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DVDEF

Chansons d'amour, Les

Critique
Synopsis/présentation
Alors qu’après avoir vu leurs œuvres exportées en territoire américain, bon nombre de cinéastes français se sont américanisés dans leur démarche artistique sur leur sol natal ou encore ont délibérément traversé l’Atlantique pour tourner leurs œuvres dans les studios américains. La liste de ces cinéastes est longue et c’est pourquoi il est très agréable de constater que des cinéastes français comme Christophe Honoré s’inscrivent à part de cette tendance même après avoir connu un succès modeste avec l’exportation de ses œuvres Ma Mère et Dans Paris. En fait, pour son quatrième film, Les chansons d’amour, le réalisateur n’aurait pas pu opter pour un traitement plus « français » de son œuvre.

Resituant ses personnages dans le cœur de Paris, comme il l’avait fait dans son précédent métrage Dans Paris, Honoré opte ici pour le genre de la comédie musicale. Un genre qui souvent est synonyme de spectacle, de chorégraphies, de costumes et d’éclatement. Or, le cinéaste offre ici un traitement beaucoup plus sobre du genre tout en effectuant un hommage évident et réussi au cinéma de la nouvelle-vague (les arrêts sur image, le générique, la division du film en trois actes, notamment) ainsi qu’aux comédies musicales de ce mouvement cinématographique, plus principalement Les parapluies de Cherbourg de Jacques Demy. D’ailleurs, Honoré ne s’en cache pas. Il a même été jusqu’à prendre l’actrice Chiara Mastroianni, la fille de Catherine Deneuve qui a joué elle-même dans le film de Demy. Mais Les chansons d’amour rejoint aussi le cinéma de la nouvelle-vague parce que Honoré ne filme pas seulement des personnages, mais il filme aussi la ville. En effet, même si elle est constamment filmée en pleine nuit, ou encore le jour, lors de ciels gris, la ville de Paris n’aura jamais été aussi bien filmée depuis bien longtemps.

À travers cet hommage au passé, Honoré nous raconte une histoire extrêmement moderne, au sens où elle dresse le portrait d’une génération précise, moderne. Il nous raconte des histoires d’amour, certes, mais aussi des histoires de deuil, de ménages à trois, d’homosexualité, de famille. Et c’est à travers ses personnages, tous touchants, que Honoré réussit à transposer ces questionnements intérieurs, les déchirements amoureux et l’ambiguïté sexuelle qui animent cette génération qu’il connaît visiblement très bien. Ces personnages ce sont Ismaël et Julie, un couple amoureux qui décide d’ouvrir leur relation à Alice, un collègue d’Ismaël. Puis, au milieu de tout cela, viendra Erwann, un jeune breton qui en pince sérieusement pour le mystérieux Ismaël.

Comme mentionné précédemment, le traitement qu’Honoré adopte ici pour filmer sa comédie musicale est admirable de sobriété. Pas de chorégraphie, pas d’exubérances, seulement des personnages qui utilisent la chanson pour témoigner de sentiments et de tourments qu’ils ne sont pas capables d’exprimer autrement. À réduisant sa comédie musicale à cette règle de base, mais immuable du genre, Honoré prenait un pari risqué. Mais les chansons, composées par Alex Baupain, étant à la fois légères et graves, rafraîchissantes et sombres, épousent parfaitement l’esthétique et le ton qu’élabore le cinéaste au fil de son œuvre. Il est aussi entouré d’une équipe d’acteurs qui brille littéralement sous nos yeux, dont le principal fidèle de Honoré, Louis Garrel, d’une des huit femmes de François Ozon, Ludivine Sagnier, de Clotilde Hesme, aussi habituée de la famille (Les amants réguliers de Philippe Garrel avec aussi Louis Garrel) ainsi que Grégoire Leprince-Ringuet, avec sa solide gueule de jeune premier.

Les chansons d’amour évite évidemment toute mièvrerie et toute sentimentalité. Merci à Christophe Honoré pour avoir su continuer à s’affirmer en tant que cinéaste et ne pas avoir vendu son âme aux studios hollywoodiens, même si la tentation devait y être un peu. La comédie musicale qu’il signe est ici touchante, sincère, bouleversante et surtout singulière. En rendant hommage au cinéma de la Nouvelle-Vague et à la comédie musicale de Jacques Demy, Les parapluies de Cherbourg, Honoré a accouché d’une œuvre au style visuel qui épouse la mélancolie et les tourments de ses personnages en plus d’offrir des « numéros musicaux » épurés au maximum permettant ainsi au spectateur d’être complètement remué par ces histoires universelles, ces histoires d’amour.



Image
Le film est offert au format d’image respectée de 1.85:1 d’après un transfert 16:9.

C’était à prévoir de la part de Séville, le transfert NTSC présenté ici en est un obtenu par un transcodage de la version PAL en zone 2. Nous nous retrouvons inévitablement avec le principal défaut d’un transfert en PAL, c’est-à-dire une accélération de l’image passant de 24 images/seconde à 25 images seconde, ce qui a pour principal et majeur effet de créer des dédoublements à l’image ainsi qu’une impression de flou. Mais étrangement, le rendu n’est pas aussi désastreux que l’on aurait pu prétendre. Effectivement, les principaux défauts de cette méthode de transcodage sont visibles, mais le résultat a déjà été bien pire. Sinon, les autres éléments du transfert sont très bien rendus. Le niveau de détails et de textures offert est adéquat et surtout découle de la méthode de transcodage alors que le rendu des couleurs est absolument impeccable. La photographie très grise et bleue (pour mieux témoigner de la mélancolie des personnages) est fidèlement reproduite grâce à des couleurs riches, précises bien délimitées. Les contrastes sont aussi correctement gérés évitant tout problème de brillance. Quant aux dégradés, ils sont aussi fluides et précis offrant de très belles parties sombres qui sont ici très nombreuses (scènes de nuit). Finalement, ce sont des noirs purs et profonds qui complètent ce transfert.

La partie numérique se sauve logiquement de tout problème majeur étant donné la présence quasie-unique du métrage sur le disque.



Son
Une seule bande son est offerte et elle est disponible au format Dolby Digital 5.1 en version originale française.

Heureusement, le mixage multicanal est ici très satisfaisant. Pour un genre comme la comédie musicale, le dynamisme et la présence sont tout à fait excellents et adaptés au genre présenté ici. L’exploitation de l’environnement sonore est aussi particulièrement riche. Alors que les ouvertures frontale et latérale laissent passer la majorité des éléments sonores, les enceintes arrière jouent un rôle crucial en ce qui à trait aux ambiances, plus particulièrement lors des numéros musicaux pendant lesquels les sons ambiants cachent, sans enterre, une partie de la mélodie. Évidemment, il s’agit d’une volonté stylistique et non pas d’un défaut du mixage. Les dialogues demeurent constamment et parfaitement intelligibles alors que cette bande son, si importante ici, est parfaitement intégrée au mixage tout en comptant sur un support très solide de la part du canal de basses fréquences qui gronde avec une belle profondeur lorsque ces dernières sont sollicitées. Logiquement, les extrêmes graves le sont beaucoup moins, pour ne pas dire presque pas du tout, alors inutile de s’y attarder.

Il y a option de sous-titrage en anglais.



Suppléments/menus
Malheureusement et furieusement, seule la bande-annonce du film est disponible sur cette édition. D’autant que nos cousins français ont eu droit à une édition double garnie de suppléments (commentaires de Christophe Honoré et Alex Beaupain, documentaires sur le tournage et l'enregistrement des chansons, etc.). Dommage.



Conclusion
Sélectionné en compétition officielle à Cannes, Les chansons d’amour est une délicieuse comédie musicale à la fois nostalgique par ses références cinématographiques et moderne dans le portrait peint de ses personnages. Et dans les deux cas, le cinéaste Christophe Honoré a su se distinguer par un style visuel qui épouse le tempérament mélancolique de ses personnages ainsi que par les chansons, signées par Alex Beaupain, qui sont à la fois simples, riches, légères et sombres. Ce qui en résulte est une œuvre touchante, belle et universelle.

Une belle occasion manquée pour Séville. Le transfert NTSC a été obtenu par le transcodage de la version PAL, alors inutile de mentionner qu’il s’agit de la première grande déception, surtout lorsque l’on sait qu’il est possible d’obtenir un transfert NTSC d’un film européen par d’autres moyens. L’autre déception majeure est évidemment l’absence totale de suppléments (ou presque, pour peu que l’on considère une bande-annonce comme un supplément) alors que l’édition zone 2 en est particulièrement garnie. Heureusement, il reste le mixage audio qui nous permet d’apprécier le magnifique travail d’Alex Beaupain sur les chansons du film. À posséder seulement et uniquement pour l’œuvre, raison qui se justifie amplement d’ailleurs !



Qualité vidéo:
3,0/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
0,5/5

Rapport qualité/prix:
3,2/5

Note finale:
3,0/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2008-08-05

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Toshiba 27A43C, Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Chansons d'amour, Les

Année de sortie:
2007

Pays:

Genre:

Durée:
100 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Films Séville

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Bande-annonce

Date de parution:
2008-06-17

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