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DVDEF

Citizen Kane

Critique
Synopsis/présentation
Orson Welles (1915 - 1985) est le plus grand réalisateur américain de l'histoire du cinéma et son Citizen Kane est une oeuvre charnière du cinéma mondial. Ce réalisateur a véritablement révolutionné la façon de raconter des histoires, il a ouvert la voie à la modernité au 7e art.
Cet intellectuel new yorkais débarque à Hollywood précédé d'une solide réputation d'enfant terrible. Quelques années auparavant, avec son adaptation radiophonique du roman H. G. Wells La guerre des mondes, il avait semé la panique dans la population. Après ce coup d'éclat, Welles signe un contrat à la R.K.O. Pictures, Il a 24 ans. Commence alors la recherche d'un sujet pour un premier film.
La société hollywoodienne regorge de personnages hétéroclites, aussi bizarres que richissimes. En faisant la rencontre du milliardaire William Randolph Hearst, l'inventeur de la presse à sensation, Welles venait de trouver l'inspiration pour son premier film : Citizen Kane allait voir le jour.
Le film se présente comme l'enquête menée par un journaliste ayant pour mission de découvrir la signification du dernier mot prononcé par Kane: Rosebud. Avec lui, nous scrutons la vie du milliardaire Charles Foster Kane (Orson Welles).
Au plan formel, la première oeuvre d'Orson Welles est d'une modernité incroyable. La construction d'un récit entièrement non chronologique est sans pareille au début des années 40. L'intelligence du discours cinématographique employé est indiscutable. La mise en scène est d'une très grande complexité.
En effet, ce film en forme de puzzle est une mosaïque des courants ou des genres cinématographiques du cinéma muet jusqu'en 1941. Fortement inspiré par l'expressionnisme allemand (les jeux d'ombres et de lumières), Chaque bloc narratif à sa forme propre. Citizen Kane est tour à tour un documentaire, une comédie, un mélodrame, etc...
Soulignons que ce film a vu naître deux innovations techniques importantes pour l'avancement du cinéma. Pour la première fois, les décors ont des plafonds, ce qui permet l'utilisation de prises de vue en contre-plongée dans les décors intérieurs. La deuxième innovation est utilisation de la profondeur de champ. Ce qui est probablement l'innovation technique la plus importante de l'industrie du cinéma à l'époque. Cette nouveauté donne aux réalisateurs la possibilité de construire des compositions visuelles beaucoup plus complexes et intéressante.
Ce chef-d'oeuvre est construit sur trois grandes idées fondamentales. La première étant que la fortune déshumanise l'individu. Charles Foster Kane réussit une seule chose dans sa vie : dépensez son argent. Il pense que tout s'achète, mais toutes ses possessions ne réussiront jamais à combler le vide émotif que la séparation avec sa mère a créé. L'argent ne fait pas le bonheur parce que le bonheur ne peut être acheté.
La seconde grande idée dans ce film est que la vie d'un être humain ne peut être incluse dans une oeuvre littéraire, cinématographique ou théâtrale. Malgré les efforts du journaliste, il ne parviendra jamais à connaître la véritable signification de Rosebud. Par cet échec, Welles nous dit que chaque être humain à une dimension sécrète, que nul ne pourra jamais connaître. En cela, le No trepassing du début et de la fin prend toute sa signification.
La troisième grande idée est probablement la plus révolutionnaire de l'histoire du cinéma. Elle consiste à dire que l'auteur a le dernier mot. Dans Citizen Kane la dernière pièce du casse-tête (celle qui explique le tout !) nous est donnée par Orson Welles lui-même. Il nous dit fondamentalement, que le cinéma offre la vision arbitraire d'un auteur. Citizen Kane est l'acte de naissance du cinéma d'auteur.


Image
L'équipe responsable de la restauration de ce film a fait un travail magnifique. L'interpositif est débarrassé de tous ses imperfections et parasites. Malgré ces 60 ans, l'image est remarquablement belle offrant l'aspect original de ce film.
Le transfert de cette édition DVD est splendide et peut être considéré comme une référence ! Ce qui étonne c'est l'extraordinaire luminosité de l'image qui avait totalement disparu avec les éditions VHS.
Le noir et blanc est d'une richesse incomparable, les noir sont extrêmement profond et les les blancs éclatant à souhait. Le rendu d'ensemble des tons de gris est à couper le souffle. La scène de référence est sans nul doute celle de la rencontre de Kane avec Susan Alexander. Les reflets sur le trottoir mouillé sont manignifiquement reproduits, du jamais vu !
Le contraste et la définition, nous montrent une image extrêmement détaillée, ce qui est très important pour la profondeur de champ. Le Deep focus comme le désirait Welles prend tout son sens, l'image est reproduite dans ses moindres détails.
Si vous avez déjà ce film dans votre collection, préparez-vous à faire des funérailles à votre vieille copie VHS. Ce travail de restauration et de numérisation marquera le monde du DVD.


Son
Orson Welles avant d'arriver à Hollywood avait une impressionnante expérience de la radio. Cela s'entend dans Citizen Kane où la bande sonore est particulièrement travaillée pour l'époque. Là comme pour l'image le travail de remixage n'a pas été vain.
La beauté originelle de la bande sonore est ici très bien rendue. Bien entendu, il n'est pas question de haute-fidélité, mais le son gagne énormément en détail et en définition.


Suppléments/menus
La Warner a déployé les efforts nécessaires en vue de cette édition DVD. Les suppléments sont répartis sur deux disques : le premier offre les commentaires audio de Peter Bogdanovich et de Roger Ebert ainsi que les notes et une galerie de photos. Le deuxième offre le documentaire Battle over Citizen Kane et la portion DVD-ROM.
Peter Bogdanovich est un intime de Orson Welles. Il a publié une série d'entretien avec Welles, donc il est la personne toute désignée pour commenter ce chef d'oeuvre. Malheureusement, ça laisse un peu à désirer. Sur un ton un peu monocorde, il livre des commentaires audio plus descriptifs qu'explicatifs. Ils sont par contre truffés d'anecdotes intéressantes sur le tournage du film, qui saura plaire aux auditeurs. Fait intéressant il met bien en évidence les influences radiophoniques de Orson Welles dans le film.
Les commentaires du critique Roger Ebert sont plus flamboyants et agréables à écouter. Il est plus dense que Bogdanovich, mais Lui aussi passe beaucoup de temps à décrire les séquences qu'il regarde. Il offre peu d'explication sur les intentions de l'auteur, privilégiant le contexte historique et le conflit entre Welles avec Hearst.
Dans l'ensemble, ses deux pistes de commentaires ne sont pas dénuées d'intérêt, mais il manque la dimension analytique du film dans les propos des deux commentateurs. C'est un peu dommage.
Ensuite, un court film des actualités montre la première à New York de Citizen Kane, C'est totalement dénué d'intérêt. Par contre, la bande annonce originale de Citizen Kane est absolument géniale, à voir et à revoir.
La section Production propose des extraits du scénarimage, une galerie de photos du tournage et les Call Sheet de l'équipe de tournage. Se sont des documents très intéressants qui montre le travail minutieux de Welles, ensuite, la section Postproduction propose des photos et des scénarimages de scènes supprimées. L'une de ces scènes montre Kane, Bernstein et Nilan dans un bordel ! C'est de loin le supplément le plus intéressant de cette section. Le reste se compose de reproduction du matériel promotionnel, un Press book et des photos de la première.
Les suppléments du premier disque se terminent par des notes de production. Elles sont très intéressantes et constituent une excellente introduction au film.
Pour voir le supplément caché, déplacer le curseur sur la luge du menu d'ouverture
Le deuxième disque est exclusivement réservé au documentaire Battle Over Citizen Kane. Ce document de 113 minutes a déjà été diffusé sur les ondes de Télé-Québec. Il a été produit par la WGBH de Boston pour la télévision publique américaine (PBS) dans le cadre de la série The American Expérience.
Ce document est très bien réalisé et est fondé sur une recherche très sérieuse, comme le sont souvent les productions de PBS. Les concepteurs se sont attardés aux deux grands personnages que constituent William Hearst et Orson Welles plus qu'à la bataille qu'ils se sont livrée avant la sortie de Citizen Kane. On y brosse un portrait détaillé des deux hommes et de leur motivation. Également, on y apprend des informations intéressantes sur l'enquête du FBI faite sur Orson Welles.
Ce documentaire est une belle valeur ajoutée à cette édition DVD de très grande qualité. Il est malheureux que la Warner ne propose pas de sous-titre en français pour ce supplément.



Conclusion
Ce coffret comblera de bonheur tant les DVDphiles avide de transfert de qualité et de suppléments que les amants du 7e art. En plus de présenter un des plus grands films de l'histoire du cinéma, il marque un sommet dans la restauration des films anciens.



Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
4,4/5

Note finale:
4,2/5
Auteur: Sylvain Lafrenière

Date de publication: 2001-09-18

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Toshiba 32 pouces, Récepteur Sony STR-DE945, Lecteur DVD Sony DVP-S360, enceintes Energy, câbles Cable Accoustic Research

Le film

Titre original:
Citizen Kane

Année de sortie:
1941

Pays:

Genre:

Durée:
120 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.33:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol
Portugais

Suppéments:
Commentaires audio, documentaire, bande-annonce, notes de production, galerie de photos

Date de parution:
2001-09-25

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