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DVDEF

Suicide Club

Critique
Synopsis/présentation
Ce film, originellement titré Jisatsu Circle, a été réalisé par Sion Sono, réalisateur Japonais aussi réputé pour ses vidéos porno gay et sa poésie expérimentale. Il s'agit d'un de ces films Japonais extrêmes comme on peut avoir la chance d'en voir dans certains festivals et qui bénéficient assez rarement d'une édition DVD (l'exception à cette règle étant le célèbre Ringu de Hideo Nakata). On ne peut que féliciter TLA Releasing, une société américaine spécialisée dans le film indépendant, d'avoir inclus ce film dans leur très intéressante ligne International Festival, consacrée aux perles trouvées dans les festivals du monde entier. Il est à noter qu'il existe deux éditions de ce film, une censurée et une non-censurée. C'est évidemment la version non-censurée (unrated) qui est l'objet de cette critique.

La scène d'ouverture nous met tout de suite dans l'ambiance particulièrement sanglante du film: sur le quai d'une gare, 54 étudiantes se tiennent par la main et se jettent simultanément sur les rails à l'arrivée d'un train de banlieue. Ce suicide collectif est bientôt suivi par d'autres, dans une vague qui laisse perplexes les policiers chargés de l'affaire. Une mystérieuse jeune fille, qui se fait appeler "la chauve-souris" les contacte et leur signale un site web qui semble tenir une comptabilité des victimes, sous forme de disques alignés (rouges pour les filles, blancs pour les garçons), sur lequel les disques apparaissent avant que les morts ne soient signalées. Tout aussi mystérieuse est l'apparition sur certains lieux de suicides de sacs de sport contenant des rouleaux de morceaux de peau humaine cousus ensemble, dont certaines pièces ont été manifestement découpées sur des victimes avant leur suicide. Et quel est le rapport avec le groupe d'adolescentes idoles de la pop appelé Dessart, dont le succès foudroyant coïncide avec cette affaire ?

Ce film fait irrésistiblement penser à deux autres films japonais particulièrement sanglants: Battle Royale et Audition. Dans Battle Royale (Batoru rowaiaru) de Kinji Fukasaku, le bain de sang est organisé par un général (Beat Takeshi, un pseudonyme de l'acteur-réalisateur Takeshi Kitano) qui oblige des adolescents à s'entretuer sur une Île. Dans Audition (Oodishon) de Takashi Miike, un producteur de télévision (Ryo Ishibashi, qui tient ici le rôle du Détective Kuroda) organise une audition afin de trouver la femme de sa vie, et tombe sur une jeune fille aux tendances sadiques particulièrement affirmées. Comme dans ces deux films, derrière l'intrigue sanguinolente de Suicide Club se cache une critique de la société japonaise, et plus particulièrement dans ce cas du désarroi et de l'influençabilité de la jeunesse de ce pays, notamment sous l'angle de la pop culture. Les personnages du groupe Dessart, des jeunes adolescentes idoles de la pop, et le mystérieux Genesis (Rolly), mélange détonnant du Tyler Durden de Fight Club et du Dr Frank-N-Furter du Rocky Horror Picture Show sont des exemples particulièrement malsains chacun à leur manière.

Malgré des effets spéciaux sanglants parfois approximatifs et inutilement exagérés, il se dégage de ce film une atmosphère prenante et tout à fait particulière, qui culmine dans une scène d'un suspense stupéfiant sur le quai de la station Shinjuku, lieu du premier suicide collectif, et dans la séquence qui la suit immédiatement. La suite du film est malheureusement un peu trop confuse, ce qui gâche quelque peu l'impact d'un film qui avait tous les ingrédients (excellents acteurs, intrigue étonnante avec les indices cryptiques qui échappent naturellement aux policiers trop âgés, séquences-choc stupéfiantes servies par un découpage original) pour avoir un impact aussi inoubliable que ceux des films pré-cités. Malgré ses défauts, ce film est tout à fait impressionnant et a mérité l'excellent accueil que le public lui a réservé lors du festival Fantasia 2003, où il a obtenu le prix du film le plus innovateur.


Image
L'image est proposé au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert 4:3. Un transfert 16:9 aurait été le bienvenu.

L'image est propre, l'interpositif utilisé ne manifestant pas de défaut notable. La netteteé n'est par contre pas aussi bonne qu'elle aurait pu l'être, le télécinéma utilisé pour le transfert étant sans doute assez ancien. Il n'y a cependant rien de catastrophique, et cela est assez habituel pour un film indépendant. Les couleurs sont justes et naturelles, et ne souffrent d'aucun débordement, même dans les scènes les plus violentes où le sang envahit littéralement l'écran.
Le niveau des noirs est mal réglé, peut être à cause du fait que le voltage du noir en NTSC Japonais n'est pas le même que pour le NTSC Nord-Américain, ce qui entraîne une nette différence entre les noirs de l'image et les bandes noires en haut et en bas de l'écran (ceci aurait pu aisément être corrigé). Il reste cependant parfaitement constant tout au long du film, tout comme le contraste, qui subit les conséquences du réglage du noir sans entraîner aucune pointe qui aurait pu faire éclater les hautes lumières.

La partie numérique proprement dite est quand à elle d'un bon niveau, aucune surdéfinition des contours n'est visibles et les parasites de compression se confondent aisément avec le grain de la pellicule, ce qui les rend parfaitement anecdotiques.


Son
L'unique bande-son proposée est la version originale Japonaise en Dolby 2.0 Surround. Des sous-titres Anglais sont incrustés, et donc obligatoires. On ne peut que regretter l'inévitabilité de ces sous-titres et l'absence totale de sous-titres en français.

Si on ne peut pas parler d'expérience immersive, cette bande-son offre une présence relativement convaincante et une spatialité correcte. La séparation des canaux est bien entendue limitée par le fait qu'il s'agit ici d'un format multiplexé et non d'un réel son multicanaux. L'ambiophonie est globalement limitée, le champ sonore se déployant principalement sur les enceintes avant, mais offre tout de même des effets d'ambiance sympathiques.

La trame sonore, qui comprend nombre de morceaux de pop japonaise bonbon, est relativement fidèle et trés bien intégrée. Les dialogues, toujours parfaitement intelligibles, le sont aussi. Si les effets sonores trahissent un budget qui n'a rien d'hollywoodien, ils sont tout de même efficaces et judicieux. Les fréquences en bas du spectre sont généralement peu utilisées, ce qui est habituel pour un film Japonais, et ne bénéficient bien entendu d'aucun canal LFE (.1), inexistant en Dolby Surround.


Suppléments/menus
Les seuls suppléments proposés sont une galerie de photos (qui bénéficient d'une définition visuelle supérieure au transfert du film proprement dit, ce qui est frustrant), et un ensemble de bandes-annonces de films édités sous la même bannière. Les bandes-annonces offertes sont celles de Entre las Piernas (Entre tes Jambes), Figli di Annibale (Les Enfaints d'Hannibal), Les Baigneuses et enfin Suicide Club lui-même.



Conclusion
Si on ne peut que saluer l'initiative de TLA Releasing d'éditer en DVD des films indépendants aussi intéressants que celui-ci, force est de constater que la qualité n'est pas du niveau attendu. On aurait apprécié un transfert 16:9, et une réelle gestion des sous-titres qui aurait permis d'avoir des sous-titres Français en plus des approximatifs sous-titres Anglais proposés avec cette édition. La quai-absence de suppléments est par contre relativement excusable pour ce type de film dont le budget est à des années-lumières des productions Hollywoodiennes.


Qualité vidéo:
2,8/5

Qualité audio:
3,0/5

Suppléments:
2,0/5

Rapport qualité/prix:
2,8/5

Note finale:
2,9/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2003-12-21

Système utilisé pour cette critique:

Le film

Titre original:
Jisatsu circle

Année de sortie:
2002

Pays:

Genre:

Durée:
99 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
TLA Releasing

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Japonaise Dolby 2.0 stéréo

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Galerie d'images et galerie de bandes-annonces

Date de parution:
2003-11-18

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