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DVDEF

Nil by Mouth

Critique
Synopsis/présentation
Gary Oldman est le fabuleux acteur qui s'est fait connaître du grand public par nombre de rôles où son intensité et sa folie sous-jacente font des merveilles dans des films comme : State of Grace de Phil Joanou (1990), Dracula de F.F Coppola (1992), Romeo is Bleeding de Peter Medak (1993), Leon de Luc Besson (1994), Immortal Beloved de Bernard Rose (1994).
Il signe avec Nil by Mouth son premier et pour l'instant seul projet en tant que réalisateur.

On y suit l'histoire de Valerie (Kathy Burke), une jeune mère de famille de la pauvre banlieue londonnienne qui tente de rester digne en dépit d'un époux, Ray (Ray Winstone) alcoolique et drogué, d'un jeune frère, Billy (Charlie Creed-Miles) drogué également. Elle peut compter sur l'aide de sa courageuse et inflexible mère, pour la protéger de la violence de son époux.

Sur cette trame familiale simple mais éprouvante, Gary Oldman nous parle de lui, de sa jeunesse, des problèmes auxquels il a été confronté, du courage de nombreuses femmes et au final de la puissance des liens familiaux.
Les personnages de Valerie et de Ray sont remarquablement écrits car ils ne sont jamais "plombés" par un excès de pathos ou de méchanceté gratuite. Ils sont simplement huamins l'un comme l'autre et même si Ray représente un spécimen particulièrement pitoyable de père de famille, une fois que l'influence de l'alcool et des diverses drogues qu'il absorbe est évanoui, il se révèle être un homme plutôt agréable et Oldman n'en fait jamais un monstre irrattrapable (même si sa violence contenue est toujours à fleur de peau). De même, le personnage de Valerie n'est jamais glorifié, elle reste faillible et même si elle n'a rien fait pour mériter un tel traitement, Oldman la place au même niveau que Ray. Le reste des personnages est construit sur le même moule, présentant chacun leurs bons comme leurs mauvais côtés.

Oldman souligne bien par son scénario et sa mise en scène, la force des femmes dans cette société profondément machiste et surtout leur espoir inflexible en des lendemains meilleurs malgré les conditions de vie très difficiles qui sont les leurs. Cet hommage est rendu de façon subtile, sans forcer le trait et elle n'en prend du coup que plus de poids. Ce n'est ni en enfonçant les hommes ou en glorifiant les femmes qu'il arrive à ses fins mais simplement en tentant de retranscrire la réalité qu'il a connu durant son enfance. La drogue et l'alcoolisme de tous les jours sont clairement montrés du doigt comme les mauvais remèdes au chaos incroyable dans lequel vivent les protagonistes, mais non comme sa cause. Il ne met à aucun moment en cause les autorités de son pays, leur politique ou un quelconque marasme économique, mais "responsabilise" ses héros ou du moins leur rejette clairement la faute dessus quant aux situations émotionnellement hypertendues dans lesquelles ils se sont eux-même empêtrés.

La photographie et la mise en scène sont toutes les deux réfléchies afin de rendre au maximum en sentiment de réalité tangible, mais presque enlaidies et débarrassées de tout le "glamour" qu'aurait pu lui donner une photographie classique et une mise en scène uniquement illustratrice. Le réalisme sale de la photographie, le sentiment d'urgence et de proximité degagés grâce à une excellente utilisation de la caméra à l'épaule, font que l'expérience proposée par Oldman n'a certes rien pour être agréable mais offre une vraie vision de ce monde et montre surtout un réalisateur capable de s'effacer derrière son sujet. La superbe musique d'Eric Clapton apporte heureusement un peu d'espoir malgré son côté profondément mélancolique.

Voici donc un film courageux, à la réalisation soignée et efficace mais discrète, qui donne un portrait sans concession d'une certaine façon de vivre en Angleterre et qui malgré toute sa noirceur, se termine de façon vraiment convaincante sur une note heureusement optimiste. Ce remarquable coup d'essai très personnelle fait attendre avec impatience une autre incursion de grand acteur derrière la caméra.


Image
L'image est présentée au format respecté de 1.78:1 d'après un transfert 16:9.
La définition générale est de bonne qualité, conforme à ce que l'on est en droit d'attendre d'une petite production de 1997. L'interpositif est propre, présentant tout de même quelques rayures à intervalles réguliers, mais surtout un grain étonnamment présent. Cependant au vu de l'oeuvre elle-même et de la volonté de Gary Oldman de filmer réaliste et "sale", ce grain n'est a priori pas imputable au transfert et s'avère de toute façon bénéfique à l'ambiance de l'oeuvre.
Les couleurs assez particulières de la photographie sont bien retranscrites et rajoutent à l'image un aspect quotidien et sombre. Elles sont naturelles, constantes et correctement saturées.
Le contraste est bien géré, éliminant les brillances.
Les nombreuses scènes en basse lumière ou de nuit son impeccablement restranscrites grâce à des noirs purs et profonds.
La partie numérique du transfert ne crée aucun défaut artificiel repérable immédiatement.

Un transfert qui pourra paraître décevant à certains, mais s'il n'atteint certes pas des sommets qualitatifs, il remplit cependant parfaitement son office en restituant une ambiance quotidienne et sinistre clairement voulues par le réalisateur.


Son
La seule bande-son disponible sur cette édition est en Anglais (Dolby Digital 2.0 surround).
Sa dynamique est limitée uniquement par son format pour lequel elle s'avère de qualité. Sa présence et sa spatialité ne peuvent certes pas rivaliser avec une piste multicanal mais lorsque la situation l'exige, le rendu des ambiances est de qualité (mais seulement lorsque nécessaire).
La belle musique d'Eric Clapton est superbement restituée et parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
C'est d'ailleurs elle qui profite le plus de l'utilisation restreinte des enceintes arrières qui lui donnent par moments une belle ampleur. Les scènes d'ambiance utilisent peu les enceintes arrières mais toujours de façon efficace à défaut d'être démonstratrice.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et ne présentent aucun signe de distortions ou parasites et ce même à fort volume.
Les basses fréquences sont limitées par le style de l'oeuvre elle-même, mais lorsque la musique ou quelques ambiances l'exigent elles sont présentes et relativement efficaces pour une bande-son en Dolby Surround.
Les sous-titres ne sont disponibles qu'en Anglais.
Une bande-son qui aurait sans aucun doute gagné à être remixée en multicanal mais dont cette version en Dolby Surround s'avère réussie et amplement satisfaisante vu l'environnement sonore de l'oeuvre, permettant au spectateur suffisamment d'immersion dans ce quotidien sinistre.


Suppléments/menus
Une section vide de segments concernant le film hormi une bande annonce. Sont également proposées 3 autres bandes-annonces (Once Upon A Time In The Midlands, Last Orders et Mute Witness).
Il est vraiment dommage qu'un commentaire audio n'ait put être enregistré par Gary Oldman tant on sent à travers le film qu'il exorcise son passé.



Conclusion
Une édition basique qui remplit néanmoins parfaitement son contrat et ce aussi bien au niveau image que son.

Il s'agit d'une oeuvre rude et sans aucunes concessions qui pourra choquer et rebuter plus d'un spectateur. Gary Oldman y met en images ses vieux démons et nous parle de sa difficile jeunesse à travers cette oeuvre très autobiographique de son propre aveu.
Le fait qu'il ait vécu personnellement ce type de situations est clairement visible à travers son amour pour ses personnages quels que soient les actes odieux ou la resistance héroique dont ils font preuve. Le témoignage sur un certaine façon de vivre en Angleterre est proprement boulversant tant il paraît juste et objectif, à la grande différence de bien des tentatives similaires.
Un film poignant et puissant qui n'est clairement pas à mettre devant tous les yeux mais nous permet de découvrir un metteur en scène doué chez cet acteur à fleur de peau.


Qualité vidéo:
3,3/5

Qualité audio:
3,6/5

Suppléments:
1,0/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2004-01-13

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Nil by Mouth

Année de sortie:
1997

Pays:

Genre:

Durée:
119 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Columbia Tristar

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.78:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
-

Date de parution:
2003-12-23

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