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DVDEF

Frankenstein Must Be Destroyed

Critique
Synopsis/présentation
Terence Fisher continue avec Frankenstein must be destroyed (1969) sa superbe, originale et profonde extrapolation du mythe crée par Mary Shelley et qu'il avait commencé 12 ans plus tôt avec The Curse of Frankenstein (cf critique).

Dans cette épisode de la série, le Baron Frankenstein (Peter Cushing) continue ses expérimentations sur la transplantation de cerveau. Au cours de ses périgrinations illégalles il apprendra que son ami et collègue le Dr Frederick Brandt (George Pravda) seul autre savant à s'aventurer sur le même terrain d'expérimentation que lui à été interné recemment aprés avoir trouvé la seule information lui manquant à fin de mener à bien ses expériences. Il trouvera dans la pension de la jeune et jolie Anna Spengler (Veronica Carlson), un base d'opération pratique et fiable, d'autant plus qu'il tient la jeun fille et son fiancé le Dr Karl Host (Simon Ward) sous sa coupe en ayant démasqué par hasard leur traffic de morphine. Il profitera donc du fait que le Dr Holst est l'un des médecins de l'asile ou est enfermé le Dr Brandt et de la position de force qu'il à sur lui pour faire enlever le Dr et utiliser host comme assistant dans ses opérations. Evidemment rien ne se passe comme prévu et s'ensuit une série de péripéties surprenantes et originales que nous ne préférons pas vous dévoiler ici, tant leur ingéniosité et les questionnements qu'elles soulèvent vous surprendrons.

Anthony Nelson Keys et Bert Bratt sont les deux auteurs de cette variation intelligente et poingnante sur le mythe du Docteur Frankenstein. Au lieu de s'essouffler lorsque c'est souvent le cas sur les séries à personnage récurrents, la psychologie du Baron Frankenstein se complexifie au contraire à chaque épisode ainsi que les implications morales, éthiques et les drames générées par ses expériences. Les deux hommes ont su à la fois prolonger de façon cohérente les concepts développés dans les précédents épisodes mais également profiter de la plus grande permissivité de la fin des années 1960 pour radicaliser le comportement et la démarche du Baron Frankenstein qui n'en devient que plus fascinant.
Mais les autres personnages s'avèrent aussi interessants, notamment celui de la créature (qui n'en est pas vraiment une a l'inverse du premier film) qui comme dans les autres épisodes sera exploitée sans vergogne par le Baron pour arriver à ses fins et occasionnera par son dilemme moral et sa condition propre les scènes les plus poignantes du film. L'intensité de ces scènes et la douleur qui s'en dégage est aussi forte que celles de Revenge of Frankenstein (1958, cf critique) ou l'ancien serviteur du Baron Karl était déja un être torturé qui ne tirera bénéfice des expériences du baron qu'un trés court instant et sera une des victimes les plus tragiques et émouvants qui soient.

Fisher démontre une fois de plus son talent de conteur grace à une mise en scène ample et une exploitation idéale des moyens mis à sa disposition. Il sait ainsi quand insister sur des détails propre à donner du sens à une oeuvre qui de par son postulat de départ est propice à nombre de questions d'ordre moral, éthique ou philosophique. Par le biais d'un montage dynamique lorsque nécessaire et de la permissivité de l'époque, Fisher parvient à faire de son Baron Frankenstein à la fois un vrai personnage tragique en quête de progrés pour l'humanité mais aussi une brute sans moralité prête à assouvir ses moindres désirs. Cette dualité et la complexité qui en découle installe définitivement ce personnage au panthéon des plus passionnants de l'histoire du cinéma fantastique voire même du cinéma tout court. Peter Cushing est pour beaucoup dans cette réussite et sa performance dans ce film est aussi intense que dans les précédents épisodes au cours desquels sa progression psychologique fut constante et d'une cohérence rare.

Le savant mélange entre action, violence, tragédie et émotion permet d'offrir une oeuvre populaire aussi bien qu'intellectuelle et Fisher est ici au sommet de son art en la matière.
La musique de James Bernard accompagne et même amplifie l'impact des images qui en prennent lorsque c'est le cas une tournure d'autant plus tragique.
La photographie d'Arthur Grant est lui aussi une des facettes déterminantes de l'oeuvre et sa composition dans des tons marrons et ocres est elle aussi la pour renforcer l'aspect tragique et quasi crépusculaire d'une oeuvre qui marque l'aboutissement d'une série remarquable.

Nous vous conseillons donc vivement l'une des oeuvres marquantes du genre fantastique (pour ne pas dire science-fiction car le postulat du film s'appuie clairement sur une avancée technologique)qui bien que méconnue n'a rien à envier aux plus réputés du genre, au même titre que les autres films de la série signés du même réalisateur, interprétés par le même acteur et fabriqué par les même artisans.


Image
L'image est présentée au format légèrement recadré de 1.78:1 (au lieu de 1.66:1, comme pour Dracula has risen from the Grave) d'aprés un transfert 16:9.

La définition générale est d'un bon niveau permettant de réellement rédécouvrir le film même pour les personnes le connaissant bien. L'interpositif est propre, montrant tout de même quelques points et traits sans grand incidence et le grain modéré mais bien présent offre un rendu d'autant plus cinéma à ce tranfert. La finesse des détails est un peu en retrait mais permet tout de même d'apprécier à leurs juste valeur le fabuleux travail des décorateurs de la Hammer.
Les couleurs sont magnifiquement rendues et rendent grace au formidable travail d'Arthur Grant qui est pour beaucoup dans le style visuel général des productions du studio et plus particulièrement des films de Terence Fisher. Elles sont justes, sans débordements aucun, parfaitement constantes et saturées à la perfection.
Le contraste est bien géré, évitant toutes brillances.
Les parties sombres du film sont bien rendues grace à des noirs suffisamment purs et profonds. L'excellente qualité des dégradés est également à souligner.

La partie numérique est impeccable, ne générant aucun défaut artificiel qui aurait pu venir perturber le plaisir du visionnage.
Ormis le léger et curieux recadrage qui ne s'avère néanmoins pas gênant il n'y à pas grand chose à reprocher à l'image de cette édition.


Son
Les deux bandes-son disponibles pour cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 1.0 mono) et Français (Dolby Digital 1.0 mono).
Sa dynamique est dans la moyenne des oeuvres de cette époque et la même remarque s'applique à sa présence et sa spatialité.
Le rendu de la musique est fort correct mais toutefois handicapé par la présence de sifflements fréquents dans le haut du spectre qui ne s'avèrent toutefois pas plus gênants que cela. La musique est parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les dialogues sont toujours parfaitement intelligibles et ce malgré la présence de sifflantes et d'un léger bruit de fond sur toute la durée du film. Il est donc déconseillé de vouloir trop monter le son durant le visionnage de ce film qui heureusement ne s'y prêtes pas trop.
Les basses frénquences sont correctement gérées mais le format de la bande-son fait que leur apport est surtout limité à l'appui de la musique qui est néanmoins trés présente tout au long du film.
La bande-son française est comme de coutume beaucoup plus étouffée et sourde.
Les sous-titres sont disponilbes en Anglais, Français et Espagnol.

Une bande-son un peu décevante car non remixée ou au moins nettoyé ce qui est dommage au vu de la qualité de l'image. Elle s'avère tout de même accpetable et remplit correctement son office.


Suppléments/menus
Une section malheureusement vide et cela est vraiment dommage compte tenu de la qualité du film et de la prolifique carrière de son réalisateur et de ses acteurs.
Seule une bande-annonce de qualité correcte est présente. Nous vous déconseillons fortement de la regarder avant le film en ce sens qu'elle révèle des points essentiels de l'intrigue ainsi que la conclusion du film.



Conclusion
Une édition à l'image absolument superbe mais dont le son est correct mais loin d'être à la hauteur. Les suppléments sont absents mais le prix de vente bas, l'excellente qualité globale de cette édition et la qualité et la classe du film font que nous vous recommandonc trés chaudement l'achat de cette édition.

Voici un des tous meilleurs films de la Hammer et à nouveau une grand réussite à mettre à l'actif de Terence Fisher, un grand réalisateur clairement sous-estimé du fait qu'il ait oeuvré toute sa carrière durant dans un genre mal aimé, le fantastique.
Cette épisode de la saga du Baron Frankenstein est graphiquement plus violent que les précédents mais sait conserve une unité thématique et visuelle trés cohérente. Le baron Frankenstein y devient littéralement machiavélique et laisse libre court à ses instincts les plus bas qui donnent lieu aux scènes les plus marquantes du film.
Les idées incessantes du script compensent tout à fait une certaine répétitivité due au phénoméne de la série et ainsi un néohpyte peux tout à fait apprécier ce film sans avoir vu les précédents.
Un grand film fantastique que nous conseillons vivement à tous les amateurs du genre et même à ceux qui pensent être réfractaires a ce type de cinéma et aux productions plus anciennes.


Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
2,8/5

Suppléments:
1,0/5

Rapport qualité/prix:
3,7/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2004-06-01

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Frankenstein Must Be Destroyed

Année de sortie:
1969

Pays:

Genre:

Durée:
101 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-10 (double face, simple couche)

Format d'image:
1.78:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono
Française Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Bande-annonce

Date de parution:
2004-04-27

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