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DVDEF

Angel Eyes

Critique
Synopsis/présentation
Angel Eyes, qui est un peu passé incognito lors de sa sortie en salles au printemps 2001, est un parfait exemple d'un film mal distribué par un studio. Ne sachant visiblement pas comment "vendre" le film, ni à quel public était destiné celui-ci, la division Marketing de Warner en ont fait la promotion comme s'il s'agissait d'un thriller ou d'un drame fantastique. En effet, combien de spectateurs, piégés par une bande-annonce ambiguë et trompeuse, ont eu la surprise, ou la déception, d'assister non pas à un film paranormal mais bien à un drame psychologique ? Et oui, le titre Angel Eyes n'est qu'une métaphore! Ironiquement, la bande-annonce ne figure pas au menu des suppléments… Warner ont-ils quelque chose à cacher?
Sharon Pogue (Jennifer Lopez) est un officier de police de Chicago, une dure à cuire qui n'hésite pas à se frotter aux plus costauds des malfrats. Mais sous cette apparence de femme forte se cache en réalité une personne fragile et meurtrie, qui vit isolée de tout contact extérieur. Un jour où sa vie sera mise en danger par un tueur, elle sera sauvée in extremis par un étrange inconnu du nom de Catch (Jim Caviezel), un homme au passé aussi trouble que le sien. Mais l'homme est-il vraiment un inconnu ? Que cache-t-il de si grave ? C'est en tentant d'en découvrir un peu plus sur le passé de l'homme qu'elle apprendra du même coup à exorciser ses propres démons et, peut-être enfin, s'ouvrir au sexe opposé.

Vous l'aurez remarqué dans ce court synopsis, il n'y a rien de surnaturel dans cette histoire. Et la seule intrigue qui y apparaisse, celle de la découverte de l'identité de Catch, est si rapidement mise à jour par le spectateur qu'on ne peut guère qualifier cela d'intrigue. Le reste de l'histoire n'est en fait qu'un long processus d'apprivoisement entre les deux vedettes, un cheminement tortueux qui permet à leur personnage respectif d'évoluer, de grandir. Subtilement, c'est à travers chaque étapes de leur relation amoureuse que les deux individus apprendront à affronter leurs différentes peurs. Chacun incarne la catharsis de l'autre. Chacun sera délivré par son désir d'aider, d'aimer l'autre. Cette thématique plutôt intéressante a été admirablement bien maîtrisée par le réalisateur Luis Mandoki (When A Man Loves A Woman, Message In A Bottle), qui signe ici une œuvre plus inspirée que ses réalisations antérieures. Sa mise en scène est attentive aux émotions de ses personnages ainsi qu'à leur non-verbal, aspect particulièrement fascinant du jeu de Jim Caviezel (son regard intense véhicule toutes les émotions). Jennifer Lopez ne se tire pas trop mal non plus d'affaire et prouve que lorsqu'elle est bien dirigée, elle est une actrice plus que potable. Dommage seulement que ses tics habituels (elle pose régulièrement) ne ternissent son jeu. Le film aurait beaucoup gagné en intensité si les dialogues avaient été plus riche, mieux développés, et quelques scènes à la mièvrerie appuyée enlèvent de l'impact à l'ensemble. Mais le tout demeure suffisamment intéressant pour procurer un visionnement des plus agréable aux amateurs du genre.


Image
Angel Eyes nous est offert en format original (1.85:1) d'après un transfert anamorphique d'excellente qualité. L'interpositif utilisé pour le transfert est intact et n'affiche aucune anomalie ou égratignure que ce soit.
La définition est impeccable, les détails et textures sont minutieusement rendus. Les couleurs, bien saturées, sont naturelles et constantes. On ne dénote aucun débordement. Les teintes de peau sont tout aussi naturelles et ne souffrent d'aucune dominante. Contraste et brillance sont tout deux adéquatement balancés, cependant il est possible de remarquer une fluctuation du contraste dans certaines scènes nocturnes (une scène en particulier se déroulant en voiture). Les noirs sont pures et profonds, aucune trace de fourmillement n'est à déplorer. Les parties sombres, quant à elles, sont subtilement dégradées.
Une sur-définition des contours peut-être observée à quelques moments, quoi que minime et peu distrayante. Quelques macro-blocs sont aussi visibles occasionellement.


Son
Deux bandes-son Dolby Digital 5.1 sont disponibles sur cette édition, l'une originale-anglaise et l'autre française. C'est un mixage tout en subtilité qui nous est offert ici, le dynamisme survolté est mis de côté au profit d'une bonne spatialité et d'éléments sonores intégrés avec minutie. Les effets d'ambiophonies sont discrètement utilisés pour des effets d'ambiance, mis à part quelques scènes d'action qui offrent beaucoup d'impact des enceintes arrières. La trame-sonore est subtilement déployée depuis tout le champ-sonore, tandis que les dialogues sont intégrés avec naturalité et intelligibilité. L'emploi des basses est respectueux du ton de l'oeuvre, rien d'agressif. L'utilisation du canal .1 (LFE) est limitée aux quelques séquences d'action.
Le doublage français inclus sur cette édition retient la plupart des qualités du mixage anglais, néanmoins la naturalité des dialogues qui y est réduite, et il arrive régulièrement que l'enregistrement des dialogues étouffent quelques sons ambiants. À noter que des sous-titres anglais, français et espagnols sont aussi disponible sur cette édition.


Suppléments/menus
Seule une piste de commentaires audio ainsi que quelques filmographies sont offertes sur cette édition. Tel que mentionné précédemment, la bande-annonce originale n'est pas présente sur cette édition.
La qualité de la piste de commentaires audio, animée par le réalisateur Luis Mandoki, compense quelque peu pour ce nombre limité de suppléments. Les propos de l'homme sont variés, passant de la simple anecdote de plateau à l'analyse plus complexe de sa mise en scène. Mais peu importe le sujet, ses commentaires sont toujours pertinents et bien exprimés. Il y a une légère perte de vitesse après les premières cinquante minutes, alors que les silences se font de plus en plus nombreux (il s'en excuse !), mais ses dires sont suffisamment intéressant pour préserver l'attention.




Conclusion
Les spectateurs qui voudront bien donner une chance à cet honnête drame psychologique ne seront certainement pas déçus par les aspects techniques de cette édition. La qualité vidéo est excellente, tandis que les bandes-son sont mixés avec subtilité et intelligence. Les suppléments ne sont guère étoffés, mais la qualité de la piste de commentaires audio mérite amplement un temps d'écoute. Bref, à l'instar du film lui-même, il s'agit d'une édition tout ce qu'il y a de plus honnête.



Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
3,6/5

Suppléments:
1,5/5

Rapport qualité/prix:
3,4/5

Note finale:
3,2/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2001-10-15

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Angel Eyes

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
103 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio

Date de parution:
2001-10-16

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