Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Tigerland

Critique
Synopsis/présentation
Joel Schumacher est vraiment un cinéaste étonnant. Capable du meilleur comme du pire, il a au moins le mérite de varier ses choix en tant que réalisateur. Il n'hésite pas à prendre des risques et à expérimenter dans des genres complètement différents, et ce surtout depuis la déconfiture colossale de Batman & Robin. Il nous a servi depuis deux petits projets indépendant, deux œuvres visiblement personnelles, qui brillent par leur simplicité et qui prouvent hors de tout doute que le cinéaste est d'avantage inspiré dans ce créneau que dans celui des méga-productions hollywoodiennes. Après le très intéressant Flawless, paru il y a un peu plus d'un an, le réalisateur nous offre maintenant sa lecture personnelle de la guerre du vietnam. Et alors que nous avons cru avoir tout vue sur cette guerre, le cinéaste réussis à nous étonner…
S'apparentant plus à la première heure du Full Metal Jacket de Kubrick qu'à Platoon d'Oliver Stone, Tigerland s'intéresse à la vie d'une poignée de soldats lors de leur entraînement en sol américain avant leur exportation au Vietnam. On y suit plus particulièrement les mésaventures de l'anti-héros Roland Bozz, sorte de marginal faisant tout son possible pour s'attirer des ennuis, dans l'espoir d'être banni de l'armé. La principale force du film de Joel Schumacher vient du fait que, bien qu'il s'agisse d'un film de guerre, les scènes d'affrontement guerrier sont pratiquement inexistantes. Le réalisateur évite donc de tomber dans le déjà-vu en ne s'attardant non pas à la " cruauté " maintes fois exploitée auparavant des affrontements sanglants, mais plutôt à l'état psychologique d'une poignée de personnages avant mêmes que ceux-ci n'aient vu la couleur du sang. Il prouve ainsi que les dommages infligés aux soldats apparaissent bien avant l'impact d'une première balle. Non seulement Schumacher relève le pari d'un film de guerre sans violence avec brio, mais il prit également le risque de distribuer tous les rôles principaux à une bande d'inconnus. Le résultat est tout aussi surprenant que convaincant. Colin Farrell, dans le rôle principal, surprend par sa forte présence et son charisme. Le mot circule à Hollywood qu'il s'agirait de la nouvelle coqueluche des réalisateurs. On se l'arrache à ce qu'il paraît et à en juger par ce premier film, on comprends facilement pourquoi. Tout le reste du film agit tout en subtilité, que ce soit par la mise en scène attentive mais anonyme de Schumacher, que par la musique subtile et presque silencieuse de l'apprenti Nathan Larson. Le film ne plaira certainement pas à tous. Après tout le rythme est plutôt lent et les scènes d'action sont réduites à leur minimum. Mais on ne peut que saluer l'effort d'un réalisateur pourtant habituer à de grosses productions sans esprits à donner sa touche subtile à un genre de films qu'on croyait pourtant épuisé en terme d'originalité.


Image
Ce film a été tourné entièrement avec une pellicule 16mm. De ce fait, le niveau de détail y est réduit lorsque comparé au format plus courant du 35mm. Dans les circonstances, ce transfert anamorphique (1.85:1) répond adéquatement au style qu'a voulu lui insuffler son réalisateur. Le grain est omniprésent du début à la fin du film, et les couleurs sont sombres et dé-saturés. Certains plans apparaissent même hors-focale, une technique risquée dans le montage d'un film de fiction, tout comme pour un transfert numérique. Bien que les noirs paraissent solide, plusieurs séquences de nuit souffrent de fourmillement. Avec de telles caractéristiques, il est difficile de juger de la qualité du transfert sans se confondre avec l'aspect cinématographique inhabituel du film. Ces défauts sont-ils voulus ou non ? Par contre, nous pouvons hors de tout doute vous affirmer que ce transfert ne souffre d'aucun défauts ou artéfacts, et aucune sur-définition des contours n'était perceptible.



Son
Deux bandes-son sont offertes sur ce titre, soit deux anglaises en format Dolby Digital 5.1 et Dolby Surround 2.0 respectivement. À l'instar du film lui-même, duquel sont absentes toute forme de scène d'action, ces bandes-son font preuve de beaucoup de retenues. Entièrement au service du film et de ses intentions modestes, la bande-sonore Dolby Digital 5.1 fait abstraction de tout dynamisme, de toute ambiophonie. En fait, bien que ce mixage ait été encodé sur tous les canaux disponibles, son résultat s'apparente bien plus à une bande monophonique (typique aux documentaires). Les basses y sont d'ailleurs tout aussi absentes. Encore une fois, il est difficile de juger d'un tel mixage, car bien que peu dynamique, il semble répondre aux intentions des auteurs et ne semble pas être le résultat d'un travail bâclé.
Pour une rare fois, Fox n'offre aucune bande-son française sur cette édition. Cette situation est explicable par le fait que le film n'ayant jamais été traduit pour une distribution en salles, aucun doublage n'était disponible lors de la production de ce DVD. Bien que cette situation désolante soit compréhensible, à tout le moins aurait-il été possible pour Fox d'inclure des sous-titres français ? Des sous-titres sont pourtant inclus, mais en anglais et en espagnol uniquement.



Suppléments/menus
Le film ayant passé inaperçu dans sa courte vie en salles en automne 2000, on a pris la décision de n'inclure que le minimum de suppléments sur cette édition. Les suppléments sont donc peu nombreux, mais ont néanmoins une certain intérêt, à commencer par la piste de commentaires audio animée par le réalisateur Joel Schumacher. L'homme n'est pas avare de commentaires, et donne plusieurs informations techniques ainsi que ses opinions personnelles sur tout le processus de tournage de son film. Il se fait articulé et les silences sont très limités.
Vous retrouverez également une série de quatre séquences d'auditions qui ont conduit à la sélection Colin Farrell pour le rôle titre. Ces séquences représentent à elles-seules une belle curiosité, mais on aurait aimé qu'elles soient accompagnées d'une forme explicative quelconque, comme une piste de commentaires expliquant le contexte de l'audition ou les résultats conduisant au choix final. Il s'agit à notre avis d'une opportunité manquée.
Finalement, on retrouve la bande-annonce originale présentée en salles, ainsi que quelques publicités destinées à la télévison, en plus d'un court documentaire de quelques minutes aux intentions strictement promotionnel. Vous n'y apprendrez que très peu…




Conclusion
Comme le film est passé en coup de flêche en salles l'année derniere, espérons que cette nouvelle parution élargisse l'auditoire de cet excellent petit film. Bien sûr, le film, tout comme cette édition DVD d'ailleurs, ne répondra pas aux goûts de tous et chacun. Le film à un rythme plutôt lent, la facture visuelle sort de l'ordinaire et aucune grande star n'y prête son nom, alors que cette édition brille par sa modestie au plan technique. Dans le marché actuel, cet exercice s'avère risqué. Toutefois, avis aux intéressés, le pari s'avère des plus réussis.



Qualité vidéo:
3,5/5

Qualité audio:
2,8/5

Suppléments:
2,0/5

Rapport qualité/prix:
3,2/5

Note finale:
3,1/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2001-05-10

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Tigerland

Année de sortie:
2000

Pays:

Genre:

Durée:
101 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaire, séquences d'audition, bande-annonce

Date de parution:
2001-04-17

Si vous avez aimé...