante, tout du moins pour cette deuxième saison.
Dans la même veine que les scènes effacées, les scènes ratées nous sont présentées durant environ 8 minutes. La plupart de celles-ci sont naturellement ratées pour cause d’éclat de fou rire, et l’on peut profiter de certains acteurs qui ne sont que peu présent dans le dernier segment. Ces scènes sans avoir de valeur particluière pour la série elle même, permettent de passer un bon moment. Néanmoins, on se demande si un raté de Rick Gervais est fondamentalement plus drôle qu’une scène normale avec David… les deux se ressemblent…
Et cette ressemblance prend toute sa mesure dans le dernier et plus important segment, le « video Diary » qui est une compilation de videos faites par Stephen Merchant lors de la production de la série. On y suit les deux auteurs de l’écriture jusqu’à des cérémonies de récompenses, en passant naturellement par le tournage et quelques interviews. Sans être d’un intérêt extrême, il est quand même intéressant de voir que Ricky Gervais semble réellement fou et hystérique, et que la distribution a été faite avec un soin particulier. Tous les intervenants interviewés semblent avoir beauxoup d’affection pour cette série, et avoir prit beaucoup de plaisir à la faire.

Pour terminer une sorte de lexique de l’argot utilisé dans la ville de Slough est proposé, intéressant pour les Nords Américains peu habitué aux petits mots de la banlieue britannique.
On ne peut que regretter ce nombre limité de suppléments, et aurions aimé pouvoir passer plus de temps avec les différents acteurs et les créateurs de cette série, qui aurait certainement pu relativiser les choix fait dans la caricature de David Brent lors de cette deuxième saison.




Conclusion
Cette seconde saison, la dernière de la série quoi que portant tous les espoirs nés de la première nous transporte en 6 épisaode dans un univers complètement fou, habité par quelques personnages complètement décalés. Mais contrairement à la première saison, les décalages avec la normalité sont plus marqués, et c’est le ridicule qui est perçu à la place d’une saine folie.
Malgré ce côté peut être un peu plus dur, et tout comme pour la première saison, on se retrouve devant une des séries non seulement les plus droles de ces dernières années, mais aussi terriblement originale dans sa forme, que certains ont appelés : Mockumentary (Moquumentaire).

Cette édition est d’un bon niveau, mais on regrette un manque qui semble néanmoins être la norme chez BBC Video, à savoir l’absence de sous-titre français. Cette politique (ou ce choix) prive le marché francophone d’une excellente série. On regrette aussi que les suppléments ne soient pas plus étoffés et nombreux.
Malgré tout cela, The Office reste une des meilleurs séries comiques depuis quelques années, tout du moins pour ceux sensible à cet humour.



Qualité vidéo:
4,1/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
2,5/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: Thomas Geffroyd

Date de publication: 2004-06-02

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Sony KV34XBR910; Préampli Audio Refinement par YBA Pre-2; Ampli Audio refinement par YBA Multi-5; Enceintes JmLabs; Sub REL Strata III; Lecteur DVD Denon DVD-1600; cables et interconnects Cardas/Audioquest.

Le film

Titre original:
Office, The

Année de sortie:
2003

Pays:

Genre:

Durée:
220 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
BBC

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.78:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby 2.0 stéréo

Sous-titres:
Anglais (CC)

Suppéments:
Scènes inédites, prises ratées, chronique vidéo, glossaire

Date de parution:
2004-04-20

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