Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Thirteen

Critique
Synopsis/présentation
C'est suite à une expérience traumatisante que la jeune Nikki Reed (co-scénariste et actrice de Thirteen) s’est investie dans l'écriture de ce récit. Une histoire franchement déconcertante sur l'accession de l’adolescence qui a vraisemblablement servi d’exutoire à sa jeune auteure. Comment pourrait-il en être autrement, parce que Thirteen est à des années lumières du conte de fée typique dans lesquel les adolescents découvrent les vertus d'une vie morale. Et le fait que le scénario ait été pondu par une jeune adolescente elle-même est d’autant plus troublant que les événements du film ne nous apparaissent que plus crédibles, plus « vrais ». Et plus inquiétants aussi. La jeunesse d'aujourd’hui est-elle si corrompue, si instable et autant à la recherche d'elle même ? Thirteen soulève des questions chocs qui ébranlent mais qui sont essentielles et qui vont bien au-delà du portrait édulcoré généralement présenté par le cinéma hollywoodien.

L'histoire relativement simple de Thirteen gravite autour du personnage de Tracy (Evan Rachel Wood). Âgée tout juste de 13 ans, la jeune fille n’a qu’un soucis dans la vie, celui d’être remarquée et aimée. Le hic, c'est que Tracy est une fille bien ordinaire qui se fond dans la masse. Inversement, Evie (Nikki Reed) est une jeune extravertie qui se targue d’être la plus populaire de l’école. Elle est belle, s’habille sexy, et fait l’envie de tous, y compris de Tracy. N'hésitant pas à laisser tomber ses propres amies pour développer une amitié improbable avec Evie, Tracy découvrira en sa compagnie un monde dont elle ignorait l’existence et dans lequel se côtoient drogues, sexe et délits.

Au risque de se répéter, Thirteen n'a rien du conte de fée. L.univers dans lequel sombre la jeune Tracy pour ressembler à son modèle n’a rien pour rassurer les parents d'adolescents. Les jeunes filles sautent prématurément et à pieds joints dans un monde hétéroclite réservé aux adultes dans l'espoir de se frayer un chemin dans la société. Elles recherchent l'admiration et l'acception, et lorsque celles-ci proviennent des plus vieux, elles n'en sont que plus gratifiantes. Étape par étape, elles sombreront dans les vices les plus graves, et ce au grand désarroi de leur famille impuissante. Catherine Hardwicke, qui signe ici son premier film, n’a pas hésité à montrer ses deux protagonistes dans les pires situations et ce de façon très graphique. Le malaise qui en résulte n’en est que plus grand. La réalisatrice évite également le piège de la contemplation voyeuriste en adoptant un style nerveux et inspiré qui la distancie de son sujet tout en donnant beaucoup d’expression à sa réalisation. La caméra nerveuse évoque parfaitement bien l’instabilité et la confusion qui caractérise ses personnages. Les angles sont nébuleux et désaxés, les mouvements sont maladroits et les cadrages sont imprécis, tout cela pour mettre en relief les aventures des deux jeunes filles. La réalisatrice a également su faire bon usage d’une photographie très stylisée qui marque l’évolution (ou plutôt la détérioration) de l’état d’esprit du personnage principal. Plus Tracy sombre dans le vice, plus les couleurs perdent leur saturation et plus des dominantes froides (bleu, vert) teintent l’image.

La réalisatrice a également eu la chance d’être entourée d’une très solide équipe d’interprètes. Evan Rachel Wood est absolument saisissante dans le rôle de Tracy. Son jeu est nuancé, intense et intelligent. Malgré son jeune âge, la comédienne démontre une belle maturité. Dans le rôle de la mère impuissante, Holly Hunter joue juste et avec sensibilité. On reprochera seulement au film quelques maladresses, par exemple le tout dernier plan avant le générique ainsi que quelques énormités dans le scénario. En effet, à force de vouloir choquer les scénaristes ont peut-être un peu dépassé les bornes à quelques occasions, quitte à tomber dans la caricature.


Image
Ce film nous est présenté au format respecté de 1.85:1 et d'après un transfert 16:9. À noter qu’un transfert plein cadre (1.33:1) est également disponible sur la deuxième face du disque.

Dans l'ensemble, la qualité de ce transfert est très bonne. Si l’image semble souffrir d'une forte présence de grain, il s’agit là simplement d’une caractéristique attribuable à la pellicule 16mm employée pour tourner le film. Le transfert tire le maximum du matériel source et offre une image texturée et précise, en considérant bien entendu que la pellicule 16mm offre un niveau de détail moindre que la 35mm. Il est beaucoup plus périlleux de critiquer le rendu des couleurs puisque ces dernières résultent d'une photographie souvent très stylisée dont les dominantes sont très prononcées. Tantôt riches et saturées, tantôt quasi-monochromatiques et froides, la palette de couleurs fluctue constamment tout au long du film. Notons à tout le moins qu’il n’y a aucun débordement ni même de fourmillement à déplorer. L’image est bien contrastée, tandis que le niveau des noirs est correctement ajusté. Les parties sombres offrent des dégradés relativement précis qui ne bloquent que très rarement. La pureté et la profondeur des noirs sont exemplaires, on ne remarque que très peu de fourmillement ça et là.

L'interpositif employé pour le transfert, probablement un gonflage 35mm de la pellicle original 16mm, était dans un excellent état. Seuls quelques rares points blancs sont à déplorer. Une bonne nouvelle on ne remarque aucune sur-accentuation des contours excessive.


Son
Cette édition propose un choix de trois bandes-son différentes : une anglaise (Dolby Digital 5.1), une française (Dolby Surround 2.0) et une espagnole (Dolby Surround 2.0). Des sous-titres anglais et espagnols sont également disponibles.

Le mixage multi-canal anglais est plutôt étonnant, surtout en considérant le genre du film et son budget très limité. Cette bande-son est d'une présence et une profondeur étonnante. Le champ-sonore est immersif, grâce notamment à une utilisation intelligente de tous les canaux disponibles ainsi qu'à un positionnement sans faille des éléments sonores. Les canaux d’ambiophonies sont employés avec subtilité et retenue, uniquement pour créer l'ambiance ou pour intégrer la musique. Cette dernière démontre une belle profondeur et est d'une fidélité irréprochable. Le film reposant essentiellement sur des dialogues, il était impératif que ceux-ci soient toujours naturels, nets et intelligibles, ce qui est ici sans problème. Surprenantes, les basses sont intenses et ponctuent intelligemment la musique ainsi que les moments les plus forts du film. Le canal .1 (LFE) est sollicité uniquement lorsque nécessaire.

En résumé, voilà un mixage respectueux du film qu’il sert et qui ne sombre jamais dans l’excès.


Suppléments/menus
Les suppléments déçoivent de par leur quantité, leur qualité et aussi de par le fait qu'ils sont dispersés sur les deux faces du disque.

Vous retrouverez une piste de commentaires audio animée par la réalisatrice et co-scénariste Catherine Hardwicke, l’actrice et co-scénariste Nikki Reed ainsi que les acteurs Evan Rachel Wood et Brady Corbet. Peut-être est-ce dû au jeune âge de la plupart des participants, mais cette piste manque drastiquement de sérieux. Les intervenants s’amusent à se remémorer quelques anecdotes un peu futiles tout en soulignant de temps à autres leurs moments préférés du film. La réalisatrice offre bien quelques informations intéressantes sur les difficultés de produire un film indépendant, mais c’est trop peu pour maintenir l’intérêt durant les quelques 99 minutes que durent le film.

Un court (6 mins.) segment promotionnel est également offert, mais il ne s’agit ni plus ni moins que d’une longue publicité parsemée d’entrevues sans intérêt. On y fait que résumer l’histoire, et tout au plus les personnages sont-ils présentés. Guère mieux sont les dix scènes coupées, qui ne sont en général que de brefs moments retirés de scènes présentes dans le film. Dans une piste de commentaires optionnelle, la réalisatrice répète à chaque fois que ces moments ont été supprimés pour vivifier le film dans sa structure. Finalement, une bande-annonce du film est également offerte.



Conclusion
Thirteen est un film choc qui fit sensation lors de son passage au festival de Sundance en 2003 et qui vaut la peine d'être vu. Il s'agit en quelque sorte du parfait antidote aux sempiternels et insipides films pour adolescents produits à Hollywood chaque année. La qualité technique de cette édition est remarquable, du moins en ce qui concerne l'excellente qualité d’image et la surprenante bande-son. La seule véritable faiblesse de cette édition réside dans les suppléments qui sont peu nombreux et de faible qualité.


Qualité vidéo:
3,9/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
2,0/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,3/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2004-01-27

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Thirteen

Année de sortie:
2003

Pays:

Genre:

Durée:
99 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-10 (double face, simple couche)

Format d'image:
1.85:1 et 1.33:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround
Espagnole Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, dix scènes coupées, segment promotionnel et bande-annonce

Date de parution:
2004-01-27

Si vous avez aimé...