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Fabuleux destin d'Amélie Poulain, Le

Critique
Synopsis/présentation
Tout a été dit, ou presque sur Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain. Tout d’abord, par le créateur lui-même, Jean-Pierre Jeunet, qui a expliqué ses intentions un nombre incalculable de fois et par les critiques et autres cinéphiles plus ou moins avertis, qui ont décortiqué le film en long, en large, en travers, en passant par le dessus, le dessous et en le contournant par la Laponie. Le film a été, essentiellement, mis dans le tiroir des films à l’eau de rose qui vous laisse avec un sourire béat, le cerveau remplit de pensées dignes d’un bisounours, un film que l’on consomme passivement. Pourtant Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain est plus que cela et mis en contexte il prend une tout autre dimension. En effet, il représente une France perdue à laquelle aspire une génération naufragée. Il est arrivé à point pour soulager un pays morose qui se complait dans sa mélancolie en pensant à « la révolution », mai 68, faite par leurs parents. L’œuvre de Jean-Pierre Jeunet est l’illustration de ce à quoi ils aspirent, la victoire des petits, des sans le sous, des étranges, sur la bêtise perçue de la population « bien-pensante » toute puissante. Le film a été largement perçu comme une légitimation de ces sentiments, un droit d’être rêveur, inadapté et marginal.

Mais avant tout, Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain est une histoire charmante, avec des personnages sympathiques et attachants. On y raconte le parcours initiatique et romantique d’une jeune fille qui jusqu’alors n’avait aucun but précis dans la vie. Un conte de fée moderne en quelque sorte, en plus doux et probablement plus reposant pour nos cœurs aigris et durcis par la vie moderne, deux heures de pause dans nos vies artificiellement accélérées. Ce film mérite qu’on arrête de le décortiquer et de l’analyser pour le prendre et l’apprécier tel quel, sans fioritures, sans arrières pensées, sans agenda.

La photographie léchée de Jeunet, le travail minutieux, certain le qualifieront de névrotique, de construction, morceaux par morceaux, de cet univers si particulier donne un résultat particulier, une ambiance « Jeunesque » qui ne trompe pas et est facilement identifiable. On y retrouve les fétiches de casting du réalisateur ; les gueules, notamment Dominique Pinon et Rufus, sont omniprésentes, accompagnées, des excellent Mathieu Kassovitz (plus connu pour avoir réalisé La Haine, Les Rivières Pourpres et Gothika entre autre), Jamel Debbouze et de l’extraordinaire Audrey Tautou qui offre une composition remarquable dans le rôle d’Amélie.

Ce film ayant introduit le cinéma francophone à de nombreux spectateurs des nouvelles générations autour du monde, est probablement un excellent choix pour démarrer la toute nouvelle ligne de produits au format Blu ray de TVA. Un bon choix, oui, si le travail avait été fait avec soin et goût, ce qui n’est malheureusement pas le cas. Nous y reviendrons dans les autres parties de cette critique.



Image
Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain nous est présenté au format original de 2.35:1 dans un transfert à la résolution de 1080i et encodé au format AVC. On ne fera pas de suspens inutile, ce transfert est très loin d’un transfert de référence, en fait il se rapproche par moment de la qualité de ce qu'on peut obtenir d'un très bon DVD…

La source est récente, le film a été tourné en 2001, et ne présente donc aucun problème de points noirs, de dégradations ou autre problème typique des sources plus anciennes. Cependant, la définition générale de ce transfert est médiocre. N’oublions pas que nous parlons de haute définition ici et que les attentes sont très élevées, ce qui est livré déçoit terriblement. Alors que le standard de l’industrie est le transfert 1080p, TVA s’entête à faire ceux-ci en 1080i, un choix incompréhensible et qui n’aide pas la qualité d’image de cette édition, les plus avertis remarqueront quelques ruptures de fluidité bien pénibles dans les panoramiques. Le niveau de l’image est à peine au dessus d’un bon transfert DVD par moment, on y retrouve quelques traces de surdéfinition de contour et même une certaine vibration dans les tons rouges vifs, une caractéristique du NTSC de définition standard…

Nous n’iront pas plus loin, vous aurez compris que ce transfert n’est pas bon du tout, un HTPC calibré avec soin pourrait probablement vous donner une image d’une qualité approchante sur un écran HD à partir de l’édition DVD.



Son
L’édition Blu-ray d’Amélie Poulain nous propose la bande-son originale française aux formats Dolby Digital et Dolby Digital HD. Aucune option de sous-titrage n’est offerte. C’est pour le moins minimal, mais devrait être adéquat pour le marché Québécois. On aurait cependant apprécié un sous-titrage pour les sourds et malentendants (ou quelque soit la façon politiquement correcte de décrire l’option actuellement à la mode).

Ce minimalisme épicurien se retrouve aussi dans la qualité du travail, on n’a pas pris le risque d’en faire trop, bien au contraire… En fait, pour certain la bande-son s’avérera à la limite du tolérable ; elle présente par moment une désynchronisation légère, mais très perceptible, qui rend le visionnement pénible. Si une telle erreur est compréhensible sur des vidéos amateurs ou même à l’extrême limite pour des petits studios « professionnels », elle est intolérable pour un acteur du calibre de TVA. Ce n’est certainement pas ainsi qu’on pourra faire la promotion de la langue française. Le niveau de qualité purement sonore de cette édition est cependant tout à fait correct mais nous n’irons pas plus loin dans l’analyse de cette bande son, même si celle-ci était digne des standards audiophiles les plus extrémistes elle n’en serait pas plus supportable. Il faut avouer que nous sommes confondu par ce problème, d’autant qu’il semblerait que d’autres Blu-ray de TVA en soient victimes.

Il serait probablement temps de revoir les relations avec la sous-traitance ou mettre un peu plus de moyens dans ces éditions haute-définition…



Suppléments/menus
Les responsables des suppléments étaient probablement des disciples d’Épicure eux aussi, on ne fait pas dans le luxe débridé, c’est le mois qu’on puisse dire. Ceux présents sur cette malheureuse édition ne sont que des resucées de l’édition DVD de base disponible depuis déjà quelques années. Ils n’ont même pas été adaptés à la qualité du nouveau support et s’est avec un certain choc qu’on les découvre. La qualité d’image est assez faible.

L’intérêt des suppléments eux-mêmes est sujet à débat, ceux-ci étant déjà tous disponibles dans l’édition de collection mise en vente il y a déjà quelques années de cela. Cependant l’indisponibilité de celle-ci actuellement est un argument en leur faveur. C’est une bonne idée d’avoir inclus ceux-ci dans la seule édition du film facilement trouvable. Les suppléments de l’édition de collection n’ont pas tous été inclus mais le choix est intelligent et ce sont globalement les bouts les plus intéressants qui sont présents. On y trouve une série d’essais des acteurs principaux, une séance de question-réponse amusante qui se déroula lors de la présentation du film à Lille, une interview du réalisateur Jean-Pierre Jeunet, un « Making Of » intéressant et assez spécial dans son formant et finalement quelques délires amusants de l’actrice principale. Un ensemble assez divertissant pour ceux qui ne l’ont pas déjà visionné.

On finira malheureusement encore sur une note négative, si l’inclusion de publicité au démarrage du disque est compréhensible d’un point de vu économique sur un marché aussi petit que celui du Québec, même si nous jugeons la pratique exécrable, il n’en est pas de même du fait que les menus n’apparaissent pas si vous avez l’audace de vouloir passer cette dernière… En effet, si vous sautez l’insupportable bande annonce qui accueille sans finesse le téléspectateur, vous vous retrouvez au sein une boucle vidéo dans laquelle vous ne pouvez rien faire, le menu du DVD n’apparaît tout simplement pas… Un bug du disque. On en vient à se demander si cette édition a été visionnée avant sa mise en marché.




Conclusion
Si TVA nous avait offert un sensationnel coffret DVD de collection lors de la sortie du film au Québec, il n’en est très nettement pas de même pour l’édition Blu-ray. Celle-ci est bâclée, mal ficelé et n’a de toute évidence pas eu droit au moindre contrôle de qualité. Elle est bourrée d’erreurs impardonnables qui démontrent un manque de sérieux qui est étonnant de la part de gens qui se disent des professionnels. Il est certain que les droits d’acquisition du film ont du être un lourd fardeau pour la division divertissement de TVA mais cette édition, disons le carrément, minable, n’aide pas la réputation de l’éditeur.

La déception est grande, ce Blu-ray est loin d’être à la hauteur des éditions précédentes. Nous conseillons de s’en tenir le plus loin possible.



Qualité vidéo:
2,0/5

Qualité audio:
2,0/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
2,0/5

Note finale:
2,0/5
Auteur: Pascal Cauden

Date de publication: 2008-10-21

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Toshiba 50HX70, Amplificateur Denon 3801, Enceintes Energy XL-26(x2), XL-C, XL-R (x4), Caisson d'extrêmes graves Klipsch KSW 12, HTPC media portal et PS3.

Le film

Titre original:
Fabuleux destin d'Amélie Poulain, Le

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
122 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
TVA Films

Produit:
Blu-ray

Nombre de disque:
1 BD-25

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
-

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Française Dolby TrueHD 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:

Suppéments:
Essais des acteurs, Présentation à Lille : La tournée de l'équipe du film, Interview du réalisateur Jean-Pierre Jeunet, « Making Of », Les fantaisies d'Audrey Tautou

Date de parution:
2008-09-02

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