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DVDEF

Spetters

Critique
Synopsis/présentation
Paul Verhoeven est un cinéaste bien connu du grand public grâce aux films de sa période américaine et à leur côté violent et (faussement ?) provocateur.

Au cours de ses dernières années, il a signé plusieurs oeuvres aux qualités techniques certaines mais dont le fond peut souvent paraître ambigu ou un peu vide. Ainsi Robocop (1987) rencontra un énorme succès public et créa la polémique sur l'autodéfense (sous couvert de la loi) proné par le héros. Total Recall (1990) est un spectacle réussi (en partie grâce à une excellente gestion d'effets spéciaux discrets), mais la simplification extrême de l'univers noir et très complexe de P. K. Dick (l'un des plus grands écrivains de S.F), et l'utilisation d'Arnold Schwarzenegger font que le film passe à côté des fabuleuses possibilités de son sujet (songez seulement à ce qu'aurait pu en faire D. Cronenberg qui fut affecté un temps au projet). Encore une fois (après Robocop), la charge de violence est inouie et pour tout dire, quasiment sans équivalent dans le cinéma à gros budget. Elle s'affirme comme la marque de fabrique de son auteur qui s'avère être le seul à arriver à l'imposer au sein d'Hollywood.

Basic Instinct (1992) élargira encore son public mais la fausse attitude provocatrice des personnages (archétipaux) et la roublardise de la mise en scène (la fameuse scène de l'interrogatoire) font que cette oeuvre possède une aura largement supérieure à ses qualités réelles. Un certain sadisme (on peut même parler de cruauté) des personnages et de l'intrigue s'avère comme une autre composante du cinéma de Verhoeven. Cette impression s'accentuera encore avec Showgirls (1995), où il présente un univers tellement noir et pourri et des personnages si antipathiques (gratuitement), que le public et la critique en feront le premier flop de son auteur (qui le vivra plutôt mal).

En 1997, il créera de nouveau la polémique avec un curieux film de science-fiction : Starship Troopers. Celui-ci est en effet un mélange de futilité (digne des pires sitcoms) et de violence extrême, joué par des acteurs venant pour la plupart de séries pour adolescents. L'humour et les effets spéciaux sauvent une grande partie du film, mais le public et les critiques accrocheront sur son idéologie. Il s'agit du cas typique où un réalisateur aborde un sujet difficile (ici, il dénonce une certaine tendance des États-Unis à utiliser des méthodes quasi facistes) et ses spectateurs perçoivent ses intentions à l'envers. Pour calmer les opinions et se refaire une crédibilité auprès des studios, son film suivant sera beaucoup plus classique et tiède.

Hollow Man (2000), est en effet plus banal et seul la cruauté du héros et une facture technique impeccable (encore une fois des effets spéciaux formidables et discrets, servant l'histoire) rappellent que Verhoeven est aux commandes.

Avant cela, il fut un réalisateur hollandais plutôt prolifique, mais surtout beaucoup plus sulfureux et provocateur que dans sa période américaine. Il se fait connaître avec Turkish Delight (1973), un film résolumment scatologique et totalement provocant, qui démontre déja un goût de la liberté et un bagage technique peu courants pour un jeune réalisateur. Soldier of Orange (1977) confirmera ses orientations et lui permettra de toucher un public plus large. Ensuite, Spetters (1980) elargira encore son registre et son public, tout en confirmant le goût prononcé de Verhoeven pour le sexe et l'originalité. Ses deux oeuvres suivantes seront celles de la maturité. Les thèmes et la mise en image du Quatrième Homme (1983) sont incroyables de provocation (ceci est totalement impensable pour lui à l'heure actuelle). Il montre une ambition encore plus importante et lorgne vers le cinéma américain avec Flesh and Blood en 1985 (qui reste son meilleur film, le plus sauvage et le plus fou et en même temps le plus maîtrisé).

Spetters(1980) suit les haines et amours d'une bande d'adolescents hollandais sur fond de moto-cross. Les thèmes classiques des chroniques de l'adolescence y sont dévéloppés avec une telle liberté que cela efface le côté très daté de l'oeuvre (il est vrai que comme beaucoup d'oeuvres des années 80, leur vieillissement prématuré est évident). Pèle mèle on y traite de l'amitié, des amours adolescentes, de l'arrivisme, de la célébrité, de la passion, de l'homosexualité, du cynisme, de la religion et cela avec une fraicheur et une énergie totalement en accord avec ses héros. Les acteurs font tous preuve d'un investissement total et la mise en scène possède déja les qualités typiques du Hollandais furieux (nervosité, maîtrise technique, adéquation avec son sujet). Le gout de Verhoeven pour la violence, le sexe, et la liberté transparaissent à travers un scénario à la fois classique et totalement libre.

Un film à ne pas forcément mettre devant tous les yeux à cause de sa crudité et de sa violence (plusieurs scènes pourront paraître choquantes aux yeux de certains et des plus jeunes). Pour les amateurs du cinéaste, il peut leur permettre d'en découvrir une nouvelle facette et leur donner envie de voir les autres films de sa période hollandaise. Malgré un côté un peu daté, sa vivacité et son imprevisiblité en font une oeuvre surprenante et assurément recommandée.


Image
L'image est présentée au format respecté de 1.66:1 d'après un transfert non-anamorphosé.

La définition générale est de bon aloi et l'interpositif relativement propre. Le niveau de détails est même fort correct (pour ce type de productions). Les couleurs sont correctement rendues sans défauts visibles. Le contraste à été bien traité et permet de proposer une copie sans brillances excessives. Les passages sombres passent plutôt bien malgré des noirs manquant de profondeur.

La partie numérique du transfert est à la hauteur, les quelques petits défauts de surdéfinition ou de grain restant toujours dans des limites fort raisonnables.
On ne peut que féliciter la MGM d'avoir traité cette édition DVD comme un autre quand on connaît le sort souvent désastreux réservé aux copies de petits films européens.



Son
La seule bande sonore disponible est en Hollandais (1.0 mono).
La dynamique est assez surprenante et permet à cette bande-son d'avoir une présence relativemment affirmée que son format ne lassait pas présager. Tous les sons générés par les motos sont bien intégrés et ne viennent jamais couvrir la musique ou les dialogues. Il ne faut pas s'attendre à un déferlement de décibels, mais à une bande-son en mono qui remplit parfaitement son office. Le curieux accent des personnages est bien rendu et il faut vraiment pousser le volume dans ses retranchements pour que des distorsions ou grésillements fassent leur apparition. Les basses fréquences sont anecdotiques, mais en accord avec le reste des éléments de cette piste.
Des sous-titres sont proposés en Anglais, Français et Espagnol.



Suppléments/menus
Une section simple mais efficace et concise. La bande annonce proposée est d'une qualité technique honnête et donne envie de voir le film sans en dénaturer le propos ou en dévoiler toutes les intrigues.

La bande annonce est d'une facture technique acceptable et présente le film de façon attractive sans en dénaturer le propos ou en révéler toutes les intrigues.

Le commentaire audio est à l'image de son créateur. Paul Verhoeven est passionné et enthousiasmé par son métier et cela se ressent à travers ses paroles. Ses informations sont toujours pertinentes et intéressantes et le côté enjoué du personnage rend l'écoute de cet exercice moins fastidieux que parfois. Seul un accent très prononcé et l'absence de sous-titrage pourraît en priver les moins anglophiles.




Conclusion
Une édition de bonne qualité (en rapport à l'age et la relative confidentialité de l'oeuvre) qui prouve qu'une édition économique n'est pas forcément synonyme de de travail baclé. Film tonique et plus complexe et critique que ce qu'il parait, il a cependant pas mal vieilli et n'est pas à mettre devant tous les yeux de par son côté cru et éventuellement choquant (pour les plus jeunes).



Qualité vidéo:
3,5/5

Qualité audio:
2,5/5

Suppléments:
2,5/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,0/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2002-11-22

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Spetters

Année de sortie:
1980

Pays:

Genre:

Durée:
123 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
MGM

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.66:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Commentaires audio de Paul Verhoeven

Date de parution:
2002-11-05

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