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DVDEF

Belly of an Architect, The

Critique
Synopsis/présentation
Peter Greenaway est un cas à part dans le paysage cinématographique mondial et ses films sont immédiatement reconnaissables de par leur mélange de références artistiques et littéraires très pointues, mais aussi par leur volonté de jouer avec le spectateur.

The Belly of an Architect est l'une de ses oeuvres les plus abordables en ce sens qu'elle adopte une structure plus classique que la plupart de ses autres oeuvres et qu'elle nécessite donc moins d'effort de la part du specteur.
On y suit Stourley Cracklite (Brian Dennehy), architecte américain réputé, alors qu'il se rend à Florence en compagnie de sa jeune épouse Louisa (Chloe Webb) afin d'y organiser une exposition sur son idole méconnue, l'architecte français Pierre-Louis Boullée.
Celui-ci se heurte rapidement à une certaine animosité de la part de ses hôtes qui souhaitent le voir rapidement leur abandonner le projet. Le jeune architecte italien Caspasian Speckler (Lambert Wilson) sera celui qui lui mettra le plus de bâtons dans les roues et courtisera également son épouse.
Cracklite sera pris de violents maux d'estomacs qui l'empêcheront d'être aussi disponible qu'il le souhaite pour son projet et feront écho à la grossesse de son épouse.

Le scénario et sa progression dramatique relativement classique (encore que !) servent de base à Greenaway qui va donc s'appuyer dessus afin de traiter de ses obsessions habituelles.
Il va ainsi donner en permanence un sens métaphorique à la plupart des images composant son film, qui peut ainsi se regarder au premier comme au second degré.
Le ventre fécond de la femme de l'architecte renvoie directement au ventre douloureux et handicapant de son mari, établissant ainsi un rapport direct entre vie et mort par le biais des deux époux.
Pourtant Cracklite sera le seul à ne pas se renier ou à tromper quelqu'un tout au long du film, faisant de son personnage le dépositaire d'une certaine morale dont Greenaway de ne semble pas faire grand cas. Certes il va totalement se désintéresser de sa femme et de son futur enfant, mais celle-ci s'était déja laissée séduire par le fielleux Caspasian.
L'art et non pas la question morale est au centre du film et Greenaway met tout son talent à son service. Ainsi Rome est constamment magnifiée par une photographie sublime et des cadrages absolument sidérants de précision et de sens, à l'instar de ceux des films de Kubrick.
Les oeuvres d'art y sont montrées pour ce qu'elles expriment de plus fort et non comme cela est trop souvent le cas comme des éléments d'une sorte de carte postale cinématographique. Ici chaque oeuvre d'art (sculptures, peinture, architecture) est non seulement superbement mise en valeur mais participe également donc au sens du film. Le seul souci est que Greenaway semble ne pas se soucier vraiment du fait qu'il possède un niveau de culture très largement supérieur au commun des mortels et le jeu de références et de significations cachées auquel il se livre passera au-dessus de la majeure partie de ses spectateurs. Nous sommes clairement passé à côté de la plupart de ses références mais cela ne nous a pas empêchés d'apprécier le film pour autant.

De même, il est étonnant de voir une oeuvre si proche de la perfection dans bien des domaines être alourdie par des performances plus que discutables. Si Brian Dennehy est magistral et porte littérallement le film sur ses larges épaules, Chloe Webb qui joue son épouse et Lambert Wilson son rival (et amant de sa femme) sont loin d'être à son niveau, créant ainsi un déséquilibre préjudiciable.
Au niveau narratif, si cette oeuvre est la plus proche des standards classiques parmis toutes celles de son auteur, force est de reconnaître que ce domaine n'est pas vraiment son fort. Ainsi comme nous le disions, si le film peut se suivre au premier degré, il devient du coup beaucoup moins intéressant pour ne pas dire regulièrement ennuyeux pour ceux qui ne sauraient réellement en goûter les autres qualités. Il devient alors évident que malgré toutes ses qualités, Peter Greenaway devrait faire appel à l'aide d'un co-scénariste afin de l'aider à combler cette lacune dans un domaine pourtant primordial de ce qu'il convient d'appeler le cinéma traditionnel.

Ainsi donc ce Ventre de l'Architecte n'est clairement pas un film grand public et en ce sens les cinéphiles qui tenteront l'expérience devront traquer les nombreuses métaphores brillantes et pertinentes qui font tout l'intérêt de cette oeuvre ambitieuse malgré l'absence d'enjeux bien définis.
Greenaway y aborde donc la mort et la vie, la puissance de l'art et plus particulièrement de l'architecture, l'obsession maladive, la digestion (au sens physique comme artistique), la création pure (et son cortège de tourments chez le créateur) et le mimétisme, mais ne parait pas intéressé par le fait de mettre tout cela à portée du grand public.
Une oeuvre singulière qui permet de découvrir l'univers décalé d'un cinéaste profondément atypique, qui continue sa carrière depuis plus de 42 ans sans réelle reconnaissance du grand public, preuve si il en était besoin que le cinéma n'a pas vraiment besoin d'être commercial afin d'exister.


Image
L'image est présentée au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert 16:9.

La définition générale est d'un niveau tout juste correct, oscillant entre des passages vraiment limites et d'autres de bonne qualité. L'interpositif est propre, ne laissant passer qu'une quantité négligeable de défauts finalement très peu gênants.
Les couleurs sont bien restituées, rendant honneur à la superbe photographie de Sacha Vierny. Elles sont justes, constantes même si elles semblent parfois légèrement manquer de saturation.
Le contraste est bien géré, évitant toutes brillances inutiles.
Les scènes sombres du film sont fort heureusement bien rendues grâce à des noirs étonnamment purs et profonds. La qualité des dégradés permet à ce transfert assez quelconque au final d'offrir tout de même un rendu à la hauteur de l'exceptionnel travail visuel accompli sur ce film.
La partie numérique du transfert est totalement exempte de reproches, ne générant aucun défaut artificiel suffisamment présent pour être notifié ici.

Un transfert assez moyen mais qui ne présente aucun défaut majeur. Cependant au vu de l'importance de l'aspect graphique de l'oeuvre, une restauration complète aurait été souhaitable.


Son
La seule bande-son disponible sur cette édition est en Anglais (Dolby 2.0 stéréo).

Sa dynamique semble assez limitée mais tout de même acceptable pour une petite production de cette époque. Sa présence et sa spatialité souffrent elles aussi de la même "timidité".
La belle musique de Will Mertens et Glenn Branca est correctement restituée, sans faiblesses majeures si ce n'est une trop grande platitude générale.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et les traces de parasites ou distortions sont réellement réduites à leur minimum.
Les basses fréquences sont plus présentes que prévu et apportent un surplus d'assise non négligeable à cette bande-son.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.

Une bande-son qui à l'instar de l'image s'avère correcte malgré sa banalité et il est certain que la complexité du mixage sonore aurait merité un remixage complet afin d'en faire ressortir toutes les subtilités.


Suppléments/menus
Malheureusement une fois de plus, une oeuvre pétrie de références, appelant de nombreux suppléments pouvant orienter le grand public vers une meilleure connaissance des plus grandes oeuvres artistiques, est traitée par dessus la jambe et sort sans aucun supplément hormis une bande-annonce de qualité moyenne.
Certes le fait que ce DVD appartienne à une collection économique explique en partie cette absence de suppléments mais traiter un cinéma aussi complexe et référentiel que celui de Greenaway avec aussi peu de considération est vraiment dommage, même si à nouveau, le potentiel commercial de ces oeuvres est tel qu'elles incitent peu les éditeurs à prendre des risques.

A noter une erreur sur la jacquette, le film datant de 1987 et non de 1990 comme annoncé.



Conclusion
Une édition aux qualités audio et vidéo sans défauts ni qualités majeures et qui remplit donc son contrat, sans plus. En dépit de l'absence de suppléments valables et grâce à un prix de vente faible, nous conseillons à tous les amateurs d'art et d'oeuvres complexes ne se livrant pas au premier visionnage l'achat de cette édition.

Peter Greenaway est un cinéaste original et différent dont l'oeuvre ne plaira certainement pas à tous. The Belly of an Architect est son film le plus abordable et permettra à tous les cinéphiles férus d'art et de métaphore de découvrir le cinéma de Greenaway.


Qualité vidéo:
3,4/5

Qualité audio:
3,2/5

Suppléments:
2,0/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,1/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2004-08-18

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Belly of an Architect, The

Année de sortie:
1987

Pays:

Genre:

Durée:
119 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
MGM

Produit:
DVD

Nombre de disque:

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Bande-annonce

Date de parution:
2004-06-15

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