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DVDEF

Déclin de l'empire américain, Le (seconde édition)

Critique
Synopsis/présentation
Le Déclin de l'Empire Américain est à la fois le premier vrai succès commercial pour Denys Arcand et le premier film Québécois à avoir connu une diffusion importante dans le monde entier. Beaucoup considèrent ce film, sorti en 1986, comme un des grands classiques du cinéma francophone. Le cinéma Studio Galande, à Paris, spécialisé dans les films cultes (il s'agit d'un des seuls cinémas au monde à projeter régulièrement The Rocky Horror Picture Show), projetait encore Le Déclin... dix ans après sa sortie.

L'histoire, ou plutôt le prétexte du film, est très simple. Pendant que quatre hommes préparent le souper dans une résidence secondaire de la région de Québec, les quatre femmes qui doivent les rejoindre en fin d'après-midi s'entraînenet dans une salle de sport. Comme on peut s'y attendre, les conversations au sein des deux groupes sont très libres, et portent principalement sur le sexe (l'expression "parler de cul" serait ici plus adéquate, étant donné la crudité des propos et des situations évoquées). Les hommes évoquent entre autres leurs infidélités, les femmes leurs expériences plus ou moins communes. Le fait que tous ces gens soient universitaires ajoute un côté intellectuel parfois étrange à leurs conversations. Lorsque les deux groupes se rejoignent pour le repas, les conversations prennent une tournure moins crue et plus policée, mais certaines situations se compliquent.

S'il est facile de comprendre pourquoi les dialogues ont autant surpris à l'époque de la sortie du film (il n'était alors pas courant de voir certains sujets, comme l'homosexualité, le triolisme ou les parties fines abordés avec autant d'insouciance), force est de constater que leur impact est aujourd'hui moindre. Et lorsqu'on est moins surpris de ce qu'on entend, certains défauts du film deviennent apparents. Par exemple, le découpage maladroit de certains dialogues les rends totalement artificiels. Les conversations entre femmes dans le complexe sportif, par exemple, semblent continues alors qu'à l'image on a manifestement des ellipses de temps, voire même des changements de lieu. On a aussi du mal à croire que des intellectuels, fussent-ils universitaires, puissent être aussi pédants dans une conversation à bâtons rompus. Le personnage de Mario (Gabriel Arcand, le frère de Denys), avec son approche nettement plus pragmatique de sa sexualité, vient heureusement apporter un contrepoint aux bavardages socio-philosophiques que les autres associent à la leur.

S'il s'agit d'une comédie de moeurs, et qui a fait beaucoup de bruit à son époque, ce classique du cinéma Québécois n'a pas forcément bien vieilli. Si les dialogues restent pour la plupart drôles et parfois surprenants, leurs portées sociologiques est introduite assez maladroitement par le biais d'une entrevue à propos d'un livre écrit par Dominique (Dominique Michel). L'individualisme forcené et le manque total de conscience sociale des baby boomers transparaît cependant de façon évidente, même si les personnages se croient au-dessus des autres sur ce sujet. La force du film est qu'il est porté par une distribution qui a manifestement eu beaucoup de plaisir à participer à ce projet, et qui s'avère convaincante malgré l'artificialité de certains dialogues.

Ce film a été nominé pour l'Oscar du meilleur film étranger en 1987 (Oscar que sa suite, Les Invasions Barbares, obtiendra en 2004). Il a obtenu le prix FIPRESCI à Cannes en 1986, et une collection de prix Génie en 1987, dont meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario et meilleur son.


Image
L'image de cette édition est au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert 16:9.

Il s'agit d'un tout nouveau transfert, restauré pour l'occasion. Les parasites auquels on aurait pu s'attendre sur un film vieux de presque vingt ans sont donc totalement absents. L'image est d'une propreté impeccable. La définition est bonne, les détails et les textures sont rendus de façon nette et subtile. Le rendu des couleurs est lui aussi impeccable, l'étalonnage fait lors de la restauration étant manifestement de haut vol. Sans être outrageusement chatoyantes, les couleurs sont assez riches et très naturelles, les couleurs de peau sont notamment très justes. On ne remarque aucun débordement de la chroma.

Le contraste (niveau des blancs) et la brillance (niveau des noirs) sont parfaitement réglés, et ne fluctuent à aucun moment. Les parties sombres de l'image présentent des détails et des dégradés subtils et sans blocage, et des noirs purs et profonds.

La partie purement numérique de ce transfert ne présente aucun défaut notable. La numérisation et la compression n'ont entraîné aucun parasite visible, et la surdéfinition des contours semble tout simplement absente, ce qui est très rare et peut ici être applaudi.


Son
Cette édition propose deux bandes-son : La version originale québécoise au format Dolby 2.0 stéréo, un remixage de celle-ci en Dolby Digital 5.1 et une version anglaise en Dolby 2.0 stéréo. Des sout-titrages anglais sont aussi proposés. C'est le remixage multicanaux 5.1 qui est le sujet de cette critique.

Comme il s'agit d'un film axé sur les dialogues entre les personnages, il n'est pas ici question de débordements ambiophoniques majestueux ni d'effets de basses extrêmes propres s'attirer l'animosité du voisinage. La présence cependant très correcte, même si le champ sonore, presque exclusivement limité aux enceintes avant, limite la sensation d'immersion. La dynamique est tout à fait adéquate. Les canaux d'ambiophonie sont utilisés de façon plus que parcimonieuse, principalement pour quelques effets d'ambiance, dont le réalisme est tout à fait correct.

L'intégration des différents éléments composant ce mixage est excellente. Les dialogues, composante essentielle du film, sont toujours parfaitement intelligibles. La trame sonore, principalement faite de musique classique mélangée à des thèmes joués sur un orgue électronique antédiluvien, fait preuve d'une belle profondeur et d'une fidélité de bon aloi. Les effets sonores, utilisés principalement pour les ambiances, sont eux aussi très bien intégrés. Les basses fréquences du spectre sont utilisées avec parcimonie.


Suppléments/menus
Les seuls suppléments proposés sur le disque sont un documentaire et la bande-annonce du film.

Le documentaire 15 ans plus tard (19:43) est tiré de l'émission Le Septième (émission diffusée sur les ondes de Télé-Québec). Il s'agit d'entrevues articulées autour de retrouvailles organisées pour l'occasion entre le réalisateur et quelques-uns des acteurs principaux du film, 15 ans après le tournage de celui-ci (donc en 2001), dans la maison qui en fut le décor principal. Ces retrouvailles sont l'occasion pour l'équipe d'une belle discussion sur l'ambiance du tournage, sur la genèse du projet, la distribution... entrecoupée d'extraits du film. S'il est intéressant de voir ainsi les membres d'une équipe parler d'un film aussi connu avec 15 ans de recul, cet intérêt est quelque peu tempéré par la complaisance de certaines interventions.

La bande-annonce (1:59) ne présente pas non plus un intérêt délirant, mais a au moins le érite d'être présente sur le disque.



Conclusion
Ce film-culte (il s'agit tout de même du premier film Québécois a avoir eu un rayonnement international aussi important) est présenté, à l'occasion de la sortie de sa suite, Les Invasions Barbares en DVD, dans une nouvelle édition restaurée qui présente une qualité d'image d'un très bon niveau et une qualité de son fort sympathique. Il aurait été intéressant que de nouveaux suppléments (pourquoi pas un commentaire) soient produits pour cette édition, mais ce n'est pas le cas. Les rares suppléments finalement proposés présentent un intérêt assez moyen.

Mais pour ses qualités techniques, cette nouvelle édition est évidemment celle qu'il faut choisir si l'on souhaite ajouter ce film à sa collection.


Qualité vidéo:
4,1/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
2,0/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2004-07-06

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Panasonic CT-36D11E / Moniteur ViewSonic P95f, Lecteur DVD Panasonic S25 / PC avec GeForce FX et WinDVD, Récepteur Denon AVR-1602, Enceintes Wharfedale Cinestar 30 (5 Vivendi Modus Cube + 1 PC-8).

Le film

Titre original:
Déclin de l'empire américain, Le

Année de sortie:
1986

Pays:

Genre:

Durée:
102 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Films Séville

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Française Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 stéréo
Anglaise Dolby 2.0 stéréo

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Documentaire "15 ans après", bande-annonce

Date de parution:
2004-07-13

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