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DVDEF

Rémi Sans Famille

Critique
Synopsis/présentation
À l’instar des Mystérieuses Cités d’Or, Rémi Sans Famille est le fruit d’une collaboration entre Japonais et Français. Cependant, dans le cas des Cités d’Or, les deux nations ont unis leurs forces pour la création complète de la série. Même les animations ont été produites conjointement entre une équipe française et japonaise. Dans le cas de Rémi, la collaboration s'est surtout limitée au processus d’adaptation du roman à la recherche, l'essentiel de la production du dessin animé étant confié à une équipe nippone renommée. Le résultat est encore aujourd’hui étonnant (sinon un peu désuet) : un récit typiquement français raconté de manière typiquement japonaise.

Cette série en dessins animés, très populaire lors de sa diffusion originale il y a plus de vingt ans, raconte les mésaventures d’un jeune orphelin nommé Rémi. Vendu lâchement à un saltimbanque par son père adoptif tandis que ce dernier est à court d’argent, Rémi doit faire face à une nouvelle vie qui lui est étrangère. Mais le jeune garçon apprend à s'épanouir au sein de sa nouvelle « famille », tout en entretenant le désir de découvrir ses vraies racines.

Cette série fut donc adaptée du roman Sans Famille, rédigé au XIXe siècle par l’écrivain Hector Malot (1830-1907). Comme bon nombre d’écrivains de son époque, Malot affectionne les chroniques existentielles où les bonnes valeurs et la noblesse de l’homme sont mis à l’avant-plan. L'auteur privilégie une approche sobre (voir sombre) et dramatique, usant de l’adversité et du malheur pour faire « grandir » et évoluer ses personnages. Incidemment, la quête de Rémi sera parsemée de nombreuses embûches, d’échecs et de tristesse. Rarement une série télé aura-t-elle autant malmené son personnage principal. Mais la finale n’en est que plus triomphale, satisfaisante et cathartique. Même en très jeune âge, Rémi aura acquis beaucoup de vécus qui en feront un jeune homme riche, équilibré et empli de compassion. Mais le récit déchirant de Sans Famille était également un prétexte pour dresser un portrait d’une époque difficile en France. L’écart entre les classes sociales était à son plus grand, et les conditions de travail étaient difficiles et mal adaptées. À la recherche de sa famille biologique et de ses racines (donc de son identité), le jeune Rémi parcours toute la France et côtoie toutes les classes sociales, du milieu ouvrier défavorisé à la bourgeoisie, en passant par les nombreux paysans qui vivent toujours d’agriculture. Rémi est un témoin des grandes tribulations socio-politiques de cette époque, et par conséquent le spectateur qui s’identifie au personnage est également observateur de ces grands bouleversements. Le dessein éducatif de la série, destinée aux enfants, est bien exploité.

La facture visuelle de la série est particulièrement réussie. L’animation très stylisée confère à la série une ambiance unique qui intensifie chaque situation. Les arrêts sur image sont nombreux (et inspirés par le théâtre Nô), les décors se meuvent de façon quasi-onirique, la composition d’image est expressive, et tous sont des éléments typiques de l’animation japonaise de l’époque. Certes, la subtilité n’est pas nécessairement au rendez-vous mais dans l’ensemble ces effets de style traduisent assez efficacement les émotions vécues par le personnage. Notons également que l’animation propose de fort belles images qui, aujourd’hui encore, éblouissent.



Image
L'intégral de la série Rémi nous est offerte au respecté de 1.33:1. Imavision, le distributeur de ce coffret, n’a pas nécessairement les ressources matérielles et financières pour produire des télécinés à la fine pointe de la technologie. Issu d’un vieux transfert analogue, l'image montre signes évidents de vieillesse.

Si le transfert souffre de plusieurs défauts apparents, le résultat est à tout le moins supérieur à toute diffusion télévisuelle ainsi qu'aux précédentes incarnations de la série en format VHS. L'image est presque toujours nette et la définition, adéquate dans les circonstances, présente tous les détails possibles offerts par l’animation. Le rendu des couleurs est probablement l’élément qui trahi le plus l’âge de la série. Tout d’abord, le manque de constance est évident. Les couleurs passent régulièrement du riche et saturé au très terne et délavé. Les débordements ne sont pas rares non plus. L'étaloonage semble par contre assez fidèle aux dessins originaux. Tout indique que les contrastes ont été accentués pour donner plus d'impact à l'image. Il faut dire que le procédé se prête très bien au type d’animation très stylisé de cette série. Le niveau de noirs n’est pas toujours bien ajusté et souffre de quelques fluctuations d’un épisode à un autre, passant régulièrement au-dessus ou en dessous des 7.5 IRE. Les parties sombres manquent de finesse dans les dégradés, par contre la pureté et la profondeur des noirs est assez satisfaisante.

Autre signe de vieillesse important, le matériel utilisé pour le transfert montre plusieurs parasites et anomalies agaçantes. Du grain, des tâches, des égratignures, des points blancs… tout y est. La partie numérique du transfert est correcte mais sans plus. La numérisation souffre de nombreuses « drops » et les macroblocs font une apparition assez minime mais régulière.


Son
Une seule et unique bande-son est offerte pour la totalité de la série, c’est à dire un mixage Dolby Digital 2.0 stéréo.

À l’instar de bon nombre de dessins animés produits pour la télévision dans les années ’80, ce mixage est plutôt fonctionnel et tire à peine profit de la stéréophonie. Le dynamisme est restreint au maximum, et la présence est pour ainsi dire nulle. L’environnement sonore manque cruellement de profondeur et le positionnement des éléments sonores se rapproche d’avantage d’un mixage monophonique que stéréo. La séparation des canaux est plutôt faible, et les transitions stéréophoniques sont parcimonieuses et maladroites. Cependant les éléments sonores sont plutôt bien intégrés. Les bruitages, la trame-sonore ainsi que les dialogues sont mixés intelligemment pour mettre en valeur chaque élément. Question fidélité, par contre, il faudra repasser... Une distorsion est souvent audible, en particulier dans les hautes-fréquences. Les basses sont utilisés au minimum, à peine appuient-elles réellement les scènes d’action. D’un épisode à l’autre de la série, les dialogues demeurent parfaitement nets et intelligibles.

Aucune option de sous-titrage, dans quelque langue que ce soit, n’est disponible avec cette édition.


Suppléments/menus
Imavision nous avait déjà offert bien mieux avec le coffret réunissant la série des Mystérieuses Cités d'Or, qui incluait un documentaire, des entrevues et même un disque compact réunissant quelques pièces musicales. Cette fois, avec cette édition de Rémi Sans Famille, un simple économiseur d'écran (screensaver) est le seul et unique supplément. À tout le moins, un texte retraçant les origines de l'œuvre et de son auteur aurait apprécié.



Conclusion
À l’instar de la plupart des séries cultes des années 70 et 80 offertes en format DVD, l’intégral de Rémi Sans Famille s’adresse aux amateurs de la première heure qui désire s’offrir un beau moment de nostalgie. Aujourd’hui encore, cette série en est une de qualité malgré son ton mélodramatique appuyé et redécouvrir chaque épisode est franchement savoureux. Techniquement, ce coffret ne brise aucunement les standards et propose au contraire une qualité d’image et de son très ordinaire. Pis encore, les suppléments se limitent à un seul fond d’écran plutôt laid. Mais dans les circonstances, il aurait été difficile d’en demander plus et le simple fait de réunir l’intégralité de cette série sous un seul et même coffret constitue le principal argument de vente. Pour les fanatiques seulement.


Qualité vidéo:
2,5/5

Qualité audio:
2,5/5

Suppléments:
0,5/5

Rapport qualité/prix:
2,8/5

Note finale:
2,5/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2004-03-19

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Ie Naki Ko

Année de sortie:
1982

Pays:

Genre:

Durée:
1335 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
ImaVision

Produit:
DVD

Nombre de disque:
6 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.33:1

Transfert 16:9:
-

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Française Dolby 2.0 stéréo

Sous-titres:

Suppéments:
Fond d'écran

Date de parution:
2003-10-28

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