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DVDEF

Swimming Pool (édition canadienne)

Critique
Synopsis/présentation
Après Gouttes d'Eau sur Pierres Brûlantes et Huit Femmes, Swimming Pool est le troisième film de François Ozon mettant en scène la jeune actrice française Ludivine Sagnier, et le second, après Sous le Sable mettant en scène Charlotte Rampling. Le fait que le réalisateur connaisse bien les deux actrices principales de ce film a sans aucun doute contribué à sa réussite.

L'histoire est celle de Sarah Morton (Charlotte Rampling), auteur de romans policiers à succès, qui, sur l'invitation de son éditeur et amant, John Bosload (Charles Dance), va s'isoler dans la maison de campagne de celui-ci, en Provence, afin de se reposer et de tenter de trouver l'inspiration pour un nouveau roman. Après un début de séjour qui semble parfait, l'arrivée de Julie, la fille de Bosload (Ludivine Sagnier), dont le caractère et le comportement aux antipodes de ceux de Sarah va complètement mettre à mal les vacances de cette dernière. Sans aucun égard pour Sarah, Julie va vivre sa vie librement, allant jusqu'à ramener ses multiples conquêtes masculines dans la maison. Choquée et gênée au début, Sarah va bientôt devenir curieuse, avant de développer une réelle fascination pour Julie. Elle commence à l'espionner, à écrire à son sujet, et va jusqu'à lui voler son journal intime pour en savoir plus.

Cette fascination va mener Sarah à modifier son comportement afin de mieux connaître Julie, et c'est à partir de ce moment que l'histoire se complexifie, devenant ce que de nombreux critiques ont qualifié de thriller sensuel. Julie devient la muse de Sarah, et va le découvrir, ce qui va complexifier d'autant leur relation et va faire que chacune va influencer l'autre. La secone partie du film, si elle est inquiétante, ne laisse absolument pas supposer la fin, que nous ne dévoilerons pas ici, et qui a le mérite certain d'entraîner dans l'imagination du spectateur stupéfait les théories les plus échevelées. Il est d'ailleurs tout à fait conseillé de revoir le film une seconde fois après avoir subi le choc de cette fin inattendue.

Comme toujpurs avec Ozon, la réalisation est simple et efficace, et est ici servie par une belle photographie mettant agréablement en valeur les paysages ensoleillés du Lubéron et les formes de Ludivine Sagnier. Les amateurs de films bilingues seront aussi comblés, car si le film a été tourné principalement en Anglais, de nombreuses phrases des dialogues sont échangées en Français, avec, dans le cas de Charlotte Rampling (qui est parfaitement bilingue), une exagération de son accent Anglais tout à fait sympathique.

L'excellent scénario, l'interprétation de très haut niveau (facilitée par l'habitude des deux actrices de travailler avec François Ozon) et la réalisation tout à fait efficace font de Swimming Pool un film intelligent et savoureux qu'il serait bien dommage de ne jamais avoir vu.


Image
L'image est proposée au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert 16:9.

Comme pour d'autres éditions de films Français par un éditeur Canadien (on repensera notamment au désastreux 8 Femmes, du même François Ozon, chez le même éditeur), le transfert NTSC a été obtenu par un simple transcodage d'un transfert en PAL. Si les défauts dûs au transcodage sont moins criants que pour 8 Femmes, ils sont tout de même visibles. Ajoutons à cela le fait qu'avec de telles méthodes on récupère les défauts d'un transfert PAL (film accéléré de 4% de 24 à 25 images/seconde, ce qui entraîne de plus un changement de tonalité perceptible du son qui n'est pas toujours corrigé) sans les avantages (définition verticale de 576 lignes en PAL au lieu de 480 en NTSC). Il est à noter, pour les possesseurs de PC ou de lecteurs DVD à balayage progressif, que le résultat peut varier énormément d'une solution à l'autre sur ce genre de matériel. Ainsi un lecteur DVD équipé d'une puce de désentrelacement Faroudja (DCDi) a nettement gommé certains artefacts temporels nettement visibles sur PowerDVD.

La définition visuelle de l'image est tout de même dans la bonne moyenne, offrant sur la plupart des plans des détails et textures d'un niveau tout à fait convaincant, qui ne sont que très rarement gâchés par les effets de flous dûs à la méthode de transcodage. Les couleurs sont riches, vives, mais restent naturelles. Les débordements de rouge qu'on a pu remarquer dans 8 Femmes ont fort heureusement été évités ici, nous laissant profiter des couleurs chatoyantes de l'été provençal.

La brillance et le contraste sont correctement réglés et ne souffrent d'aucune fluctuation malvenue sur la durée du film. Les scènes les plus sombres offrent un niveau de détail comparable aux scènes les plus ensoleillées, les noirs sont profonds et ne souffrent d'aucun blocage au niveau des dégradés les plus sombres.

La partie numérique proprement dite est tout à fait dans les normes actuelles. Les artefacts de compression sont rares et ne distraient pas la vision du film, et la surdéfinition des contours est visible mais reste supportable.

Nous avons comparé cette édition avec l'édition américaine proposée par Universal. Si l'édition américaine ne souffre pas de problèmes dûs à un quelconque transcodage PAL-NTSC, l'image n'est cependant pas meilleure car elle souffre de couleurs ternes, de nombreux parasites de compression et surtout d'une inexcusable suraccentuation des contours.


Son
Les bandes-son proposées sur cette édition sont la version originale Anglaise au format Dolby Digital 5.1 et le doublage Français au format Dolby Surround 2.0. Il est très étrange de constater que l'édition américaine du film propose une version Française en Dolby Digital 5.1 alors que l'édition disponible au Québec ne la propose pas.

S'agissant d'un thriller psychologique, le film repose essentiellement sur les dialogues. Pas de dynamique excessive donc, mais elle reste cependant tout à fait adéquate, avec une présence tout à fait convaincante. Il ne faut pas non plus être surpris du fait que le champ sonore se développe rarement au-delà des enceintes avant. Les enceintes arrières sont donc rarement utilisées, et le sont pour des effets d'ambiance assez réussis dans l'ensemble. Les rares effets de transition sont eux aussi d'un bon niveau.

L'intégration des éléments composant cette bande-son est globalement tout à fait réussie. Les dialogues, qui sont l'élément le plus important de celle-ci, sont toujours parfaitement intelligibles. La trame sonore, si elle a moins d'importance que les sons d'ambiance, est elle aussi bien intégrée et démontre profondeur et fidélité. L'utilisation des fréquences d'extrême-graves est bien évidemment complètement anecdotique, il est donc inutile de s'attarder sur le sujet.

Il est bien dommage que la version française proposée sur cette édition ne bénéficie pas du même format que la version originale. La séparation des canaux est bien évidemment sans comparaison avec la version Dolby Digital 5.1.


Suppléments/menus
Les suppléments offerts sur cette édition "Signature" sont en nombre et de qualité corrects, sans plus. Les premières options du menu sont le bande-annonce du film (3:34) et une galerie d'autres bandes annonces de films disponibles dans la même collection chez Séville : 8 Femmes (1:28), Talk To Her (1:31) et l'ignoble Vidocq (1:49).

Le supplément suivant est un montage de scènes coupées (12:42), découpé en quatre chapitres. Ces scènes sont d'un intérêt franchement inégal, un des chapitres étant même une succession de plans non montés. Pour les autres, on comprend tout à fait que leur présence n'aurait rien apporté de plus au film.

Le supplément le plus intéressant du disque est le documentaire, qui est en fait un montage d'entrevues du réalisateur et des deux actrices principales. Ce documentaire a été tourné en Anglais (26:06) et en Français (31:00). Les commentaires des trois intervenants de ce documentaire couvrent principalement l'aspect le plus important de ce film, qui est le travail et les relations entre le François Ozon et les deux interprètes.

Notons aussi qu'une galerie de photos, d'une qualité assez moyenne, est aussi proposée.



Conclusion
Si cet excellent film aurait mérité une meilleure qualité d'image, on est tout de même loin des horreurs constatées sur 8 Femmes. il est tout de même navrant de constater qu'alors qu'il existe des méthodes permettant d'obtenir une qualité presque impeccable même à partir d'un transfert PAL, elles ne soient pas utilisées. On regrettera aussi l'absence de la version française multicanaux pourtant disponible sur l'édition américaine du film. Malgré ces défauts, la qualité du film, et le fait qu'il soit intéressant de le voir plusieurs fois, fait que les amateurs pourront l'intégrer sans honte dans leur vidéothèque.


Qualité vidéo:
2,9/5

Qualité audio:
3,2/5

Suppléments:
2,8/5

Rapport qualité/prix:
2,9/5

Note finale:
3,0/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2004-04-20

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Panasonic CT-36D11E / Moniteur ViewSonic P95f, Lecteur DVD Panasonic S25 / PC avec GeForce FX et WinDVD, Récepteur Denon AVR-1602, Enceintes Wharfedale Cinestar 30 (5 Vivendi Modus Cube + 1 PC-8).

Le film

Titre original:
Swimming Pool

Année de sortie:
2003

Pays:

Genre:

Durée:
103 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Films Séville

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Français

Suppéments:
scènes inédites, galerie,
bande-annonces, documentaire

Date de parution:
2004-01-20

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