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DVDEF

Banquet, Le

Critique
Synopsis/présentation
Cela faisait plusieurs années que l’on attendait un film comme Le banquet, troisième long-métrage du cinéaste Sébastien Rose. Un film coup-de-poing qui aborde plusieurs sujets bouillant d’actualité, mais surtout reflétant la société québécois actuelle de manière sidérante. En effet, le réalisateur s’en remet ici aux extrêmes et à la violence pour offrir un film brutal dans sa démarche et clair dans son propos. Et étonnamment, le film n’a pas reçu l’accueil espéré en salles.

Car, Le banquet parle à tous les spectateurs. Depuis son premier long-métrage, Comment ma mère accoucha de moi durant sa ménopause, Sébastien Rose semble être hanté par une thématique bien précise et récurrente dans ses films : la filiation. Autant dans le premier film il rendait compte d’une relation conflictuelle entre une mère féministe et son fils, autant dans La vie avec mon père, le deuxième, il nous présentait les rapports entre un père et ses deux fils aux caractères opposés. Ici, c’est encore une fois les liens familiaux qui sont au cœur des enjeux du film. Certes, le cinéaste nous raconte le tout sous la trame d’une grève étudiante qui tourne mal. Mais le véritable récit que raconte Rose est celui du conflit générationnel. Il met en scène une galerie de personnages appartenant à deux générations différentes. D’un côté, nous retrouvons le doyen d’une université québécoise qui projette d’agrandir son université, un professeur de scénarisation et un recteur. De l’autre, nous retrouvons un étudiant marginal, un autre journaliste et idéaliste et un troisième contestataire et rassembleur. Chacun de leur côté contribue à creuser davantage ce fossé entre les générations. Et cet écart est ainsi causé par des différences d’idéologies, d’approches pédagogiques ou encore d’éducation.

Ce qui distingue donc ce film de la filmographie de Rose par rapport à sa thématique est son caractère « universel ». C’est-à-dire qu’ici, le cinéaste ne se limite plus aux liens complexes entre un père, une mère et ses enfants (représentés dans le film par les personnages de Raymond Bouchard et Catherine DeLéan), mais transposent ce conflit à l’ensemble de la société québécoise. Non seulement par la question du conflit générationnel, mais aussi par les références évidentes à plusieurs drames des dernières années (grèves étudiantes, tueries à Dawson et à l’école Polytechnique).

L’autre aspect sur lequel se distingue l’œuvre de Rose est la question de la mémoire. Encore plus que dans ses œuvres précédentes, le réalisateur et co-scénariste (scénario qu’il a signé avec son père Hubert-Yves Rose) expose la délicate question de la mémoire dans l’inconscient collectif québécois. Il semble y trouver une réponse à travers le médium cinématographique même, c’est-à-dire à travers le pouvoir du cinéma. Même le personnage de Natasha joué par Catherine DeLéan qui, comme elle l’exprime dans le film a peur d’oublier, tente sa chance comme comédienne. Le cinéma, plus particulièrement ici le cinéma québécois, semble donc être le moyen de s’en remettre au spectateur et donc ainsi de perpétuer une certaine forme de mémoire. D’ailleurs, le dernier plan, dans lequel est présent un jeune étudiant qui s’apprête à enseigner devant une classe universitaire et récitant les répliques de Mon oncle Antoine de Claude Jutra est alors lourd de sens : le cinéma serait-il finalement une solution pour apaiser cet écart entre les générations ? Pour Rose, une chose est sûre cependant : il s’agit d’un lieu pour les réunir.

Le banquet est donc sans contredit le film le plus abouti et le plus riche de la filmographie d’un cinéaste qui, au fil de ses œuvres, a mis le doigt sur un important problème de société : le rapport à la filiation. Un rapport qu’il expose dans ce film-ci de manière violente, probablement choquante, mais certainement pas dans un but de sensionnalisme. Il livre une œuvre qui saura secouer et faire réagir, une œuvre nécessaire et importante de la cinématographique québécoise.


Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.35:1 d’après un transfert 16:9.

Un très très beau transfert de la part d’Alliance Vivafilm. La définition générale de l’image est très bonne et les détails et les textures sont reproduits avec finesse et précision. L’image fait aussi preuve de netteté due à un matériel source qui était visiblement dans un état immaculé. On pourra observer un subtil grain cinématographique qui n’est pas nécessairement déplaisant pour l’œil. Le rendu des couleurs est également très réussi. Les couleurs sont riches, précises et reproduisent fidèlement le travail de la photographie dans les différentes scènes du film. Les contrastes sont impeccablement gérés, les niveaux de noirs ayant été correctement réglés. Les parties sombres sont également superbement reproduites en raison principalement de dégradés fluides et précis ainsi que de noirs purs et intenses.

La partie numérique s’en sort logiquement haut-la-main (seul le film est disponible sur ce disque) en ne laissant voir aucun défaut majeur apparent.


Son
Deux bandes sons sont disponibles sur cette édition : l’une offerte au format Dolby Digital 5.1 et l’autre au format Dolby Surround 2.0. Elles sont toutes deux disponibles en version originale française.

Voilà un mixage 5.1 à l’image du transfert vidéo, c’est-à-dire qui reproduit fidèlement et honorablement les éléments sonores qui composent le film. Le dynamisme est tout à fait adapté au film, c’est-à-dire souvent très excitant (les scènes de grève plus précisément) pour le genre de film présenté ici. La bande-son fait également preuve d’une belle présence. Le déploiement du champ sonore s’effectue de façon très efficace également. Ce sont les ouvertures frontale et latérale qui rendent la grande majorité des éléments sonores alors que les enceintes arrière servent à appuyer les ambiances. Durant les séquences où les jeunes pratiquent la grève ou encore durant les vingt dernières minutes, on remarquera une poignée d’effets d’ambiophonie particulièrement réussis. Les dialogues demeurent constamment et parfaitement intelligibles alors que la trame sonore (composée de sons de tambours en grande majorité) s’intègre parfaitement au mixage tout en ayant un solide support de la part des basses fréquences. Ces dernières grondent surtout pour ces occasions et ce, avec puissance et profondeur. Le canal d’extrêmes graves se permet d’être par contre un peu plus discret, mais fait preuve d’efficacité.

Il y a option de sous-titrage en français et en anglais.


Suppléments/menus
On ne retrouve malheureusement que la bande-annonce en guise de supplément sur cette édition.



Conclusion
Le banquet de Sébastien Rose est certainement un film à voir. Non seulement il présente un problème de société québécoise comme la grande majorité des œuvres produites au Québec, mais il le fait en s’adressant de façon directe et claire au spectateur en abordant des sujets chauds bouillants d’actualité. Mais surtout, l’œuvre de Rose propose une piste de solution, par le pouvoir qu’a le cinéma de réunir et de reflété différentes générations. Et ne serait-ce que pour cette raison, le film mérite beaucoup plus que l’accueil froid qu’il a reçu en salles.

Une édition techniquement à la hauteur qui offre un beau transfert reproduisant fidèlement la facture visuelle des différentes parties du film (les différents lieux, par exemple) et qui propose une bande-son tout aussi appréciable qui rend parfaitement les ambiances sonores (les scènes de grève, la dernière demi-heure) et les dialogues du film. On ne pourra vraiment reprocher à cette édition que l’absence quasi-totale de suppléments (seule la bande-annonce du film est disponible) pour une œuvre de ce calibre et à l’impact spectatoriel certainement très réactionnaire. Il faut s’en remettre à l’œuvre qui devra donc être l’exclusive raison de cette achat, raison qui, nous vous le rappelons, est plus que valable.


Qualité vidéo:
3,9/5

Qualité audio:
3,9/5

Suppléments:
0,5/5

Rapport qualité/prix:
3,2/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2009-02-12

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur LG 37LG30, Lecteur Blu-Ray Sony (BDPS350), Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Banquet, Le

Année de sortie:
2008

Pays:

Genre:

Durée:
96 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Alliance Vivafilm

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Française Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Français
Anglais

Suppéments:
Bande-annonce

Date de parution:
2008-12-30

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